
30/04/2005
Il y a 266 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 15 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. Les cd room de Zandvoort ont été remis à la justice par Marcel Vervloesem en 1998, elle n'a toujours pas enquêté. Pourquoi?
L'intéressé est en grève de la faim et "de médicaments" depuis 6 jours.
Vous pouvez envoyer un message de soutien à marcel Vervloesem (mailto:info@dignite.org). Ils seront déposés sur le site.
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29/04/2005
Il y a 265 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 14 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. Les cd room de Zandvoort ont été remis à la justice par Marcel Vervloesem en 1998, elle n'a toujours pas enquêté. Pourquoi?
L'intéressé est en grève de la faim et "de médicaments" depuis 5 jours.
Vous pouvez envoyer un message de soutien à marcel Vervloesem (mailto:info@dignite.org). Ils seront déposés sur le site.
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28/04/2005
Il y a 264 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 13 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. Les cd room de Zandvoort ont été remis à la justice par Marcel Vervloesem en 1998, elle n'a toujours pas enquêté. Pourquoi?
L'intéressé est en grève de la faim et "de médicaments" depuis 4 jours.
Vous pouvez envoyer un message de soutien à marcel Vervloesem (mailto:info@dignite.org). Ils seront déposés sur le site.
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27/04/2005
Il y a 263 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 12 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. Les cd room de Zandvoort ont été remis à la justice par Marcel Vervloesem en 1998, elle n'a toujours pas enquêté. Pourquoi?
L'intéressé est en grève de la faim et "de médicaments" depuis 3 jours.
Vous pouvez envoyer un message de soutien à marcel Vervloesem (mailto:info@dignite.org). Ils seront déposés sur le site.
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26/04/2005
Il y a 262 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 11 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. Les cd room de Zandvoort ont été remis à la justice par Marcel Vervloesem en 1998, elle n'a toujours pas enquêté. Pourquoi?
Le "chasseur de pédophiles" Marcel Vervloesem en grève de la faim
Bron: Belga
26/4/2005 9:45
BRUXELLES 26/04 (BELGA) = Le "chasseur de pédophiles" Marcel Vervloesem a commencé une grève de la faim en prison, annoncent mardi "De Standaard" et "Het Nieuwsblad". Vervloesem, qui est cardiaque, refuse également de prendre ses médicaments et son injection quotidienne d'insuline. Détenu préventivement et suspecté de faits de pédophilie, le responsable de l'association Morkhoven affirme être victime d'un complot de la justice. Ces dernières semaines, trois nouvelles plaintes pour abus sexuels ont été introduites contre Marcel Vervloesem. Dans le passé déjà, il avait comparu devant le tribunal pour neuf inculpations. (NLE)Vous pouvez envoyer un message de soutien à marcel Vervloesem (mailto:info@dignite.org). Ils seront déposés sur le site.
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25/04/2005
Il y a 261 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 10 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. Les cd room de Zandvoort ont été remis à la justice par Marcel Vervloesem en 1998, elle n'a toujours pas enquêté. Pourquoi?
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24/04/2005
Il y a 260 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 9 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. Les cd room de Zandvoort ont été remis à la justice par Marcel Vervloesem en 1998, elle n'a toujours pas enquêté. Pourquoi?
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23/04/2005
Il y a 259 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 8 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. Les cd room de Zandvoort ont été remis à la justice par Marcel Vervloesem en 1998, elle n'a toujours pas enquêté. Pourquoi?
Rappel :
Pays-Bas : nouveau scandale à propos d'une affaire pédophile sur le réseau
16-20 juillet 1998 ( http://www.juriscom.net/actu/achv/aout98.htm )
L'association belge "Morkhoven" de lutte contre la pornographie a découvert un important réseau pédophile à Zandvoort qui diffusait des images pornographiques sur l'Internet.Des membres de "Morkhoven" ont découvert des milliers de photographies enregistrées sur disquettes au domicile d'un homme tué le mois dernier en Italie, Gerrit Jan Ulrich. Ces dernières montrent des viols de très jeunes enfants.
La police s'est mise à enquêter sur ce réseau qui disposerait de ramifications aux Etats-Unis, en Russie, en Allemagne et en Israël.
L'AFP a recueilli les porpos d'Hemmes Boende, porte-parole de la police Hollande-septentrionale, qui déclarait : "Nous avons saisi de nombreuses photos. L'enquête en est encore trop à ses débuts pour déterminer s'il s'agit uniquement de matériel pédophile mais je peux vous dire que (ces clichés) sont terribles, abominables".
Les pistes du réseau conduisant également en Allemagne, le ministre allemand des Affaires étrangères, Klaus Kinkel, s'est prononcé sur l'affaire dans le quotidien Bild. Selon lui, les responsables et complices de ce réseau pédophile doivent être punis de manière exemplaire.
Les services de police allemands et hollandais ont été vivement critiqués depuis la découverte de l'affaire.
Le 17 juillet 1998, la police néerlandaise annonce l'ouverture imminente d'une ligne téléphonique spéciale destinée à recueillir les témoignages susceptibles de faire progresser l'enquête sur le réseau pédophile.
Une équipe spéciale de quinze enquêteurs a été constituée pour remonter la filière de production et de distribution des clichés.
Le quotidien allemand Berliner Morgenpost a dévoilé que le Belge Robert Van Der Plancken, l'un des principaux suspects, venait fréquemment à Berlin. Il avait disparu en 1993 avec un enfant de 12 ans, Manuel Schadwald.
Le 18 juillet, le ministre autrichien de l'intérieur, Karl Schloegl, a précisé que l'Autriche allait tout faire pour venir à bout de la pornographie enfantine sur Internet.
L'on apprend le 20 juillet que Marcel Vervloesem, président de l'association "Morkhoven" a accepté de remettre les disquettes et CD-ROMs contenant les images pédophiles à la "BOB", une brigade belge spécialisée.
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22/04/2005
Il y a 258 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 7 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. On n'a toujours pas enquété sur les cd rom de Zandvoort.
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21/04/2005
Il y a 257 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a 6 jours que Marcel Vervloesem a été arrété. On n'a toujours pas enquété sur les cd rom de Zandvoort.
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20/04/2005
Il y a 256 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Il y a cinq jours que Marcel Vervloesem a été arrété. On n'a toujours pas enquété sur les cd rom de Zandvoort.
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19/04/2005
Il y a 255 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Vervloesem blijft in cel - 19/04/2005 15:52:30
TURNHOUT - Marcel Vervloesem blijft nog een maand in de cel. Dat heeft de raadkamer van Turnhout vanmiddag beslist. Vervloesem wordt beschuldigd van pedofiele praktijken tijdens de voorbije twee jaar. Vorige week vrijdag werd de zelfverklaarde pornojager opgepakt.
Zijn advocaat Dominique Defrance vroeg gisteren de voorlopige invrijheidsstelling aan de raadkamer, maar die ging daar niet op in. Marcel Vervloesem wordt beticht van aanranding van de eerbaarheid, aanzetten tot ontucht, verkrachting en verberging van minderjarigen. Hij werd aangehouden omdat het gerecht nieuwe klachten had ontvangen over kindermisbruik. De man ontkent alles en zal in beroep gaan tegen de verlenging van zijn aanhouding.Marcel Vervloesem verschijnt op 14 september voor de correctionele rechtbank van Turnhout in het bestek van een ander gerechtelijk onderzoek waarin hij verdacht wordt van bezit van kinderporno, kindermisbruik en oplichting. In dat onderzoek moet hij nog een test ondergaan met een leugendetector.
llc (belga )
traduction libre
Marcel Vervloesem restera encore un mois en détention. Cela a été décidé cet après-midi par la chambre du conseil de Turnhout. Vervloesem est accusé de pratiques pédophiles au cours des deux ans passées. L’intéressé a été arrêté la semaine passée.
Son avocat Dominique Defrance, a demandé hier la remise en liberté provisoire à la chambre du conseil, mais celle-ci n'y a pas donné suite . Marcel Vervloesem est accusé de viol, incitation à la débauche, au dissimulation de mineurs
Il a été confirmé parce que le tribunal a reçu des nouvelles plaintes au sujet de l'abus des enfants. L'homme le nie en ira en appel contre la prolongation de son arrestation.
Marcel Vervloesem paraîtra le 14 septembre pour le tribunal correctionnel de Turnhout dans une autre affaire judiciaire dans laquelle il est soupçonnée détention de matériel pedophile, d’ abus sur des enfants et d’escroquerie. Dans cette affaire, il doit encore subir un test avec un détecteur de mensonge
Fin de traduction libre
Reaction de marcel Vervloesem :
" Marcel doit être la victime d'une campagne de haine à son encontre et accuse son demi-frère de ce montage en incitant des jeunes à porter plainte contre lui. Les soi-disantes nouvelles plaintes émanent des mêmes personnes que les précédentes. La famille confirme que tout est faux. Les soi-disants nouveaux plaignants n'ont plus mis un pied chez nous et ce depuis de très nombreuses années, declare la fille de Marcel. "
C'est aujourd'hui que Marcel Vervloesem passera en chambre du Conseil afin de se voir confirmer ou infirmer son incarcération. Suite à la décision, un appel sera possible de la part de l'intéressé ou du Parquet auprès de la chambre des mises. Cela fait quatre jours que l'intéressé se trouve incarcéré suite à la plainte de deux mineurs pour fait de moeurs.
Malgré les évènements survenus et en respect de la présomption d'innocence, l'équipe dignite.org continue à accorder sa confiance à Marcel Vervloesem.
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18/04/2005
Il y a 254 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
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17/04/2005
Marcel Vervloesem du Werkgroep Morkhoven incarcéré
Le juge d'instruction a confirmé le mandat d'arret à charge de marcel Vervloesem. L'intéressé restera incarcéré jusqu'à mardi, date à laquelle il passera devant la chambre du conseil.
Selon certaines sources l'intéressé refuse de s'alimenter et de prendre ses médicaments, indispensable à sa survie.
Il y a 253 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
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16/04/2005
Selon certaines sources, l'activiste marcel Vervloesem aurait été arrété par la police d'herentals. Celle-ci se refuse à tout commentaire.
15/04 Marcel Vervloesem opgepakt in nieuw gerechtelijk onderzoek
Marcel Vervloesem van de vzw Morckhoven is vrijdagmiddag door de federale politie van Herentals opgepakt in het kader van een nieuw gerechtelijk onderzoek.
Dit heeft Inge Delissen van het parket van Turnhout vrijdagavond bevestigd. Meer commentaar wou ze evenwel niet kwijt.
Vervloesem is momenteel al verwikkeld in een strafzaak. De man wierp zich jarenlang op als de witte ridder tegen het seksueel misbruik van kinderen. Maar op 19 januari moest hij in de correctionele rechtbank van Turnhout zelf op de beklaagdenbank plaatsnemen. Hij wordt vervolgd voor het bezit van kinderporno, seksueel misbruik van minderjarigen, inbreuken op de privacy en oplichting. In de jaren 1970 en 1990 zou hij negen slachtoffertjes, waaronder zijn halfbroer Victor, seksueel misbruikt hebben.
Gazet van Antwerpen
Traduction libre
Ce vendredi après-midi, Marcel Vervloesem de l'a.s.b.l. Morckhoven a été arrêté par la police fédérale de Herentals dans le cadre d'une nouvelle recherche judiciaire. Ceci a étéconfirmé par Inge Delissen du parquet de Turnhout vendredi soir. Aucun autre commentaire n'a été fait. Vervloesem a actuellement déjà été impliqué dans une affaire criminelle. L'homme s'est soulevé pendant plusieurs années comme le chevalier blanc contre l'abus sexuel des enfants. Mais le 19 janvier il a dû s'asseoir dans le tribunal correctionnel de Turnhout lui-même sur le banc des accusés. Il est poursuivi pour la possession de matériel pedocriminel, l'abus sexuel des mineurs, des violations de la protection de la vie privée et de l'escroquerie. Dans les années 1970 et 1990, il y aurait eu neuf victimes dont son demi frère, abusés sexuellement.
Fin de traduction
Il y a 252 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
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15/04/2005
Il y a 251 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
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14/04/2005
Il y a 250 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
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13/04/2005
Il y a 249 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
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12/04/2005
Il y a 248 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
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11/04/2005
Il y a 247 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
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09/04/2005
Il y a 245 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
L'actualité sur les sectes pour mars 2005
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08/04/2005
Il y a 244 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
05/04/2005
Trois collaborateurs nazis arrêtés en Argentine
Monde 05.04.2005, 22:00Trois collaborateurs de l'ancien nazi Paul Schaefer ont été interpellés dans une propriété de la province de Buenos Aires et placés à la disposition de la justice argentine dans la perspective de leur prochaine extradition vers le Chili, a-t-on appris auprès d'Interpol Argentine. Ces trois personnes sont suspectées d'avoir aidé Schaefer à gérer sa Colonie Dignidad, un centre d'accueil pour réfugiés allemands, qui fonctionna comme centre de tortures pour opposants sous la dictature d'Augusto Pinochet. De nombreux actes de pédophilie y furent également commis par Schaefer et ses proches.
Funérailles du bébé inconnu
Belgique 05.04.2005, 13:12Quelque 200 personnes ont assisté à Maldegem aux funérailles du bébé dont le corps a été découvert mercredi dernier dans un camion-poubelle. Les funérailles ont été prises en charge par la commune. L'enquête pour identifier les parents se poursuit. Selon l'autopsie pratiquée sur le corps du bébé, ce dernier aurait été tué après sa naissance.
N'oubliez pas demain, le 6. Rendez-vous sur les marches du palais de justice de Bruxelles.
Il y a 241 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
03/04/2005
Il y a 239 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
02/04/2005
Il y a 238 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
30/03/2005
Il y a 235 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
Voir revue de presse
29/03/2005
Il y a 234 jours que Tiffany Warnotte a disparu de sa maison de Vedrin , près de Namur en Belgique . Les autorités n'ont toujours pas désigné de juge d'instruction.
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Date: 14/04/2005
Edition: Namur
Section: INFORMATIONS GENERALES
Sous Section: FAITS DIVERS
| Le flic surfait sur des sites pédophiles | |
Le prévenu soutient que c'était dans le cadre d'enquêtes. Il risque 6 mois avec sursis
BRUXELLES Hier, la cour d'appel s'est penchée sur une affaire de pédophilie. Le prévenu est accusé d'avoir été en possession d'images et de dossiers numériques à caractère pédophile sur son ordinateur personnel. Le côté délicat de cette affaire réside dans la profession du prévenu: un policier fédéral, par le passé péjiste à la gendarmerie.
Patrick G., 39 ans, soutient que ces fichiers étaient en sa possession dans un but d'enquête. «Ce n'était pas pour mon plaisir.»
C'est entre 1999 et 2002 que le policier a recueilli des fichiers illicites. Patrick reconnaît avoir surfé sur des sites pédopornographiques et avoir téléchargé des fichiers payants. Hier, devant la cour, il a précisé qu'il avait fait part de ses découvertes à ses collègues dès 1999.
Toutefois, au cours de son réquisitoire, l'avocate générale, Mme Geneviève Molle, a précisé qu'aucun document ne faisait état de la démarche du prévenu à l'égard de ses collègues et que la version du prévenu était d'autant moins crédible que les faits se sont produits sur une période de 3 ans.
Face à cela, l'accusation s'est opposée à la demande de la simple suspension du prononcé en considérant qu'il ne fallait pas banaliser les faits et a donc réclamé 6 mois de prison avec sursis.
Du côté de la défense, Me Jean-François Meerschaert a plaidé que la matérialité des faits n'était pas contestée, mais qu'il n'y avait pas eu l'intention frauduleuse dans le chef de son client puisque ce dernier menait des enquêtes pour soulager le travail de certains collègues. L'avocat a donc réclamé l'acquittement ou, à défaut, la suspension simple du prononcé.
La cour rendra sa décision le 11 mai prochain.
© La Dernière Heure 2005
Ph. Bt
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| Un pervers a stocké 1,5 million d'images sur son PC | |
Déjà condamné à 10 ans de prison pour le viol d'une fillette, un Britannique passera quatre ans de plus derrière les barreaux pour la possession d'un million et demi d'images à caractère pédophile, a décidé lundi le tribunal de Bristol (sud-ouest de l'Angleterre). Stephen Mertens, condamné pour le viol d'une fillette de 10 ans en 2004 par le tribunal londonien d'Old Bailey, a été condamné une nouvelle fois lundi pour ce qui serait la plus grande collection privée d'images pornographiques au Royaume-Uni, stockée sur ordinateur. Ce Britannique de 51 ans, ancien membre d'une société de sécurité, avait été arrêté une première fois en 1990, après avoir été accusé de viol. Mais il avait aussitôt disparu et avait pris une autre identité, Richard Dirk Villain.
© La Dernière Heure 2005
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| 30 ans de carrière de pédophile | |
A la Maison de nos enfants, il jouait au papa
BEAURAING La douloureuse affaire de pédophilie qui secoue la Maison de nos enfants, un centre pour mineurs placés par le juge à Beauraing, est revenue devant le tribunal correctionnel de Dinant. Didier Vanderstraeten, un éducateur de 54 ans, a été condamné à cinq ans de prison, dont un an avec sursis.. Hier, c'est le directeur de la Maison, Alain Dulieu, qui devait répondre d'une kyrielle de viols avec violence commis sur cinq garçons sur lesquels il avait autorité. La période infractionnelle s'étend de 1974 à 2004, date à laquelle les langues se sont déliées. Il reconnaît la plupart des préventions mais nie catégoriquement avoir touché à l'un des plaignants.
Me Preumont, avocat des parties civiles, a exposé la méthode Dulieu, «particulièrement crapuleuse. Il approchait ses victimes en jouant au papa, avant de les abuser à une cadence d'un à deux pénétrations par semaines. L'enfant enfermé dans son statut de chouchou et de fidélité de fils, ne pouvait plus accuser son père. M. Dulieu usait aussi de menaces,» plaide M. Balleux: «M. Dulieu est vraiment un méchant. Et c'est d'autant plus révoltant que ces enfants, sans famille, étaient déjà fragiles.»
Le substitut Ph. Morandini a requis une peine de 10 ans de prison plus trois ans de mise à disposition du gouvernement. Pour l'avocat de la défense, son client n'a aucun intérêt à trier les préventions. Il pointe la cécité de l'institution pendant des années. Ce qui a fait bondir l'avocat de la partie civile: «s'il y avait eu la moindre conscience des faits, des mesures auraient été prises, comme elles l'ont d'ailleurs été, une fois les faits révélés.» Jugement le 24 mai.
© La Dernière Heure 2005
A.-F. So.
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Date: 20/04/2005
Edition: Charleroi
Section: REGION
Sous Section: CHARLEROI
| Une grenade chez le pédophile présumé | |
Le quartier a dû être évacué
GILLY L'enquête se poursuit sur Christian D., un Gillicien de 40 ans suspecté d'avoir enlevé, séquestré et violé une petite fille de 6 ans à Montignies-sur-Sambre, le 21 mars dernier. Ce jour-là, l'enfant jouait devant la maison de sa maman. Il a suffi d'un moment d'inattention de l'adulte qui la surveillait pour qu'un prédateur ne s'approche d'elle. Le pervers lui a proposé un vélo et la fillette a accepté de monter dans sa fourgonnette Renault Express blanche. Une fois chez lui, il l'a dévêtue avant d'enlever ses propres vêtements et de la violer. Lorsque l'enfant s'est mis à pleurer, l'individu a décidé de le ramener chez lui. Il l'a alors déposé sur l'avenue du Centenaire et lui a indiqué le chemin pour retrouver son domicile. Par chance, l'enquête conjointe des policiers de Charleroi et de Pascal, le papa de la petite, a permis d'interpeller rapidement un suspect. Christian D. a donc été placé sous mandat d'arrêt et écroué. Il nie les faits mais la fillette l'a reconnu sur photos. Et puis, elle avait décrit scrupuleusement la camionnette, signalant notamment la présence de Winny l'ourson collé sur le pare-brise. Persuadés que d'autres enfants ont été victimes d'actes semblables, les parents de la petite fille ont lancé un appel à témoins. Ils espèrent récolter quelques infos au 0496/ 31.21.21.
Christian D. n'a pas encore livré toutes ses surprises. Le lendemain de son interpellation, les policiers ont découvert chez lui une grenade dans une caisse. Elle semblait si bizarre que les autorités ont préféré appeler les démineurs de l'armée. Par sécurité, ces derniers ont évacué une partie de la chaussée de Fleurus. Mais finalement, il ne s'agissait que d'une grenade factice. L'enquête sur Christian D., elle, est toujours en cours.
© La Dernière Heure 2005
F. D.
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Les excuses du parquet
VEDRIN Nous avons passé la matinée en compagnie des parents de Tiffany. Ceux-ci ont eu accès au dossier de la disparition de leur fille, mais les magistrats leur ont demandé de ne pas en parier.
Eddy et Nathalie Wamotte n'en diront rien.
En revanche, le couple ne peut s'empêcher de se poser beaucoup de questions.
Il apprend, par exemple, que lorsque la police s'est rendue au domicile de la voisine - il était alors passé minuit et les parents savaient depuis midi trente que Tiffany devait se trouver chez elle -, les policiers auraient fouillé la chambre de la voisine mais pas les autres pièces.
Or, la voisine prétend aujourd'hui que Tiffany se cachait dans la chambre de son frère, ce que les policiers auraient négligé de vérifier.
Les parents déclarent que les magistrats du parquet de Namur ont admis avec eux que la police aurait dû penser à faire immédiatement venir des chiens pisteurs. 'Nous avons reçu les excuses du parquet, nous disent-ils pour un manquement de la police.
On sait que, quinze jours plus tôt, Tiffany s'était rendue dans un commissariat de police pour y dénoncer des abus sexuels dont elle prétendait avoir été l'objet de la part d'une voisine.
Son audition n'a pas été vidéo filmée et la personne mise en cause n'a pas été entendue dans les jours qui ont suivi.
Enfin, les parents nous citent plusieurs personnes qui connaissent bien Tiffany et s'inquiètent autant de mois après, de n'avoir toujours pas été entendues par les enquêteurs.
Eddy et Nathalie Warnotte nous parlent de leur voisine immédiate - qui entend à peu près tout à travers les murs -,- d'une autre chez qui Tiffany et un de ses frères allaient souvent jouer, et de l'avocat qui défendait Tiffany dans le cadre des problèmes qu'elle avait eus.
Tous se demandent pourquoi ils ne sont pas interrogés.
GL
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| Tiffany: éléments nouveaux (21/04/2005) | |||
VEDRIN Depuis le 7 août 2004, Tiffany Warnotte qui aurait aujourd'hui 16 ans s'est volatilisée à Vedrin (Namur) où la elle vivait avec ses parents et ses cinq frères et soeurs. Le mystère reste entier. Dans le cadre de l'enquête, la justice s'intéresse à la voiture d'un voisin. Ce véhicule, une vieille Audi 80, est d'ailleurs retenu par la justice. Le labo cherche à préciser la nature de traces trouvées au moins en trois endroits, à savoir sur le plancher, sur la face interne de la portière passager ainsi que - et c'est ce qui inquiète les parents - dans le coffre. La voiture est donc celle d'un jeune voisin qui l'utilisait dans les bois environnants. Il se fait que c'est chez la soeur de ce voisin que Tiffany a passé l'après-midi et la soirée précédant sa disparition. Selon le père de Tiffany, cette voiture était beaucoup plus cabossée le dimanche qu'elle ne l'était la veille de la disparition de sa fille. M.Eddy Warnotte affirme aussi qu'il ne l'a plus revue le dimanche soir ni les semaines qui ont suivi. Mais les policiers l'ont retrouvée. Pour les traces, le labo a le choix de deux types de produits. Le fait d'avoir opté pour la fluorescéine -et pas le tétrabase - suggère que les traces trouvées dans le coffre n'étaient pas visibles à l'oeil nu, soit qu'elles étaient anciennes et s'étaient dégradées avec le temps, soit qu'elles aient été lavées. Pour un spécialiste, il peut s'agir de salive ou de sang mais pas forcément d'origine humaine. Seules des expertises plus approfondies d'ADN permettront peut-être de l'établir. Il n'est pas certain qu'on obtiendra un résultat et celui-ci ne sera pas connu avant un certain temps. Il y a plus. On expliquait que Tiffany avait passé l'après-midi du samedi chez sa «meilleure amie», cette voisine qui a déjà donné 17 versions différentes. Une manière de meubler un après-midi d'été pas très beau. Il a fallu huit mois et demi pour faire apparaître la possibilité d'une autre vérité. On apprend en effet que, dix jours plus tôt, la voisine -âgée de 19 ans- et Tiffany s'étaient disputées à propos d'un garçon nettement plus âgé que Tiffany. Les deux filles s'étaient disputées au point de ne plus se parler pendant les dix jours. Question: pourquoi alors Tiffany est-elle retournée chez cette voisine? Parce que, à l'époque de la dispute, Tiffany avait oublié chez la voisine un sac-banane - bleu clair, probablement un Eastpack - auquel elle tenait beaucoup. On pense donc, à présent, que si Tiffany s'est rendue chez la voisine malgré la dispute, c'est d'abord pour récupérer son sac. La voisine confirme en tout cas qu'elle est partie en pleine nuit, Tiffany a pris le fameux sac-banane. Pour aller où? La voisine, toujours elle, prétend avoir reçu - à 4 h 12 du matin - un appel de Tiffany qui lui téléphonait, dit-elle, pour lui dire qu'elle se trouvait à Bouge. Les policiers ont vérifié qu'un coup de fil avait bien été donné à 4h 12 depuis la cabine située devant l'église de Bouge, celle dite du Moulin à Vent. C'est moins clair de savoir qui téléphonaitdès lors qu'on a pensé trop tard à prendre les empreintes. L'enquête révèle que, trois mois après la disparition de Tiffany, deux appels ont été donnés au 101 par une jeune fille qui prétendait être Tiffany. Là, on a pu vérifier. Il se fait que cette cabine publique se trouvait sous la surveillance d'une caméra. Les films ont été examinés et les policiers ont constaté que les coups de fil provenaient de la soeur de la fameuse voisine et d'une cousine. Tout cela ne prouve absolument rien. Mais les parents de Tiffany aimeraient savoir s'il s'agissait d'une plaisanterie de mauvais goût ou d'une volonté délibérée de brouiller les pistes? Ils aimeraient surtout savoir si c'est bien Tiffany qui téléphonait de Bouge à 4 h 12 la nuit de sa disparition. Eux n'y ont jamais cru. C'est ce coup de fil qui avait accrédité la thèse de la fugue. |
Gilbert Dupont La Dernière Heure 2005
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Justice - Un Jurassien écope de trois ans
de prison.
valérie duby
Publié le 21 avril 2005
A l'intérieur du réseau, il fonctionnait sous le pseudo de Gégé. Un surnom commun pour C., ce Jurassien proche de la quarantaine, accusé de pornographie et d'actes d'ordre sexuel sur des enfants. Ses propres enfants.
L'homme n'a certes pas abusé de ses deux fillettes. Il a, pendant, plus de deux ans, pris des photos de ses filles, nues et dans des positions suggestives, qu'il a mis à disposition sur le Net. Une sorte de «monnaie d'échange» contre des photos d'autres pédophiles, nettement plus hard. A la limite de l'insoutenable. On pense par exemple à celle de cette petite fille, pénétrée par son propre père, arrêté en Belgique.
Pas de remords formulés
Devant la Cour correctionnelle sans jury, C., regarde sans cesse à terre. Pas de remords formulés. Cet employé de commerce de formation, aujourd'hui représentant, connaît depuis l'âge de 17 ans des tendances pédophiles. Il se marie en 1992. Quatre ans plus tard, il découvre Internet. Passe des heures devant son écran d'ordinateur, installé au sous-sol de sa maison.
En l'an 2000, C. passe à la vitesse supérieure et «découvre le monde pédophile» sur la toile. Il échange des images. Plus de mille. Celles de ses filles, âgées de 3 et 7 ans au moment des faits, contre d'autres.
C. connaît toutes les astuces d'Internet pour crypter les fichiers. Il utilise son appareil numérique, filme avec sa caméra. Et alimente le réseau de ces braves pères, prêts à monnayer, pour ne pas dire à prostituer, leurs propres enfants.
Mais la justice les rattrape. Des dénonciations sont faites depuis différents pays contre un internaute pédophile résidant à Genève. Une interpellation au Danemark permet de remonter jusqu'à C. D'autres arrestations suivent dans plusieurs pays. Mais les images, elles, celles des deux fillettes et de tant d'autres victimes, continuent de circuler et de s'échanger, aujourd'hui encore, sur le Net.
La femme de C. a bien dénoncé son époux à la justice. Avant de retirer sa plainte. Devant les juges, elle explique ce qui a été le plus dur pour les filles, à savoir «l'emprisonnement de leur papa.»
Après un mois et demi de détention préventive, C. retrouve femme et enfants. La famille déménage. C. est suivi médicalement. Tout comme le reste de la famille.
La maman ne semble pas franchement consciente des traumatismes risquant de survenir à ses filles plus tard. A l'adolescence. «Elles n'ont pas été violentées. Il s'arrangeait toujours pour faire passer les photos sur le compte d'un jeu. Mon mari aime ses filles. Il est un bon père. Un père idéal lorsque je vois ce qui peut se passer autour de moi», déclare-t-elle.
La présidente de la Cour, Antoinette Stalder, tout comme ses juges, se préoccupe du bien des enfants. «Etes-vous consciente de ce que vos filles risquent de vivre lorsqu'elles comprendront ce qui s'est passé?» «Un enfant abusé est une bombe à retardement», poursuit la curatrice des fillettes, Me Manuella Ritter. «Je n'ai jamais été attiré sexuellement par mes enfants», jure l'accusé. Mais, «l'on ne peut pas changer comme cela les préférences sexuelles d'un individu», constate le médecin qui a expertisé l'accusé. Seule possibilité: prévenir grâce à des traitements. Des thérapies.
