ACTUALITE SUR LES SECTES - MAI 2005

Actualités sur les sectes en mai 2005.

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   Canada : Témoins de Jéhovah
  Une jeune témoin de Jéhova sera soignée en Colombie-Britannique

  Radio Canada , 3 mai 2005

  [Texte intégral]

  La Cour supérieure de l'Ontario ordonne à une témoin de Jéhovah, qui
refuse de subir une transfusion sanguine, de retourner chez elle, en
Colombie-Britannique.

  Pour des raisons religieuses, l'adolescente refuse de recevoir une
transfusion sanguine.

  L'adolescente de 14 ans, qui a subi l'ablation d'une tumeur cancéreuse à
la jambe, est venue à Toronto parce qu'un jugement émis dans sa province
l'obligeait à recevoir une transfusion, si nécessaire, en dépit de ses
croyances religieuses.

  La jeune fille demandait à la Cour supérieure de l'Ontario de casser
l'ordonnance émise par les tribunaux de Colombie-Britannique.

  L'adolescente a affirmé être venue en Ontario non pas pour fuir la
justice, mais pour consulter les médecins de l'hôpital pour enfants malades
de Toronto. Elle souhaitait également recevoir des traitements dans une
clinique new-yorkaise, où elle n'aurait pas reçu de transfusion sanguine.

  Le juge a plutôt cru la version des faits présentée par les services à
l'enfance de la Colombie-Britannique, qui ont affirmé que l'adolescente a
simplement cherché à ne pas respecter le jugement rendu dans sa province.

  Le magistrat croit que le temps presse, puisque les traitements de
chimiothérapie de la jeune fille devaient commencer aujourd'hui. Il ajoute
que si la jeune fille veut en appeler du jugement rendu en
Colombie-Britannique, elle doit le faire là-bas et non en Ontario.

  L'adolescente a été escortée par des policiers jusqu'à l'hôpital pour
enfants malades de Toronto, où elle sera examinée pour déterminer si elle
peut rentrer chez elle.

  Son avocat dit que la famille va coopérer avec la justice, mais il ne
rejette pas la possibilité de déposer un appel en Ontario ou en
Colombie-Britannique.

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   France : Sectes
  Lang de pub

  Le Canard enchaîné , 4 mai 2005

  [Texte intégral

  Comme nombre d'élus et de responsables politiques, Jack Lang est un homme
débordé. La défense de la pêche, à Boulogne-sur-Mer, le oui par-ci, la
culture par-là... A force de vouloir toucher à tout, l'éléphant du PS a fini
par casser un peu de porcelaine...

  Oh, rien d'irréparable. Juste un dérapage forcé dont ce laïque à tout crin
se serait volontiers passé. En acceptant d'être bombardé membre du pompeux
  " comité d'éthique Maxi-Livres ", Jack s'est embarqué dans une galère.

  Le 22 mars, ledit comité a en effet décerné son tout premier " Grand Prix
Maxi-Livres ", à la collection " Atlas historique (des religions, de
l'islam, des croisades) ". Stratégie de marketing : " L'Atlas historique des
religions " est vanté par des marque-page et présentoirs affublés d'une
photo de Lang, avec ce commentaire de l'ancien ministre de la Culture : "
Une vision claire des grandes religions de ce monde. " Sauf que... Parmi les
" grandes religions " répertoriées dans ce bouquin figurent d'aimables
assemblées tels l'Eglise de Scientologie, les Témoins de Jéhovah ou encore
la très pudiquement nommée Eglise moonique (plus connue sous le nom de secte
Moon).

  Interrogé par " Le Canard ", Jack Lang, bien embêté, a reconnu qu'il
n'avait " pas lu ce livre " et qu'il ne " cautionne évidemment pas un tel
  ouvrage ".

  Histoire de recoller les morceaux, il a joint la direction de Maxi-livres
pour faire retirer le premier prix à ce livre , explique son assistant. " Il
l'a également priée de mettre au pilon tout matériel de marketing "
mentionnant son malheureux commentaire.

  Le tout sur un ton pète-secte.

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   France : Témoins de Jéhovah
  Les nouveaux invités de Chirac

  Nouvel Obs , 5 mai 2005

  [Texte intégral]

  Pour la première fois les témoins de Jéhovah ont participé à une cérémonie
officielle. Pour la journée nationale du souvenir des victimes et héros de
la déportation, l'Elysée avait convié Jean-Claude Pons, le porte-parole de
leur consistoire. Déportés par les nazis, les Témoins de Jéhovah sont
repertoriés comme un mouvement aux pratiques sectaires par la Mission
Interministérielle de lutte contre les sectes.