Une trahison
«Cela n'est pas facile de se sentir monstrueux», déclare C. Le quadragénaire sait que les questions de ses filles arriveront. Quand bien même jusqu'à ce jour, «tout se passe bien dans la famille.» Voire même encore mieux qu'avant les faits.
Reste le plus important, à savoir l'intérêt des enfants. Me Ritter s'interroge: «Comment l'enfant devenu adulte pourra-t-il accepter la trahison?» Et de réclamer des indemnités de 30 000 francs pour les deux fillettes.
Le représentant du Parquet relève le caractère «sale, révoltant et indigne» des faits à juger. Il réclame trois ans de prison. Peine pouvant être suspendue au profit d'un traitement ambulatoire. Après délibération, la Cour a suivi les réquisitions du Ministère public. C. a été condamné sans circonstances atténuantes.
C. sera obligé de suivre un traitement psychiatrique ambulatoire à long terme. Un certificat médical devra être délivré tous les trois mois.
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4 554 enfants algériens violés en 2004
" Le constat est alarmant et les chiffres le sont encore plus. L’enfance algérienne est entièrement à l’abandon.
La journée d’étude organisée, hier, à l’Ecole supérieure de la magistrature, portant sur « l’activité des juges pour mineurs et la prise en charge des enfants en infraction et en danger mental », a été l’occasion pour lever le voile sur la souffrance de cette frange fragile de la société.
Mme Kheira Messaouda, chargée de l’enfance au niveau de la police judiciaire, a révélé des chiffres inédits sur le drame quotidien que subissent des centaines d’enfants à travers l’Algérie. 4 554 enfants, dont l’âge ne dépassait pas 16 ans, ont subi en 2004 des agressions sexuelles.
2 603 gamins ont été victimes de violences physiques dans leur environnement extérieur ou familial. 20 parmi eux ont été assassinés après avoir subi des sévices sexuels. 53 mineurs ont, par ailleurs, été victimes d’inceste commis par des membres de leur famille.
133 bambins ont été kidnappés durant la même période. Inquiétants, ces chiffres ne représentent malheureusement pas la situation réelle de l’enfance en Algérie. Car cette réalité peut laisser penser au double ou au triple du chiffre de ces statistiques.
« Ce sont uniquement des chiffres enregistrés au niveau de la police judiciaire ; alors, imaginez toutes ces personnes qui n’osent pas, pour une raison ou pour une autre, dénoncer leurs agresseurs », a souligné, hier, Mme Kheira Messaouda, lors de son intervention devant les juges pour mineurs.
La sonnette d’alarme, selon elle, doit être tirée pour mettre fin à tous ces fléaux sociaux qui montent en flèche, transformant l’innocence de l’enfant en un cauchemar épouvantable. Livrés au monde cruel des adultes et de leurs obsessions maladives, les enfants sont doublement victimes.
Victimes de leurs agresseurs et victimes de leur environnement qui ne se rend pas compte de toutes ces souffrances. Sans aucune prise en charge ni suivi psychologique, les victimes réagissent chacune à sa façon. Si certaines se referment sur leur personne et s’égarent au milieu de la société, d’autres développent des réactions agressives et délinquantes pour se protéger des adultes.
Les chiffres, dans ce sens, sont aussi effrayants. En 2004, les services de police ont enregistré 9 964 infractions commises par des mineurs, dont 3 586 actes commis par des enfants dont l’âge se situe entre 13 et 16 ans. Les juges pour mineurs statuant sur ces affaires ont noté que 1 251 mineurs ont été mis en détention provisoire, 7 671 mis en liberté provisoire et 733 enfants ont été orientés vers des établissements spécialisés.
Selon des spécialistes, l’augmentation du nombre des infractions est due à plusieurs facteurs économiques et sociaux. Mme Hassiba Houassa, responsable au cabinet du ministère de la Famille et de la Condition féminine, a souligné que le phénomène du terrorisme a contribué d’une manière considérable à l’apparition de la délinquance chez les enfants.
La cellule familiale est, constate-t-elle, déchirée et les enfants n’ont plus de repères socioculturels. « Les enfants sont sans espoir et leur prise en charge dans le cadre d’une nouvelle stratégie de protection et d’éducation est plus que jamais nécessaire », a-t-elle ajouté.
L’oratrice a, par ailleurs, soulevé le manque de structures spécialisées réservées à l’accueil et à la prise en charge des enfants victimes ou délinquants et qui affrontent les dangers de la rue et de l’agressivité de la société. « Il n’est pas normal que la capitale qui enregistre le chiffre le plus alarmant en matière de délinquance ne dispose pas d’établissement spécialisé », signale-t-on également.
Rappelons que les trois centres de rééducation et de réinsertion des délinquants dans leur environnement sont implantés à Médéa, Dellys et Chlef. Eloignés des grandes villes qui enregistrent une montée vertigineuse en matière de violences et d’agressions, ces centres sont peu fréquentés et négligés du point de vue de la prise en charge des mineurs qu’on y oriente."
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FRANCE: Disparition d`une collégienne de 13 ans à Mulhouse
MULHOUSE, 20/04 - La brigade des mineurs du commissariat central de Mulhouse (Haut-Rhin) lance un appel à témoins après la disparition "inquiétante" d`Angélique Krier, une collégienne de 13 ans, apprend-on de source policière.
Ses parents l`avaient conduite de Riedisheim, où ils habitent, au centre de Mulhouse vendredi dernier vers 9h: Angélique avait rendez-vous chez une camarade de classe pour passer la journée chez celle-ci. Elle n`est pas arrivée chez son amie. Angélique est vêtue d`un ensemble pantalon et blouson en blue-jean; ses baskets sont roses et blanches. Métisse, la jeune fille mesure 1m50 et elle est de corpulence fine. Ses cheveux sont longs et frisés.
Son visage ovale présente un grain de beauté sous l`oeil gauche. Elle n`a sur elle, apparemment, aucune pièce d`identité, pas d`argent, ni de téléphone portable. Elle n`a jamais fait de fugue. Les enquêteurs étudient toutes les pistes et remontent tous les appels téléphoniques qu`elle a pu donner ou recevoir chez elle.
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STRASBOURG, 20 avr 2005 (AFP)
Disparition d'une adolescente de 13 ans à Mulhouse
Une adolescente de treize ans a disparu à Mulhouse (Bas-Rhin) vendredi dernier alors qu'elle se rendait chez une amie, a-t-on appris mercredi auprès de la brigade des mineurs, qui n'écarte aucune hypothèse. La Brigade des mineurs de Mulhouse a précisé avoir lancé mardi un appel à témoins concernant la "disparition inquiétante" d'Angélique Krier, métisse "sans histoire" de 13 ans, mesurant 1,50 mètre. Originaire de Riedisheim dans le Bas-Rhin, elle avait été déposée par ses parents vendredi, vers 9 heures du matin, dans l'avenue Alphone-Juin à Mulhouse parce qu'elle avait l'intention de passer la journée chez une amie. La jeune fille, de corpulence fine et au visage ovale encadré de cheveux noirs frisés, ne s'est pas rendue chez son amie. Elle n'avait sur elle ni papiers d'identité ni portable. Or, "elle a toujours son portable sur elle normalement", a-t-on appris de source policière. La Brigade des mineurs a déjà reçu quelques appels qui sont en cours de vérification.
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ANGERS
Audition d'Isabelle,
une "enfant sauvage"
La cour d'assises de Maine-et-Loire a regardé la vidéo de l'audition d'Isabelle, sourde et muette décrite comme "emmurée dans son corps".
![]() Des officiers dans le hall de la cour d'assises à Angers (AP) |
ducateurs et parents de familles d'accueil ont évoqué vendredi 15 avril devant la cour d'assises de Maine-et-Loire les cas d'enfants très perturbés et réticents à parler des faits, lors d'une audience consacrée à la suite des auditions filmées des jeunes victimes de la pédophilie.
Les vidéos n'ont pas permis d'apporter beaucoup d'éléments sur la petite Isabelle, sourde et muette. Mais les jurés avaient vu déjà l'enfant la veille, dans l'audition de sa grande soeur Lucie, où elle apparaissait agitée, mais très attachée à sa sœur.
"Elle est dans la négation complète de son passé", a expliqué le père de sa famille d'accueil, qui l'a recueillie depuis septembre 2002 alors que l'enfant avait 4 ans.
"L'enfant sauvage"
A son arrivée, Isabelle était "comme l'enfant sauvage de Truffaut". "Emmurée dans son corps", elle n'avait "aucun repère social, ni affectif", "ne savait pas dire bonjour, merci, ne savait pas ce qu'était un bisou", a-t-il témoigné.
La petite ne "manifestait aucune émotion", ne savait ni rire ni pleurer. "Elle avait l'apparence d'une enfant, mais ce n'en était pas un. Elle était comme un petit animal", a ajouté son épouse Caroline, qui décrit "une enfant qui n'existait pas, qui subissait, mais qui pouvait être d'une très grande violence".
Ses dessins étaient "très sombres, avec des personnages sans bras, qui avaient des ronds entre les jambes. Elle m'a dit que c'était des zizis", a expliqué sa mère d'accueil.
Au fil du temps, Isabelle a été "apprivoisée" et "mise en confiance", et a pu apprendre le langage des signes.
"Au bout d'un an, elle nous a décrit un jour un monsieur qui lui a mis son zizi dans la bouche. Elle a expliqué que ça sentait pas bon, mais n'a jamais désigné quelqu'un", a raconté la mère d'accueil.
Tout aussi angoissée, la jeune Olivia, 9 ans, apparaît très gênée lors de ses auditions filmées devant la police, se balançant sur sa chaise, regardant autour elle l'air inquiet, quand on lui demande si elle s'est rendue chez Franck et Patricia, deux principaux accusés chez qui ont eu lieu une grande partie des scènes de débauche recensées par l'enquête.
"Problème relationnel"
Devant la juge, elle reconnaît finalement y être allée, mais "pour jouer aux jeux de société", niant avoir "joué au docteur" avec des adultes comme l'a affirmé aux policiers son petit frère Mathias, 6 ans, et assurant : "personne ne m'a fait du mal".
"Olivia a une grosse difficulté de communication", a expliqué une éducatrice au village d'enfants où elle a été placée en septembre 2002, décrivant une enfant ayant un "problème relationnel avec son corps".
Une surcharge pondérale, un refus de montrer son corps, une hygiène désastreuse, un refus d'être examiné médicalement, même chez le dentiste car "elle trouvait dégueulasse d'ouvrir la bouche", ont amené les éducateurs à évoquer une possible "atteinte à son intégrité corporelle".
"Ces signes sont ceux qu'on observe chez des enfants perturbés par des scènes, vues ou vécues, à caractère sexuel", a reconnu le psychologue, évoquant une fillette "très défensive et apeurée". Selon lui, "elle ne veut pas dire, ou se trouve dans l'impossibilité de se rappeler, c'est un mécanisme de blocage".
Dans la salle, un des accusés, Didier, mis en cause par le petit Mathias pour avoir "joué au docteur", s'est exclamé: "Je connais pas cet enfant-là. Depuis le début, je nie les faits, c'est pas maintenant que je vais dire la vérité". Dans une autre audition, un an plus tard, le petit garçon, plus réservé, est revenu sur toutes ses déclarations.
La diffusion des auditions doit se poursuivre jusqu'au 29 avril.
Le Nouvel Observateur 1999/2000
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FOURNIRET
Possible arrêt
des fouilles vendredi
Si aucun corps de victime n'est retrouvé, les recherches pourraient s'arrêter vendredi dans l'ancien domicile de Michel Fourniret.
![]() Michel Fourniret est actuellement détenu en belgique(AP) |
es fouilles entamées depuis six jours à l'ancien domicile du tueur en série présumé Michel Fourniret à Sart-Custinne (sud) seront arrêtées vendredi si aucun corps de victime n'est découvert, a annoncé lundi 18 avril le parquet local.
"En ce qui concerne la maison, tout a été fouillé, tout le rez-de-chaussée a été creusé et nous n'avons absolument rien trouvé", a indiqué lors d'un point de presse le procureur du roi de Dinant (sud), Arnould d'Aspremont Lynden.
Fouilles écourtées
"On n'a rien trouvé non plus dans le jardin", a-t-il ajouté, précisant: "il reste encore une zone de plantations à vérifier et tous les abords de la maison à creuser, et il faut aussi sonder les murs qu'il a construits".
"Si tout continue à ce train-ci [sans nouvelle découverte, ndlr], vendredi ce sera terminé", a-t-il dit aux journalistes, tenus à l'écart de la zone de recherches.
Les fouilles, qui visent à retrouver les corps de trois victimes présumées de Fourniret, devaient en principe durer jusqu'à fin avril.
"Ce qu'on voit bien, c'est que Michel Fourniret a creusé, a remué la terre, mais on ne sait pas pourquoi", a admis le procureur, citant "des arbres plantés avec des trous plus larges et profonds que nécessaires" et le fait que Fourniret "creusait à des heures peu classiques et s'entourait parfois de bâches".
Lourdes charges
L'épouse de Fourniret, Monique Olivier, accuse son mari, avec des détails jugés "crédibles" par les enquêteurs, d'avoir enterré dans le jardin de la maison le corps d'une jeune fille au pair en 1992 et, de manière plus vague, ceux de deux baby-sitters qu'il aurait tuées dans les années 1990.
Fourniret nie ces meurtres et refuse de collaborer dans le cadre de ce dossier.
En France, il est mis en examen pour six meurtres de jeunes filles ou de jeunes femmes commis entre 1987 et 2001. En Belgique, où il est actuellement détenu, Michel Fourniret, 63 ans, est inculpé de deux meurtres commis entre 1989 et 2003 (dont celui de la jeune fille au pair), d'un attentat à la pudeur et de trois tentatives d'enlèvement..
Le Nouvel Observateur 1999/2000
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TURNHOUT - Marcel Vervloesem blijft nog een maand in de cel. Dat heeft de raadkamer van Turnhout vanmiddag beslist. Vervloesem wordt beschuldigd van pedofiele praktijken tijdens de voorbije twee jaar. Vorige week vrijdag werd de zelfverklaarde pornojager opgepakt.
Zijn advocaat Dominique Defrance vroeg gisteren de voorlopige invrijheidsstelling aan de raadkamer, maar die ging daar niet op in. Marcel Vervloesem wordt beticht van aanranding van de eerbaarheid, aanzetten tot ontucht, verkrachting en verberging van minderjarigen. Hij werd aangehouden omdat het gerecht nieuwe klachten had ontvangen over kindermisbruik. De man ontkent alles en zal in beroep gaan tegen de verlenging van zijn aanhouding.
Marcel Vervloesem verschijnt op 14 september voor de correctionele rechtbank van Turnhout in het bestek van een ander gerechtelijk onderzoek waarin hij verdacht wordt van bezit van kinderporno, kindermisbruik en oplichting. In dat onderzoek moet hij nog een test ondergaan met een leugendetector.
llc (belga )
traduction libre
Marcel Vervloesem restera encore un mois en détention. Cela a été décidé cet après-midi par la chambre du conseil de Turnhout. Vervloesem est accusé de pratiques pédophiles au cours des deux ans passées. L’intéressé a été arrêté la semaine passée.
Son avocat Dominique Defrance, a demandé hier la remise en liberté provisoire à la chambre du conseil, mais celle-ci n'y a pas donné suite . Marcel Vervloesem est accusé de viol, incitation à la débauche, au dissimulation de mineurs
Il a été confirmé parce que le tribunal a reçu des nouvelles plaintes au sujet de l'abus des enfants. L'homme le nie en ira en appel contre la prolongation de son arrestation.
Marcel Vervloesem paraîtra le 14 septembre pour le tribunal correctionnel de Turnhout dans une autre affaire judiciaire dans laquelle il est soupçonnée détention de matériel pedophile, d’ abus sur des enfants et d’escroquerie. Dans cette affaire, il doit encore subir un test avec un détecteur de mensonge
Fin de traduction libre
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| Nourrisson de 8 mois violé (19/04/2005) |
| Le pédophile est condamnéà 10 ans de prison ferme! BRUXELLES 10 ans de prison ferme. Voilà le tarif prononcé par la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles à l'encontre d'un pédophile hideux. Laurent (prénom d'emprunt), âgé de 28 ans, a été reconnu coupable d'un viol commis sur un nourrisson de 8 mois! C'est à la crèche que le drame est découvert, le 25 avril 2003. Une puéricultrice change l'enfant et constate avec horreur que le lange est inondé de sang. La petite est emmenée à l'hôpital Saint-Pierre, à Bruxelles. Le rapport des médecins ne laisse planer aucun doute: la vulve de l'enfant est déchirée et des points de suture ont dû être posés. Laurent est arrêté. Sa compagne, âgée quant à elle de 30 ans, est interrogée. Elle a déjà perdu la garde de ses deux premiers enfants, nés d'un premier lit. Face aux enquêteurs, elle explique avoir entendu l'enfant pleurer dans la nuit du 24 au 25 avril 2003. En voyant sortir son compagnon de la chambre de l'enfant, elle lui a demandé ce qui se passait. Laurent lui a répondu que ce n'était pas grave et que l'enfant s'était déjà rendormi... Interrogé à son tour, le pédophile a rejeté les accusations. Selon lui, il fallait chercher le coupable à la crèche. Puis, il a reporté les accusations sur sa propre compagne. Début mars, Laurent est face à ses juges. Répondant aux questions de la présidente du tribunal, Claire Degryse, il reste sur ses positions, soutenant qu'il s'interrogeait lui-même sur ce qui avait bien pu se passer, imaginant plusieurs explications avant de considérer qu'à son estime, sa compagne avait sans doute dû blesser la petite inconsciemment. Laurent reconnaissait être un consommateur de cocaïne et d'héroïne et être violent à ses heures. «Mais je ne suis en aucun cas capable de commettre de tels actes», avait-il soutenu. Hier, les juges ont rendu leur décision. Implacable. Extrait: «Le prévenu est coupable d'un acte gravissime. Le rapport psychiatrique énonce une personnalité aux traits psychopathes et asociale ». Déjà condamné pour vols avec violence, Laurent risquait une peine supplémentaire à 10 ans. «Le tribunal aurait pu être plus sévère mais il ne reste pas insensible au passé du prévenu, lui-même a été victime d'abus sexuel pendant son enfance. » Précisons que la compagne a été condamnée à 10 mois de prison avec sursis probatoire, reconnue coupable de non-assistance à personne en danger. Les deux prévenus sont enfin condamnés à payer 2.500 euros, à titre provisionnel, à la tutrice de la fillette. |
Ph. Bt
© La Dernière Heure 2005
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Procès pour pédophilie à Angers
Vidéo parole
Les enfants victimes ne témoigneront pas à la barre. La cour d'assises, plutôt que de les faire venir au tribunal, voit les cassettes de leurs témoignages filmés. Ce qui trouble la tradition d'oralité et de confrontation des procès.
Par Jean-Pierre THIBAUDAT
lundi 18 avril 2005
le se renverse en arrière sur sa chaise, bâille. «J'ai plus envie de parler... j'ai rien à dire», dit Delphine, une petite fille ronde, blonde, plutôt souriante. Elle n'a pas 7 ans quand, dans son bureau, en avril 2003, la juge d'instruction lui pose des questions sur des faits qui se sont déroulés dans sa vie quand elle avait entre 3 et 6 ans, mettant en cause des adultes dont ses parents accusés pour divers motifs relevant de la pédophilie, voire du proxénétisme. L'entretien est commencé depuis une bonne vingtaine de minutes. Avec beaucoup de précaution, la juge d'instruction essaie de lui faire dire des «choses pas bien» comme dira une autre enfant, victime elle aussi. La cassette est projetée devant la cour d'assises du Maine-et-Loire devant les 66 accusés, les uns incarcérés (et plusieurs ayant déjà été condamnés pour des faits de pédophilie), d'autres comparaissant libres.Trop jeunes, les enfants ne viendront pas témoigner à la barre de ce huis clos restreint. Sur les 45 victimes dont il sera question durant ce procès-fleuve qui doit s'achever en juillet, seuls les enfants en très bas âge comme Solange, la soeur de Delphine, née en mai 1999, n'ont pas été entendus, donc pas filmés. Plus de soixante cassettes ont été enregistrées comme le veut la loi , soit dans les locaux de la police (CD-Rom), soit devant la juge d'instruction (cassette), avec une caméra fixe qui, au commissariat, parfois ne filme maladroitement qu'un pan de mur et le haut d'un visage.
«Tu veux me raconter ?»
Des heures de silences, de hochements de tête, de paroles extirpées de corps meurtris : les uns nerveux, les autres affaissés, les derniers noués. Une fois, deux fois, trois fois, parfois plus, on demande à l'enfant de revenir sur les faits, à des âges où le corps et l'appréhension du monde évoluent vite. Entre la première et la dernière audition, l'enfant s'est physiquement transformé, sa vie dans un foyer ou une famille d'accueil a aussi modifié bien des choses. L'enfant passe par des phases d'ouverture ou de fermeture. Interpréter sa parole est forcément complexe.
«Tu veux me raconter ?» «Non.» Au début, comme tous les enfants, Delphine répond «non», au plus dit avoir joué «au papa et à la maman». «Tu peux me raconter ?» demande une femme, juge d'instruction, à Armelle, 6 ans et 4 mois. Elle répond négativement d'un mouvement de tête. Parler est difficile pour des bambins qui ont subi des sévices, et d'autant plus si les parents étaient là, participant aux ébats ou ne faisant rien pour les protéger. Devant les policiers (un homme et une femme le plus souvent) puis devant le juge d'instruction, la situation est celle, classique, d'un interrogatoire.
Transcription ou trahison ?
Au commissariat, on entend off le policier taper à la machine. L'enfant est assis sur une chaise où, avant lui, un voleur de portable ou une personne venue porter plainte avaient pris place. Quand le policier tape la réponse, le silence est pesant, l'enfant attend, s'ennuie, s'agite ou se tord les doigts. Seul le ton change : autant que possible, le policier cherche à se mettre à la portée de l'enfant. «Tu sais, il faut dire la vérité, ma puce, on n'est pas là pour t'embêter. On est la brigade des mineurs. Même si papa et maman t'ont dit de ne pas parler, il faut dire la vérité», dit le policier à Lucie, 9 ans.
Plus l'enfant est petit, plus le contact s'avère difficile. Or on pose à l'enfant de 7 ans les mêmes questions qu'à l'enfant de 10 ans. Des questions ciblées : on (le policier, le juge) lui demande de préciser si untel était là ce soir-là, ce que lui a fait telle personne (caressé le sexe, frotté le zizi, mis le zizi entre les fesses). Il faut du temps et de la douceur pour que les mots affleurent aux lèvres, quand ils affleurent. Comme beaucoup d'adultes et d'enfants sont impliqués dans cette affaire, il en résulte une sorte de jeu : on fait feuilleter à l'enfant des albums où il doit pointer les visages connus et liés à telle ou telle scène. L'enfant se réfugie souvent dans ce jeu de portraits, peut-être parce que, justement, c'est un jeu. Il lui arrive aussi de se prendre au jeu, de désigner une personne qu'il n'a jamais rencontrée (ainsi tel homme incarcéré depuis 1996, comme l'a fait Lucie), d'autres visages, en revanche, sont désignés systématiquement.
Mais comment noter les silences ? Les hochements de tête qui disent non ou oui, les toussotements en guise de réponse ? Et les oui sonores arrachés avec insistance, au bout d'une certaine lassitude et d'une fatigue qui, chez certains, arrive vite ? Les transcriptions des auditions (versées au dossier) manipulent forcément et involontairement cette parole. Un policier demande à Lucie à quand remonte la dernière fois où elle est allée chez Franck et Patricia V. (leur appartement était le point de ralliement de nombreux pédophiles et de parents qui y amenaient leurs enfants). «Un mardi», dit-elle. «L'année dernière, en 2001 ?» «Oui.» «Tu en es sûre ?» «Oui.» Le policier tape à la machine : «C'était un mardi de l'année dernière, j'en suis sûre.» Transcription ou trahison ?
«Voir la souffrance des enfants»
Eric Maréchal, le président de la cour, a choisi de ne pas projeter toutes les cassettes enregistrées (leur diffusion intégrale rallongerait le procès de trois semaines). Mardi dernier, au premier jour des témoignages filmés des enfants, une dizaine d'avocats de la défense viennent à la barre demander le visionnage de «toutes» les cassettes. «Tout est important : les silences, les réactions du corps, les mouvements. Or tel mouvement, on le qualifie de "gêne" dans le dossier, c'est une interprétation et c'est tronquer l'oralité des débats» (donnée fondamentale de la cour d'assises), dit l'un. «Le silence des enfants est aussi important que leur parole», renchérit un autre. Les parties civiles (et à travers elles les associations d'aide à l'enfance) ont abondé dans le même sens : «Tout voir, c'est voir la souffrance des enfants, leurs hésitations, c'est terrifiant, il faut voir cela.» L'avocat général n'a pas dit autre chose. Le président de la cour, maître des débats, a décidé de «surseoir à statuer», c'est-à-dire d'agir au cas par cas. Mais, dès le premier jour, il ajoutait une cassette non prévue à son programme initial. La parole des enfants est d'or autant que l'expression de leur corps.
Alors les lumières baissent et les cassettes sont projetées. Après la blonde Marine, avec sa frimousse de Cosette, la brune Armelle bouleverse l'auditoire. Quel sera l'impact émotionnel de ces cassettes sur les jurés, les accusés ?
Le juge d'instruction interroge Marine, 8 ans : «Est-ce qu'il t'a fait du mal ?» « Oui.» «Il t'a mis le zizi dans les fesses ?» «Oui.» Sa voix est douce, mais ses doigts sur son ventre n'en finissent pas de se nouer. A Armelle, 6 ans : «Toucher le sexe des enfants, tu sais ce que cela veut dire ?» «Non.» «Toucher la minette, tu sais ce que c'est ?» «Oui, c'est le sexe.» «Mais "toucher" cela veut dire quoi ?» Intervient un nouveau paramètre : l'usage et le sens des mots. Qu'est-ce que l'enfant entend et comprend par «zizi dans les fesses» ? Une sodomie ? Et «zizi dans la foufoune» ? Une pénétration ? Le Dr Fulbert Jadech, explicitant son expertise médico-psychologique, met en garde : «Cela peut être un simple frottement.» Comment savoir ?
«Une guêpe va me piquer !»
Dès lors apparaît comme cruciale une autre parole. Non enregistrée mais patente. Celle que manifestent les enfants du procès d'Angers quand, séparés de leur famille (parents incarcérés, enfants placés d'office, etc.) ils arrivent dans un foyer ou une famille d'accueil.
Magali, monitrice dans un village d'enfant près d'Amboise, a recueilli les enfants de Franck et Patricia V. en août 2002. Inès, la plus jeune des soeurs (ayant subi des sévices comme son aînée Marine), allait vers ses 6 ans. «Au début, elle ne pouvait pas s'aventurer seule dans une pièce de la maison. Elle avait peur que des messieurs viennent la chercher.» Dans sa famille d'accueil, Armelle, même âge, ne peut pas dormir avec une porte ou une fenêtre ouverte. Une nuit de la canicule, on a laissé discrètement une fenêtre entrebâillée. Elle s'est réveillée en hurlant «une guêpe va me piquer !», puis, consolée, au petit matin, a dit craindre que des messieurs entrent par la fenêtre. Tous ces propos spontanés et non relancés (le règlement des foyers et familles d'accueil impose de ne pas poser de questions) sont consignés et transmis à la brigade des mineurs qui, ultérieurement, reviendra sur ces faits lors d'interrogatoires.
Ces paroles-là se libèrent sans entrave ni contrainte au creux de la vie quotidienne, dans l'intimité. Comme le soir quand Armelle s'approche de Jean-Luc qui est en train de vérifier ses e-mails. Ou le jour où elle aide une travailleuse familiale à faire la vaisselle, Armelle lâche: «Il m'a fait mal à ma minette, il a fait pipi tout blanc et après il a nettoyé avec un gant de toilette.» Un autre jour, elle demande à Christiane (l'épouse de Jean-Luc) si elle aime les os, et elle explique : «Moi j'aime les os quand ils sont mous, pas quand ils sont durs comme les os humains.» Jean-Luc parle d'Armelle comme d'une petite fille «accrochée à la vérité». Le président du tribunal : «Tout ce qu'elle vous a dit, avez-vous le sentiment que c'était sincère ?» «Oui. Elle montrait une telle émotion. Et après, elle se sentait soulagée.»
Et puis il y a les gestes qui sont comme des séquelles : l'une qui se masturbe avec une banane, une autre qui écarte les jambes devant les garçons ou qui se frotte. Alors que, en apparence, les corps des six fillettes entendues cette semaine ne portent pas les traces tangibles des actes subis. Des médecins légistes, convoqués à la barre, qui ont examiné les petites filles ont noté que leur hymen était intact, ce qui suppose une absence de pénétration profonde mais rend possible celle d'une «pulpe» de doigt. En revanche, si une sodomie entraîne des lésions, celles-ci «cicatrisent en moins d'une semaine, même dans le cas d'un sexe d'homme sur un enfant de 5 ans», a précisé l'un d'eux, le Dr Jousset. Et d'ajouter : «Pour constater un relâchement du tonus sphinctérien, il faut des actes de sodomie répétés sur plusieurs mois», c'est le cas pour deux des enfants de cette vaste affaire de pédophilie.
Pour chacun des enfants dont les cassettes ont été projetées cette première semaine d'audience, l'expert médico-psychologique a répété la même phrase à la barre : «Aucune tendance à la fabulation ni trouble psychique n'a été décelé.» Ce qui ne veut pas dire que la vérité sort toujours sans anicroche de la bouche de ces enfants. De leur corps plus sûrement. Interrogés sur la véracité de leurs propos, 63 des 66 accusés ont répondu «c'est faux». Et c'est pour ces enfants à l'évidence meurtris comme une double peine.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=290248
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ANGERS
L'audience du 14 avril
b>Jour 24
Le témoignage accablant de Lucie
La cour d'assises de Maine-et-Loire a visionné jeudi 14 avril les auditions filmées d'une des victimes recensées dans le cadre de l'affaire de pédophilie d'Angers, Lucie, une fillette aujourd'hui âgée de 12 ans, qui avait dénoncé un grand nombre des 66 accusés du procès.