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   Chine : Falungong
  Acquittement de membres du Falungong à Hong Kong

  AFP, 5 mai 2005

  [Texte intégral]

  HONG KONG - La cour suprême de Hong Kong a acquitté jeudi huit membres de
la secte Falungong qui avaient manifesté sur la voie publique, mettant fin à
une bataille en justice qui avait pris valeur de test de la liberté de
parole dans le territoire repassé sous souveraineté chinoise.

  La Cour d'appel final a annulé une condamnation précédente à des amendes
des adeptes de la secte interdite en Chine continentale pour obstruction et
violences aux forces de l'ordre lors d'un rassemblement il y a trois ans
contre la répression du mouvement sur le continent.

  Le tribunal a estimé que la police n'avait pas eu de raison d'arrêter les
manifestants et que le droit de protester était garanti par la constitution
adopté lors de la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

  "C'est un bon jugement non seulement pour Falungong mais il signifie aussi
que la police ne peut pas embarquer des gens s'ils font obstruction lors
d'une manifestation pacifique", a dit l'avocat des acquittés, John Clancey.

  La manifestation qui s'était déroulée en 2002 devant la représentation du
gouvernement chinois était devenu un symbole des dangers pesant sur les
libertés à Hong Kong, les militants des droits de l'homme ayant accusé la
police d'être intervenue à la demande des responsables de la mission
chinoise.

  L'incident s'était produit alors que la Chine était soupçonnée de faire
pression sur le gouvernement hongkongais pour qu'il réprime la secte
interdite sur le continent mais toujours légale dans l'ex colonie
britannique.

  Huit autres manifestants également condamnés à l'origine à des amendes
avaient déjà été acquittés en novembre dernier en appel.

  La manifestation était pacifique mais des participants -- dont un
Néo-Zélandais et trois Suisses -- avaient brandi des banderoles qualifiant
le président chinois de l'époque, Jiang Zemin, de "tueur" et autres
accusations violentes contre le gouvernement chinois.

  Me Clancey a estimé que le jugement garantissait le droit des gens de
critiquer leurs dirigeants. "Même si des gens disent des choses très
impopulaires, ils en ont le droit", a-t-il dit.

  La porte-parole de la secte à Hong Kong, Sophie Xiao, a déclaré que le
mouvement continuerait à protester contre la répression de ses membres en
Chine.

  Le Falungong qui avait revendiqué un temps des millions de membres en
Chine a été interdit en 1999 et soumis à une forte répression. Le groupe
affirme avoir eu 1.600 de ses membres torturés ou battus en Chine
continentale.

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   France : Actualités diverses
  Avec l'ayahuasca, le gouvernement hallucine

  Libération, 6 mai 2005 par Arnaud Aubron

  [Texte intégral]

  Depuis la parution d'un arrêté ad hoc mardi au Journal officiel, cette
liane d'Amérique latine est devenue un stupéfiant . Les autorités n'avaient
pas réussi à la faire interdire par les tribunaux .

  L'affaire n'aura pas traîné. En janvier, la cour d'appel de Paris avait
estimé que l'ayahuasca, liane originaire d'Amérique latine aux effets
hallucinogènes utilisée en décoction par des guérisseurs, n'était pas
interdite par la loi française et que ses adeptes pouvaient donc en importer
et en consommer en toute légalité, contrairement à l'avis de la police et du
parquet. Loin de s'avouer vaincues, les autorités ont donc décidé fin avril
de modifier la loi sur les stupéfiants afin d'y inclure l'ayahusca en raison
de ses «effets psychoactifs et d'un potentiel d'abus avéré». Depuis mardi,
date de publication de l'arrêté au «Journal officiel», il est donc interdit
de consommer en France toute préparation contenant de l'ayahuasca.

  L'histoire commence en 1999. La mère d'un adepte français du Santo Daime,
groupe christiano-chamanique d'origine brésilienne qui utilise l'ayahuasca
en guise de sacrement, décide de porter plainte contre ce qu'elle considère
comme une secte dangereuse. Une occasion rêvée pour les autorités, qui
voient d'un mauvais oil le développement en France de petits groupes
d'adeptes de l'ayahusca surfant sur la mode du chamanisme. En novembre 1999,
les six dirigeants français du Santo Daime sont arrêtés. Et mis en examen
pour «trafic de stupéfiants». La police fait le raisonnement suivant :
l'ayahuasca contient, naturellement, de la DMT ; la DMT et toute
«préparation à base de DMT» étant interdits en France, l'ayahusca le serait
de facto. CQFD.

  Ratatouille et nicotine

  Pourtant, «dire que l'ayahuasca est une préparation à base de DMT serait
comme dire que la ratatouille est une préparation à base de nicotine sous
prétexte que la nicotine est présente à l'état de trace dans les poivrons,
les aubergines et la tomate.», rétorque Yann Bisiou, professeur de droit à
l'université de Montpellier et membre du conseil scientifique de la Mission
interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies (Mildt). En
novembre 2003, le tribunal donne tout de même raison à la police et au
parquet et condamne les accusés à des peines de quatre à dix mois de prison
avec sursis.