Pour la première fois, l'une des victimes, Patrice, qui a eu 18 ans récemment, a assisté à l'audience pendant environ un quart d'heure, assis au fond de la salle avec son avocat.
"Il voulait voir comment se déroulait le procès, mais ne voulait pas voir ses parents", a expliqué à la presse Me Meriem Baba-Roncière, précisant que son client devrait venir témoigner à la barre.
Lucie n'est quant à elle pas venue puisque aucune audition de mineur n'est prévue au procès, en raison des traumatismes subis par ces enfants et de leur jeune âge, compris entre quelques mois et 12 ans au moment des faits, entre janvier 1999 et février 2002.
Les jurés ont pu cependant visionner plusieurs de ses auditions, réalisées par les policiers de la brigade des mineurs puis par la juge d'instruction Virginie Parent.
Interrogée en mai 2002, à l'âge de 9 ans, c'est une petite fille presque mutique qui apparaît à l'écran, au côté de sa petite soeur Isabelle, sourde. Elle marmonne, reconnaît plusieurs des accusés et des victimes sur des photos, mais avoue avec réticence être allée plusieurs fois chez Franck et Patricia, un des principaux couples d'accusés, notamment poursuivis pour viols, agressions sexuelles et proxénétisme aggravé, le plus souvent à leur domicile.
Elle reconnaît que des adultes "venaient jouer avec les enfants dans la chambre" de Marine, fille aînée du couple, mais fond en larmes quand les questions se font plus pressantes. "Est-ce que c'était bien ou pas bien, ce qu'ils faisaient les messieurs ?", ose le policier. "Pas bien", répond-elle d'une toute petite voix.
Au fil des auditions, alors qu'elle est placée en foyer, elle parle plus volontiers, reconnaissant toujours une quinzaine d'accusés sur des photos, et plusieurs enfants, dont sa petite soeur, qui étaient comme elle obligés de participer à des scènes de débauche avec des adultes.
"J'ai peur"
L'enfant, très éveillée, s'agite, plaisante avec les policiers, parie même un bonbon avec l'un d'eux. Mais elle reste muette quand on l'interroge sur ce qui se passait avec les adultes, et explique seulement que "des enfants pleuraient. On pleurait tous, sauf une fille".
Lors d'une troisième audition, elle dit qu'elle se rappelle mais "j'arrive pas à dire. Ca me fait pleurer".
Devant la juge d'instruction, elle se souvient avec précision, pour chacun des accusés, quels enfants étaient "touchés" et dans quel lieu, mais refuse de dire ce qu'ils faisaient. "J'ai peur", dit-elle.
Elle explique que "certains donnaient de l'argent, et d'autres en recevaient". Elle-même a reçu 10 francs de la part de Franck, ajoute-elle.
La fillette a fait "énormément de révélations", a témoigné une éducatrice du foyer où elle a été placée. Lors d'une sortie au cinéma notamment, l'enfant, très perturbée, a fondu en larmes, déclarant "que ses parents l'obligeaient à danser nue devant des gens qui après abusaient d'elle", a expliqué l'éducatrice, qui l'a jugée crédible.
Mais Lucie pouvait parfois raconter des "bobards", comme l'existence d'un grand frère, "pour s'inventer une nouvelle vie", reconnaît l'éducatrice. "Elle ne présente pas de tendance pathologique à l'affabulation", mais cela peut être "une attitude défensive", estime le psychologue.
La diffusion des auditions des victimes, qui a débuté mardi, doit se poursuivre jusqu'au 29 avril.
Le Nouvel Observateur 1999/2000
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DEONTOLOGIE
Police : les dérapages visent
plus les enfants d'immigrés
La Commission nationale de déontologie de la sécurité signale une hausse de 38% des incidents, notamment ceux mettant en cause des policiers. La discrimination raciale, visant en particulier "un fort noyau de jeunes issus de l'immigration maghrébine de 18 à 35 ans", est en cause dans un cas sur trois.
![]() Des CRS lors d'une interpellation "musclée" (Sipa) |
a discrimination raciale, en particulier contre les jeunes issus de l'immigration, est en cause dans un tiers des dérapages policiers en 2004, un phénomène qui a doublé depuis 2001, selon une étude publiée lundi 18 avril par la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).
Cette étude, réalisée pour la première fois par cette commission indépendante à partir des affaires dont elle a été saisie, met en évidence une discrimination raciale dans 36 affaires sur 78 où il y a eu manquement à la déontologie par les forces de l'ordre sur la période 2001-2004.
Une discrimination raciale a été relevée dans 15 dossiers sur 47 en 2004, soit un tiers des cas, contre une sur 6 en 2001, et met principalement en cause la police de quartier.
Cette augmentation reflète "une plus grande sensibilité à cette question, une meilleure possibilité de saisine de la commission et un contexte qui favorise ces discriminations", a souligné son auteure, membre de la commission et chercheuse au CNRS, Catherine Wihtol de Wenden, lors d'une conférence de presse.
Manque de formation
Elle a mis en cause un manque de formation des policiers impliqués, "dont l'âge moyen est de 25 ans et qui ne connaissent les quartiers que par la télévision" et qui sont "les premières victimes d'une formation incomplète".
Le manque d'encadrement est "un élément aggravant", a-t-elle ajouté.
Les plaignants comprennent "un fort noyau de jeunes issus de l'immigration maghrébine de 18 à 35 ans, interpellés dans les banlieues défavorisées de la région parisienne" (Seine-Saint-Denis et dans une moindre mesure Val-d'Oise et Val-de-Marne), selon l'étude.
De nationalité française "pour l'écrasante majorité", la plupart d'entre eux "ont un nom ou une apparence physique qui laisse entendre une origine maghrébine ou moyen-orientale".
"Joutes 'viriles'"
La deuxième catégorie de plaignants sont les Français d'origine africaine ou antillaise, selon la chercheuse, qui évoque également le cas de gens du voyage.
Dans ces affaires, "l'individu disparaît derrière l'identification ethnique et le groupe auquel il appartient", selon la chercheuse.
Or, "loin des idées reçues, certains des interpellés sont diplômés, occupent des emplois qualifiés et sont appréciés localement".
Les dérapages ont le plus souvent pour origine des contrôles d'identité "pour marquer" la présence des policiers dans les quartiers.
"Des joutes 'viriles' s'ensuivent avec échange d'insultes se concluant souvent par des procédures d'outrages et rébellion, le recours fréquent à la force, parfois l'utilisation d'armes de service réservées à un usage défensif, gaz lacrymogènes, flash-ball, menottage".
"Sentiment d'impunité"
Les dérapages ont pour causes "une accumulation de litiges antérieurs", "un conditionnement préalable" et "un sentiment d'impunité" chez les policiers qui s'illustrent par "une volonté d'humiliation individuelle" et "des discriminations collectives".
A propos de ce "sentiment d'impunité", elle a noté "une très grande solidarité" entre les agents impliqués.
L'étude sur la part des discriminations dans les manquements à la déontologie de la sécurité n'a en revanche relevé "aucun cas d'antisémitisme et un seul d'homophobie".
A propos de la situation particulière de la police des frontières, exclusivement en contact avec des étrangers, l'étude critique enfin les méthodes employées pour les embarquements forcés qui s'apparentent "à une forme de discrimination institutionnelle".
Synergie, second syndicat d'officiers de police et l'Unsa-police, troisième syndicat de gardiens de la paix, ont critiqué ce rapport le qualifiant de "vision partielle et partiale des déontologues autoproclamés de la CNDS" et dénonçant des "amalgames". Le Nouvel Observateur 1999/2000
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| Un juge de Sudbury est nommé pour enquêter sur le projet « Vérité » à Cornwall | |
| Mise à jour le lundi 18 avril 2005, 14 h 29 . | |
Le projet « Vérité » portait sur des allégations d'agressions sexuelles commises par un présumé réseau de pédophilie, dont auraient fait partie des notables de la région de Cornwall. Le procureur général de l'Ontario a précisé que le juge Glaude va examiner comment le système de justice, les policiers et d'autres établissements publics ont traité les allégations d'agressions sexuelles dans le cadre du projet « Vérité ». Le témoignage des personnes interrogées dans le cadre de cette commission ne pourra être retenu en cour en cas d'accusations criminelles. À la suite d'une longue enquête, la police provinciale de l'Ontario avait porté une centaine d'accusations contre une quinzaine de personnes. Un seul homme a été reconnu coupable. |
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procès
Me Mayence plaide l'acquittement pur et simple de Georges Zicot
Belga
![]() |
| Belga |
Me Jean-Philippe Mayence a plaidé lundi devant le tribunal correctionnel de Nivelles «l'acquittement pur et simple » de l'ex-péjiste Georges Zicot qui, lorsque l'affaire Dutroux a éclaté en 1996, avait été présenté par Michel Bourlet comme le «protecteur de Marc Dutroux ».
Pour l'avocat, il ne peut y avoir le moindre doute: «on a fait un mauvais procès » à son client poursuivi, avec Marc Dutroux et six autres personnes, pour recel, faux, escroquerie, corruption et association de malfaiteurs.
Plaidant pendant plus de trois heures, Me Mayence a dit que le nom de Georges Zicot sera toujours associé à Marc Dutroux. «Ce sont des traces qui ne pourront jamais cicatriser », a-t-il souligné.
Me Mayence a expliqué qu'avant que l'affaire Dutroux éclate, Georges Zicot était dans le collimateur du procureur général de Mons, Georges Demanet, car il avait mis au jour une escroquerie à l'assurance commise par son fils.
L'avocat a retracé les déboires de son client qu'il considère comme un des meilleurs policiers dans la lutte contre le trafic de voitures: refus de promotion, suspicions sur son travail et son intégrité et représailles via des coups de feu auxquels il a échappé de justesse.
L'avocat estime que son client ne peut avoir de procès équitable car il n'a pu avoir accès à toutes les pièces du dossier et que la prescription peut jouer. Il s'est néanmoins attaché à démonter les préventions une à une dont deux - recel et association de malfaiteurs - avaient déjà été écartées par le procureur du Roi.
Me Mayence s'est longuement étendu sur les faits qui relient Georges Zicot à Marc Dutroux. Informé par Gérard Pinon du fait que Marc Dutroux entreposait un camion volé dans un entrepôt qui lui appartenait, Georges Zicot avait permis la restitution du camion à l'assurance. Il avait fait déplacer le camion et avait falsifié un procès-verbal pour protéger son informateur, écrivant que le camion avait été retrouvé sur la voie publique. L'informateur avait perçu une prime de l'assurance.
Pour Me Mayence, il n'y a pas eu de faux en écriture car il n'y a ni préjudice, ni intention frauduleuse. La seule intention de Georges Zicot était de protéger son informateur, a fait valoir l'avocat, soulignant que ses supérieurs étaient au courant.
L'informateur, a-t-il poursuivi, a été payé par l'assurance à l'aide d'un chèque dont le montant a été versé sur son compte. Cette somme était de plus bien inférieure à ce que l'informateur aurait pu prétendre vu le prix du camion, a fait valoir l'avocat. «Georges Zicot n'a pas perçu un seul franc », a-t-il conclu. Me Mayence a estimé que l'on ne pouvait retenir la corruption. La seule libéralité accordée par un garagiste est une réparation gratuite accordée en 1996 à Georges Zicot après sa libération de prison et alors qu'il était suspendu comme policier.
Quant à l'accusation de protection d'un violeur récidiviste afin de protéger un informateur en 1991, en partie abandonnée par le ministère public, Me Mayence y voit la «démonstration d'un acharnement contre son client » de la part d'enquêteurs qui l'ont régulièrement interrogé pendant 15 heures d'affilée. Ce qui est interdit, a précisé Me Mayence.
L'avocat estime qu'il n'y a aucun doute sur la non-culpabilité de Georges Zicot et que la justice doit accepter ses erreurs. «Ouvrons les yeux. Acceptons nos erreurs et réparons. On lui rendra sa dignité, il le mérite », a dit Me Mayence.
«Je veux une sortie par la grande porte d'une justice réveillée et lucide », a conclu Me Mayence, après avoir rappelé que Georges Zicot avait dû quitter la prison de Huy par une porte dérobée après sa détention préventive en 1996. La défense de Marc Dutroux plaidera mardi.
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STRASBOURG, 17 avr 2005 (AFP)
Pierre Bodein mis en examen pour "tentative d'enlèvement" de jeunes gens
Pierre Bodein, un repris de justice mis en examen pour les morts violentes de deux jeunes filles l'an dernier en Alsace, a également été mis en examen pour "tentative d'enlèvement" d'une adolescente et d'un jeune dans la même région, a-t-on appris dimanche auprès de son avocat. Ces mises en examen, révélées par Les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), datent de janvier, a indiqué à l'AFP Me Olivier Charles. Il a ajouté que son client rejetait ces nouvelles mises en cause et qu'il continuait à nier toute responsabilité dans les morts de Jeanne-Marie, 11 ans, et Julie, 14 ans. Les deux jeunes filles avaient disparu respectivement le 18 juin à Rhinau (Bas-Rhin) et le 25 juin à Schirmeck (Bas-Rhin) alors qu'elles circulaient à vélo. Leurs corps, lacérés de coups de couteau, avaient été retrouvés plusieurs jours plus tard dans des ruisseaux de la région. Bodein, interpellé le 30 juin et actuellement incarcéré à Epinal, avait ensuite été confondu par des traces de sang et d'ADN de Julie et de Jeanne-Marie, retrouvées dans sa voiture. Mais avant les disparitions des deux jeunes filles, le repris de justice aurait tenté d'enlevé le 16 juin, près de Zellwiller (Bas-Rhin), Amandine, 16 ans, rencontrée sur la route, ainsi que le 24 juin, Anthony, 15 ans, alors qu'il faisait de l'auto-stop près de Molsheim (Bas-Rhin). Selon les déclarations d'Amandine recueillies par les enquêteurs, elle aurait réussi à s'enfuir alors que Bodein la retenait par le bras, tandis qu'Anthony a déclaré avoir dû sauter de sa voiture en marche parce qu'il refusait de s'arrêter, a précisé Me Charles.
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STRASBOURG (AP) -- Pierre Bodein, dit «Pierrot le fou», 55 ans, a récemment été mis en examen pour deux tentatives d'enlèvement, rapportent les «Dernières nouvelles d'Alsace». Ces tentatives concernent une adolescente et un jeune garçon en juin dernier. Pierre Bodein, déjà mis en examen pour deux autres affaires, est soupçonné d'être impliqué dans la mort d'une adolescente et d'une fillette.
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Marcel Vervloesem du Werkgroep Morkhoven incarcéré
Le juge d'instruction a confirmé le mandat d'arret à charge de marcel Vervloesem. L'intéressé restera incarcéré jusqu'à mardi, date à laquelle il passera devant la chambre du conseil.
Selon certaines sources l'intéressé refuse de s'alimenter et de prendre ses médicaments, indispensable à sa survie.
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Pédophilie : 5 cardinaux
jugés indésirables
Une association américaine de défense des victimes de prêtres catholiques pédophiles a publié les noms de cinq cardinaux "papabile" qu'elle juge "moralement inacceptables" pour succéder au pape Jean Paul II.
ne association américaine de défense des victimes de prêtres catholiques pédophiles a publié vendredi 15 avril les noms de cinq cardinaux qu'elle juge "moralement inacceptables" pour succéder au pape Jean Paul II.
Le groupe "Réseau des survivants de ceux qui ont été victimes de prêtres pédophiles" (SNAP) a publié cette liste noire, à trois jours du début du conclave à Rome destiné à élire un nouveau pape.
Les cardinaux visés sont l'Italien Angelo Sodano, secrétaire d'Etat du Vatican, Oscar Andres Rodriguez Maradiaga du Honduras, Norberta Rivera Carrera du Mexique, le Colombien Dario Castrillon-Hoyos, qui dirige la Congrégation pour le clergé, et Francisco Javier Errazuriz Ossa, cardinal de Santiago (Chili).
Possibles candidats
Les cinq cardinaux, qui comme les autres cardinaux sont de possibles candidats à la succession de Jean Paul II "ont laissé entendre en substance qu'ils protégeraient des prêtres pédophiles et qu'ils ne prendraient pas au sérieux le scandale des abus sexuels", affirme le SNAP sans donner de détails précis.
"Il est possible que nous ayons un très faible impact, voire aucun, mais nous savons qu'à chaque fois que nous nous exprimons, des victimes découvrent plus de vérité et trouvent le courage de dénoncer les abus dont elles ont été l'objet", a dit Mary Grant, du SNAP, qui habite près de Los Angeles (Californie, ouest).
L'association n'a pas donné de nom de candidat qu'elle soutiendrait officiellement.
Le 11 avril, à Rome, deux représentantes de cette association avaient protesté sur la place Saint-Pierre contre la célébration d'une messe par le cardinal américain Bernard Law, ancien archévêque de Boston, accusé d'avoir essayé de cacher ce scandale.
Le Nouvel Observateur 1999/2000
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| «Il a essayé d'enlever d'autres enfants» (17/04/2005) |
| Le père d'une petite fille violée demande aux victimes de se faire connaître MONTIGNIES-SUR-SAMBRE Kidnappée. Séquestrée. Violée. Voilà le calvaire qu'a subi une fillette de 6 ans, le 21 mars dernier. L'enfant jouait devant la maison de sa maman à Montignies-sur-Sambre, avec d'autres petites têtes blondes. Un adulte veillait sur le groupe. Mais dans l'ombre, un prédateur guettait, rodant dans sa fourgonnette Renault Express. Et il a suffi d'un instant d'inattention de l'adulte pour que le pédophile fonde sur sa proie. Sournoisement, il s'est approché de la petite fille et lui a proposé un vélo. Méfiante, celle-ci a répondu qu'elle devait prévenir sa maman mais le kidnappeur lui a fait croire «qu'il n'avait pas le temps». Elle est montée dans la fourgonette... «En chemin, il s'est arrêté et a déchiré une feuille de papier rose», raconte Pascal, le papa de la petite victime. «Il a léché les morceaux afin de les coller sur les yeux de la petite. Il a ensuite ajouté du papier collant». Une fois chez lui, le pédophile a déshabillé l'enfant. Il s'est également dévêtu. «Ma fille a bien été violée, le médecin légiste l'a confirmé», déplore le papa. «Lorsqu'elle s'est mise à pleurer, il a décidé de la relâcher. Cela aurait pu tourner encore plus mal...» Eplorée, la fillette a donc été libérée sur l'avenue du Centenaire à Montignies. L'auteur lui a même indiqué la route pour rentrer chez elle. Une fois dans les bras de sa maman, elle a pu raconter les sévices qu'elle avait subis, fournissant une foule de détails. En même temps que la police de Charleroi, Pascal a commencé sa propre enquête. «J'ai tourné dans les rues, à la recherche d'une fourgonnette blanche. J'y ai passé des nuits. Le vendredi, alors que je m'apprêtais à abandonner, j'ai soudain aperçu la Renault Express avec un Winnie l'ourson collé sur la vitre et le déodorant en forme de tête de chien. Comme l'avait décrit ma fille. Je l'ai suivie mais je l'ai perdue de vue à un feu. Heureusement, lorsque je suis rentré à la maison, la police était déjà là et m'annonçait son arrestation». Le suspect s'appelle Christian D. Il est âgé de 40 ans et est originaire de Gilly. Il nie les faits, mais outre son véhicule, l'enfant a formellement reconnu l'entrée de sa maison. «Elle se souvenait qu'il y avait quatre marches. Elle est d'ailleurs tombée dans cet escalier», confirme Pascal. A l'heure qu'il est, Christian D. est en prison pour ce kidnapping. Mais pour les parents de la fillette, l'individu n'en était pas à son coup d'essai. «J'ai discuté par hasard avec une dame qui m'a parlé de faits semblables. Un homme dans une camionnette blanche aurait approché ses enfants sans pouvoir les enlever», raconte la maman. «Je suis sûre que c'est lui. Les gens ont dit qu'ils me recontacteraient pour le signaler à la police. Malheureusement, j'attends toujours. Si c'est un récidiviste, il faut que cela se sache!». Ce week-end, les parents ont déposé des appels à témoins dans les petits commerces du coin. La petite fille, elle, va entamer un traitement psychologique. Depuis les faits, elle passe des crises de larmes à l'agressivité... |
F. D. La Dernière Heure 2005
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Nouveaux soupçons de pédophilie à l'encontre de Marcel Vervloesem
16-4-2005 14:43![]()
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Les fromages puants de Dutroux
Lelièvre fabriquait de l'alcool en cellule...
ARLON Pascal et Dutroux ont partagé des cellules voisines à Arlon. C'était l'époque où la direction de la prison surprotégeait Dutroux pour éviter sans doute qu'il n'arrive en mauvais état au procès. Bref, Dutroux était chouchouté.
Pascal rapporte qu'un de ses petits plaisirs consistait à piéger le frigo commun en y déposant une demi-douzaine de fromages qu'il choisissait parmi les plus puants. Dutroux les laissait moisir plusieurs semaines. Car lui était autorisé à utiliser le frigo des chefs. Et il ne s'en privait pas. C'est dans ce frigo qu'il conservait les crèmes glacées et les tartes couvertes de crème fraîche qu'il se faisait livrer par la cantine. Dans l'autre frigo, les codétenus devaient supporter les fromages de Dutroux couverts de poils...
Un jour, Pascal a commandé une tarte et exigé de la mettre comme Dutroux dans le frigo des chefs. Ceux-ci ont refusé. Alors, ne se contrôlant plus, il s'est emparé d'une des tartes aux fraises de Dutroux et l'a jetée à travers le couloir de la 8e.
Je ne sais pas si le manège continue, poursuit Pascal, mais, à l'époque, Dutroux recevait 200 euros tous les deux mois d'un mystérieux admirateur qui postait le courrier à Anvers.
A la 8e, Michel Lelièvre était le seul à avoir le privilège de travailler: il servait les repas.
Pascal affirme qu'on a trouvé deux fois de la drogue dans sa cellule, cellule où il fabriquait de l'alcool avec de la levure...
Pour avoir refusé de présenter des excuses à Dutroux, il a été transféré à Lantin.
Dutroux avait désigné au directeur six détenus dont il exigeait les excuses. Pascal n'oubliera jamais ce codétenu, une armoire à glace de 1m90 et 130 kg qui pleurait après avoir dû serrer la main du monstre de Sars-la-Buissière!
Gilbert Dupont
© La Dernière Heure 2005
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Marcel Vervloesem (52) uit Morkhoven, de zelfverklaarde kinderpornojager, is gisteren opgepakt. Hij wordt verdacht van nieuwe feiten van seksueel misbruik. Hij verschijnt vandaag voor de onderzoeksrechter in Turnhout.
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15/04 Marcel Vervloesem opgepakt in nieuw gerechtelijk onderzoek
Marcel Vervloesem van de vzw Morckhoven is vrijdagmiddag door de federale politie van Herentals opgepakt in het kader van een nieuw gerechtelijk onderzoek.
Dit heeft Inge Delissen van het parket van Turnhout vrijdagavond bevestigd. Meer commentaar wou ze evenwel niet kwijt.
Vervloesem is momenteel al verwikkeld in een strafzaak. De man wierp zich jarenlang op als de witte ridder tegen het seksueel misbruik van kinderen. Maar op 19 januari moest hij in de correctionele rechtbank van Turnhout zelf op de beklaagdenbank plaatsnemen. Hij wordt vervolgd voor het bezit van kinderporno, seksueel misbruik van minderjarigen, inbreuken op de privacy en oplichting. In de jaren 1970 en 1990 zou hij negen slachtoffertjes, waaronder zijn halfbroer Victor, seksueel misbruikt hebben.
Traduction libre
Ce vendredi après-midi, Marcel Vervloesem de l'a.s.b.l. Morckhoven a été arrêté par la police fédérale de Herentals dans le cadre d'une nouvelle recherche judiciaire.
Ceci a étéconfirmé par Inge Delissen du parquet de Turnhout vendredi soir. Aucun autre commentaire n'a été fait. Vervloesem a actuellement déjà été impliqué dans une affaire criminelle.
L'homme s'est soulevé pendant plusieurs années comme le chevalier blanc contre l'abus sexuel des enfants. Mais le 19 janvier il a dû s'asseoir dans le tribunal correctionnel de Turnhout lui-même sur le banc des accusés.
Il est poursuivi pour la possession de matériel pedocriminel, l'abus sexuel des mineurs, des violations de la protection de la vie privée et de l'escroquerie. Dans les années 1970 et 1990, il y aurait eu neuf victimes dont son demi frère, abusés sexuellement.
Fin de traduction
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Aveux complets
LIÈGE Dès 1997, dans la foulée de la commission Dutroux qui a véritablement projeté sous les feux de la rampe celui qui n'était jusqu'alors que dans les coulisses, la presse avait déjà révélé l'existence de ce compte caché du PS au Luxembourg.
C'est suite à la pression médiatique que le député-bourgmestre de Chapelle-lez-Herlaimont avait révélé avoir bel et bien placé cet argent caché du PS sur un compte au Luxembourg.
Ensuite, il avait confirmé ses aveux lors d'un passage devant la juge d'instruction Véronique Ancia. Patrick Moriau a, par contre, toujours nié avoir fait un quelconque profit personnel dans toute cette affaire.
En 1998, une première demande de levée d'immunité parlementaire est introduite par le procureur général de Liège et est accordée. Mais, quelque temps plus tard, la Chambre qui avait voté cette levée a été dissoute à l'approche des élections. Patrick Moriau a été réélu cette année-là mais aussi en 2003. Son immunité lui a par conséquent été rendue depuis.
Le nouveau procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé, diligente donc une nouvelle demande dans ce sens. Le parquet ayant clôturé le dossier, il a envoyé à la Chambre un réquisitoire de renvoi en correctionnelle.
Les deux parties impliquées ont quinze jours pour consulter et réaliser des copies de l'entièreté du dossier. C'est le substitut Frédéric Demonceau, habitué des dossiers économiques, qui est chargé de l'affaire. Le parquet attend en ce moment la réponse qui devra être votée par la Chambre.
Si la réponse est positive, une demande de renvoi du député-bourgmestre socialiste devant la chambre des mises en accusation interviendra et c'est cette dernière qui statuera sur le règlement de la procédure suivant les charges présentes dans le dossier.
Si les charges sont suffisantes, Patrick Moriau et Fernand Detaille seront renvoyés pour s'expliquer devant le tribunal correctionnel qui jugera de leur culpabilité.