  L'affaire paraît entendue, mais les daimistes, qui s'estiment atteints
dans leur liberté de religion, font appel de la décision. Et l'emportent. Le
13 janvier, la cour d'appel de Paris estime en effet que la présence
naturelle de DMT dans l'ayahuasca n'en fait pas une «préparation à base de
DMT» et ne suffit donc pas à l'interdire («Libération» du 14 janvier 2005).
Les daimistes jubilent. D'autant que la cour ordonne aux autorités de
restituer l'ayahuasca saisi lors des perquisitions de 1999.

  «D'autres critères que l'objectivité scientifique»

  Leur bonheur aura donc été de courte durée : envisagée depuis quelques
années déjà, l'interdiction définitive de l'ayahuasca est entrée en vigueur
mardi. Pour Annick Darley et Frédérick Bois-Mariage, qui rédigent
actuellement une thèse sur l'ayahuasca, «tout chercheur connaissant bien la
littérature scientifique sur l'ayahuasca, ses composants et ayant une
expérience de terrain ne peut que conclure qu'il s'agit d'une décision
fondée sur d'autres critères que l'objectivité scientifique et obéissant à
des mobiles autres que la protection de la santé publique».

  Certains devraient pourtant fort bien se satisfaire de cette interdiction
: les organisateurs de voyages d'initiation à l'ayahuasca dans la forêt
amazonienne, qui pourraient voir là une occasion de développer un business
d'ores et déjà florissant.

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   Belgique : Sectes
  Lutter contre les manipulations mentales

  La Libre Belgique , 6 mai 2005

  [Texte intégra]

  Les sénateurs VLD Jeannine Leduc et Luc Willems ont déposé une proposition
de loi visant à lutter contre les manipulations mentales qu'exercent
certaines sectes, répondant ainsi à une demande de la Commission d'enquête
parlementaire sur les sectes demandant de doter les autorités judiciaires
d'un instrument législatif leur permettant de lutter contre les
manipulations mentales.

  Les deux sénateurs affirment que l'on assiste dans notre pays à un nouvel
engouement pour les mouvements sectaires. A titre d'exemple, ils citent la
communauté Alphamega à Lomel, l'Opus Dei, l'église de Scientologie, les
Eglises protestantes des baptistes et évangélistes ainsi que Le Cercle des
amis de Bruno Gröning.

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   France : Religions
  Benoît XVI inspire peu d'espoir aux victimes du chef de la Légion du
Christ

  AFP, 6 mai 2005

  [Texte intégra]

  Les victimes présumées d'agressions pédophiles du fondateur des
Légionnaires du Christ, le Mexicain Marcial Maciel, protégé de Jean Paul II,
ont peu d'espoir de voir Benoît XVI leur rendre justice et affirment que le
cardinal Joseph Ratzinger a longtemps étouffé l'affaire.

  Le père mexicain Alberto Athié est devenu le porte-drapeau des
plaignants -huit anciens membres de la congrégation ultraconservatrice- et
dit avoir alerté en 1999 le cardinal Ratzinger, alors préfet de la puissante
Congrégation pour la doctrine de la foi.

  "L'évêque (mexicain) Carlos Talavera a remis personnellement ma lettre à
Ratzinger", a affirmé à l'AFP Alberto Athié. Une lettre relatant des
témoignages contre Marcial Maciel, notamment les confessions de Juan Manuel
Fernandez Amenabar, recueillies par M. Athié peu avant sa mort, en 1995.

  D'après Alberto Athié, Joseph Ratzinger a répondu à Carlos Talavera, après
avoir lu la lettre, qu'il s'agissait d'un "cas délicat qui ne pouvait pas
être traité car Marcial Maciel était un bon ami de Jean Paul II, qu'il avait
apporté à l'Eglise de nombreuses vocations et des biens".

  Alberto Athié dit avoir ensuite été victime de pressions de la part des
autorités ecclésiastiques qui l'ont contraint à renoncer à son sacerdoce.

  Le dossier a cependant été rouvert fin 2004 et un enquêteur du Vatican a
été mandaté au Mexique, où vivent les accusateurs de Maciel.

  "L'important c'est de voir ce que va faire Ratzinger avec le résultat de
l'enquête", relève une des victimes, José Barba, qui se dit "sceptique"
quant à une action du Vatican et redoute un "simulacre de justice".

  José Barba, aujourd'hui professeur de l'Institut technologique de Mexico,
victime d'abus sexuels à l'âge de 10 ans, a confié à l'AFP qu' "environ 200"
autres séminaristes ont été traumatisés par des abus sexuels subis lors de
leur passage dans la Légion.