© La Dernière Heure 2005
Sarah Rasujew
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| Un Outreau à Vilvorde? (15/04/2005) |
Accusés d'avoir maltraité 37 enfants, les gérants du home L'Enfant Heureux répondent... BRUXELLES Le 26 février 1996, le juge Patrick Van Aelst, le parquet de Bruxelles et la gendarmerie descendaient à Vilvorde dans un home appelé L'Enfant Heureux. Neuf ans après, l'affaire arrive déjà en correctionnelle - mercredi prochain - devant la 51e chambre. Et le couple Simone et Jean-Marie Collaer qui aura géré l'établissement pendant 26 ans sera jugé pour maltraitance et malversations financières. 37 enfants se sont constitués parties civiles. Ce n'est pas peu. C'est une affaire dont nous parlions lundi. Un pensionnaire de l'époque aujourd'hui âgé de 37 ans racontait comment il avait dû manger des épluchures, tenir à bout de bras un sac de pommes de terre au-dessus de la tête, passer sous la douche glaciale et comment il était battu... Bref, un procès avant le procès... et c'est bien la raison pour laquelle Simone et Jean-Marie Collaer ont souhaité, hier, en présence de leur avocat, le ténor Sven Mary, rencontrer la presse... et l'inviter à méditer l'exemple d'Outreau. Nous ne prétendons pas que 37 enfants mentent: nous n'en savons rien.Mais nous avons écouté Simone Collaer, longuement. Nous avons observé comment elle parlait avec ses mains, ses yeux et son coeur: à moins d'être une parfaite comédienne, cette dame exprime une sincérité qui impose à tout le moins la prudence. Mme Collaer raconte qu'elle a donné les plus belles années de sa vie à ces enfants (de 3 à 18 ans) qui n'étaient pas les siens, qu'elle est fière de ce qu'elle a fait, qu'elle est fière de ce qu'ils sont devenus, qu'elle ne leur en veut pas d'affirmer ce qu'ils déclarent, mais qu'elle ne comprend pas. Elle pose des questions basiques: chacun avait un tuteur indépendant. Comment aucun tuteur, aucun centre PMS, aucun directeur d'école, aucun enseignant, aucun prof de gym, de danse, de natation, aucun médecin, aucun parent pour ceux qui en avaient, comment personne pendant 26 ans n'a jamais rien signalé? Question? D'accord, mais 37 enfants font des déclarations? A cela, comme à Outreau, le couple accusé répond qu'il ne comprend pas et que ce n'est pas faute de n'avoir pas cherché pendant 9 ans! Pour l'avocat Sven Mary, une certaine pratique du parquet a certainement encouragé les constitutions de parties civiles. Pour l'avocat, 25 ex-petits pensionnaires ont été examinés par des médecins. Aucun n'a décelé de séquelles physiques et/ou psychologiques. Les premiers gosses sont arrivés en 1970. Question de Me Sven Mary? Pourquoi se mettent-ils subitement à parler en 1996 alors que la Belgique est plongée dans les horreurs de l'affaire Dutroux? Les Collaer nient. Tout au plus Simone se reproche-t-elle d'avoir sans doute été trop sévère, mais elle l'était avec ses propres enfants. Et puis, fait-elle au bord des larmes, »c'était l'époque, les choses ont changé, les années 2000 ne sont plus les années 1970 et 80». Et puis surtout: sévérité n'implique pas brutalité ni maltraitance... |
Gilbert Dupont
© La Dernière Heure 2005
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| Cet article provient du site http://www.dhnet.be |
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France Cette semaine, la cour a commencé le visionnage des témoignages des enfants du réseau pédophile d’Angers. Où leur martyre s’exprime. Angers (Maine-et-Loire), envoyée spéciale. À l’écran, deux gamines assises côte à côte. La plus petite, silhouette fluette et tête ébouriffée, porte un survêtement rouge et un blouson noir. Elle ne cesse de gigoter. Noyée dans une parka blanche, la plus grande, bouille ronde auréolée d’un serre-tête retenant sagement ses cheveux châtains, lui oppose son immobilité. En bruit de fond, le cliquetis des touches qu’on enfonce sur un clavier. Puis la voix d’un homme : « Alors Lucie (1), tu as neuf ans, et ta petite soeur, Isabelle, a quatre ans, c’est ça ? » Les yeux rivés vers le sol, la gamine opine du chef. « Tu allais chez ta copine Marine (2) des fois ? » « Oui, mais j’arrive pas à dire son nom », rétorque un filet de voix. « Tu aimais bien aller là-bas ? » continue son interlocuteur. Un « non » laconique tient lieu de réponse. « Pourquoi ? » « Parce que ! » Le regard reste baissé, les mots rares. « On n’est pas là pour t’embêter ma puce ! On est la brigade des mineurs. On fait ça tous les jours. On est là pour aider les enfants comme toi. Mais il faut que tu nous parles, que tu nous dises la vérité pour cela », explique l’enquêteur. L’interrogatoire, mené avec patience et pédagogie, se poursuit. Alors, par bribes, sans jamais prononcer un mot à connotation sexuelle, bloquée dès que l’on souhaite en savoir plus sur les détails des violences subies, la fillette finit par dévoiler l’étendue de l’enfer vécu. Et celui de sa petite soeur qui vient parfois la câliner, saisissant le visage triste de son aînée pour le coller contre son épaule. Depuis ce mardi, la cour d’assises d’Angers, où comparaissent 66 personnes impliquées dans un présumé réseau pédophile, visionne les témoignages des petites victimes, recueillis et enregistrés devant les enquêteurs et la juge d’instruction. Quarante-cinq enfants en tout, âgés de quelques mois à dix ans, abusés, voire prostitués par des membres de leur famille et de leur entourage entre janvier 1999 et février 2002. Durant trois semaines, le jury va écouter la parole des enfants. Mais plus souvent, leurs silences et leurs non-dits. Les cinq hommes et quatre femmes, chargés après quatre mois de débats de livrer le verdict, vont devoir scruter ces mômes dont le comportement est bien plus révélateur que ce qu’ils disent. Ce fut le cas, par exemple, de Marine. La première à apparaître sur les écrans du prétoire - filmés comme l’impose la loi en vigueur depuis 1998, les enfants ne viendront pas au procès. La fillette, au physique d’ange blond, est apparue surexcitée et peu loquace. Celle qui, selon l’acte d’accusation, a subi les assauts de vingt-cinq abuseurs, n’a réussi qu’à articuler des « oui » ou des « non » lors des interrogatoires. Un « oui » quand on lui demande si on « jouait au docteur » avec elle et d’autres petits enfants dans sa chambre. Un « oui » pour préciser que les « messieurs étaient tout nus ». Un autre pour confirmer que d’autres bambins étaient nus avec elle. Un « non » pour dire qu’elle n’aimait pas ce jeu-là. Seul son grand-père a reconnu des attouchements (lire l’Humanité d’hier). Sur les planches photographiques, Marine préfère reconstituer les familles et par là même, dans cette affaire, faire le tri entre les agresseurs et les agressés. Les examens médicaux pratiqués sur elle ne révéleront rien. Et le légiste de préciser à la barre : « Habituellement, chez les enfants qui se disent victimes d’abus sexuels, on ne trouve rien. On devrait les examiner tout de suite, c’est rarement le cas ». Pour saisir toute l’ampleur du désastre, il faudra attendre le témoignage de sa référente sociale au village d’enfants où Marine est placée avec ses deux soeurs et son frère - également victimes - depuis l’arrestation de ses parents. La petite n’est pas pudique, alors on l’« accompagne dans la protection de son corps ». Son évolution est jugée « fragile et lente ». Sa cadette, Inès - dont le témoignage sera diffusé ultérieurement - « s’est fermée », « elle refuse de grandir ». Vincent, leur petit frère, fait preuve « d’une grande violence physique ». La fratrie n’est pas « élevée en dehors de leur famille ». Dans une boîte, ils ont les photos et les courriers envoyés par leurs géniteurs. Patricia et Franck V., qui, dans un dossier où le sordide est devenu la norme, font partie des accusés les plus lourdement mis en cause. Leur domicile aurait été le lieu privilégié des orgies qu’ils organisaient contre monnaie sonnante et trébuchante ou contre des tickets alimentaires, entre leurs enfants, ceux de leur famille ou de leurs connaissances et la quasi-totalité des parents. Un dossier qui fait également référence à d’autres auteurs cagoulés qui n’ont, pour l’instant, pas été identifiés. Une instruction est actuellement en cours afin de repérer d’autres victimes. Armelle, la petite cousine de Marine, ne s’est pas montrée plus diserte. Cette brunette espiègle a plus régulièrement livré un sourire à ses interlocuteurs que des accusations. Les « chéplu », « j’me souviens plus » fusent. C’est sa famille d’accueil qui, dans le prétoire, vient détailler les conséquences des non-dits de la petite. « Elle n’a pas de repère de bien et de mal. Elle nous demande si c’est bien ou mal d’embrasser une copine sur la joue », explique celui qui veille aujourd’hui sur elle. « Une fois, elle m’a demandé si j’aimais les os humains. J’ai pas compris. Elle m’a dit qu’elle préférait quand "ils étaient mous". Là, j’ai saisi. » Sa femme explique comment ils se sont relayés toute une nuit auprès d’Armelle, hurlante de terreur et inapprochable, parce qu’une fenêtre était restée ouverte un soir dans sa chambre. « L’abeille va me piquer », « les messieurs vont venir par la fenêtre », criait-elle. De tous les enfants, ce sera finalement Lucie qui collabora le plus. Appuyée, pour cette fois, par deux accusées qui confirment que plusieurs enfants ont été abusés devant elles. Mais pas par elles. De maigres aveux qui viennent rappeler que, dans ce genre d’affaire, il ne faut pas tout attendre des enfants. Sophie Bouniot (1) Les prénoms des enfants ont été modifiés. (2) La plupart des agressions et viols sur mineurs reprochés aux accusés auraient eu lieu chez les parents de Marine, Franck et Patricia V. |
Page imprimée sur http://www.humanite.fr |
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Si peu de mots pour dire les maux
Depuis quatre jours, la cour d’assises vit au rythme des difficiles témoignages filmés des victimes supposées du réseau pédophile d’Angers. Les accusés, eux, nient en bloc.
Angers (Maine-et-Loire),
envoyée spéciale.
Les enfants parlent. À leur manière. Bien souvent sans dire les mots de leurs maux. Mais avec leurs silences et leurs attitudes. Depuis quatre jours, la cour d’assises d’Angers, devant - laquelle comparaissent soixante-six accusés supposément impliqués dans un réseau de pédophilie, s’est transformée en salle de visionnage. Sur les écrans défilent, une à une, les petites victimes recensées à l’instruction. Quarante-cinq en tout. Face aux enquêteurs, puis devant la juge d’instruction, les têtes blondes ont été filmées (comme l’impose la loi, pour leur éviter de venir affronter le prétoire) alors qu’on les interrogeait sur les sévices qu’elles avaient subis.
Verbaliser est compliqué. Sur le mode du oui ou non, les révélations sont fragmentaires et fluctuantes. Leur vécu relève de l’indicible pour eux. Restent les réactions face aux questions terribles, mais nécessaires, qu’on pose à des gamins de cinq, six, sept ans. « Tu les voyais souvent les zizis des messieurs ? » « Tu as expliqué aux policiers que ton papa touchait ta minette, c’est vrai ça ? »
Le témoignage de Marine (1), aujourd’hui dix ans, ouvre les trois semaines dédiées à la parole des enfants. Elle est l’aînée de la famille V. Ses parents, son grand-père, ses oncles, tantes figurent sur le banc des accusés. Ses soeurs, petites cousines et son frère sur la liste des victimes. Selon l’accusation, Marine, prostituée par ses géniteurs, aurait été violée et agressée par vingt-cinq adultes. Hommes et femmes. La fillette a été entendue six fois entre février 2001 et janvier 2004. Sur les trois vidéos réalisées à un an d’intervalle, le comportement de la petite, aux traits séraphiques et au regard brillant, est lourd de sens. Là où les mots font défaut, l’agitation incessante de Marine est éloquente. Sur sa chaise d’adulte, elle ne tient pas en place devant les enquêteurs. Comme un enfant hyperactif, elle disparaît sous la table, se balance d’avant en arrière, se lève, saisit une règle en bois qu’elle tourne dans tous les sens. Difficile à canaliser, la môme se pose un temps pour éplucher les planches photographiques qu’on lui présente. Elle reconnaît les adultes, mais oppose des « chéplu » quand il s’agit de donner des détails sur le calvaire qu’ils lui auraient imposé.
Dans le cabinet de la juge d’instruction, un an plus tard, elle crayonne furieusement une feuille. « Tu as dit que les petits enfants se mettaient tout nus pour jouer au docteur avec les grandes personnes ? » demande la juge. Marine cache son visage dans ses bras, les yeux fixés sur son dessin. « Oui... Oui... Oui... » finit-elle par siffler. Lors de son ultime déposition, en janvier dernier, Marine est prostrée dans les bras d’une femme. Mutique, elle garde son pouce dans la bouche. Écoute la magistrate lui dire : « Beaucoup de gens m’ont expliqué qu’il y avait des messieurs qui t’ont touchée, qui t’ont mis le zizi dans la bouche, dans les fesses. Je voulais te voir, pour te dire que je savais tout ça. Et pour que tu me le dises... Ta maman me l’a dit aussi... » Et finit par secouer la tête en signe d.
De tous les accusés interrogés, seul son grand-père, celui qu’elle surnomme « Pouët-pouët Camembert », consent un « c’est exact ». Immédiatement atténué : « C’était cinq, six fois... J’étais seul... Y a rien eu autrement. » Tous les autres se calfeutrent derrière leur déni. S’ils réagissent par des « Oh ! » effarés quand ils entendent que Marine était parfois obligée de remanger ce qu’elle avait vomi, plus personne ne moufte quand il s’agit de « zizis » qu’on frottait contre « les nénettes ».
Sophie Bouniot L'Humanite
(1) Les prénoms des mineurs ont été modifiés.
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Le vendredi 15 avril 2005
SCANDALE DE PÉDOPHILIE EN FRANCE
«Lui, lui, lui... pas lui» Yves Boisvert
La Presse
Angers, dans l'ouest de la France, est le théâtre du plus vaste procès jamais tenu dans ce pays: 66 hommes et femmes accusés d'avoir pris part activement ou passivement à un réseau local de pédophilie. Notre journaliste est sur place depuis lundi.
L'émotion monte au procès d'Angers. La confusion aussi. Comment le jury démêlera-t-il ces témoignages d'enfants qui évoluent au gré des interrogatoires - très directifs - des enquêteurs, puis ces dénonciations des accusés qui s'accusent les uns les autres, avant de revenir sur leurs déclarations?
La tâche n'est pas mince, et un procès aussi énorme, dans ce genre d'affaire, apparaît assez mal adapté.
Le cas de Lucie représente bien tout le problème du mégaprocès d'Angers. Hier, la Cour a visionné quatre dépositions enregistrées de l'enfant de 9 ans.
Dans la première, enregistrée au commissariat de police, l'enfant est renfermée. Elle ne veut pas parler. Elle ne donne aucun détail. Quand les policiers insistent avec quelques questions suggestives, elle finit par appuyer la tête sur ses bras. Elle pleure. Elle sanglote. C'est sa petite soeur, sourde et muette, qui vient la consoler.
Beaucoup d'émotion. Mais peu d'information, sinon l'évidente souffrance de cette fillette.
Dans un deuxième interrogatoire de police, un mois plus tard, elle dira qu'il se passait des « choses pas bien » chez les V., le couple au centre de l'affaire, et chez un autre couple. Elle dit que des messieurs l'ont touchée, ainsi que sa soeur et les enfants V.
Dans un troisième interrogatoire de police, elle dit que « des adultes mettaient leur pull » sur leur tête, pour ne pas être reconnus, mais qu'on voyait leurs yeux dans des trous. D'autres enfants ont parlé de «masque», et les enquêteurs en ont conclu que des agresseurs se rendaient parfois chez les V. cagoulés et agressaient les enfants contre de l'argent.
Mais dans une quatrième déposition, devant la juge d'instruction, l'enfant de près de 10 ans dit que les adultes mettaient bel et bien leur tête dans des pulls. Huit l'ont fait, dit-elle. Quand la juge suggère une cagoule, l'enfant dit que deux autres adultes avaient une cagoule noire peinte en jaune...
L'enfant ne reconnaît plus certains adultes qu'elle avait identifiés. Mais quand la juge lui dit que d'autres enfants ont pointé untel qui aurait touché des enfants, elle acquiesce. Elle pointe une série d'adultes dans le cahier de photos, sans trop s'attarder. «Lui... lui.. lui...»
Ensuite, pour chaque adulte, la juge demande quels enfants il a touché. Elle change parfois sa liste, répondant du tac au tac en souriant, avec une légèreté apparente. D'une fille qu'elle ne connaissait pas à l'interrogatoire précédent, elle dit qu'elle est sa copine.-
Tu te souviens de ceux qui t'ont fait du mal?-
Non.-
Marine m'a dit que ceux qui faisaient mal aux enfants, c'étaient lui, lui et lui.
L'enfant dit oui à la suggestion. Elle en rajoute six autres. « Euh, je m'en souviens pas... Ah si, je m'en souviens très bien! » Elle a notamment pointé un adulte incarcéré au moment des événements.-
J'ai vu une petite fille qui m'a dit que ce monsieur lui avait fait des choses. Et toi?
L'enfant dit oui immédiatement.
Pour elle comme pour tous les autres enfants entendus jusqu'à maintenant, les médecins n'ont trouvé aucune trace physique d'agression: pas de cicatrice, pas de blessure, l'hymen est intact. Cela n'exclut évidemment pas qu'ils soient victimes d'attouchements de toutes sortes. Tant les éducateurs que le psychologue, qui ont aussi recueilli des confidences spontanées, notent des troubles importants et des comportements «sexualisés» anormaux.
Au départ, il y a un certain nombre de faits acquis. Il y a bien un couple, Frank et Patricia V., qui a participé à des actes d'inceste et de pédophilie dans son appartement d'Angers. Il y a également des pédophiles avérés qui rôdaient autour, dont certains ont déjà été condamnés pour une partie de cette affaire. D'autres couples voisins ou apparentés sont également assez clairement impliqués dans divers actes de perversion. Autour de ce noyau de quelques couples se greffait tout un voisinage désoeuvré, dans certains cas des hommes et des femmes à la limite du handicap mental, certains à peine capables de s'occuper d'eux-mêmes, et clairement incompétents pour s'occuper de leurs enfants.
Mais autour du noyau des accusés, dont plusieurs ont fait des confessions (qu'ils renient en partie maintenant), les filets de la justice ont ramassé plusieurs personnes. Dont certaines sont accusées essentiellement sur la base de dénonciations d'autres personnes accusées, ou parce qu'un enfant les a placées sur les lieux du crime. Plusieurs ont formé et reformé des couples dans ce groupe, et les haines sont parfois féroces. Parmi eux, certains sont accusés de corruption de mineurs (les avoir exposés à des actes indécents) ou de «non-dénonciation d'atteintes sexuelles», en particulier des mères, dont certaines se défendent en disant que cela se passait le week-end, chez leur ex, quand elles n'y étaient pas.
Bref, un amalgame assez disparate de faits, mais qui vise un milieu pauvre à tous égards, et pas particulièrement bien équipé pour se défendre.
Il reste encore plusieurs semaines à ce procès, qui doit prendre fin en juillet. Mais à voir les choses avancer, vu le genre d'accusations, vu le genre d'accusés, vu le ton général du procès, où la défense n'a évidemment pas le beau rôle, je suis porté à donner raison aux avocats d'ici pour qui l'énormité même du procès le rend ingérable et potentiellement générateur d'erreurs judiciaires.
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PROCES JACKSON
La défense met en cause
la mère de l'accusateur
Le principal avocat de Michael Jackson a attaqué la crédibilité de la mère du garçon qui accuse le chanteur d'attouchements, donnant lieu à un vif affrontement verbal.
![]() Mickael Jackson (AP) |
Angers: les auditions de la petite Lucie sèment le trouble parmi les accusés --par Stéphanie Lacaze--
NGERS (AP) -- Au procès de pédophilie d'Angers, la cour d'assises du Maine-et-Loire a consacré l'audience de jeudi à l'examen du cas de la petite Lucie H, dont le témoignage a provoqué des dissensions parmi les accusés.
Dans un premier temps, trois auditions réalisées par les policiers chargés de l'enquête entre mars et septembre 2002 ont été diffusées sur les écrans prévus à cet effet dans la salle. Sur la vidéo de la deuxième audition, datée du 30 avril 2002, Lucie, alors âgée de neuf ans, apparaît comme une petite fille très triste. L'air abattu, elle garde constamment les yeux baissés.
Face aux premières questions des policiers, elle conserve un mutisme complet, puis elle parle finalement de son oncle et sa tante, Auguste et Nathalie P., chez qui elle allait, disant que son oncle n'était pas gentil.
Philippe Perez, l'enquêteur qui mène l'entretien, lui montre alors des photos. Elle reconnaît sur l'album une douzaine d'accusés, parmi lesquels son oncle et sa tante, mais aussi Franck et Patricia V., le couple qui se trouve au coeur du réseau. Elle les désigne du doigt en se tortillant sur sa chaise.
«Tous ces gens jouaient avec vous dans la chambre?», interroge le policier. Elle hoche affirmativement la tête. «Ils faisaient des choses belles ou pas belles?». «Pas belles», répond-elle d'une petite voix. «Il y avait qui d'autre?», demande le policier. «Marine, Inès, Vincent, Emma, Anne et Isabelle». Elle cite spontanément ces enfants, victimes comme elle.
Lors de la dernière audition, réalisée en septembre 2002, les policiers tentent de la faire parler des faits qui se seraient passés chez les V., les parents de Marine. Philippe Perez prend toutes les précautions possibles: «Je vais te poser une dernière question difficile, Lucie. Qu'est-ce qu'il se passait dans la chambre de Marine, avec les enfants et les adultes?».
La fillette, qui paraissait détendue jusqu'alors, se crispe et se referme complètement sur elle-même. «Je m'en rappelle, mais je n'arrive pas à le dire, ça m'a fait pleurer». Le policier insiste: «As-tu vu les zizis des adultes?» «Oui», répond-elle «Ceux que tu as vu nus, est-ce qu'ils jouaient avec leurs zizis sur les enfants?» «Oui». «Avec toi aussi?». «Oui.»
L'audition se poursuit et Lucie évoque des échanges d'argent. Ses parents, Jackie et Cathie H., Franck et Patricia V., mais aussi Philippe V. auraient reçu de l'argent.
Après la diffusion des trois enregistrements réalisés par les policiers, le président de la cour d'assises, Eric Maréchal, demande à tous les accusés cités par la fillette de réagir. Les premières dissensions apparaissent alors.
La plupart d'entre eux nient en bloc, s'en tenant à un «c'est faux» global, mais Martine D., que Lucie dit avoir vue nue, reconnaît du bout des lèvres qu'elle a participé à une scène de jeu sexuel avec des enfants. «J'étais bien là, mais je me suis pas mise toute nue. J'ai regardé seulement».
Le président lui demande des précisions. Elle répond à contrecoeur, reconnaissant que six enfants nus étaient présents et qu'ils ont été touchés par Franck V. pendant que les autres adultes regardaient.
Nathalie P, la tante de Lucie, reconnaît elle aussi avoir assisté à la scène. Quelques minutes plus tôt, son mari, Auguste P., venait pourtant de nier ce qui avait été dit, ce qui a eu pour conséquence de faire bondir de son siège, pour l'insulter, Cathie H, la mère de Lucie: «Connard! Sale menteur!», lui a-t-elle alors lancé avant de se rasseoir.
Après la suspension d'audience, le président a annoncé qu'il avait finalement rejeté la demande de Me Gérard Berahya, avocat de la défense, qui avait demandé mardi la diffusion de la totalité des auditions enregistrées des enfants.
L'examen de la parole des victimes doit se poursuivre jusqu'au 29 avril prochain. AP Le Nouvel Observateur 1999/2000
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Fourniret : des fouilles dans le jardin de la maison en Belgique
14 avril 2005
Une pelleteuse a commencé jeudi matin à retourner la terre du jardin de la maison du tueur en série présumé Michel Fourniret à Sart-Custinne dans le sud de la Belgique. Le couple Fourniret et leur fils Sélim s'étaient installés dans ce village des Ardennes belges il y a une quinzaine d'années. La justice belge soupçonne le Français, aujourd'hui âgé de 62 ans, d'avoir enterré dans cette propriété le corps d'une, voire de trois jenes filles que son épouse, Monique Olivier, l'accuse d'avoir tuées dans les années 1990. L'engin de couleur a donné ses premiers coups de pelle dans le fond de la propriété où, selon des indications assez vagues de Monique Olivier, pourrait être le corps d'une jeune fille au pair que Fourniret aurait tuée en 1992 après avoir tenté de la violer. Monique Olivier l'accuse également d'avoir tué deux baby-sitters dans les années 1990, sans donner de précision. Michel Fourniret nie avoir commis ces meurtres et ne collabore pas avec la justice dans ce dossier.
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Les 25 vont partager
leurs casiers judiciaires
Les ministres européens de la Justice se sont accordés sur la mise en réseau des casiers judiciaires de leurs ressortissants jeudi à Luxembourg.
![]() Dominique Perben, le ministre français de la Justice (Sipa) |
© Le Nouvel Observateur 1999/2000
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9:39 Religieux pédophile: un diocèse condamné SAN FRANCISCO - Un tribunal californien a condamné mercredi le diocèse d'Oakland à verser près de deux millions de dollars (2,4 millions de francs) à deux frères victimes de la pédophilie d'un prêtre catholique. Les faits remontent à il y a 25 ans.
Les avocats des frères Thatcher ont soutenu que l'Eglise américaine était au courant des pratiques du père Robert Ponciroli, défroqué depuis les faits, mais qu'elle n'avait pris aucune mesure.
Près de 11 000 personnes disent avoir été victimes de la pédophilie de prêtres catholiques aux Etats-Unis des années 1950 jusqu'en 2002, d'après un rapport commandé par l'Eglise américaine.
© ATS
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rocès d'Angers, le grande souffrance" d'Armelle V.
L'audition d'Armelle V., en novembre 2003, n'a pas bouleversé l'enquête, à peine confirmé ce que savait la juge, mais les jurés de la cour d'assises de Maine-et-Loire, à Angers, ont été saisis, mercredi 13 avril, en regardant la cassette, par la grâce de cette fillette de 6 ans, et par ce moment si lourd de candeur enfantine.
L'enregistrement dure une demi-heure. On rallume la lumière, la cour s'ébroue et reprend les débats, la gorge serrée. Pourquoi la petite est-elle si touchante ? Peut-être "parce qu'elle présente une forme de maturité", propose un psychiatre. "Hélas pour elle, c'est la maturité de la souffrance."
La petite fille elle avait 5 ans avait été entendue une première fois en juillet 2001 ; Franck V., l'oncle de sa mère, était accusé d'avoir éjaculé sur sa robe. Il a été condamné à deux ans de prison, le 11 avril 2003, pour des attouchements et des violences sur sa propre fille.
Armelle a été interrogée une nouvelle fois en décembre 2001. "Mon papa a mis son doigt dans ma minette, avait expliqué la gamine. Il disait qu'il avait perdu son ongle et le bout de son doigt, et qu'il fallait le chercher." Elle a ajouté, "il a fait autre chose, mais je te dirai pas quoi."
Son père, Loïc V. est aujourd'hui renvoyé pour viols, agressions sexuelles sur cinq enfants et proxénétisme aggravé sur sa propre fille. Sa mère, Nathalie, dont la séparation avec Loïc a été orageuse, a porté plainte pour les abus sur sa fille, mais est à son tour accusée de corruption de mineurs et de non-dénonciation de mauvais traitements.
Après un séjour en foyer, Armelle est arrivée avec sa petite soeur, en mai 2003, dans une famille d'accueil, les B., un couple solide et pudique qui a pris grand soin de ne pas donner son adresse en témoignant devant la cour. "C'est une petite fille qui avait peur de beaucoup de choses, a expliqué, mercredi, Jean-Luc B., 43 ans. Elle faisait beaucoup de colères, avait des problèmes d'équilibre même quand elle marchait, on sentait qu'elle était en grande souffrance."
Elle ne parlait pas, elle hurlait, et Armelle a dit Christiane B., au bout de deux jours : "Maman, elle ne m'a pas protégée. Les mamans, ça protège. Elle savait que j'y allais le soir." Chez Franck V., le rendez-vous des pédophiles de la région, où il y avait des messieurs qui lui "faisaient du mal".
En étendant son linge, Christiane B. a découvert, effarée, Armelle en train de se frotter le sexe sur le visage de l'un des enfants qu'elle gardait. "Elle se masturbait sur un pied de tabouret, ou dehors, sur un plot dans la rue." Un jour, à la piscine, elle l'a vue, dans les douches, se déshabiller lentement devant un monsieur en se passant la langue sur les lèvres.
La petite "ne savait pas ce qu'était le bien et le mal", a expliqué Jean-Luc B. Il fallait l'empêcher de grimper sur les genoux du premier venu, mais elle se demandait si elle avait le droit de faire une bise à une copine.
Le soir, avant de se coucher, Armelle se mettait à parler. De Franck V., qui lui pinçait le sexe. De son papa, qui lui baissait la culotte. "Moi, je voudrais qu'ils soient mous, les os, a dit la petite à Jean-Luc B., qui n'a pas compris tout de suite. Quand ils sont durs, j'aime pas ça, surtout les os d'humains."
"Une fois, c'est vrai, je lui ai dit d'arrêter, a convenu le papa, c'était peut-être trop dur à entendre." Et puis elle a expliqué : "Maman appelait des gens, qui entraient par la fenêtre. Ils mettaient leur cagoule, ils faisaient des choses avec maman, et avec moi après."
Armelle n'a jamais supporté les fenêtres ouvertes. "Mais à l'été 2003, c'était la canicule, a expliqué Christiane B. J'ai entrouvert une fenêtre, derrière un rideau, et dans la nuit, on a entendu des hurlements inhumains. Elle hurlait : "La guêpe va me piquer, la guêpe va me piquer. On a passé la nuit avec elle, au matin, elle a fini par nous dire que les messieurs allaient venir par la fenêtre."
Loïc V. a nié tout attouchement, Nathalie V. s'est déclarée "extrêmement surprise" de cette histoire de messieurs encagoulés.
La petite a aujourd'hui 8 ans, elle est en CE1, avec 16 de moyenne. Elle a longtemps eu du mal à se souvenir des noms de ses camarades, elle en entraîne encore un, de temps en temps, dans les toilettes pour l'embrasser, mais ça va mieux.
Elle était assez inquiète que sa famille d'accueil aille témoigner. "Tu ne connais pas mon papa, a prévenu la fillette. Il pourrait te faire du mal." "Elle n'a qu'une hâte, c'est que le procès soit fini, a indiqué Jean-Luc B. Elle en parle tous les jours. Elle voudrait que son papa et sa maman restent en prison."
Article paru dans l'édition du 15.04.05
Le jeudi 14 avril 2005
SCANDALE DE PÉDOPHILIE EN FRANCE
Paroles d'enfants, doutes d'adultes
La Presse
Angers
La Cour d'assises d'Angers, dans l'ouest de la France, entend le plus vaste procès criminel jamais instruit dans ce pays: 66 adultes sont accusés d'avoir participé de diverses façons à un réseau de pédophilie dont auraient été victimes 45 enfants. Notre journaliste y est depuis lundi.
Certains enfants parlent, d'autres pas. Certains accusés avouent, d'autres nient. Et chez les enfants comme chez les accusés, les versions changent au fil des mois et des ans.
Comment finira ce procès, le plus énorme de l'histoire judiciaire française? Impossible à dire.
Mais impossible de ne pas constater toutes les zones d'ombre qui planent sur la preuve dans cette affaire, où la plupart des accusations reposent sur les aveux ou les dénonciations et contre-dénonciations des accusés, dont plusieurs se détestent férocement.
Chaque fois qu'une déposition met en cause un accusé, le président du tribunal lui donne brièvement la parole- il n'y a pas de droit au silence ici. Rares sont ceux qui maintiennent leurs aveux faits deux ans plus tôt.
«L'enfant dit que vous avez joué au docteur. Que répondez-vous?» «C'est faux! rétorque l'accusé. J'ai jamais joué au docteur, je suis pas détraqué. Je suis pas médecin pour autant!» Un autre: «C'est vraiment faux, hein! Moi je suis toujours avec ma femme, alors c'est des conneries!» On a alors entendu une voix dire: «Ta gueule, connard! J'suis même pas ta femme!»
Ça promet pour la dernière phase, où les accusés, à tour de rôle viendront se défendre en détail... et accuser les autres.
Hier, le jury a entendu l'enregistrement d'une déposition de Delphine, faite en 2003, quand elle avait 6 ans. L'enfant est placée depuis l'âge de 2 ans, mais allait visiter sa famille les fins de semaine. La poursuite prétend que, pendant ces périodes, sa mère l'emmenait à l'appartement du couple-pivot du réseau, les V., et qu'elle y aurait été agressée. Sa mère est également accusée de ne pas avoir dénoncé ces mauvais traitements.
Dans la grande salle temporaire de 250 places, construite spécialement pour ce procès dans la salle des pas perdus du vieux palais de justice d'Angers, toute l'assistance est suspendue aux lèvres de la jolie fillette enjouée et manifestement intelligente qui apparaît sur les écrans.
Malgré les efforts de la juge qui la questionne, l'enfant ne dévoile aucun acte sexuel. Jouais-tu au papa et à la maman? Oui, dit-elle. Tout nu? Mais non! Les enfants jouaient ensemble, ils se couchaient. Ils ne se touchaient pas. Les adultes ne jouaient pas avec eux. Personne ne lui a fait mal, dit-elle. Est-ce qu'elle a déjà vu des gens «faire des choses qui ne (lui) plaisaient pas»? Non.
On apprend par d'autres témoins qu'elle aurait dit un jour avoir vu des gens faire l'amour et en avoir été perturbée. On apprend aussi qu'elle a déjà accusé le père de sa famille d'accueil de l'avoir touchée sexuellement. Mais après enquête, on a rejeté cette hypothèse, qui visait un homme irréprochable; on a estimé qu'elle se vengeait probablement d'avoir été expulsée de cette famille d'accueil quand la mère, devenue enceinte, a «démissionné».
Autrement dit, ce qu'elle a affirmé n'a pas été cru; ce qu'elle a nié est considéré vrai. Ce qui est bien possible, mais qui nous montre que la parole «sacrée» de l'enfant doit être mise en contexte.
Voici maintenant sur l'écran Armelle, 6 ans. Celle-ci témoigne sans équivoque. Elle a un «papa méchant» (son père) et un «papa gentil» (le nouveau conjoint de sa mère). Le papa méchant lui a fait des attouchements. Elle aussi est allée chez les V., qui lui ont «fait du mal». Témoignage additionné de multiples confidences, constantes, faites à ses parents d'accueil, à une éducatrice et à d'autres.
Après les témoignages factuels, la Cour fait entendre des médecins et des psychologues, qui ont rencontré l'enfant. Ils le décrivent et donnent des explications psychologiques. On voit alors souvent intervenir les avocats des «parties civiles»: ils représentent les enfants ou des associations de défense des enfants et ont le droit d'interroger tous les témoins- ce qui est impossible dans notre système. Des interrogatoires généralement destinés à renforcer pesamment la thèse de l'accusation. Du genre: «Docteur, d'après votre expérience, est-il possible qu'un enfant perturbé invente une telle histoire?» Ou: «Quelle est la conséquence psychologique, pour un enfant victime, d'un acquittement de son agresseur?»
À la sortie de la Cour, un avocat de la défense s'allume une cigarette, l'air découragé. «La parole de l'enfant, ici, ça ne vaut rien, me dit-il. On les a interrogés trois fois, quatre, cinq fois en trois ans; une année ils ont pointé telle, telle, telle photo; un an plus tard, ils en pointent d'autres; l'année d'après ils en rajoutent. Les enfants placent des enfants chez les V., mais ces enfants-là disent qu'ils n'y sont pas allés ou ne disent rien; des adultes s'accusent entre eux, mais ils changent 200 fois de version! Sous prétexte qu'ils ont le même profil (la plupart illettrés, plusieurs à la limite du handicap mental), on les accuse tous! Entendons-nous bien: je ne dis pas que ces enfants ne sont pas des victimes. Je demande seulement: de qui? Et peut-on en être certain?»
Bonnes questions, en ce 27e jour de procès.
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Déposition de la mère de l'accusateur de Michael Jackson![]()
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SANTA MARIA, Californie (Reuters) - La mère de l'adolescent qui accuse Michael Jackson d'attentat à la pudeur a expliqué au jury que le chanteur et ses hommes de main avaient multiplié les pressions sur sa famille afin qu'ils innocentent la pop star et qu'ils l'avaient terrifiée avec des histoires de mystérieux "tueurs" les pourchassant.
Dans une déposition interrompue par de fréquentes crises de larmes, la dame, toute de rose vêtue, a aussi supplié mercredi les jurés de comprendre les raisons pour lesquelles elle n'était pas intervenue lorsqu'elle a vu le chanteur lécher la tête de son fils, au cours d'un vol privé entre Miami et la propriété Neverland de Jackson, en février 2003.
"Je vous en prie, ne me jugez pas, cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas dormi", a-t-elle plaidé en racontant que tout le monde dormait dans l'avion lorsqu'elle a tourné la tête vers l'endroit où son fils de treize ans était assis, à côté de Jackson.
"C'est alors que j'ai vu Jackson lui lécher la tête. J'ai pensé que c'était moi, j'ai pensé que j'avais des hallucinations", a poursuivi la mère en larmes.
Son fils cadet a confirmé avoir assisté à la scène, mais l'hôtesse de l'air a affirmé n'avoir vu aucun geste déplacé entre Jackson et l'adolescent.
A l'ouverture de la séance, la mère avait annoncé qu'elle ne répondrait pas à des questions sur des allocations de l'aide sociale qu'elle aurait perçues.
Les avocats de la défense, cherchant à faire interdire la déposition de la mère, ont affirmé qu'elle avait fraudé en acceptant cet argent et l'ont présentée comme une menteuse qui avait déjà escroqué des célébrités.
Mais le juge Rodney Melville a estimé que la dame pouvait témoigner dans l'affaire Jackson tout en invoquant son droit constitutionnel à refuser tout sujet risquant de l'incriminer.
Elle a raconté que Jackson et ses collaborateurs avaient attiré la famille à Miami, en février 2003, afin qu'ils ne voient pas la diffusion à la télévision d'un documentaire dans lequel on voit Jackson tenir la main de son fils et affirmer qu'il n'y a rien de mal à partager son lit avec de jeunes garçons.
Jackson et deux collaborateurs allemands du chanteur lui ont fait croire à cette fin que la famille courait un grave danger, puis ils les ont ramenés à Neverland en avion.
Alors a débuté une période d'intenses pressions sur la famille pour qu'elle collabore au tournage d'une video disculpant Jackson, et d'appels téléphoniques incessants de Frank Cascio, un collaborateur de Jackson, demandant à la famille "d'apaiser les tueurs", a dit la mère.
Les jurés ont entendu l'enregistrement d'une série d'appels de Cascio, d'une voix douce similaire à celle de Jackson, l'implorer de retourner à Neverland pour la sécurité de sa famille, d'enregistrer la video et de "partir" avec le chanteur.
"Nous allons tous devoir aller quelque part, y compris Michael", dit Cascio, ajoutant que Jackson "a été blessé tant de fois" et qu'elle ne devrait pas le rejeter.
La femme répond d'une petite voix qu'elle a peur des deux Allemands mais qu'elle considère Jackson comme sa "famille".
Cet enregistrement illustre le climat entourant Jackson après la diffusion du documentaire qui a, selon le parquet, incité la star et ses collaborateurs à pratiquement retenir la famille emprisonnée à Neverland, en Californie.
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ANGERS
La petite Lucie :
"c'était pas bien"
Deux auditions de l'une des principales victimes dans le procès de pédophilie d'Angers ont été projetées en début d'audience.
![]() Des officiers dans le hall de la cour d'assises à Angers (AP) |
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ENTRETIEN
Claire Brisset : respectons le droit des enfants !
Madame Figaro du samedi 9 avril. Propos recueillis par Annick Lacroix
[07 avril 2005]
La première “défenseure des enfants” en France publie un livre-bilan sur ses cinq années passées à la tête de ce formidable observatoire. Au pays des droits de l’homme, elle dénonce quelques exceptions bien françaises.
On lui écrit de toute la France. Des lettres parfois pleines de fautes d’orthographe : “ J’ai huit ans, le juge dit que ma mère est folle, ce n’est pas vrai, il dit que je dois voir mon papa, quand je le vois il me tape, il faut que tu m’aides. ” Le jour de notre rencontre, dans son bureau haut perché de la rue de la Glacière, c’est une adolescente qui, sur le Net, lui criait sa colère d’avoir été mise en garde à vue à la suite d’un conflit avec un professeur.
Annick Lacroix. – Sans doute n’est-il pas inutile de rappeler en quoi consiste votre rôle de “ défenseure des enfants ”.
Claire Brisset.
– À veiller à ce que les droits de l’enfant soient bien respectés. C’est un rôle qui s’apparente à celui de médiateur de la République, mais pour les enfants. À ce titre, je peux être saisie de plaintes diverses émanant des enfants eux-mêmes, de leurs parents ou d’associations. Si un enfant me paraît en danger, je fais un signalement au procureur. Je ne suis pas là pour refaire – ni même contrôler – le travail de la justice ou de la police, mais pour assurer qu’en toute circonstance – s’il s’agit d’une procédure, d’un bout à l’autre de celle-ci – le droit des enfants est bien respecté dans notre pays.
A. L. – Un pays parfaitement balisé par les lois et les institutions sociales et où, pourtant, à vous lire *, la situation des enfants n’est pas si idyllique.
C. B.
– C’est vrai. On voit même des choses très dures. J’ai écrit ce livre pour décrypter cette situation très paradoxale : nous sommes dans un pays où l’on fait des enfants (il y a 15 millions de mineurs, soit un quart de la population. Avec l’Irlande, la France est le pays européen qui assure le mieux le remplacement des générations), un pays où on les aime, où énormément d’argent est investi dans le secteur de l’enfance. Et pourtant, on ne peut pas dire que les enfants sont très bien traités dans notre société. Il y a beaucoup de violence à leur égard. En fait, tout se passe comme si on refusait d’admettre, aussi bien à titre individuel que collectif, qu’avoir des enfants impose des contraintes particulières et une réorganisation de la vie, de la société. Nous aimons nos enfants, mais nous ne nous donnons pas les moyens d’aller au bout de cette logique.
A. L.
– Vous pointez du doigt le suivi des mères après l’accouchement, par exemple.
C. B.
– C’est symptomatique. Jadis, le temps d’hospitalisation pour un accouchement était de huit jours. Ce qui avait, entre autres, le mérite de permettre au personnel d’avoir un œil sur l’organisation du lien entre la mère et l’enfant. Aujourd’hui, on renvoie les femmes à la maison au bout de deux ou trois jours. En Angleterre aussi, mais des visites à domicile sont organisées pour voir si tout se passe bien. Chez nous, rien de tel. On considère que “ ça va aller ”, que ce n’est pas la peine. Or on sait pertinemment que la maltraitance peut commencer là, au moment où se noue – parfois mal – ce lien précoce. J’ai demandé qu’on mette en place cet accompagnement.
A. L. – Autre exception française, l’école à deux ans.
C. B.
– Une aberration ! Même au Japon, ça n’existe pas ! Deux ans, c’est l’âge de l’acquisition de la propreté, du langage, celui de l’autonomisation par l’opposition à l’adulte. Mettre des enfants à l’école, entre pairs, à cet âge, c’est délétère. On le sait aujourd’hui, ça crée de l’angoisse, c’est mauvais pour le développement linguistique, bref, c’est le prototype de la fausse bonne idée. Si la société était vraiment respectueuse des enfants, elle mettrait sur pied des solutions alternatives. Le fait est que les femmes sont massivement engagées dans le monde du travail, et ce n’est pas moi qui vais dire que c’est une mauvaise chose. Mais on préfère se défausser sur l’école, en prétendant que c’est bon pour l’enfant. Idéalement, il faudrait une loi qui interdise la scolarisation avant trois ans (et renouer avec l’admission à l’école, échelonnée pendant l’année en fonction de la date anniversaire des trois ans). Mais comment mettre les gens hors la loi sans solutions alternatives ?
A. L. – Nous sommes aussi – et c’est grave – champions d’Europe pour le nombre de suicides de jeunes et d’adolescents.
C. B.
– Quarante mille tentatives par an ! Sept cents morts. C’est la deuxième cause de mortalité dans cette tranche d’âge après les accidents. C’est monstrueux ! Mais là encore, on retrouve la même attitude : ils n’ont qu’à se donner la peine de grandir ! Alors qu’on sait que 15 % des adolescents sont en souffrance ; 5 % carrément en danger. Il faut les repérer, les rattraper, mais le nombre des psychologues scolaires est infinitésimal, celui des médecins et des infirmières scolaires aussi. J’ai proposé du reste que l’ensemble des moyens de la médecine scolaire soit concentré sur les collèges et lycées, l’âge de l’adolescence, et que la PMI aille jusqu’à la fin du primaire. Et puis, il est urgent de former les enseignants à la pédagogie. Nous sommes le seul pays d’Europe où l’on s’en dispense, où un professeur certifié peut avoir affaire toute sa carrière à des adolescents sans savoir ce qu’est un cerveau d’adolescent, le rôle du groupe chez les ados ou un jeune en souffrance.
A. L. – À ce sujet, vous citez un chiffre surprenant : sur les 1 500 saisines dont vous faites l’objet chaque année, les plaintes concernant l’école arrivent en deuxième position, derrière les conflits familiaux et bien avant les placements jugés arbitraires, la situation des enfants étrangers...
C. B.
– Savez-vous qu’en France, il y a encore des instituteurs qui écrasent la craie sur le nez des enfants, qui leur mettent du Scotch sur la bouche, voire – j’ai vu ça une fois – des pinces à linge ! J’en ai parlé à Jacques Chirac. Il était stupéfait. Il a exigé tout de suite un rapport administratif du ministère de l’Éducation nationale. Il n’en reste pas moins qu’il n’est toujours pas interdit de façon formelle, c’est-à-dire par la loi, de taper sur les enfants à l’école. Là encore, je me bats pour qu’une loi interdise toute violence, d’où qu’elle vienne, pas seulement des enseignants, des élèves aussi, dans les établissements scolaires.
A. L. – Nous n’avons pas encore une conception claire des droits de l’enfant, dites-vous.
C. B.
– Non. Nous avons beau être champions des droits de l’homme, avoir été parmi les premiers à ratifier la Convention des droits de l’enfant, nous sommes encore dans un système patriarcal, autoritaire. On continue à considérer l’enfant comme un “ être en formation ”, expression exaspérante, comme s’il n’était rien d’autre qu’une ébauche de l’adulte accompli !
A. L. – On ne prend pas la peine de l’entendre dans les tribunaux.
C. B.
– Ça, c’est un point qu’il faudrait vraiment améliorer ! Je souhaitais qu’on inclue dans la nouvelle loi sur le divorce l’audition systématique des enfants. Je n’ai pas été entendue. Chez nous, elle reste facultative. En Allemagne, on ne peut pas prononcer un divorce sans entendre l’enfant dès qu’il est en âge de parler. Mais là encore, on tombe sur un problème de formation. Savoir écouter un enfant relève de la professionnalité. Ni les magistrats, ni les policiers, ni les gendarmes ne sont vraiment formés pour le faire.
A. L. – Ça donne des affaires comme celle d’Outreau.
C. B.
– Où les enfants sont entendus, mais de quelle façon ! Sommés de raconter plusieurs fois leur histoire, y compris en pleine cour. Sans que soit respecté leur anonymat. Comme dit Boris Cyrulnik, qui fait partie de mon comité de “ sages ”, ils porteront cette “ étoile noire ” toute leur vie. Pour le procès d’Angers, j’ai demandé qu’on ne donne aucun nom, y compris ceux des agresseurs, puisqu’il s’agit malheureusement souvent de leurs propres parents. Pareil pour les journalistes.
A. L. – Il y a Outreau, Angers et ces chiffres que vous citez : le nombre des agressions sexuelles sur des enfants a doublé en cinq ans, de l’avis de certains tribunaux, 89 000 signalements d’enfants en danger sont faits chaque année et, dernière donnée effarante, 3 à 6 enfants meurent chaque semaine sous les coups des adultes. Que peut faire la défenseure des enfants ?
C. B.
– Le dire, déjà. Faire prendre conscience. Et provoquer une réflexion sur la société dans laquelle nous vivons, de plus en plus érotisée, violente, où l’on n’ose plus énoncer l’interdit et où un nombre, semble-t-il croissant, de personnes n’ont pas intériorisé les interdits de la loi commune à toute l’humanité. Il faut aussi alerter les pouvoirs publics sur les réformes à entreprendre. Mieux former, mieux payer, mieux contrôler les travailleurs sociaux. Il n’est pas normal que des instances, dont le rôle est précisément de protéger les enfants, les laissent se faire fracasser comme ça.
A. L. – Vous dénoncez en même temps les placements hâtifs d’enfants et le manque de confiance à l’égard des familles. N’est-ce pas contradictoire ?
C. B.
– Je dis qu’il faut remettre les familles au cœur du dispositif de la protection de l’enfance. Il va de soi qu’un enfant en danger nécessite des mesures de prise en charge immédiate. Mais le plus souvent, on a affaire à des familles dysfonctionnelles, qui, si elles étaient écoutées, aidées – par des mesures de soutien familial, d’aide à la parentalité –, pourraient retrouver un certain équilibre. Chez nos voisins – allemands, belges, anglais... –, quand une famille apparaît potentiellement dangereuse, on le lui dit et on passe un contrat avec elle. Ou elle le respecte, ou les enfants sont placés. En France, nous arrivons avec notre paternalisme : vous ne savez pas vous occuper de votre enfant. On vous l’enlève. Une décision parfois emballée dans un incroyable jargon pseudo-psychanalytique censé la justifier. L’objectif, explique-t-on, est de rendre l’enfant à sa famille dès qu’elle se sera améliorée. Mais comment le pourrait-elle ? Une fois l’enfant placé, on ne s’en occupe plus. Je reçois des lettres de mères meurtries, désespérées.
A. L. – Une action de votre mandat dont vous êtes particulièrement fière ?
C. B.
– Avoir contribué à alerter les pouvoirs publics sur le problème de l’adolescence, ainsi qu’à la création de maisons de l’adolescence. Nous avons de très grands spécialistes de cet âge en France, mais ils n’étaient pas suffisamment écoutés. Je suis heureuse aussi d’avoir contribué à faire passer de quinze à dix-huit ans l’âge du délit pour appel à des mineurs prostitués. Ça n’a pris que deux mois. Quand le politique est prêt et que le changement relève juste d’une modification de texte, ça va très vite. Quand il s’agit de mettre un problème au cœur du débat public, c’est plus long. J’essaie d’agir sur les deux registres et je suis optimiste : les sociétés humaines sont capables de revenir sur certains égarements, même bien ancrés par l’habitude, quand elles en prennent conscience.
A. L. – Ce qui vous fait le plus honte ?
C. B.
– Le sort que nous réservons à nos enfants handicapés. C’est un scandale national. Beaucoup de parents d’enfants polyhandicapés sont obligés de les envoyer en Belgique, où, par parenthèse, on s’en occupe très bien, avec une dimension éducative trop souvent absente dans les établissements qui les accueillent en France. Quant aux handicapés plus légers, ils sont des milliers à rester chez eux, alors qu’ils pourraient être accueillis dans des établissements scolaires si, là encore, les enseignants étaient formés pour les accueillir. Ce dossier-là est l’une des priorités de ce quinquennat, mais nous sommes tellement en retard !
* “ Quinze millions d’enfants à défendre ”, avec la collaboration de Véronique Bedin, éditions Albin Michel.
REPÈRES
Journaliste, spécialisée dans les questions sociales, de santé et de développement (au “ Figaro ”, puis au “ Monde ” et au “ Monde diplomatique ”) de 1970 à 1986, Claire Brisset a été ensuite chargée des relations extérieures de l’Unicef, à Genève puis à Paris. Jusqu’à sa nomination en 2000, pour six ans, au poste de “ défenseure des enfants ”. Elle est aussi l’auteure de plusieurs ouvrages, dont “ la Santé dans le tiers-monde ” (éditions Le Monde-La Découverte) et “ Un monde qui dévore ses enfants ” (éditions Liana Levi).
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Fourniret :
nouvelles fouilles
La justice belge a lancé mercredi de nouvelles fouilles de grande ampleur pour retrouver des corps de victimes du tueur en série présumé.
![]() Michel Fourniret |
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ANGERS, 13 avr 2005 (AFP)
Procès d'Angers: suite du visionnage des auditions des principales victimes
La cour d'assises de Maine-et-Loire devait poursuivre mercredi après-midi la diffusion des auditions filmées des principales victimes parmi les 45 recensées dans l'affaire de pédophilie et d'inceste d'Angers. La cour et les jurés devaient découvrir sur écran deux auditions d'Inès, l'un des trois enfants victimes de Franck et Patricia, deux des principaux accusés, poursuivis pour proxénétisme, viols et agressions sexuelles entre janvier 1999 et février 2002. L'ordonnance de renvoi des 66 accusés a souligné "le calvaire" enduré par cette fillette, "victime de plus de 25 adultes" et "réduite à l'état d'objet sexuel par (ses) propres parents dans un but pervers et lucratif". Mardi soir, Magali Forget, monitrice-éducatrice au village d'enfants d'Amboise (Indre-et-Loire) où Inès a été placée avec ses frère et soeurs, a expliqué à la barre que cette fillette aujourd'hui âgée de 9 ans s'était "complètement fermée" depuis les faits. "Ses capacités intellectuelles sont parasitées, elle refuse de grandir, d'aller plus loin", a estimé ce témoin. Le petit Vincent, son frère cadet, dont deux auditions devaient être diffusées mercredi, est quant à lui "dans une grande violence physique", selon Mme Forget. "Pour le moment, il ne s'imagine pas ailleurs qu'en prison", a-t-elle ajouté. La venue à la barre des 45 victimes n'est pas prévue, en raison des traumatismes subis par ces enfants et de leur très jeune âge, qui allait de quelques mois à 12 ans au moment des faits. La cour n'a pas non plus accédé à la demande des avocats de la défense de diffuser l'intégralité des auditions des victimes enregistrées durant l'enquête préliminaire et l'instruction. Le président Eric Maréchal pourrait en revanche ajouter certains enregistrements à l'ordre du jour, au coup par coup, comme il l'a déjà fait mardi, diffusant 3 auditions de Marine, la soeur aînée d'Inès, alors que seules 2 étaient prévues. Le visionnage des auditions des victimes, qui a débuté mardi, doit continuer jusqu'au 29 avril. Le procès, qui s'est ouvert le 3 mars, ne devrait pas s'achever avant la mi-juillet.
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ANGERS, 12 avr 2005 (AFP)
Angers: pas de feu vert à la diffusion intégrale des auditions de victimes
Une dizaine d'avocats d'accusés au procès de pédophilie et d'inceste d'Angers ont exigé mardi après-midi, sans succès, la diffusion de l'intégralité des auditions filmées des 45 victimes recensées dans le cadre de cette affaire. La cour d'assises de Maine-et-Loire a décidé de surseoir à statuer sur cette demande en faisant valoir que "le principe de l'oralité des débats ne consiste pas à exposer l'ensemble des pièces" de la procédure. Aucune déposition à la barre des victimes n'est prévue durant le procès, en raison des traumatismes subis par ces enfants et de leur jeune âge, qui allait de quelques mois à 12 ans au moment des faits, entre janvier 1999 et février En vertu de la loi du 17 juin 1998, la plupart des auditions des enfants réalisées au cours de l'enquête et de l'instruction ont en revanche été enregistrées sur cassette vidéo ou CD-Rom. Mais le président de la cour, Eric Maréchal, a décidé de sélectionner lui-même les auditions qui seront visionnées, pour ne pas trop allonger un procès déjà prévu pour durer au moins jusqu'à la mi-juillet. Il a indiqué mardi avoir choisi de diffuser "l'essentiel" des auditions, c'est-à-dire "seulement ce qui (lui) paraît utile à la manifestation de la vérité". Pour la défense de deux des 66 accusés, Me Patrick Descamps a estimé a contrario que "sélectionner c'est choisir, et choisir c'est juger ou préjuger". Me Pascal Rouiller a fait valoir de son côté que le visionnage de l'intégralité des enregistrements permettrait de "faire l'économie d'appeler les enfants à la barre", comme le souhaitent les défenseurs des victimes. Un avocat des parties civiles, Me Patrick Rizzo, représentant les Equipes d'action contre le proxénétisme (EAC), s'est associé à la requête des avocats de la défense. "Il faut que vous voyiez dans leur intégralité les souffrances, les silences, les hésitations des enfants. Je le sais par expérience, c'est terrifiant", a-t-il expliqué à la cour et aux jurés. La diffusion des auditions des victimes, qui a débuté mardi, doit se poursuivre jusqu'au 29 avril.
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M. Fourniret: vers deux nouvelles mises en examen
"L'ogre des Ardennes" devrait être mis en examen avant l'été pour deux meurtres commis dans l'Yonne
Selon Yves Charpenel, procureur général de Reims chargé de la coordination de l'enquête en France sur les dossiers impliquant Michel Fourniret, ce dernier devrait être mis en examen avant l'été dans les dossiers de Joanna Parish et Marie-Angèle Domece, toutes deux tuées dans l'Yonne en 1988 et 1990.
Sa mise en examen entraînerait des reconstitutions qui s'étaleront tout au long de l'été prochain. Au total, il y en aura au moins six qui concerneront les six meurtres de jeunes femmes, commis entre 1987 et 2001 en France, et pour lesquels Michel Fourniret est déja mis en examen.
Le procureur général de Reims a, en outre, annoncé une prochaine audition du tueur en série présumé sur la localisation du corps d'Isabelle Laville, disparue elle aussi dans l'Yonne en 1987 : elle aura lieu en Belgique où Michel Fourniret est toujours incarcéré et se fera à l'aide de photographies aériennes et de cartes d'état-major et sera suivie de fouilles qui pourraient être organisées dès le mois de mai. Yves Charpenel a précisé que "Fourniret nous a dit qu'il voulait coopérer" dans ce dossier.
Trois affaires non élucidées
Michel Fourniret a résidé à Saint-Cyr-les-Colons, dans la région de Chablis, après sa sortie de prison, en 1987 et 1988, et y est souvent revenu jusqu'en 1990. C'est une région où trois dossiers criminels présentant des similitudes restent sans solution. A chaque fois, les victimes ont été enlevées près d'un établissement scolaire.
| Marie-Angèle Domece | |
Le 8 juillet 1988, une jeune déficiente mentale de 18 ans, qui passe la semaine au foyer Leclerc de Fourolles à Auxerre et se rend le week-end chez sa nourrice à Migennes, disparait sur le chemin, sans jamais avoir échangé le bon SNCF qu'elle possédait contre le billet de train qu'elle devait prendre en début d'après-midi. Marie-Angèle Domece rendait parfois visite à sa grand-mère qui habitait Saint-Cyr-les-Colons, le village où le couple Fourniret vivait à l'époque. Le corps de Marie-Angèle n'a jamais été retrouvé et le dossier a fini par être classé à l'occasion d'une ordonnance de non-lieu signée le 14 février 1989. |
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| Joanna Parrish | |
Troisième des affaires non élucidées et à laquelle les enquêteurs s'intéressent aujourd'hui : le meurtre, le 16 mai 1990, de Joanna Parrish, une anglaise de 21 ans qui était lectrice d'anglais au Lycée Jacques Amyot d'Auxerre et donnait des cours à l'extérieur. Ce mercredi-là, elle avait dit à ses amies avoir rendez-vous avec un homme qui avait sollicité des cours pour son fils. Son corps a été retrouvé le 17 mai, dénudé et violé, dans l'Yonne, à Monéteau. On sait que Joanna Parrish est morte étranglée et que deux ADN masculins avaient été retrouvés sur son cadavre. L'avocat de la famille a demandé que des comparaisons soient faites avec Michel Fourniret qui, pour l'heure, ne reconnait son implication que dans la première affaire.
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Procès Dutroux-Zicot
Ex-collègues de Zicot à son secours
BELGA
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| BELGA |
Des anciens collaborateurs de Georges Zicot à la section trafic de voitures de la PJ de Charleroi sont venus témoigner, mardi devant le tribunal correctionnel de Nivelles, de l'intégrité de l'ex-péjiste. Son ancien chef de section a affirmé qu'a posteriori, il couvrait ce que le président du tribunal a qualifié en fin d'audience d' "aménagement de procès-verbal".
Georges Zicot a rédigé un procès-verbal indiquant qu'un camion de la firme Iveco, volé par des trafiquants de voitures gravitant dans l'entourage de Marc Dutroux, avait été retrouvé sur la voie publique et non dans le garage d'un informateur, qui le louait à Marc Dutroux. Le péjiste affirme l'avoir fait pour couvrir l'intégrité physique de cet informateur.
André V., chef de la section trafic de voitures de la PJ de Charleroi, a affirmé que Georges Zicot avait été le bouc émissaire idéal pour "l'échec lamentable de l'enquête menée par la gendarmerie" dans l'affaire Dutroux.
L'avocat de Georges Zicot, Me Jean-Philippe Mayence, a interrogé à plusieurs reprises les témoins sur des "pressions" et des "mutations" dans la section trafic de voitures et au parquet de Charleroi après la découverte d'une fraude concernant une Porsche, dans laquelle était impliqué le fils du procureur général de Mons, M. Demanet.
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Procès de pédophilie d'Angers: première projection du témoignage d'une petite victime devant les assises --par Stéphanie Lacaze--
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AP | 12.04.05 | 20:10
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ANGERS (AP) -- Pour la première fois depuis l'ouverture du procès de pédophilie d'Angers début mars, la déposition enregistrée d'une jeune victime, Marine, a été projetée mardi devant les assises du Maine-et-Loire.
Le premier témoignage de la fille aînée de Franck et Patricia V. -soupçonnés d'avoir accueilli et organisé à leur domicile le réseau de pédophilie entre 1999 et 2001- est daté du 29 mars 2002. Il a été enregistré par les policiers à l'aide d'une webcam. Malgré la mauvaise qualité de l'image, c'est une petite fille adorable, âgée de sept ans, qui apparaît à l'écran. Les cheveux coupés au carré avec une frange, l'enfant porte une robe rouge. Durant toute la durée de son audition, elle apparaît extrêmement agitée, et se balance frénétiquement d'avant en arrière.
Les policiers lui présentent un album photo. Elle y reconnaît aussitôt Eric J., soupçonné d'être à l'origine du réseau pédophile. Elle désigne également plusieurs autres accusés qu'elle montre du doigt dans l'album, mais n'évoque pas les faits proprement dit.