  Marcial Maciel, 85 ans, est accusé d'avoir sodomisé ou masturbé huit
jeunes séminaristes entre 1940 et 1960. Il a renoncé fin 2004 à la direction
de la Légion sous la pression du Vatican, soucieux d'éviter que l'affaire
nuise à l'image des Légionnaires du Christ, selon les experts.

  Le fondateur des Légionnaires du Christ récuse toute les accusations.

  Jusqu'ici, les procès canoniques ouverts au Mexique et à Rome sur les
plaintes déposées par d'anciens séminaristes n'ont connu aucune suite .

  Questionnés sur la raison de la réouverture de l'enquête fin 2004, décidée
par Ratzinger, Alberto Athié et José Barba s'accordent à penser que le
cardinal, se sachant papabili, ne voulait pas que l'Eglise puisse être
accusée d'avoir ignoré des accusations contre un personnage de l'Eglise, à
qui il avait publiquement rendu hommage en 2001.

  "On nous faisait croire qu'en donnant notre vie à dieu, notre corps et
notre âme ne nous appartenait plus", raconte José Barba.

  "Le plus important c'est qu'on rende un hommage aux plaignants qui ont été
dénigrés de diverses manières", insiste Alberto Athié.

  Les plaignants expliquent leurs accusations tardives -1997 pour les
premières- par la difficulté de rompre le silence, règle d'or des
légionnaires.

  Fondée en 1941 au Mexique, La Légion du Christ est aujourd'hui établie
dans 20 pays, revendique 500 prêtres (Légionnaires), 2.500 séminaristes,
65.000 membres et gère 12 universités.

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   Canada : Témoins de Jéhovah
  Refus de transfusion, suite .....

  CanadaCOM NEWS , 7 mai 2005

  [Texte intégral]

  La jeune Témoin de Jéhovah qui refuse les transfusions pourrait interjeter
appel

  VANCOUVER (PC) - La décision d'une cour de l'Ontario qui interdit à une
adolescente de la Colombie-Britannique atteinte du cancer de refuser des
transfusions sanguines en vertu de ses croyances religieuses pourrait faire
l'objet d'un appel.

  Shane Brady, l'avocat de la jeune fille de 14 ans - qui est membre de
l'organisation des Témoins de Jéhovah -, a affirmé vendredi que la famille
étudie la possibilité de loger un appel contre le jugement de la Cour
supérieure de l'Ontario qui ordonne à la patiente de retourner en
Colombie-Britannique pour y être traitée.

  La famille pourrait prendre sa décision au début de la semaine prochaine.

  Plus tôt cette semaine, un juge ontarien a affirmé qu'il ne voyait aucun
problème avec la décision d'une collègue de la Colombie-Britannique rendue
le 11 avril qui avait jugé que l'adolescente, parce qu'elle est mineure, ne
pouvait pas refuser les transfusions si les médecins les jugeaient
nécessaires.

  L'avocat Brady soutient que sa cliente, dont le nom ne peut être dévoilé,
voulait que la justice ontarienne considère la preuve de l'Hôpital pour
enfants Schneider de New York, qui a déjà traité des cancers du même genre
sans transfusions sanguines.

  Me Brady a toutefois admis que l'hôpital new-yorkais avait dit que des
transfusions pourraient quand même être nécessaires.

  Il a expliqué que la jeune fille et sa famille n'avaient pas fui leur
province, mais voulaient une seconde opinion en Ontario parce que l'Hôpital
pour enfants de la Colombie-Britannique avait dit qu'il n'avait jamais
traité de cas semblable sans transfusions.

  "Le ministère de la Santé de la C.-B. savait où ils étaient" et ce qu'ils
faisaient, a dit l'avocat.

  Jeremy Berland, un porte-parole du gouvernement de la C.-B. s'est
toutefois opposé à cette interprétation en disant que le juge ontarien avait
affirmé qu'aucune personne raisonnable ne pourrait en venir à une autre
conclusion que celle de constater qu'ils tentaient de fuir la juridiction.

  "Nous ne voulons pas voir cette fille de la C.-B. aller à New York et fuir
cette juridiction lorsqu'ils diront qu'il est temps pour des transfusions
sanguines", a dit M. Berland, en faisant remarquer que la famille avait déjà
quitté la C.-B. une fois malgré une ordonnance de la cour et des avis
médicaux.

  La jeune fille a été renvoyée en C.-B. cette semaine après la décision du
juge ontarien.

  Les Témoins de Jéhovah refusent les transfusions sanguines; ils
soutiennent que le sang est une source de vie sacrée qui ne doit pas être
utilisée à mauvais escient ou altérée sous aucune considération.