La deuxième audition diffusée date du 22 janvier 2003. Elle se passe dans le bureau du juge d'instruction. Marine a changé, porte les cheveux attachés, mais semble toujours aussi agitée. Elle a un stylo à la main, et dessine rageusement sur une feuille de papier.
La juge lui présente des photos d'enfants. La fillette reconnaît plusieurs autres victimes, qui sont aussi des enfants des accusés. La juge l'interroge alors: «il y avait souvent des enfants qui venaient chez toi? A quels jeux vous jouiez?». Marine ne répond pas et continue de dessiner.
«C'était des jeux avec des grandes personnes?» «Oui».
«Vous jouiez au docteur?» «Oui».
«Comment joue-t-on au docteur?», insiste la juge. «Je sais plus, pourtant j'en ai un truc de docteur».
«Tu aimais bien jouer à ça?» «Non».
La juge lui demande alors de désigner sur les photos les adultes avec lesquels elle a joué au docteur. Marine montre alors plusieurs accusés. Pour certains d'entre eux, elle apporte des précisions: «Lui, il a cassé ses jambes». Il s'agit de Georges R., handicapé, qui se déplace en fauteuil roulant.
Elle pointe une autre photo: «lui c'est pouet-pouet camembert». C'est son grand-père, Philippe V. «Est-ce qu'il mettait son zizi dans ta bouche?», demande la magistrate. «Oui», répond Marine.
«Lui c'est un méchant, il arrête pas de m'embêter»: la photo représente Jacky H., un autre accusé. A la fin de l'enregistrement, le président de la cour Eric Maréchal lui demande de réagir aux propos de la fillette. «C'est faux», s'exclame-t-il.
Le président pose la question aux autres accusés désignés par la fillette. A Loïc V.: «est-ce que vous avez joué au docteur avec Marine?» «C'est faux», répond l'homme, «je ne suis pas un détraqué, je suis pas médecin pour autant».
Tous les accusés vont ainsi nier les faits, sauf Philippe R., déjà condamné pour des attouchements, et Philippe V., le grand-père de la fillette, qui affirme que c'est exact. «Vous lui avez mis votre sexe dans la bouche?», demande le président. «Oui, cinq ou six fois, chez moi ou chez elle». «Jusqu'à éjaculation?», insiste le président. «Une fois».
La dernière audition diffusée, enregistrée un an après la précédente, montre une petite Marine complètement changée, extrêmement calme, et suçant son pouce. Elle désigne là aussi plusieurs accusés, mais toujours en répondant par oui ou par non à la juge d'instruction.
En fin d'après-midi, la cour d'assises devait notamment entendre à la barre les experts médicaux et une enseignante de la petite fille.
La première partie de l'audience avait été marquée par un incident soulevé par les avocats de la défense. Les conseils des accusés ont demandé au président Eric Maréchal que la totalité des enregistrements des auditions des enfants soit diffusée durant le procès. Le président a choisi de repousser la décision de la cour. «Il convient de surseoir à la demande», a-t-il précisé sans donner de date. La diffusion de la totalité des enregistrements prolongerait de trois semaines la durée du procès, initialement prévu pour durer jusqu'à la fin juin. AP
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MEURTRES Les enquêteurs cherchent au moins un corps
La justice belge va à nouveau fouiller le jardin de Fourniret
AFP.)
[12 avril 2005]
De nouvelles fouilles débuteront demain à l'ancien domicile belge du tueur en série présumé Michel Fourniret. Elles devraient durer deux à trois semaines et visent à retrouver le corps d'«au moins» une jeune fille, selon la justice belge.
Un périmètre de sécurité a été établi hier par la police autour de la maison du village de Sart-Custinne, dans les Ardennes belges, où Michel Fourniret, son épouse Monique Olivier et leur fils Sélim s'étaient installés au début des années 90.
Des travaux de déblaiement ont commencé dans le jardin, déjà fouillé en vain, tout comme la maison, en juillet 2003 et juillet 2004. «Les déclarations de Monique Olivier datant du mois de mars laissent à penser qu'il y a au moins un corps dans la propriété de M. Fourniret», a expliqué le procureur du roi à Dinant, Arnoud d'Aspremont Lynden.
Les enquêteurs cherchent en particulier la trace d'une jeune fille au pair recrutée pendant l'été 1992 par le couple et qui, selon Monique Olivier, a été tuée par son mari au bout de quel ques semaines, après que Michel Fourniret eut tenté de la violer. La justice belge s'intéresse également à deux autres baby-sitters employées par le couple dans les années 90 et qui, selon Monique Olivier, pourraient, elles aussi, être enterrées à Sart-Custinne.
Le procureur de Dinant a reconnu n'avoir qu'une «idée imprécise» de l'endroit où les corps pourraient être retrouvés, Michel Fourniret et Monique Olivier ne collaborant pas à l'enquête. «Peut-être que ces fouilles ne déboucheront sur rien, mais nous pensons que nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas fouiller», a expliqué M. d'Aspremont Lynden.
La DIV (cellule d'identification des victimes) va racler le terrain par couches successives de 5 à 10 centimètres, probablement sur une profondeur d'environ 3,5 mètres.
Dans ce jardin, Michel Fourniret a retourné d'importantes quantités de terre à l'aide d'une pelleteuse, a noté le procureur belge. Les services techniques creuseront également le sol de la maison et de l'atelier mitoyen, où une dalle en béton éveille les soupçons des enquêteurs.
Le Français de 62 ans est mis en examen pour six meurtres de jeunes filles ou de jeunes femmes commis en France entre 1987 et 2001. En Belgique, il est inculpé de deux meurtres commis entre 1989 et 2003, d'un attentat à la pudeur et de trois tentatives d'enlèvement.(
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Au procès d'Angers, la souffrance tangible d'une des principales victimes (12/04/2005 20:00)
ANGERS (AFP)
Le procès de pédophilie d'Angers est entré mardi dans une nouvelle phase, consacrée à la parole des enfants, avec la diffusion des auditions filmées de l'une des principales victimes, Marine, qui témoigne des sévices sexuels subis par une économie de mots et une certaine agitation.
La venue à la barre de la cour d'assises de Maine-et-Loire des 45 victimes n'est pas prévue, en raison des traumatismes subis par ces enfants et de leur très jeune âge, qui allait de quelques mois à 12 ans au moment des faits, entre janvier 1999 et février 2002.
Les parties civiles veulent en effet éviter à tout prix de confronter les victimes aux 66 accusés, qui sont souvent leurs propres parents, poursuivis pour avoir pris part à des scènes de débauche sexuelle à Angers et dans son agglomération.
En vertu de la loi du 17 juin 1998, la plupart des auditions des enfants réalisées au cours de l'enquête et de l'instruction ont en revanche été enregistrées sur cassette vidéo ou CD-Rom.
Mardi, la cour et les jurés ont pu écouter, par écrans interposés, les brèves réponses données lors de trois interrogatoires par la fille aînée de Franck et Patricia, deux des principaux accusés.
"Le calvaire" enduré par cette fillette, Marine, et sa soeur cadette Inès, "toutes deux victimes de plus de 25 adultes, illustre avec effroi la manière dont ces enfants ont été réduits à l'état d'objets sexuels par leurs propres parents dans un but pervers et lucratif", souligne l'ordonnance de renvoi.
Les premières images diffusées mardi peuvent paraître trompeuses, montrant une petite fille blonde souriante voire insouciante, plaisantant volontiers avec les deux enquêteurs qui l'auditionnent en mars 2002.
Mais l'attitude agitée de Marine, dont une institutrice est venue à la barre témoigner des pratiques masturbatoires à l'école, attire rapidement l'attention: la fillette ne tient pas en place, se balance de façon incessante sur sa chaise. Ses mots sont comptés, qui évoquent le "jeu du papa et de la maman", "du docteur", "du cheval" entre adultes et enfants.
Quelques mois plus tard, en mars 2003, dans le cabinet de la juge d'instruction Virginie Parent, Marine doit dire si elle reconnaît, sur photographies, certains de ses agresseurs.
Quand les questions se font plus précises sur d'éventuels abus sexuels, on la voit colorier frénétiquement une feuille de papier avec un stylo feutre ou taper sur l'album photo avec un crayon.
Elle répond souvent par de simples "oui" ou "non" aux questions simples de la juge, qui lui demande si tel ou tel suspect "a mis son zizi dans (sa) bouche ou dans (ses) fesses".
En janvier 2004, dans le même bureau, Marine semble comme en régression, suçant son pouce sur les genoux d'une professionnelle de l'enfance venue l'accompagner. Elle montre sa gêne en soufflant bruyamment dans le micro enregistrant ses propos, puis quitte son siège pour mettre fin à l'entretien.
Globalement, ses auditions disent davantage sur sa souffrance que sur les faits eux-mêmes, qui ont de toutes façons été découverts moins grâce aux témoignages des enfants qu'aux dénonciations entre adultes.
Interrogés par le président Eric Maréchal, les accusés dont les noms sont cités par Marine se réfugient, à l'exception de deux d'entre eux, dans la dénégation.
"J'ai jamais joué au docteur. Je suis pas un détraqué, mais je suis pas médecin pour autant", lâche par exemple Loïc en guise de défense.
La diffusion des auditions des victimes, qui a débuté mardi, doit se poursuivre jusqu'au 29 avril.
ATTENTION - les prénoms des victimes ont été modifiés pour garantir leur anonymat.
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ANGERS, 12 avr 2005 (AFP)
Angers: pas de feu vert à la diffusion intégrale des auditions de victimes
Une dizaine d'avocats d'accusés au procès de pédophilie et d'inceste d'Angers ont exigé mardi après-midi, sans succès, la diffusion de l'intégralité des auditions filmées des 45 victimes recensées dans le cadre de cette affaire. La cour d'assises de Maine-et-Loire a décidé de surseoir à statuer sur cette demande en faisant valoir que "le principe de l'oralité des débats ne consiste pas à exposer l'ensemble des pièces" de la procédure. Aucune déposition à la barre des victimes n'est prévue durant le procès, en raison des traumatismes subis par ces enfants et de leur jeune âge, qui allait de quelques mois à 12 ans au moment des faits, entre janvier 1999 et février En vertu de la loi du 17 juin 1998, la plupart des auditions des enfants réalisées au cours de l'enquête et de l'instruction ont en revanche été enregistrées sur cassette vidéo ou CD-Rom. Mais le président de la cour, Eric Maréchal, a décidé de sélectionner lui-même les auditions qui seront visionnées, pour ne pas trop allonger un procès déjà prévu pour durer au moins jusqu'à la mi-juillet. Il a indiqué mardi avoir choisi de diffuser "l'essentiel" des auditions, c'est-à-dire "seulement ce qui (lui) paraît utile à la manifestation de la vérité". Pour la défense de deux des 66 accusés, Me Patrick Descamps a estimé a contrario que "sélectionner c'est choisir, et choisir c'est juger ou préjuger". Me Pascal Rouiller a fait valoir de son côté que le visionnage de l'intégralité des enregistrements permettrait de "faire l'économie d'appeler les enfants à la barre", comme le souhaitent les défenseurs des victimes. Un avocat des parties civiles, Me Patrick Rizzo, représentant les Equipes d'action contre le proxénétisme (EAC), s'est associé à la requête des avocats de la défense. "Il faut que vous voyiez dans leur intégralité les souffrances, les silences, les hésitations des enfants. Je le sais par expérience, c'est terrifiant", a-t-il expliqué à la cour et aux jurés. La diffusion des auditions des victimes, qui a débuté mardi, doit se poursuivre jusqu'au 29 avril.
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La cour visionne le témoignage d'une victime au procès d'Angers
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mardi 12 avril 2005 (Reuters - 21:47)
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ANGERS - Près d'un mois et demi après le début du procès de pédophilie d'Angers, la cour d'assises du Maine-et-Loire a visionné les témoignages filmés d'une petite fille de 9 ans qui aurait subi les viols ou agressions sexuelles d'une trentaine d'accusés.
Les parties civiles ont obtenu que les 45 petites victimes ne comparaissent pas, afin d'éviter qu'elles se retrouvent face aux accusés, pour la plupart des proches, voire leurs propres parents.
Les jurés ont pu entendre mardi une partie des dépositions de Marine, fille de Franck et Patricia V., deux des principaux accusés, enregistrées lors de trois interrogatoires.
Dans les deux premiers, la petite fille apparaît vive et enjouée. Elle répond aux policiers ou au juge d'instruction sans cesser de dessiner, se balance sur sa chaise, joue avec le micro en riant et reconnaît d'un simple "oui" avoir joué au docteur à son domicile avec des enfants et des grandes personnes.
"On se mettait tout nu?, interroge la juge, Virginie Parent. "Non", répond Marine. "Il n'y avait pas d'enfants qui se mettaient tout nus?", reprend la magistrate. "Si", dit la fillette. "Et des grandes personnes?", "Si", opine à nouveau l'enfant.
Lorsque la juge lui demande si tel ou tel accusé, dont elle lui montre les photos, lui "mettait son zizi dans la bouche", elle répond évasiment "oui" ou "non".
CAGOULES NOIRES
Mais devant le portrait de Jackie H., elle s'énerve et le frappe de son crayon. "Il est méchant, il arrête pas de m'embêter", s'emporte Marine.
Jackie H. a nié les faits, tout commer Eric J., Rémy D. ou Philippe R., également mis en cause par la fillette. Seul Philippe V., son grand-père, a reconnu lui avoir imposé des fellations. "Cinq ou six fois", a-t-il declaré à la Cour.
Lors d'un troisième interrogatoire, en janvier 2004, l'enfant est beaucoup plus calme, recroquevillée dans les bras d'une éducatrice, le pouce dans la bouche. Elle se contente de remuer la tête pour répondre aux questions.
"Te souviens-tu de gens qui avaient des cagoules sur la tête?", demande la juge. "Oui". "De quelle couleur?". "Noires".
"Ils te mettaient le zizi dans les fesses?", interroge la juge. "Oui", répond la fillette avant de confirmer que ses parents prenaient des photos.
"Que faisaient t-ils ensuite des photos?", demande la magistrate. "Ils les déchiraient et les mettaient à la poubelle", explique Marine.
"Des photos, des films, il y a rien eu de tout ça. Y'a jamais rien eu chez moi. C'est complètement faux", a répliqué la mère de l'enfant devant la cour.
Mardi, les jurés ont également entendu le témoignage d'une institutrice, venue raconter les tendances à l'exhibitionnisme de Marine et ses gestes à caractère sexuel avec d'autres enfants.
Le procès doit se poursuivre avec les auditions de son frère et de sa soeur puis celles des 42 autres enfants qui auraient été abusés et prostitués entre janvier 1999 et février 2002 à Angers.
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Angers : témoignages
des enfants
L'audience a repris cet après-midi dans le procès de pédophilie d'Angers. La cour doit visionner des témoignages enregistrés.
![]() Des officiers dans le hall de la cour d'assises à Angers (AP) |
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Ils sont «passés à côté»
La Presse
Angers
La France n'a jamais connu un procès criminel d'une telle ampleur: depuis un mois et demi, 66 personnes sont accusées d'actes de pédophilie aux dépens de 45 enfants. Notre journaliste s'y trouve depuis hier.
La question que toute la France se pose arrive comme un coup dans le ventre: «Comment avez-vous pu passer à côté, monsieur?»
À la barre, le docteur Louis-Noël Catheland ne sait trop quoi répondre. Il travaille à la Protection maternelle et infantile, une des nombreuses déclinaisons administratives de la protection de la jeunesse en France. C'est un médecin dévoué. Lui, comme tant d'autres, est «passé à côté» de cet incroyable et misérable réseau de pédophilie qui a utilisé, d'après la justice française, au moins 45 enfants à Angers entre 1999 et 2002. Des enfants âgés de 6 mois à 12 ans au moment des faits.
Passé à côté? C'est-à-dire ne pas avoir vu, ou plutôt ne pas avoir bien vu, en tout cas ne pas avoir su faire cesser ce qui se passait dans ce HLM en plein coeur de la ville, où des parents vendaient leurs enfants à tout un voisinage désaxé.
Nous voici à la 25e journée du plus gros procès criminel jamais tenu en France, à Angers, douce agglomération de 250 000 personnes dans l'ouest du pays. Les avocats des 66 accusés (39 hommes et 27 femmes) s'emploient depuis une semaine à faire le procès des services sociaux, «passés à côté». Il y a en effet quelques bonnes questions à poser. La grande majorité des accusés étaient fort bien connus des services sociaux, pour avoir eux-mêmes été victimes d'inceste et d'agressions sexuelles dans leur enfance. La plupart étaient sous curatelle, car incapables de gérer leur budget. La majorité d'entre eux sont illettrés et les médecins en ont classé plusieurs «débiles légers».
Il y a eu de nombreux signalements. Mais il a fallu des années avant de voir que ces 23 familles avaient des liens entre elles. Et surtout, il a fallu attendre des années avant que ces enfants ne soient soustraits à des parents incompétents et pervers, du moins selon l'accusation: un tiers s'avoue coupable, un autre tiers nie, 12 avouent partiellement et 12 autres, après avoir avoué, nient.
La semaine dernière, une institutrice du primaire s'est mise à pleurer devant le jury de neuf citoyens et trois magistrats, pour n'avoir pas deviné que cette fillette silencieuse et fatiguée de sa classe avait été agressée par 25 adultes. Hier, des médecins et des responsables des services sociaux ont expliqué ce qu'ils ont fait. Eux n'expriment pas les mêmes regrets pour être passés à côté.
«Je n'ai pas d'explication, sinon de dire la difficulté de repérer les abus sexuels en dehors de signes physiques évidents...» a dit le docteur Catheland. Il faut la collaboration des parents, explique-t-il, et surtout «une période nécessaire pour évaluer le pouvoir protecteur de la mère, le pouvoir violent du père et la capacité d'attachement des parents».
- Alors tout a fonctionné? ironise l'avocat.
- Je n'ai pas d'information qui me permette de dire le contraire, répond le médecin.
Un autre avocat de la défense, plus brutal, avance que «si vous n'avez rien remarqué, c'est peut-être qu'il ne s'est rien passé? On a peut-être grandement exagéré? Faut pas mettre de gants blancs, on parle de sodomies multiples par des tas de gens!»
On parle de ça, et de bien d'autres agressions. Est-il vraiment raisonnable qu'on n'ait pas su intervenir plus tôt? Question sans doute facile, mais devant l'enchevêtrement des innombrables «intervenants», des services qui fonctionnent en parallèle pour protéger les enfants, chacun dans sa circonscription, bref de toutes les chinoiseries bureaucratiques locales, la question n'est pas gratuite. Il s'en trouve même pour parler d'un système de protection «trop sophistiqué», incapable d'agir simplement.
Le lieu du crime
En essayant d'imaginer le «lieu du crime», je voyais une de ces banlieues françaises avec ses enfilades de HLM, bien à l'écart de la vieille ville propre. Pas du tout. En vertu du principe de la «mixité sociale», les appartements à loyer modique où vivaient la plupart des accusés sont au coeur d'Angers, dans un quartier dominé par la classe moyenne. Des immeubles neufs, faits de bois et de béton, sans signe particulier.
On aura beau, par ailleurs, mettre en cause le manque de budget et la surcharge de travail des services sociaux; à l'évidence, peu de pays investissent autant dans l'aide à l'enfance. Dans certains cas, des accusés étaient suivis par cinq travailleurs sociaux de spécialité différente, qui vont de l'aide financière à l'alimentation en passant par la réinsertion sociale. Presque tous les enfants voyaient le médecin à période fixe- ils en changeaient quand il devenait trop curieux. Il y avait des inspections de l'aide sociale à l'enfance- toutes faites de jour, la semaine, et annoncées bien à l'avance, car les services sociaux ne se veulent pas une «police des familles», mais un accompagnement, ce qui suppose de s'allier les parents.
Plusieurs des parents s'étaient connus dans des groupes de réinsertion sociale, qui ont travaillé fort pour leur fournir quelques boulots. Les services sociaux mettaient aussi à leur disposition des jardins communautaires, où on leur apprenait à cultiver un potager en les amenant un peu du côté de la verdure- Angers est un centre horticole majeur. On allait apprendre que plusieurs agressions ont eu lieu dans ces petites cabanes à jardin qu'on aperçoit le long de la route, en arrivant à la ville. Un des responsables de ces jardins est au nombre des accusés.
«Je ne comprends pas l'absence d'intervention un peu brutale de la part de votre service, s'étonne un avocat de la défense, qui interrogeait hier un inspecteur à l'enfance. Il s'agit d'une famille bien connue. On a remarqué en 1999 des carences alimentaires et éducatives graves. Il est noté qu'aucune action préventive n'est possible. Le grand-père, lui-même condamné à 13 ans de réclusion pour agression sexuelle, qui a agressé le père dans sa jeunesse, se fait confier les fillettes... Et votre suggestion: il faut une mesure d'investigation! Avec le recul, est-ce que vous considérez que votre service est passé à côté?»
- Quel recul?
- Le recul du temps.
L'inspecteur à l'enfance contourne la question. L'avocat insiste: en 2001, deux ans après ce premier signalement, le père est mis en examen pour maltraitance et agression sexuelle; l'enfant demeure encore chez ses parents. Comment se fait-il que, devant cette famille où «tout y est», il ne recommande qu'une « assistance éducative»? On dit pourtant qu'«il y a le feu»?
Un autre service, explique l'inspecteur, a assuré le suivi. «On a essayé de travailler les points qui faisaient problème.»
On avance aussi que les «juges à l'enfance» sont très réticents à placer les enfants, que les mesures sont souvent retardées pour cause d'encombrement judiciaire.
Chacun, en somme, est irréprochable. «Tout le monde fait son boulot, mais il ne se passe rien; il y a une indifférence, un manque de sensibilité et, à la fin, un résultat assez effrayant», dit Philippe Cosnard, avocat représentant les enfants.
Cette accusation d'indifférence, Christophe Béchu, le grand patron de toute l'administration du département de Maine-et-Loire (732 000 habitants) la récuse vivement. L'administrateur-politicien de 29 ans n'a rien à voir avec les faits de la cause, puisqu'il n'est «président du conseil général» que depuis 2004, donc deux ans après les premières vagues d'arrestations à Angers.
La défense voulait montrer que plusieurs pratiques avaient changé en matière de signalement d'enfants en difficulté, aveu involontaire que quelque chose n'allait pas auparavant.
«Nous n'imaginions pas qu'un phénomène d'une telle ampleur puisse exister», a-t-il dit. On aura beau accabler tant qu'on voudra les travailleurs sociaux, ils ne supposent pas que les gens qu'ils visitent sont des monstres, mais généralement des gens en difficulté qui ont besoin d'aide. Il y a tout de même eu 41 signalements au fil des ans. Bien sûr, ils se sont remis en question- et pas seulement à Angers. Mais «nous ne pouvons pas empêcher une affaire comme celle-là d'éclater, dit-il; simplement permettre de la détecter plus vite».
Quand tout sera fini, dit-il, on pourra bien suggérer un «droit d'ingérence» des services sociaux, dit-il. Il restera néanmoins bien des interrogations pour nous tous. Notamment «sur la perception de la sexualité dans notre société, sur l'impact de l'oisiveté et sur la présence de la pornographie». En attendant, aujourd'hui, la Cour d'assise commencera à visionner les témoignages des enfants.
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JUSTICE
Angers : témoignages
des enfants
C'est au tour des victimes de témoigner au procès pour pédophilie. Des témoignages enregistrés qui seront diffusés sur des écrans devant la cour.
![]() Des officiers dans le hall de la cour d'assises à Angers (AP) |
lors que le président du conseil général de Maine-et-Loire, Christophe Béchu (UMP), a défendu lundi 11 avril ses services sociaux, mis en cause par la défense, rejeté tout dysfonctionnement dans le suivi des accusés au procès de pédophilie d'Angers, c'est au tour mardi des victimes de témoigner. Des témoignages qui ont été enregistrés et seront donc diffusés via des écrans devant la cour d'assises.
Christophe Béchu était cité comme témoin devant la cour d'assises de Maine-et-Loire en qualité de responsable des services de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) et de la Protection maternelle et infantile (PMI).
"Il n'y aurait pas de procès de pédophilie s'il n'y avait pas de pédophiles présumés", a souligné à la barre l'élu, qui est en fonction depuis avril 2004 et ne l'était donc pas au moment des faits jugés, relatifs à des agressions sexuelles et viols sur 45 enfants entre janvier 1999 et février 2002.
"Aucun travailleur social n'est mis en cause dans cette affaire compte tenu de son travail", a remarqué Christophe Béchu, se disant "absolument convaincu de la conscience professionnelle de ceux qui sont amenés à travailler sous (sa) responsabilité".
Les travailleurs sociaux ne peuvent intervenir qu'à la demande ou avec l'accord des familles, et n'ont "pas de pouvoirs d'investigation", a souligné le président du conseil général.
Police des familles
"Ce n'est pas la police des familles", a-t-il fait valoir, en demandant à ne pas "confondre le travail social et la dénonciation de crimes". Au total, 41 signalements, dont 18 pour des suspicions de nature sexuelle, avaient été transmis au parquet concernant 15 des 23 familles impliquées dans cette affaire de pédophilie et d'inceste, la plus vaste jamais mise au jour en France.
Mais ensuite, les délais de traitement par l'autorité judiciaire ont parfois été longs, ont estimé certains intervenants sociaux et plusieurs avocats. Et tous ces signalements n'ont pas débouché sur des mesures de placement.
"La philosophie, aujourd'hui, du code de l'action sociale est de privilégier le lien parent-enfant. C'est ce qui fait que les placements sont l'exception, même quand les parents représentent un danger", a justifié le président du département.
"Il n'y aurait pas 1.536 enfants placés dans notre département, soit un enfant sur 30, si les services sociaux ne signalaient jamais et si le parquet ne donnait jamais suite", a-t-il toutefois estimé en évoquant "des chiffres qui donnent le vertige".
Citoyen
L'affaire d'Angers, qui "relève de l'"impensable, de l'indicible, de l'innommable", "nous interroge plus globalement en tant que citoyen", notamment au sujet de "la perception de la sexualité", "la place de la pornographie" et "le climat de permissivité" dans notre société, a estimé l'élu UMP.
Avant lui, un inspecteur de l'enfant à l'ASE, auteur de plusieurs signalements pour des carences éducatives sur des victimes dans ce dossier, a reconnu devant la cour que lui et ses collègues s'étaient "posé la question de savoir comment on n'a pas pu voir ce qui se passait".
"Entre 1999 et 2002, les travailleurs sociaux écrivent sur le papier, disent qu'"il y a le feu", mais on a le sentiment qu'aucune protection efficace des enfants n'est décidée", lui fait remarquer Me Pascal Rouiller, avocat de 5 des 66 accusés.
"On a essayé de faire le maximum par rapport à nos moyens et à nos prérogatives (...). C'est pas facile de tout voir, de tout récupérer. On fait ce qu'on peut", lui a répondu le témoin.
Le procès, qui s'est ouvert le 3 mars, doit se poursuivre au moins jusqu'à la mi-juillet.
Le Nouvel Observateur 1999/2000
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Nouvelles fouilles chez Fourniret mercredi
11 avril 2005
Les nouvelles fouilles qui débuteront ce mercredi à l'ancien domicile belge du tueur en série présumé Michel Fourniret devraient durer "deux à trois semaines" et visent à retrouver le corps d'"au moins" une jeune fille, a indiqué lundi la justice belge.
"Les déclarations de Monique Olivier datant du mois de mars laissent à penser qu'il y a au moins un corps dans la propriété de M. Fourniret", a expliqué le procureur du roi de Dinant, Arnoud d'Aspremont Lynden. Les enquêteurs cherchent en particulier la trace d'une jeune fille au pair recrutée pendant l'été 1992 par le couple et qui, selon Monique Olivier, a été tuée par son mari au bout de quelques semaines, après que Michel Fourniret eut tenté de la violer. La justice belge s'intéresse également à deux autres baby-sitters employées par le couple dans les années 1990 et qui, selon Monique Olivier, elle-même inculpée d'assassinat, pourraient elles-aussi être enterrées à Sart-Custinne.
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TOULOUSE, 11 avr 2005 (AFP)
Alègre: l'homme arrêté pour le meurtre de Hadja Benyoucef écroué
Le suspect arrêté et mis en examen jeudi pour le meurtre de Hadja Benyoucef, une jeune femme de 26 ans trouvée dans son appartement de Toulouse il y a 17 ans, a été placé en détention lundi, a-t-on appris de source judiciaire. Adda Beghersa a été écroué sur décision du juge des libertés et de la détention Jean-Michel Oulès. Le parquet de Toulouse avait requis son placement en détention, a-t-on précisé de même source. Agé de 57 ans, Adda Beghersa avait été arrêté jeudi et présenté au juge d'instruction Fabrice Rives qui l'avait mis en examen pour "homicide volontaire". Beghersa, qui nie toute implication, était un proche de Hadja Benyoucef et de son mari. Il avait déjà été inquiété dans cette affaire et mis en examen pour "homicide volontaire" en 1991 avant qu'un non-lieu ne soit prononcé en Selon une source proche du dossier, la nouvelle mise en examen se base sur différents éléments recueillis lors d'investigations récentes, relatives notamment à "l'alibi" qu'il avait fourni ainsi qu'à des écoutes. Hadja Benyoucef, mère de famille, avait été trouvée morte le 30 novembre 1987. Elle avait une couche culotte pliée dans la bouche et une corde à rideaux nouée autour de son cou traversé par un couteau de cuisine qui avait tranché la carotide. Le médecin légiste Danièle Alengrin avait alors retenu l'hypothèse d'un "raptus suicidaire" et sur cette base, l'enquête policière avait été bouclée en quelques jours. Durant les 17 ans de procédure, le dossier avait été rouvert une première fois pour aboutir au non-lieu de 1994 puis de nouvelles investigations avaient été décidées en 2002 par les gendarmes de la cellule Homicide 31 qui travaillent sur le parcours criminel du tueur en série Patrice Alègre. Les nouvelles investigations, menées par les juges Serge Lemoine et Fabrice Rives, avaient connu une première avancée spectaculaire mi-mars avec les résultats d'une seconde autopsie qui a écarté la thèse du suicide, établissant qu'il s'agissait "manifestement d'un crime", avait indiqué Me Pierre Dunac, avocat de la famille Benyoucef.
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lundi 11 avril 2005
Par Yves Grandmontagne
http://www.silicon.fr/getarticle.asp?ID=9279
Pédophilie en ligne: 112 arrestations en France
L'Opération Falcon, menée à l'initiative du FBI, vise les internautes qui visitent des sites pédophiles américains. 112 internautes français ont été mis en examen en France, en partenariat avec la DNRAPB
Ils sont originaires de toute la France, en majorité des hommes de tous âges, et ils ont été repérés par le FBI en 2003 alors qu'ils fréquentaient des sites pornographiques américains. Leurs coordonnées ont été transmises par Interpol.
La police fédérale américaine a établi - à partir des paiements en ligne par carte bancaires d'images et de vidéos pédophiles téléchargées - un fichier de 10.000 personnes originaires de 150 pays.
L'Opération Falcon, engagée par le FBI, collabore avec Interpol et les polices des pays concernés. Comme la France, où 112 personnes ont été arrêtées par la DNRAPB, la Division nationale de répression des atteintes aux personnes et aux biens. D'autres interventions devraient suivre…
Certaines de ces personnes ont été mises en examens puis écrouées ou placées sous contrôle judiciaire. L'une d'entre elles est actuellement en prison pour une affaire de viol. La majorité des personnes interpellées ont cependant été libérées, mais attendront la convocation du tribunal.
Il s'agit de la plus grosse affaire de pédophilie visant des internautes menée en France. Ils sont poursuivis pour "détention d'images et de représentations d'un mineur présentant un caractère pornographique".
La lutte pour l'intégrité de la famille et contre la pédophilie est l'un des axes principaux des projets de lois en cours présentés par les ministères de l'Intérieur et de la Justice (lire nos articles).
Le plus grave porte sur le risque induit par ces pratiques déviantes. Si la majorité des personnes interpellées s'est contentée de télécharger images et vidéos, le doute plane sur quelques unes, avec le soupçon d'un passage à l'acte !
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Le lundi 11 avril 2005
DOSSIER
Incroyablement jeunes, les pédophiles au Québec
La Presse
Exit l'image du vieux satyre... Au Québec, les amateurs de pornographie infantile - du moins ceux qui se font prendre sur Internet - sont incroyablement jeunes. Si jeunes que près d'un sur trois (30 %) est encore aux études. Et qu'un sur quatre n'a pas atteint la vingtaine.
Tel est le constat surprenant d'une étude encore inédite, réalisée pour le module de cybersurveillance de la Sûreté du Québec et que La Presse a obtenu, vendredi, au colloque de l'Association des infirmières en santé au travail. L'étude est signée par Julie Roy, de l'École de criminologie de l'Université de Montréal.
D'après le sergent Steve Berberi, les pédophiles qui clavardent et surfent sur la Toile sont de véritables champions de l'informatique.
«Or, les jeunes maîtrisent particulièrement la technologie, et ce sont souvent eux qui contrôlent les chats», explique l'ancien fiscaliste.
Autre révélation: lorsqu'ils ne vont plus en classe, les pédophiles travaillent surtout dans la vente. C'était du moins le cas de 27 % des 37 amateurs de pornographie accusés entre 1998 et janvier 2003. «C'est une façon d'être plus souvent en contact avec le public et les enfants», note M. Berberi.
Au-delà de l'étude, l'expérience sur le terrain est encore plus troublante, assure le policier dont l'équipe traite chaque année entre 500 et 1000 plaintes relatives à Internet (souvent grâce aux courriels ou aux appels de citoyens).
«La majorité des ordinateurs qu'on saisit sont très ordonnés. Les pédophiles sont hyperstructurés. C'est souvent très sale chez eux, mais tout est classé par fichier: 0 à 1 an. 2 à 3 ans. Garçons. Filles. Blancs. Asiatiques... Et il n'y a souvent rien d'autre.»
L'ordinateur trône généralement dans la chambre à coucher (dans 41 % des cas) ou le sous-sol (19 %). Mais l'un des accusés de l'étude a utilisé celui de son bureau. «La pornographie infantile au travail, c'est beaucoup plus fréquent qu'on pense. Mais les compagnies le cachent parce qu'elles ont un nom à protéger», commente le sergent, qui presse les informaticiens de mieux surveiller leur réseau.
Devant lui, un auditeur a vite confirmé: «On a déjà dû faire réparer l'ordinateur d'une garderie. Le technicien y a trouvé des milliers d'images pornographiques...»
Que voit-on?
À Montréal, comme dans le monde, les enquêteurs sont dépassés par le torrent de nouvelles images qui déferlent sans cesse: plus d'un millier par semaine, précise M. Berberi. «Les pédophiles ne s'en tiennent pas à une image de chaque victime. Ils en collectionnent des séries de 20 ou 30. Chacune sert de monnaie d'échange, un peu comme les cartes de hockey pour les enfants.»
«Pour entrer dans certains groupes fermés, il faut soumettre un portfolio de 10 000 images», ajoute le policier.
Plus de 56 % des images saisies par la SQ montrent des garçons. Et même si la pornographie infantile est surtout produite à l'étranger, il s'agit presque toujours d'enfants blancs: «On voit quelques Asiatiques, mais jamais d'enfants noirs.» Depuis peu, la SQ voit de plus en plus d'importation de bandes dessinées japonaises, qui montrent des enfants violés, dit-il. «Au Japon, la pornographie infantile est légale: ça se vend dans les kiosques à journaux.»
La photo d'un pédophile
À Jonquière, c'est plutôt la photo d'un pédophile qui s'est retrouvée placardé sur des dizaines de poteaux. L'homme a dû fuir. «Ce n'est pas la solution, on déplace le problème», a commenté l'enquêteur.
«On ne veut pas de cyberpolice (non plus), prévient-il par ailleurs. Les gens n'auront jamais le mandat de parcourir les sites pour dénoncer les infractions. Ils en feraient une eux-mêmes.»
Portrait des amateurs québécois de pornographie infantile
> Sexe
100 % sont des hommes
> Âge
24 % ont de 14 à 20 ans
32 % ont de 20 à 30 ans
24 % ont plus de 40 ans
> Culture
97 % sont Blancs
89 % sont francophones
> Outil utilisé
Clavardage 68 %
Sites Web 14 %
Courriel 8 %
> Matériel trouvé
Images 62 %
Images et vidéos 30 %
Vidéos 5 %
Livres 3 %
> Dénonciation
50 % viennent de la police
25 % de citoyens
Source : Étude exploratoire des caractéristiques des personnes mises en cause pour possession ou distribution sur Internet de matériel pornographique juvénile. 2004. Julie Roy. Université de Montréal.
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Portrait-robot du pédophile québécois
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| Un pédophile sur quatre n'a pas 20 ans. |
Une étude réalisée par le module de cybersurveillance de la Sureté du Québec, de l'école de criminologie de l'Université de Montréal montre que 30 % des amateurs de pornographie infantile qui se font prendre sur Internet sont encore aux études. Un sur quatre n'a même pas encore atteint la vingtaine.
Les pédophiles qui naviguent sur Internet sont des jeunes maîtrisant particulièrement bien la technologie.
Par ailleurs, tous les pédophiles accusés de 1998 à 2002 étaient des hommes, et 97 %, de race blanche. Le quart d'entre eux travaillait dans le domaine de la vente, une façon d'être en contact avec le public et, bien sûr, avec les enfants.
Les pédophiles sont, en majorité, très structurés. Les images retrouvées sur leurs ordinateurs étaient souvent classées selon l'âge, le sexe et l'origine ethnique de chaque petite victime. Plus de 56 % des photos saisies montraient des garçons et, dans presque tous les cas, des blancs. On voit parfois des enfants asiatiques, mais pratiquement jamais de noirs.
Les pédophiles collectionnent des séries de 20 ou 30 images d'un même enfant et s'en servent comme monnaie d'échange. Ils échangent des photos d'enfants comme d'autres échangent des cartes de hockey.
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Le problème des prêtres pédophile, note discordante dans le pré-conclave
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Témoignage d'une mère
de victime présumée
Les derniers témoins de l'accusation iront à la barre à partir de lundi dans le cadre du procès de Michael Jackson, accusé d'abus sexuels sur un mineur.
![]() Mickael Jackson (AP) |
Le Nouvel Observateur 1999/2000
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| Ils vivent à huit dans leur voiture (09/04/2005) |
| Éjectés de leur appartement voici deux mois, ils se sont réfugiés sur une aire d'autoroute LUTTRE Joseph, Claudine et leur fils Christophe sont à la rue depuis le 16 février. Ils n'ont plus rien. Depuis près de 2 mois, ils dorment tous les trois dans leur voiture, sur une aire de repos situé à Luttre, sur l'A 54, entre Nivelles et Charleroi. Une famille comme les autres frappée de plein fouet par le malheur. Ils ont 5 chiens. Mais ils n'ont pas eu le coeur de les abandonner lorsqu'ils se sont retrouvés sur le trottoir. Ils sont à bout de force. Le sort s'acharne sur eux. «J'ai perdu mon emploi en juin dernier alors que je travaillais dans un car-wash sur la chaussée de Haecht, explique Joseph, 57 ans. Je touche 500 € du chômage et le loyer de notre appartement dépassait les 600 €. On ne savait plus payer. Nous avons été éjectés par la justice de paix. Maintenant, j'ai 800 € mais je ne peux pas payer cet appartement.» Avant d'en arriver là, Joseph et Claudine ont tout essayé. «Le CPAS de Bruxelles ne peut pas nous aider. On ne sait pas pourquoi. On n'a jamais reçu de réponse.» Et du jour au lendemain, cette famille, bruxelloise pure souche, s'est retrouvée sur le carreau. Une situation intolérable dans notre pays. Surtout que Joseph a travaillé toute sa vie. «Je suis resté très longtemps chez Varta. Puis, j'étais au car-wash.» Vous êtes nombreux à passer sur l'A 54, en venant de Nivelles pour vous rendre vers Charleroi. Prenez le temps de vous arrêter. Joseph et sa famille ont besoin de tout. Un peu de nourriture mais aussi des effets pour avoir chaud. «Les gens nous ignorent. Depuis que nous sommes ici, deux personnes nous ont demandé si tout allait bien. C'est tout.» Et comme cerise sur le gâteau, Claudine est diabétique. Christophe, lui, est asthmatique. «On garde un peu d'argent pour aller jusqu'à la pharmacie. Au passage, on va au Lidl pour acheter un peu de nourriture. On se débrouille comme on peut.» C'est Christophe, 33 ans, qui a eu l'idée de survivre sur cette aire d'autoroute. «Ici, au moins, on a le sanitaire, souligne-t-il. On peut se laver. Il n'y a que de l'eau froide. Mais bon, c'est déjà ça.» Joseph et les siens veulent s'en sortir. Et vous pouvez les aider. Ils cherchent un logement, maximum 400 €. Idéalement, à Bruxelles. Mais vu la situation, ils habiteront là où ils trouvent un toit. Joseph cherche un emploi. Il est magasinier ou clarkiste. Christophe, lui, est jardinier. Joseph n'a plus rien, sauf sa voiture et son GSM. Son numéro: 0479/32.09.04. Appelez-le. |
Philippe Boudart
La Dernière Heure 2005
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En novembre 1999, une précédente école avait prévenu Karine Hamy, l'assistante sociale de secteur, que Marine faisait des siestes "à caractère masturbatoire". Le 30 novembre, la petite raconte qu'il y a "un monsieur avec une cagoule qui fait des guilis". "C'est sans doute ton papa", propose la dame de service. La petite ne répond pas, et ajoute : "Ma maman est morte."
En octobre 2000, une lettre anonyme assure que Franck V. frappe ses enfants. Nouveau signalement, suivi d'un autre, en mars 2001, lorsque l'école découvre Marine et, couché sur elle, un petit copain qui explique : "C'est comme ça qu'on fait chez Marine." La petite précise que "maman rit et prend des photos". En juin 2001, les services sociaux découvrent que la mère, Patricia V., frappe son petit dernier dans la salle d'attente. Les enfants sont placés en juillet 2001. Mais seulement parce que Franck V. a avoué qu'il cognait Marine et qu'il avait abusé de sa jeune cousine.
C'était pourtant une famille surveillée comme le lait sur le feu par six intervenants sociaux, de la psychologue au médecin de la protection maternelle et infantile. L'assistante sociale, "par respect pour la famille", prévenait toujours de ses visites. "Vous avez le sentiment d'avoir été instrumentalisée par les V. ?", demande le président. "Aujourd'hui, on peut le dire, convient-elle. Ils ont mis tout en oeuvre pour donner le change."
Martine Burel, puéricultrice au conseil général, avait bien isolé "les carences importantes" et les retards des petits V. Elle était plutôt favorable à un placement dès 1999. "Mais, affirme-t-elle, notre hiérarchie nous a dit, il vaudrait mieux une IOE (investigation et orientation éducative, une mesure d'enquête) avant un placement en urgence, toujours douloureux." Moins que les viols, pourtant...
"Les responsables, ce ne sont pas les services sociaux ou la justice, comme on essaie de nous le faire croire, s'énerve Ivan Auriel, l'avocat général. Ce sont ceux qui ont commis les faits." Marie-Françoise Berthelot, éducatrice spécialisée, admet qu'elle a été trompée par les V. "Vous avez dix-neuf ans d'expérience, résume crûment Me Patrick Descamps, l'un des avocats de la défense, vous êtes assistée d'une psychologue, vous êtes face à des gens qui ont un quotient intellectuel de 70 et vous êtes manipulée ?" "On peut avoir un QI de 70 et être futé", répond faiblement Mme Berthelot.
Marie Guilmin, psychologue du conseil général, a entendu, durant des heures Nathalie V., la tante de Franck, parler de suspicions d'abus sexuels sur sa fille Armelle. La maman a porté plainte dès décembre 1999 et multiplié les démarches. Elle était en guerre ouverte contre son ex-époux et avait elle-même été abusée par son frère. "Il y avait un parallèle entre Nathalie V. et sa fille qu'elle mettait toujours en avant, s'est excusée la psychologue, jeudi 7 avril. Elle disait : "Armelle, c'est une autre Nathalie." On pensait que c'était une part de projection."
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ENTRETIEN
Claire Brisset : respectons le droit des enfants !
La première “défenseure des enfants” en France publie un livre-bilan sur ses cinq années passées à la tête de ce formidable observatoire. Au pays des droits de l’homme, elle dénonce quelques exceptions bien françaises.
Madame Figaro du samedi 9 avril. Propos recueillis par Annick Lacroix
[07 avril 2005]
On lui écrit de toute la France. Des lettres parfois pleines de fautes d’orthographe : “ J’ai huit ans, le juge dit que ma mère est folle, ce n’est pas vrai, il dit que je dois voir mon papa, quand je le vois il me tape, il faut que tu m’aides. ” Le jour de notre rencontre, dans son bureau haut perché de la rue de la Glacière, c’est une adolescente qui, sur le Net, lui criait sa colère d’avoir été mise en garde à vue à la suite d’un conflit avec un professeur.
Annick Lacroix. – Sans doute n’est-il pas inutile de rappeler en quoi consiste votre rôle de “ défenseure des enfants ”.
Claire Brisset.
– À veiller à ce que les droits de l’enfant soient bien respectés. C’est un rôle qui s’apparente à celui de médiateur de la République, mais pour les enfants. À ce titre, je peux être saisie de plaintes diverses émanant des enfants eux-mêmes, de leurs parents ou d’associations. Si un enfant me paraît en danger, je fais un signalement au procureur. Je ne suis pas là pour refaire – ni même contrôler – le travail de la justice ou de la police, mais pour assurer qu’en toute circonstance – s’il s’agit d’une procédure, d’un bout à l’autre de celle-ci – le droit des enfants est bien respecté dans notre pays.
A. L. – Un pays parfaitement balisé par les lois et les institutions sociales et où, pourtant, à vous lire *, la situation des enfants n’est pas si idyllique.
C. B.
– C’est vrai. On voit même des choses très dures. J’ai écrit ce livre pour décrypter cette situation très paradoxale : nous sommes dans un pays où l’on fait des enfants (il y a 15 millions de mineurs, soit un quart de la population. Avec l’Irlande, la France est le pays européen qui assure le mieux le remplacement des générations), un pays où on les aime, où énormément d’argent est investi dans le secteur de l’enfance. Et pourtant, on ne peut pas dire que les enfants sont très bien traités dans notre société. Il y a beaucoup de violence à leur égard. En fait, tout se passe comme si on refusait d’admettre, aussi bien à titre individuel que collectif, qu’avoir des enfants impose des contraintes particulières et une réorganisation de la vie, de la société. Nous aimons nos enfants, mais nous ne nous donnons pas les moyens d’aller au bout de cette logique.
A. L.
– Vous pointez du doigt le suivi des mères après l’accouchement, par exemple.
C. B.
– C’est symptomatique. Jadis, le temps d’hospitalisation pour un accouchement était de huit jours. Ce qui avait, entre autres, le mérite de permettre au personnel d’avoir un œil sur l’organisation du lien entre la mère et l’enfant. Aujourd’hui, on renvoie les femmes à la maison au bout de deux ou trois jours. En Angleterre aussi, mais des visites à domicile sont organisées pour voir si tout se passe bien. Chez nous, rien de tel. On considère que “ ça va aller ”, que ce n’est pas la peine. Or on sait pertinemment que la maltraitance peut commencer là, au moment où se noue – parfois mal – ce lien précoce. J’ai demandé qu’on mette en place cet accompagnement.
A. L. – Autre exception française, l’école à deux ans.
C. B.
– Une aberration ! Même au Japon, ça n’existe pas ! Deux ans, c’est l’âge de l’acquisition de la propreté, du langage, celui de l’autonomisation par l’opposition à l’adulte. Mettre des enfants à l’école, entre pairs, à cet âge, c’est délétère. On le sait aujourd’hui, ça crée de l’angoisse, c’est mauvais pour le développement linguistique, bref, c’est le prototype de la fausse bonne idée. Si la société était vraiment respectueuse des enfants, elle mettrait sur pied des solutions alternatives. Le fait est que les femmes sont massivement engagées dans le monde du travail, et ce n’est pas moi qui vais dire que c’est une mauvaise chose. Mais on préfère se défausser sur l’école, en prétendant que c’est bon pour l’enfant. Idéalement, il faudrait une loi qui interdise la scolarisation avant trois ans (et renouer avec l’admission à l’école, échelonnée pendant l’année en fonction de la date anniversaire des trois ans). Mais comment mettre les gens hors la loi sans solutions alternatives ?
A. L. – Nous sommes aussi – et c’est grave – champions d’Europe pour le nombre de suicides de jeunes et d’adolescents.
C. B.
– Quarante mille tentatives par an ! Sept cents morts. C’est la deuxième cause de mortalité dans cette tranche d’âge après les accidents. C’est monstrueux ! Mais là encore, on retrouve la même attitude : ils n’ont qu’à se donner la peine de grandir ! Alors qu’on sait que 15 % des adolescents sont en souffrance ; 5 % carrément en danger. Il faut les repérer, les rattraper, mais le nombre des psychologues scolaires est infinitésimal, celui des médecins et des infirmières scolaires aussi. J’ai proposé du reste que l’ensemble des moyens de la médecine scolaire soit concentré sur les collèges et lycées, l’âge de l’adolescence, et que la PMI aille jusqu’à la fin du primaire. Et puis, il est urgent de former les enseignants à la pédagogie. Nous sommes le seul pays d’Europe où l’on s’en dispense, où un professeur certifié peut avoir affaire toute sa carrière à des adolescents sans savoir ce qu’est un cerveau d’adolescent, le rôle du groupe chez les ados ou un jeune en souffrance.
A. L. – À ce sujet, vous citez un chiffre surprenant : sur les 1 500 saisines dont vous faites l’objet chaque année, les plaintes concernant l’école arrivent en deuxième position, derrière les conflits familiaux et bien avant les placements jugés arbitraires, la situation des enfants étrangers...
C. B.
– Savez-vous qu’en France, il y a encore des instituteurs qui écrasent la craie sur le nez des enfants, qui leur mettent du Scotch sur la bouche, voire – j’ai vu ça une fois – des pinces à linge ! J’en ai parlé à Jacques Chirac. Il était stupéfait. Il a exigé tout de suite un rapport administratif du ministère de l’Éducation nationale. Il n’en reste pas moins qu’il n’est toujours pas interdit de façon formelle, c’est-à-dire par la loi, de taper sur les enfants à l’école. Là encore, je me bats pour qu’une loi interdise toute violence, d’où qu’elle vienne, pas seulement des enseignants, des élèves aussi, dans les établissements scolaires.
A. L. – Nous n’avons pas encore une conception claire des droits de l’enfant, dites-vous.
C. B.
– Non. Nous avons beau être champions des droits de l’homme, avoir été parmi les premiers à ratifier la Convention des droits de l’enfant, nous sommes encore dans un système patriarcal, autoritaire. On continue à considérer l’enfant comme un “ être en formation ”, expression exaspérante, comme s’il n’était rien d’autre qu’une ébauche de l’adulte accompli !
A. L. – On ne prend pas la peine de l’entendre dans les tribunaux.
C. B.
– Ça, c’est un point qu’il faudrait vraiment améliorer ! Je souhaitais qu’on inclue dans la nouvelle loi sur le divorce l’audition systématique des enfants. Je n’ai pas été entendue. Chez nous, elle reste facultative. En Allemagne, on ne peut pas prononcer un divorce sans entendre l’enfant dès qu’il est en âge de parler. Mais là encore, on tombe sur un problème de formation. Savoir écouter un enfant relève de la professionnalité. Ni les magistrats, ni les policiers, ni les gendarmes ne sont vraiment formés pour le faire.
A. L. – Ça donne des affaires comme celle d’Outreau.
C. B.
– Où les enfants sont entendus, mais de quelle façon ! Sommés de raconter plusieurs fois leur histoire, y compris en pleine cour. Sans que soit respecté leur anonymat. Comme dit Boris Cyrulnik, qui fait partie de mon comité de “ sages ”, ils porteront cette “ étoile noire ” toute leur vie. Pour le procès d’Angers, j’ai demandé qu’on ne donne aucun nom, y compris ceux des agresseurs, puisqu’il s’agit malheureusement souvent de leurs propres parents. Pareil pour les journalistes.
A. L. – Il y a Outreau, Angers et ces chiffres que vous citez : le nombre des agressions sexuelles sur des enfants a doublé en cinq ans, de l’avis de certains tribunaux, 89 000 signalements d’enfants en danger sont faits chaque année et, dernière donnée effarante, 3 à 6 enfants meurent chaque semaine sous les coups des adultes. Que peut faire la défenseure des enfants ?
C. B.
– Le dire, déjà. Faire prendre conscience. Et provoquer une réflexion sur la société dans laquelle nous vivons, de plus en plus érotisée, violente, où l’on n’ose plus énoncer l’interdit et où un nombre, semble-t-il croissant, de personnes n’ont pas intériorisé les interdits de la loi commune à toute l’humanité. Il faut aussi alerter les pouvoirs publics sur les réformes à entreprendre. Mieux former, mieux payer, mieux contrôler les travailleurs sociaux. Il n’est pas normal que des instances, dont le rôle est précisément de protéger les enfants, les laissent se faire fracasser comme ça.
A. L. – Vous dénoncez en même temps les placements hâtifs d’enfants et le manque de confiance à l’égard des familles. N’est-ce pas contradictoire ?
C. B.
– Je dis qu’il faut remettre les familles au cœur du dispositif de la protection de l’enfance. Il va de soi qu’un enfant en danger nécessite des mesures de prise en charge immédiate. Mais le plus souvent, on a affaire à des familles dysfonctionnelles, qui, si elles étaient écoutées, aidées – par des mesures de soutien familial, d’aide à la parentalité –, pourraient retrouver un certain équilibre. Chez nos voisins – allemands, belges, anglais... –, quand une famille apparaît potentiellement dangereuse, on le lui dit et on passe un contrat avec elle. Ou elle le respecte, ou les enfants sont placés. En France, nous arrivons avec notre paternalisme : vous ne savez pas vous occuper de votre enfant. On vous l’enlève. Une décision parfois emballée dans un incroyable jargon pseudo-psychanalytique censé la justifier. L’objectif, explique-t-on, est de rendre l’enfant à sa famille dès qu’elle se sera améliorée. Mais comment le pourrait-elle ? Une fois l’enfant placé, on ne s’en occupe plus. Je reçois des lettres de mères meurtries, désespérées.
A. L. – Une action de votre mandat dont vous êtes particulièrement fière ?
C. B.
– Avoir contribué à alerter les pouvoirs publics sur le problème de l’adolescence, ainsi qu’à la création de maisons de l’adolescence. Nous avons de très grands spécialistes de cet âge en France, mais ils n’étaient pas suffisamment écoutés. Je suis heureuse aussi d’avoir contribué à faire passer de quinze à dix-huit ans l’âge du délit pour appel à des mineurs prostitués. Ça n’a pris que deux mois. Quand le politique est prêt et que le changement relève juste d’une modification de texte, ça va très vite. Quand il s’agit de mettre un problème au cœur du débat public, c’est plus long. J’essaie d’agir sur les deux registres et je suis optimiste : les sociétés humaines sont capables de revenir sur certains égarements, même bien ancrés par l’habitude, quand elles en prennent conscience.
A. L. – Ce qui vous fait le plus honte ?
C. B.
– Le sort que nous réservons à nos enfants handicapés. C’est un scandale national. Beaucoup de parents d’enfants polyhandicapés sont obligés de les envoyer en Belgique, où, par parenthèse, on s’en occupe très bien, avec une dimension éducative trop souvent absente dans les établissements qui les accueillent en France. Quant aux handicapés plus légers, ils sont des milliers à rester chez eux, alors qu’ils pourraient être accueillis dans des établissements scolaires si, là encore, les enseignants étaient formés pour les accueillir. Ce dossier-là est l’une des priorités de ce quinquennat, mais nous sommes tellement en retard !
* “ Quinze millions d’enfants à défendre ”, avec la collaboration de Véronique Bedin, éditions Albin Michel.
REPÈRES
Journaliste, spécialisée dans les questions sociales, de santé et de développement (au “ Figaro ”, puis au “ Monde ” et au “ Monde diplomatique ”) de 1970 à 1986, Claire Brisset a été ensuite chargée des relations extérieures de l’Unicef, à Genève puis à Paris. Jusqu’à sa nomination en 2000, pour six ans, au poste de “ défenseure des enfants ”. Elle est aussi l’auteure de plusieurs ouvrages, dont “ la Santé dans le tiers-monde ” (éditions Le Monde-La Découverte) et “ Un monde qui dévore ses enfants ” (éditions Liana Levi).
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FAITS-DIVERS
L’imam pédophile fait appel
Mohamed Ahmed, dit Monsieur Lamour aux Comores d’où il est originaire, était à nouveau devant les juges hier. En effet, l’imam condamné à trois ans de prison ferme pour agression sexuelle sur un mineur, a fait appel de sa condamnation. Il continue de nier fermement les faits. L’avocat général a demandé de confirmer la peine.
Chemise et tee-shirt blancs ton sur ton, pantalon sombre, les cheveux noirs courts, un petit bouc... Mohamed Ahmed, 42 ans, a ressorti la même tenue qu’en première instance pour tenter de faire transparaître son innocence... Et les mêmes arguments ! Ce père de cinq enfants, est détenu depuis septembre 2003 pour des attouchements sexuels commis sur un jeune garçon de 11 ans. Surnommé Monsieur Lamour aux Comores, il a été déjà condamné pour une agression sexuelle sur mineur en 2002 et est connu pour de nombreux faits similaires dans son pays.
“Vous êtes imam comme je suis épicier”
En 2003, Mohamed Ahmed dirige une école coranique rue Maréchal-Leclerc, à Saint-Denis. Concrètement, il dispense des cours de coran dans le salon de son appartement à de jeunes garçons d’origine comorienne pour vingt euros par mois. Et ce, malgré l’interdiction d’exercer une profession en relation avec des enfants, prononcée par le tribunal correctionnel pour une précédente affaire de mœurs. Le 9 septembre 2003, une femme dépose une plainte pour viol et agression sexuelle sur son fils. En juin 2003, alors qu’elle va chercher son fils à l’école coranique, elle surprend son enfant sortir de la chambre de l’imam avec une pièce dans la main. Elle demande des explications au garçon alors âgé de 11 ans. Ce dernier lui raconte que l’imam “a essayé d’introduire son sexe dans ses fesses.”