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   Suisse : Raël
  Les Africains dans la ligne de mire des raéliens

  Le Courrier , 7 mai 2005 par Christophe Koessler

  [Texte intégral]

  GENÈVE- La secte de Raël s'est offert une campagne d'affichage anonyme
dans le canton. Elle vise à inciter les «Noirs chrétiens» à se débaptiser.

  On le savait, la secte de Raël aime choquer. Depuis plusieurs jours, une
campagne d'affichage d'ampleur s'étale sur les murs de la cité de Calvin.
Les «Noirs chrétiens» sont invités à se débaptiser, avec cette invective:
«Un Noir chrétien est un traître à la mémoire de ses ancêtres.» Mais le
placard n'indique pas qu'il s'agit d'un message des raéliens. Seul le nom
d'un «auteur africain» est donné pour annoncer une conférence ce soir à
Genève. Après vérification, l'auteur en question n'est autre que l'«évêque»
des raéliens pour l'Afrique.

  La secte chercherait-elle à se dissimuler pour réunir davantage de monde
et recruter en douce des adhérents, comme elle l'a fait avec le
«café-feminité» à Lausanne (voir notre édition du 11 avril)? Le graphisme de
l'affiche porte en tout cas à confusion, avec son drapeau couleurs rasta en
arrière plan et un jeune africain emprisonné dans une croix chrétienne.

  Par ailleurs, il n'est en rien question des «elohims», les
extraterrestres, créateurs de l'humanité selon la secte, ni de «la
méditation sensuelle», qui fait les délices de son gourou et «messie»,
Claude Vorilhon, alias Raël.

  Investir l'Afrique
  Mais pourquoi la secte s'adresse-t-elle aux «Noirs chrétiens», plutôt qu'à
d'autres? «Les raéliens sont en perte de vitesse en Europe et au Canada»,
explique Xavier Martin-Dupont, spécialiste de la secte et auteur d'un site
internet qui lui est consacré (www.zelohim.org). Ils recrutent beaucoup en
Afrique où environ 1500 fidèles auraient été enrôlés entre 1998 et 2003,
d'après des chiffres dévoilés dans le bulletin interne des raéliens. A titre
de comparaison, l'Europe ne compterait plus que 650 adhérents.
M.Martin-Dupont attribue cette baisse aux affaires de moeurs et de
corruption de mineures qui ont impliqué des membres de la secte en France.
Le mouvement reste donc somme toute limité, voire «microscopique» en Europe,
selon le spécialiste. Au niveau mondial, il ne lui attribue pas plus de 5000
membres actifs, alors que les raéliens articuleraient le chiffre de 60 000
(nous avons essayé sans succès d'atteindre le mouvement raélien suisse
hier).

  L'Afrique serait donc un bon filon. «Les sectes de tous poils y
fleurissent», témoigne Laurent Monnier, spécialiste du Congo Kinshasa et
ancien chargé de cours à l'Institut universitaire d'étude du développement.
Mais si les Eglises traditionnelles au Congo vivent une crise de confiance,
ce n'est pas en appelant à l'apostasie que les sectes arriveront à leur fin
auprès de la population, estime le chercheur. Il y a eu une africanisation
du christianisme, il est complètement intégré. Les jeunes sont parfois
d'accord de passer à d'autres courants spirituels mais sans renoncer
définitivement à leur religion.

  Déguisement tiers-mondiste
  Viser les Africains vivant en Europe répond à deux objectifs, estime
M.Martin-Dupont: d'un côté, les membres de ces communautés peuvent être
eux-mêmes économiquement intéressants, en achetant des livres et en
apportant d'autres contributions financières. Mais ils pourraient aussi
servir de relais avec leurs pairs sur le continent africain. Ceci est
d'autant plus utile que la secte vise des classes relativement aisées et
urbaines en lien avec les expatriés. Les discours tiers-mondistes
instrumentalisés par la secte seraient justement destinés à recruter dans
ces groupes sociaux. Mais aux indépendances politiques et économiques, les
raéliens ajoutent la «décolonisation spirituelle», apportée par «Sa Sainteté
Raël, le Messie, le Dernier des Prophètes, Ambassadeur de nos créateurs, les
elohim de la Bible originale en ancien Hébreu», peut-on lire sur le site
internet de l'«évêque» africain des raéliens.

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  France : Raël
  La secte des raéliens perd son procès contre le député Georges Fenech

  AFP , 10 mai 2005

  [Texte intégral]

  VERSAILLES - La cour d'appel de Versailles a confirmé le jugement rendu le
3 décembre 2003 par le tribunal de grande instance de Nanterre qui avait
déclaré nulles les poursuites de la secte des raéliens contre le député UMP
du Rhône Georges Fenech, a-t-on appris mardi de source judiciaire. La cour,
dans son arrêt rendu le 14 avril, a confirmé "en toutes ses dispositions" le
jugement de Nanterre en déclarant "nulle et sans effet" l'assignation
délivrée par l'association raëlienne à l'encontre de M. Fenech et de Nicolas
de Tavernost, président du directoire de la société M6.