A nouveau trois ans requis
Comme en première instance, Mohamed Ahmed a raconté aux juges que l’enfant “s’est déshabillé comme une femme” et qu’il s’agit d’un complot monté contre lui. “Ce sont quasiment des aveux, commente le président Michel Salzmann, puisqu’il dit que l’enfant voulait avoir des rapports avec lui. Certains pédophiles oublient que leurs victimes sont des enfants et les accusent comme s’ils étaient des adultes.” Quand le président l’interroge, l’imam agite ses mains, pointe de l’index le ciel. Michel Salzmann s’énerve à plusieurs reprises : “Ne jurez pas. J’ai l’impression que vous êtes imam comme je suis épicier. Quand on se dit au service de Dieu, il y a quelques règles à respecter. Vous vous présentez comme quelqu’un en contact direct avec Dieu et qui n’a de comptes à rendre qu’à Dieu. La justice humaine, vous n’en avez rien à faire.” La cour interroge l’imam, qui ne satisfait pas vraiment dans ses réponses. Soudainement pris d’un coup de chaleur, le prévenu déboutonne sa chemise. “Ne vous déshabillez pas Monsieur, vous vous croyez dans votre chambre peut-être ?” L’imam se rhabille et pour prouver sa bonne foi, raconte qu’il fait régulièrement des prières pour l’enfant et sa famille. “Mais ce sont les lois de la République ici. Des prières pour solde de tout compte, ça ne marche pas. On ne pratique pas la charia ici”, s’égosille le président. Me Julien Maillot, pour la partie civile, fait remarquer qu’il y a des éléments largement suffisants au dossier : “Il n’y a aucun doute sur la culpabilité du prévenu. Il n’a pas le droit de rentrer en contact avec les élèves et crée quand même une école. Et le mineur est surpris par sa mère alors qu’il sort de la chambre de celui-ci.” Pour l’avocat général, Michel Baud, le prévenu est en récidive légale : “Les faits sont niés par le prévenu bien que les éléments qui vous sont soumis sont de nature à vous convaincre de sa culpabilité. Le premier jugement est parfaitement motivé. La thèse du complot est mal étayée. Les trois ans de prison prononcés par les premiers juges me paraissent suffisants.” Me Martine Leveneur, pour la défense du prévenu, explique ses doutes dans l’affaire : “Les faits datent de juin et ne sont pas dénoncés par la mère. C’est après un appel anonyme que les services sociaux interviennent. La procédure n’est pas du tout à l’initiative de la maman. L’enfant est entendu plusieurs fois et ne dit pas toujours la même chose. Il y a une confusion possible entre les faits révélés et des faits antérieurs qui n’ont jamais été jugés. Il n’aurait pas du recevoir d’enfants chez lui, mais il y a d’autres témoignages qui sont favorables à Monsieur Ahmed.” Le délibéré sera rendu le 12 mai.
Compte rendu d’audience Frédérique Seigle
Cliccanoo
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| CETS au Canada et opération anti pédophilie en France Justice |
Depuis 2004, près de 10.000 internautes ont fait l’objet d’une enquête dans 150 pays. L’opération Falcon, c’est son nom, a conduit à l’arrestation de 112 personnes en France a-t-on appris aujourd'hui. Ils sont tous suspectés d’avoir fréquenté des sites Internet américains à caractère pédophile et d’avoir téléchargé voire parfois diffusé des fichiers de ce même acabit.
De Metz, Nancy, Mulhouse, Strasbourg, Dijon, Aix-en-Provence, Toulon, Bourges, Evry, Versailles, Beauvais, Lille, Angers, Mâcon, et d'ailleurs, ces personnes de tout âge, proviennent d’origines diverses mais sont dans leur majorité des hommes.
C’est la Division nationale de répression des atteintes aux personnes et aux biens qui s’est chargée des préparatifs de ce coup de filet. L'action s'inscrit dans le cadre d’une collaboration étroite et un échange d’informations avec le FBI.
Hasard du calendrier, on apprend le même jour que Microsoft vient d'inaugurer au Canada son système informatique facilitant la lutte contre la pédopornographie. L’outil se nomme Child Exploitation Tracking System (CETS). On n’a guère de détails techniques mais on sait que le CETS « permet de transférer la puissance d’Internet des mains des prédateurs et de la remettre entre les mains des policiers ».
De même, « Le système CETS est une base de données qui servira d’entrepôt de données et d’outil d’enquête dans le combat que livrent les organismes chargés de l’application de la loi contre l’exploitation sexuelle des enfants en ligne. » annonce la page de la police de Toronto
L'initiative a germé suite à un simple mail envoyé en janvier 2003 par un officier du service de police de Toronto, frustré par le manque de technologie. Il a simplement écrit à Bill Gates pour lui demander un coup de pouce. Microsoft a répondu favorablement pour ensuite débuter cette collaboration avec les services compétents.
« Avant la venue du système CETS, les services de police devaient passer manuellement au peigne fin les dossiers et les photos, ce qui rendait presque impossible l’échange d’information » déclarent les autorités. Notons que le CETS est une base de données sécurisée, « capable de fonctionner avec divers systèmes d'exploitation et utilisant des normes ouvertes » et ce afin de permettre aux systèmes de différents pays de communiquer entre eux sans entrave technique. En france, on rappellera au final l'existence du site gouvernemental, dédié à la lutte et à l'information contre ce fléau.
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Angers: la violence omniprésente chez Magalie et Jean-Louis --par Stéphanie Lacaze--
ANGERS (AP) -- Au procès de pédophilie d'Angers, la cour d'assises du Maine-et-Loire s'est notamment attachée jeudi à examiner le mode de vie du couple formé par Jean-Louis C. et Magalie R. Ces deux accusés sont les parents de deux jumeaux, Romain et Julien, qui comptent parmi les 45 petites victimes du réseau pédophile présumé.
L'ancienne belle-soeur de Jean-Louis et une psychologue qui a suivi les jumeaux ont brossé à la barre un tableau effrayant de ce couple. De ces témoignages, il ressort que la violence semble leur principal mode de communication.
Marie Guilmin, la psychologue, explique d'ailleurs que pour les préserver de ce contexte difficile, les jumeaux ont été placés en pouponnière dès leur naissance, au début de l'année 1997. Ils n'ont été rendus à leurs parents qu'en juillet 1998.
La psychologue s'est inquiétée de leur évolution dès leur retour chez leurs parents. Magalie et Jean-Louis ne prennent pas la peine de différencier leurs jumeaux, entraînant «des retards dans leur évolution globale».
Le témoignage de Jessica Cohu, l'ancienne belle-soeur de Jean-Louis, amène des précisions terribles. Elle rapporte à la barre un incident auquel elle a assisté quand elle fréquentait le couple. Un jour qu'ils s'étaient rendus ensemble à la fête foraine, Jean-Louis «a emmené ses deux enfants en chaussettes, sans blouson. Les enfants pleuraient. Alors il a mis un coup de pied dans la poussette. Il a dit: 'crevez, bande de morts»'. Les jumeaux étaient alors âgés de deux ans et demi.
Un autre épisode violent que relate à la barre Mme Guilmin a entraîné en 2000 un nouveau placement en urgence des jumeaux. Devant l'école des enfants, les deux parents se battent. «Madame saute à la gorge de monsieur pour l'étrangler». Puis Jean-Louis C. frappe violemment un des garçons. Cette scène inquiète les autres parents d'élèves qui y assistent.
Romain et Julien sont donc retirés à leurs parents, mais cette violence a semble-t-il perturbé les enfants. L'un des jumeaux fait alors de gros accès de fièvre avant chaque visite de Jean-Louis et Magalie.
Jessica Cohu complète son portrait du couple en rapportant qu'elle a remarqué à plusieurs reprises des traces de coups sur le visage de Magalie. Elle se souvient que son ex-mari lui avait dit qu'il «était tombé sur des films pornographiques» chez Jean-Louis et Magalie, ce qui l'amène à évoquer cette autre scène: «Une fois on est allés chez eux. Magalie était en train de branler son chien. J'ai dit à Franck que j'appréciais pas ça».
Invité par le président Eric maréchal à répondre à tout ce qui avait été dit à son sujet, Jean-Louis C. s'emporte. A propos de l'incident avec la poussette, il lâche: «Il s'est rien passé. Quand je suis en fête foraine, je tape pas mes enfants». Magalie dément sèchement ce qui a été dit par Jessica Cohu d'une seule phrase: «Elle est folle, c'est tout».
Auparavant, la cour s'était intéressée au contexte familial et social de plusieurs autres familles dont les parents sont accusés et les parents victimes. En fin de journée, les jurés devaient entendre le témoignage du compagnon de cellule d'Eric J., le premier accusé interpellé par les enquêteurs lorsqu'ils ont découvert le réseau présumé.
Vendredi, les intervenants sociaux et les proches d'accusés se relaieront une nouvelle fois à la barre. AP
Le Nouvel Observateur 1999/2000
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TOULOUSE, 7 avr 2005 (AFP)
Alègre: un homme mis en examen pour le meurtre de Hadja Benyoucef
Un homme de 57 ans a été arrêté jeudi matin et mis en examen pour "homicide volontaire" dans la nouvelle enquête sur le meurtre de Hadja Benyoucef, une jeune femme de 26 ans trouvée dans son appartement de Toulouse en 1987, a-t-on appris de sources concordantes. Le suspect, une connaissance de la victime, a été mis en examen pour "homicide volontaire" jeudi après-midi, a confirmé à l'AFP le procureur de la République de Toulouse Paul Michel. Il a été écroué provisoirement dans l'attente du débat contradictoire qui se déroulera lundi devant le juge des libertés et de la détention, a précisé M. Michel. Selon une source proche du dossier, ce suspect était un proche de Hadja Benyoucef et de son mari. Il avait déjà été inquiété dans cette affaire et mis en examen pour "homicide volontaire" en 1991 avant qu'un non-lieu ne soit prononcé en 1994. Hadja Benyoucef, une mère de famille de 26 ans, avait été trouvée morte dans son appartement le 30 novembre 1987. Elle avait une couche culotte pliée dans la bouche et une corde à rideaux nouée autour de son cou, traversé par un couteau de cuisine qui avait tranché la carotide. Le médecin légiste Danièle Alengrin avait alors retenu l'hypothèse d'un "raptus suicidaire" consécutif à une ancienne lésion due à un traumatisme crânien en 1981 et sur cette base, l'enquête policière avait été bouclée en quelques jours. Durant les 17 ans de procédure, le dossier avait été rouvert une première fois pour aboutir au non-lieu de 1994 puis de nouvelles investigations avaient été décidées en 2002, dans le cadre du travail des gendarmes de la cellule Homicide 31, chargés d'enquêter sur le parcours criminel du tueur en série Patrice Alègre. Le 14 mars dernier, les résultats d'une nouvelle autopsie, ordonnée par les juges d'instruction Serge Lemoine et Fabrice Rives, avaient écarté la thèse du suicide, établissant qu'il s'agissait "manifestement d'un crime", selon Me Pierre Dunac, avocat de la famille Benyoucef.
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PROCES D'ANGERS
Les services sociaux
s'estiment "manipulés"
La cour s'est intéressée jeudi à l'environnement social d'une des familles d'accusés avec les témoignages des intervenants sociaux.
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Michael Jackson se débat contre d'autres accusations de pédophilie
Presse Canadienne | Le 7 avril 2005 - 10:38
Michael Jackson redoutait jeudi de nouveaux témoignages accablants après un début de semaine particulièrement rude, où il est apparu obsédé par les petits garçons, partageant son lit et sa douche avec eux.
La star de "Thriller" est jugée pour des attouchements présumés sur un adolescent entre février et mars 2003. Mais depuis lundi, les jurés de Santa Maria (Californie) entendent des témoins faisant état d'attouchements sur cinq autres garçons, une loi californienne permettant de présenter d'anciennes accusations pour mettre en lumière l'éventuel comportement récidiviste d'un accusé.
L'un de ces garçons, aujourd'hui âgé de 24 ans, a évoqué de façon poignante les abus sexuels qu'il dit avoir subi à la fin des années 1980, quand il avait entre 7 et 10 ans. Et sa mère, une femme de ménage d'origine salvadorienne ayant travaillé chez la star, a raconté avoir surpris Jackson dans la douche avec un petit garçon, qu'elle a vu également deux fois installé dans son lit.
En tout, le procureur Tom Sneddon doit présenter neuf témoins dans le cadre de ces accusations anciennes.
Le principal avocat de la star, Tom Mesereau, tente de s'attaquer à leur crédibilité, sans grand succès jusqu'à présent. Il a également insisté sur l'image que Jackson aime donner de lui-même, à savoir celle d'un enfant emprisonné dans le corps d'un homme de 46 ans.
Le chanteur qui a surnommé son ranch californien Neverland en hommage à Peter Pan, le petit garçon qui refusait de grandir, explique souvent sa nostalgie de l'enfance par le fait qu'il a passé la sienne sur scène, travaillant dur pour assurer le succès du groupe formé avec ses frères, The Jackson Five.
Mais l'avocat surdoué a eu bien du mal à effacer l'effet saisissant du récit du jeune homme lundi, qui avait ravalé ses larmes et demandé quelques instants pour se ressaisir avant de détailler trois situations cours desquelles le chanteur aurait fait dégénerer une partie innocente de chatouilles en attouchements.
Ce témoignage, "très convaincant, a été désastreux pour la défense", avait estimé le juriste Jim Moret. Le tableau s'est encore noirci pour la star, avec les déclarations de la mère du jeune homme.
Elle a dit avoir surpris Jackson avec un petit Australien de sept ou huit ans, autour de 1989. "J'ai vu des vêtements par terre, près de la douche (...) leurs sous-vêtements", a-t-elle dit. A travers la vitre embuée, elle a aperçu deux silhouttes. "Ils riaient, on aurait dit qu'ils jouaient", a-t-elle indiqué.
Elle a précisé n'avoir jamais surpris de geste déplacé de la star envers ses invités mineurs, mais a indiqué que des enfants dormaient fréquemment dans sa chambre à Neverland, notamment Macaulay Culkin, star de "Maman, j'ai raté l'avion". Il y avait souvent des "vêtements d'enfants au sol" et rien ne laissait penser qu'ils aient dormi ailleurs, a-t-elle indiqué.
L'ex-femme de ménage et son fils avaient obtenu plus de deux millions de dollars auprès de Michael Jackson en 1994, pour faire taire leurs accusations.
Parmi les témoignages attendus, le jury doit entendre la mère d'un garçon de 13 ans qui avait accusé Jackson d'abus sexuels en 1993. L'affaire, qui avait fait grand bruit, a été étouffée lorsque le chanteur a versé plus de 20 millions de dollars à cette famille.
Mercredi, l'absence d'audience pour des raison administratives a permis à Michael Jackson d'assister aux obsèques d'un de ses anciens avocats, le légendaire Johnny Cochran, qui a réuni une grande partie du gratin noir américain à Los Angeles.
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Une juge sur la piste des «notables»
L'hypothèse, non confirmée, fait l'objet d'une enquête disjointe.
Par Pierre-Henri ALLAIN
mercredi 06 avril 2005
ès les premières révélations en 2002 sur l'existence d'un réseau pédophile à Angers, les supputations sont allées bon train. Elus, médecins, journalistes et même un juge pour enfants, peu de professions ont échappé au soupçon d'y avoir participé et d'en avoir, en coulisses, tiré les ficelles. Mais, hormis un modeste secrétaire de rédaction, aucune identification n'a confirmé la réalité d'un cercle de «notables» impliqués dans ce réseau circonscrit aux milieux les plus déshérités de la ville.
L'hypothèse n'en est pas moins prise très au sérieux par la juge d'instruction Virginie Parent. Procédure rare, l'enquête sur cet aspect de l'affaire a été disjointe des faits jugés actuellement et se poursuit. L'une des principales pistes réside dans l'exploitation des nombreuses communications téléphoniques passées du domicile de Franck et Patricia V., un des lieux de rendez-vous où étaient organisés la prostitution et le viol d'enfants. Malgré le faible niveau intellectuel du couple (Franck V. est quasiment illettré), celui-ci aurait été en relation, plusieurs fois par semaine, avec des interlocuteurs situés à Montpellier, Lille ou la région parisienne. «Ils avaient des contacts habituels avec beaucoup de monde réparti sur toute la France, souligne Pascal Rouiller, avocat de Franck V. Et ces appels se sont multipliés à mesure que le réseau devenait important.»
Les sommes perçues par le couple (jusqu'à 4 000 francs par semaine) laissent aussi perplexes les enquêteurs, compte tenu des faibles revenus des accusés, vivant pour la plupart du RMI ou d'allocations pour handicapés. Autre élément : la description, par des accusés, d'une jeune femme au look sadomaso, de «messieurs en costard-cravate» et de personnes «cagoulées».
Reste la question des photographies et films réalisés lors de scènes pédophiles. De nombreux témoignages d'accusés et de jeunes victimes en font état. Mais ils sont restés introuvables. Alors que l'enquête commençait à provoquer des remous à Angers, ils auraient été brûlés dans des jardins ouvriers. L'exploitation éventuelle de photos et de films sur des sites Internet fait partie des investigations. La juge d'instruction doit déposer à la barre le 16 juin.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=287606
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Angers: portrait accablant du couple V. dessiné par des proches --par Stéphanie Lacaze--
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AP | 06.04.05 | 19:52
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ANGERS (AP) -- Dans le procès de pédophilie d'Angers, la cour d'assises du Maine-et-Loire a entendu mercredi plusieurs témoins qui ont apporté des éléments accablants pour le couple V.
Anita L., épouse de Bernard L., l'un des accusés, a semble-t-il bien connu les faits. Cette femme boulotte de 35 ans apparaît comme quelqu'un de simple. Elle a un fort accent et mange ses mots, ce qui contraint le président à répéter ses déclarations plusieurs fois.
Mère de deux enfants, son autorité parentale lui a été retirée à la suite d'une première condamnation de son mari pour attouchements sur ses enfants en 1996.
Le dossier indique qu'Anita et son mari ont dormi chez les V. un soir. «Ils vous ont proposé de faire l'amour avec eux», indique le président, ce qu'elle dément aussitôt: «Ah non! Le cul, ça ne me regarde pas».
Me Pascal Rouiller, l'avocat notamment de Franck V. et de plusieurs autres accusés, revient sur cette soirée en s'appuyant sur la déposition d'Anita devant les policiers: «Vous avez dit qu'ils (les V.) avaient fait l'amour avec un bébé dans la chambre. A l'époque, vous l'aviez juré sur la tête de votre fille». «Oui», répond-elle. L'avocat poursuit: «Ce bébé, c'est la dernière des V. Elle est née fin décembre 2001».
Lors d'une suspension d'audience, l'avocat a précisé ce qu'il a voulu démontrer à ce moment là: les policiers «n'étaient pas inquiets à l'époque (début 2002) car les enfants V. étaient placés. mais la dernière est née plus tard et la justice a laissé cet enfant aux parents qui étaient déjà mis en examen. Pourquoi a-t-on laissé un enfant dans ce contexte là?».
Depuis le début du procès, l'avocat est convaincu que les institutions policières, judiciaires et sociales ont failli.
Sylvie B., la compagne de Jérôme R., l'un des accusés, qui est également le demi-frère de Franck V., a vécu durant un mois et demi chez les V. Son témoignage est venu noircir un peu plus l'image du couple.
Elle se souvient notamment d'un épisode qui l'a marquée. Un jour, alors qu'elle vivait chez les V., elle a lavé la petite Marine. «Elle ne voulait pas que je la touche en bas», explique Sylvie. Intriguée, elle en a demandé la raison à sa belle-soeur Patricia qui lui a expliqué que son père, le grand-père de Marine, avait été condamné pour des attouchements sur l'enfant.
Elle poursuit avec une autre anecdote: «Une fois, la petite a fouillé dans mon sac à main. Quand il l'a su, Franck a réveillé la petite et lui a mis une bonne claque». Il était 4h30 du matin.
Josèphe Thibault, l'enseignante de Marine de septembre 2000 à juin 2001, évoque à son tour les difficultés de la petite fille: «Elle arrivait fatiguée à l'école, la bouche sale, les cheveux en désordre».
L'institutrice explique qu'elle a convoqué à plusieurs reprises les parents V. Quand elle leur a demandé pourquoi leur fille était fatiguée en permanence, ils ont répondu: «Elle a la télé dans sa chambre parce que son grand-père lui a offert, et avec sa soeur, elle se lève pour aller la regarder la nuit».
Me Rouiller lui demande ensuite si elle a remarqué des traces de coups ou de maltraitance. Elle craque, pleure: «Je me rends compte que je suis passée à coté de quelque chose».
En fin d'après-midi, la cour d'assises devait notamment entendre l'assistante sociale qui suivait la famille V., une éducatrice et une puéricultrice. AP
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Procès de pédophilie: premier témoignage d'un enquêteur devant les assises du Maine-et-Loire
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AP | 05.04.05 | 17:25
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ANGERS (AP) -- La cour d'assises du Maine-et-Loire a entendu mardi après-midi Philippe Perez -officier de police judiciaire affecté à la brigade des mineurs entre septembre 2001 et avril 2004-dans le cadre du procès de pédophilie d'Angers.
Le brigadier, qui a participé à une grande partie de l'enquête, a rappelé que 91 personnes au total avaient été placées en garde à vue dans ce dossier et que 45 enfants victimes avaient été recensés.
Philippe Perez a procédé lui-même à plusieurs auditions d'enfants. Il s'est dit très marqué, notamment par le témoignage du petit Boris, victime de sodomie à plusieurs reprises. Il a évoqué «la souffrance et le calvaire» enduré par les enfants.
Une avocate de plusieurs enfants lui a alors demandé si cette affaire avait «laissé des traces». «Oui, c'est pour cela que j'ai refusé de poursuivre les auditions. J'ai été touché psychologiquement», a répondu Philippe Perez en expliquant qu'il avait demandé à quitter la brigade des mineurs dès le mois d'avril 2004, après la remise de la commission rogatoire au juge d'instruction.
Le brigadier a détaillé devant la cour les conditions dans lesquelles se déroulaient les auditions des enfants. «Je mettais en confiance l'enfant, nous avions une salle de jeux».
Les auditions ont été intégralement filmées par le biais d'une webcam puis enregistrées sur un ordinateur. Comme l'a expliqué Philippe Perez, lors de ces auditions, «un silence pouvait être aussi révélateur que des mots».
A la question d'un avocat qui lui demandait si la parole des enfants était primordiale dans ce dossier, Philippe Perez a expliqué que leur parole était «importante mais pas primordiale» car les faits ont été confirmés.
Interrogé sur la présence de preuves matérielles, il a déclaré: «mon sentiment, c'est que des films et des photos ont existé». Et de préciser qu'il avait visionné des centaines de films pédophiles pour les besoins de cette enquête.
«On a découvert un film chez Thierry L., une femme déshabillait un homme et lui faisait une fellation devant des enfants. On voyait également la petite Lucie avec un objet dans la bouche qui ressemblait à un pénis», a-t-il dit. AP
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COOPERATION EUROPENNE
Vers une mise en réseau
des casiers judiciaires
Avant fin 2005, la France, l'Allemagne, l'Espagne et la Belgique vont mettre en réseau leurs casiers judiciaires nationaux, afin d'améliorer la lutte contre la délinquance et la criminalité.
![]() Dominique Perben (Sipa) |
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Angers: des policiers choqués devant la cour d'assises --par Stéphanie Lacaze--
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AP | 05.04.05 | 20:14
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ANGERS (AP) -- Au procès de pédophilie d'Angers, l'audience de mardi devant la cour d'assises de Maine-et-Loire a été marquée par les témoignages plus émouvants que protocolaires des enquêteurs à la barre.
Fabienne Lopéo, commandant de police qui a dirigé la brigade des mineurs du commissariat d'Angers de septembre 1993 à mars 2004, s'est exprimé après deux de ses enquêteurs.
Elle est arrivée à la barre lentement et a pris la parole d'une voix tremblotante. Mme Lopéo a d'abord tenu à exprimer «une pensée pour tous les enfants victimes». «Nous avons entendu ces enfants avec le plus de neutralité possible, mais il a été très dur de rester stoïque».
Auparavant, Catherine Mercier, gardien de la paix affecté à la brigade des mineurs de septembre 1999 à juin 2004, s'est présentée à la barre visiblement très émue. Elle a demandé à boire et a dit d'emblée à la cour: «cette affaire m'a perturbée pas mal».
Très affectée tout au long de sa déposition, Mme Mercier reconnaît qu'elle s'est attachée aux enfants au cours de leurs auditions. «Les enfants qui m'ont marqué le plus, c'est Marine et aussi les deux petites Juliette et Clarisse. Ce qui fait très mal, c'est que j'avais l'impression qu'elles me prenaient pour leur deuxième maman».
Un silence, puis quelques larmes. Elle poursuit alors: «le petit Vivien, je l'ai accompagné jusqu'à la voiture après son audition. Il me disait: 'tu vas pas me lâcher, toi, tu vas m'aider'. Sa petite soeur pleurait».
Là, Catherine Mercier s'effondre. «Quand on est policier, on a une carapace, quelquefois la carapace tombe».
Interrogé lors d'une suspension d'audience, Me Meriem Baba-Roncière, l'avocat de certains enfants victimes, a fait par de son étonnement: «on est rompu à la cour d'assises, mais c'est la première fois que je vois un enquêteur exprimer son émotion à l'audience».
Un autre enquêteur, Philippe Perez, entendu le premier par la cour, a également reconnu qu'il avait été très marqué par cette affaire.
Les trois enquêteurs entendus mardi par la cour d'assises ont tous demandé à quitter la brigade des mineurs à la fin de l'enquête. Ils se sont dits tous les trois incapables de poursuivre leur travail dans le deuxième volet de l'instruction encore en cours.
Fabienne Lopéo, qui a dirigé l'enquête, a longuement détaillé devant la cour le déroulement des investigations. Son témoignage a permis aux jurés de mieux comprendre comment le dépôt de plainte d'une jeune fille en novembre 2000 avait permis de remonter tout le réseau de trafic d'enfants formé par les familles J., R., et V.
Me Pascal Rouiller, l'avocat de plusieurs des principaux accusés, convaincu qu'il y a eu des défaillances de l'institution policière et judiciaire, a réaffirmé qu'il y a selon lui «des éléments qui permettent de penser qu'on savait avant février 2002 que des gens à tendance pédophile étaient dans la nature».
Me Rouiller a cependant convenu que les enquêteurs étaient certainement surchargés de travail et qu'ils avaient peut-être des difficultés de moyens. Ce qu'a confirmé Fabienne Lopéo en expliquant que, pendant l'été 2001, alors que son service avait recensé deux enfants victimes, il manquait des éléments pour «étoffer le dossier. Nous avions beaucoup de travail, c'était les vacances», a-t-elle reconnu
Mercredi, la cour commencera à entendre les intervenants sociaux, car la plupart des accusés étaient connus et suivis par les services sociaux du département. AP
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La voisine n'avait pas tort. Eric J., l'un des principaux accusés du procès de prostitution enfantine d'Angers, est soupçonné d'avoir fait subir des atteintes sexuelles à 40 enfants, dont les siens, entre 1999 et 2002. Il était pourtant sous contrôle judiciaire depuis sa sortie de prison, en 1999, et a été mis en cause dans 15 procédures entre 1993 et 2003.
Le dossier d'instruction montre que la justice n'a pas su intervenir à temps. Malgré les alarmes, arrivées pendant trois ans jusqu'au bureau du parquet des mineurs, Eric J. n'a pas été inquiété avant son placement en garde à vue, le 25 février 2002, lorsqu'a été découvert le gigantesque réseau pédophile. Comme le souligne L'Express paru le 4 avril, la justice savait depuis huit mois qu'il avait demandé des enfants pour "faire des trucs avec eux". Il l'a fait. Avec presque tous ceux qu'il a croisés ces trois années-là.
Eric J. est placé en mars 1999 sous contrôle judiciaire. Il doit prévenir de ses changements d'adresse ; consulter un psychiatre et indemniser les victimes. Sous le contrôle du juge d'application des peines, qui peut révoquer son sursis et le renvoyer en prison pour un an s'il n'observe pas ces obligations. Il les respecte assez mollement.
Le 8 mars 2001, les services sociaux écrivent nettement au procureur qu'Eric J. "ne respecte pas les exigences judiciaires définies dans le cadre de sa liberté conditionnelle". Le 30 mars, la juge des enfants indique au parquet que "J. a reconnu ne plus être allé voir son psychiatre depuis un temps certain" et "le laisse apprécier la suite à donner".
En mai, le condamné part pour Nantes sans prévenir personne. "Nous sommes à nouveau devant le fait accompli, s'agace la magistrate le 7 juin 2001, et elle envisage une révocation du sursis. Sa fuite a pour conséquence un nouvel échec des soins que je lui avais demandés." Elle se contente finalement de transmettre le dossier en septembre à Nantes, où le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) le reçoit le 21 novembre.
"En l'absence totale de directives particulières de la part des magistrats, explique le SPIP de Nantes, nous n'avons pas utilisé la procédure usuelle d'attribution d'urgence." Le dossier est confié en décembre à une assistante sociale en grève, qui ne l'ouvre qu'à la mi-janvier 2002.
En octobre 1999, il part s'installer avec Marie-Laure T., qui a déjà quatre enfants. Deux d'entre eux (et une petite voisine) ont subi des attouchements du père, le troisième des violences. Il ne reste que la petite Aurélia à la maison, aussitôt placée, le 3 décembre 1999, par le juge des enfants qui estime qu'avec la présence d'Eric J., la petite de 18 mois se trouve "dans une situation de danger imminente".
Eric et Marie-Laure ont deux enfants, et d'octobre à décembre 2000, Eric J. héberge un de ses frères, Jean-Marc, qui sort de prison après huit ans, pour viol sur mineurs.
En garde à vue, le 25 juillet 2001, Franck V. avoue des attouchements sur Mélissa. Et parle "des soirées" chez lui. "Il y avait Eric J. et un autre copain, Philippe R. Nous étions un peu chauds." Eric lui a dit "qu'il allait s'amuser avec les petites". Il est allé dans la chambre de Marine et de sa petite soeur, et s'est masturbé devant elles en tripotant une autre gamine, Emma. "Quand il a eu fini, il est revenu dans le salon, a raconté Franck V. Puis il a regardé la télé avec ma femme et moi." Sa femme Patricia confirme. Il avoue enfin : "Eric J. m'avait demandé de lui amener des enfants pour qu'il puisse faire des trucs avec eux. Il m'a demandé ça avant Emma." Philippe R., déjà en prison pour d'autres délits sexuels sur mineurs, est placé en garde à vue le 28 août 2001. Eric J., lui, n'est même pas entendu.
Les enquêteurs entendent l'entourage jusqu'en janvier 2001. Puis plus rien. L'enquête reprend treize mois plus tard, quand les aveux de Patricia V. font éclater le réseau. Alors seulement Didier et Eric J. sont placés en garde à vue, le 25 février 2002.
La police l'informait, le 6 février, que "l'interpellation était prévue pour le 25 février". Le soir même, le 6 février 2002, Eric J., selon sa compagne, passait la nuit dans la chambre de sa fille Agathe, 2 ans, et se masturbait devant elle.
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