  La secte considérait que les propos tenus par M. Fenech au cours de
l'émission diffusée par la chaîne M6 le 14 avril 2002 étaient "consécutifs
d'injure publique envers un particulier", et demandait la condamnation
solidaire de MM. Fenech et de Tavernost à lui verser 77.000 euros en
réparation du préjudice moral et 9.000 euros au titre des frais de justice.
M. Fenech avait qualifié l'association raëlienne de "groupement
criminogène".

  La secte devra payer à M. Fenech et à la chaîne M6, 4.000 euros au titre
des frais de justice.

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   France: Sectes
  Assemblée Nationale - Question - Réponse ( Philippe Vuilque)

  JO , 18 mai 2005

  [Texte intégral]

  12ème législature
  Question N° : 64579 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
  Ministère interrogé : Premier ministre
  Ministère attributaire : Premier ministre
  Question publiée au JO le : 10/05/2005 page : 4725

  Rubrique : ésotérisme
  Tête d'analyse : sectes
  Analyse : protection. enfants
  Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque appelle l'attention de M. le
Premier ministre sur les liens entre la mission interministérielle de lutte
contre les dérives sectaires et le défenseur des enfants. De nombreux
enfants sont victimes de dérives sectaires, que ce soit dans le cadre
familial, ou dans le cadre extra-scolaire, voire scolaire. Dans ces
conditions, il lui demande quel travail commun ces deux institutions peuvent
mener ensemble sur le sujet des enfants victimes des dérives sectaires.
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  12ème législature
  Question N° : 64578 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
  Ministère interrogé : jeunesse et sports
  Ministère attributaire : jeunesse et sports
  Question publiée au JO le : 10/05/2005 page : 4750

  Rubrique : ésotérisme
  Tête d'analyse : sectes
  Analyse : protection. enfants
  Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque appelle l'attention de M. le
ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur les dérives
sectaires dans les centres de vacances et de loisirs. Il lui demande si de
telles dérives ont pu être observées au cours des contrôles exercés durant
l'année 2004.

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   Suisse : Scientologie
  Une employée de l'Église de scientologie de Lausanne pressée comme un
citron

  AVDS , 10 mai 2005

  [Texte intégral]

  Les scientologues ne font jamais de cadeau

  Madonna (nom d'emprunt) employée de l'Eglise de scientologie de Lausanne
était une des "reg." (registrar), une des vendeuses de l'organisation de
L'Eglise de scientologie de Lausanne, mais aussi la responsable de la
division dans laquelle je travailllais. C'est elle, avec le directeur de
l'Eglise de scientologie, et accessoirement quelques FSM (membres du
personnel à l'extérieur), qui faisaient bouillir la marmite, entendez par là
qui faisaient entrer le fric.

  Je la craignais plus qu'aucun autre employé de la scientologie. Car, quand
elle soupçonnait une source d'argent, de fric quelque part, comme un chien
qui tient un bel os, rien ni personne ne lui faisait lâcher sa prise. L'os,
en l'occurrence, c'était moi et surtout l'argent que je représentais.

  Lorsque mon mari est mort, Madonna ne m'a pas lâchée avant que j'achète de
l'audition pour m'aider à «traverser mon deuil».

  (Mon mari avait quitté son corps comme on dit en Scientologie - Le thétan
quitte son corps comme un chauffeur sort de sa voiture. Pour aller dans
l'entre­deux vie et aller dans une maternité chercher un nouveau corps. Et,
recommencer un nouveau cycle de vie sur la terre ...)

  Pour Madonna, je devais payer cette audition, que je travaille à
l'organisation ou
pas, là n'était pas la question. Elle m'a très bien fait comprendre que ce
n'était pas correct ! Il fallait un échange sonnant et trébuchant, le
travail ne pouvait en aucun cas être considéré comme une contrepartie. Les
scientologues ne donnent jamais rien sans contrepartie, comme cela
gratuitement.

  J'ai donc dû acheter des heures d'audition (la thérapie de scientologie)
pour environ 1'300 euros. De cette audition j'en suis sortie comme
anesthésiée et ne me sentais plus la même. J'avais l'impression de me
dédoubler. Une partie de moi-même regardait ce que faisait l'autre, sans
pouvoir intervenir.

  Même pendant que je travaillais, quelque chose surveillait ce que je
faisais.

  Une employée de l'Eglise de scientologie capable de tout pour faire
rentrer de l'argent

  Un jour, Madonna m'a convoquée. Quand je me suis rendue à son bureau, elle
était très inquiète. Pourquoi, je ne le savais pas, mon travail je le
faisais le mieux possible mais j'avais une peur bleue de Madonna. Je la
sentais capable de tout pour faire rentrer de l'argent pour la scientologie.

  Elle me demanda avec un grand sourire :

  - Comment vas-tu, Pierrette ?
  - Quelle question ! ... Mais oui ça va !
  - Ces heures d'audition t'ont fait du bien n'est-ce pas ? Tu as très bonne
mine, tu sais ...

  J'avais envie de répondre "bof". Je n'ai pas osé.

  - Elle me demanda encore si je m'en sortais financièrement.

  Je me crispais intérieurement; je trouvais cette question indécente, cela
ne la regardait pas.

  J'attendais un rétroactif sur mes rentes, le versement tardait un peu. Je
ne lui en ai alors pas parlé, ni de l'assurance que mon mari avait
contractée et qui devait payer le petit coin de terre sous laquelle il
reposait. Les frais que représente la mort sont sacrés et si certains en
profitent, cela n'enlève rien au fait. Pour le repos de l'être qui est
parti, il faut respecter cela. Je ne lui parlais donc pas de cet argent non
plus. Deux jours après, l'argent fut versé sur mon compte.

  Madonna arriva comme une furie : «Pourquoi n'as-tu pas parlé de l'argent
que tu allais recevoir ? Tu es une tricheuse, tu caches tes revenus,
l'organisation a le droit de savoir !

  Je répondis fermement que cet argent, personne n'y toucherait, tant que je
serais vivante. Cet argent devait payer sa tombe, sa mise en ordre. Madonna
me traita d'avare, de grippe-sous, de dégueulasse, et elle est repartie dans
une rage démentielle. «Tu refuses d'aider Ron à clarifier la planète me
lança-t-elle, un moment plus tard, à la cafétéria, devant plusieurs staffs.
Tu as de l'argent et tu refuses de le donner».

  Je lui ai répondu que je travaillais des heures et des heures pour un
salaire de misère et que presque tout le matériel indispensable à mon
département, je le payais de ma poche.

  Madonna me menaça aussitôt d'un rapport d'éthique; je n'avais pas le droit
de parler comme je le faisais.

  «Nous n'avons rien et nous donnons tout, et toi tu n'as même pas pas ta
carte de membre à vie» me dit-elle, oubliant que du toner aux enveloppes, en
passant par l'achat de mon bureau et de dossiers pour classer la moindre
fiche, j'avais avancé plus de 14'000.- euros. Somme qui jamais ne me sera
remboursée.

  Depuis les dernières auditions de scientologie, je n'arrivais plus à
repousser cette espèce de chape qui m'enfermait comme un carcan et qui
m'empêchait de réagir comme je le voulais, comme je l'aurais fait avant.

  Je n'arrivais plus à me défendre. Je sentais que j'aurais dû réagir
violemment aux propos de Madonna, mais je n'y arrivais pas. Je me sentais
comme engluée, ne pouvant dire ce que je pensais vraiment.

  Si tu es malade c'est à cause d'un «suppressif»...

  Peu auparavant l'organisation avait décrété que j'étais «PTS» (Source
potentiel de
troubles à cause d'une connection avec une personne dites «suppressive»...).
Il fallait nettoyer tout cela. Normalement, un scientologue ayant reçu ce
statut de «PTS» n'a pas le droit de recevoir de l'audition. Je représentais
un danger pour l' org.

  Ils contournèrent ce fait en déclarant que c'était de l'éthique, payant
bien sûr.

  J'avais l'impression d'avoir attrapé une maladie honteuse et qu'ils le
savaient. Enfin, c'est ce qui m'a été expliqué par A + B, bien que je
n'étais du tout d'accord sur ce fait, je les ai laissé dire.

  Pourtant, ils me firent bien comprendre qu'avec mes hauts et mes bas, je
mettais l'org en danger et, comme ils l'affirmaient, je les ai crus.

  Je venais de passer mes examens et avais été reçue officiellement comme
staff. J'ai donc acheté le cours qui me permettrait de comprendre ce qui
n'allait pas chez moi. (cours PTS/SP - PTS = source potentielle d'ennuis et
SP = personne suppressive.)

  Ce cours est un maniement d'éthique. J'étais obligée de le suivre si je
voulais par la suite être auditée sur le Pont (Bridge en Anglais), la route
qui mène à l'état de clear, appelé aussi le tableau des grades et des
niveaux de conscience. Le voyage du non-savoir à la révélation. Et comme
tous les Scientologues, je rêvais de le traverser, ce pont.

  Pendant que je suivais ce cours Madonna ne me lâcha pas. Pour suivre les
grades qui jalonnent le pont jusqu'à clair, il lui fallait, selon ses dires,
environ 120 heures d'audition si tout allait bien, plus les heures
nécessaires pour se débarrasser de ma situation PTS, bien sûr, car il fut
décrété que le cours ne suffisait pas. Après avoir donné tout ce que j'avais
soigneusement mis de côté pour on ne sait jamais, il me restait dans les
50'000 dollars à trouver pour pouvoir m'offrir "l'état de clair".

  Je me disais que j'avais tout le restant de ma vie pour y arriver. Ce
n'était pas si mal comme objectif. Là, je n'ai pas réalisé que je me faisais
complètement manipuler car pour recevoir l'audition pour devenir clear,
jamais je n'aurais dû verser un sou car en tant qu'employée selon les
règlements de scientologie j'aurais dû recevoir gratuitement de
l'audition...

  Un harcèlement abject

  Je ne sais pas encore maintenant comment ils ont fait pour m'obliger à
m'endetter pour payer mes auditions.

  Je me souviens seulement que Madonna commença à me convoquer tous les
jours à tout instant. Ou bien elle m'apostrophait dans les corridors ou à la
cafétéria, toujours devant des témoins : «Alors, Pierrette, tu as enfin
trouvé une solution pour ton audition ?» Un harcèlement abject. «Alors, tu
as trouvé une solution ? Alors tu as enfin cet argent ? ...» Comme si je le
devais, comme si je faisais une mauvaise action de ne pas trouver l'argent
demandé, exigé plutôt.

  C'était devenu une obsession. Rien que d'entendre le son doucereux de la
voix de Madonna, je plongeais dans une angoisse qui me laissait un noeud au
ventre, tremblante.

  Je cherchais de quelle faute je pouvais bien m'être rendue coupable ? Les
mots argent, fric, dollar me faisaient frémir, presque vomir. Si je n'avais
pas signé un contrat de travail qui me liait à l'org, je serais alors partie
en claquant la porte.

  Plusieurs fois, je me suis jurée que je ne retournerais pas à mon travail.
Ils le savaient très bien, car ils ne m'ont jamais laissé le temps de
réaliser ce qui m'arrivait.

  J'ai eu plusieurs auditeurs successifs, plus de six auditeurs différents;
normalement il est déconseillé de changer à tout moment d'auditeur, un staff
peut faire des sacrifices n'est-ce pas ? Même quand il paye ses auditions
alors qu'il travaille pour un salaire de misère.

  En Scientologie, tout doit être manié, mais surtout les emprunts bancaires

  Mon auditeur s'étonnait du peu de gains (améliorations que l'audition
apporte au pc = préclair) que je faisais. Je finis par lui dire que je n'en
pouvais plus du harcèlement dont j'étais l'objet. Il me répondit que je
devais manier cette situation.

  En Scientologie, tout doit être manié : les gens, les choses, les
situations. Tout est réduit à l'état de particules maniables.

  Chaque fois que je faisais un gain, Madonna m'attendait pour me rappeler
mon problème. «Alors cette solution tu l'as trouvée ? » Ils ont tout essayé
pour me faire "cracher du fric", comme je l'ai entendu, plus tard, une
missionnaire le dire derrière le dos d'une scientologue harcelée comme je
l'avais été. Ils ont tout essayé pour m'obliger à leur donner ce que je ne
possédais pas, de l'argent.

  Je recevais bien une rente mais les banques qui ne sont pas folles ne
prêtent pas à une personne ayant juste une rente de veuve pour vivre.

  Un jour, Madonna arriva dans mon bureau toute souriante. Elle m'apaisa
d'un geste et dit : «J'ai ta solution !» Une de ses idées de plus pour me
faire cracher mon fric ? Elle en avait déjà eu de ces idées mirobolantes
pour atteindre cet argent qui la faisait frétiller, saliver, qui lui donnait
tous les culots, toutes les audaces. J'en avais reçu des affronts qui
m'avaient rendues malade.

  Madonna me chapitra ce jour-là : «Tu me laisseras faire, c'est moi qui
parlerai, tu te tairas, tu n'auras juste qu'à faire ce que je te dirai de
faire. » Je ne pouvais rien faire, j'avais l'impression d'être prise dans un
piège mental. je restais apathique, comme si tout se passait en dehors de
moi. Je m'entendais dire oui, oui alors que j'avais envie de hurler "NON".

  Cet après-midi-là, en quelques heures, avec Madonna j'ai couru après tous
les papiers indispensables pour pouvoir obtenir un prêt. Un papier prouvant
que j'étais solvable, un extrait de mon casier judiciaire prouvant que je
n'étais poursuivie pour aucun méfait, une attestation de domicile et partout
c'était Madonna qui parlait.

  J'avais envie de fuir mais n'arrivais pas à réagir, j'étais comme engluée.
La nuit, Madonna m'a lâchée avec difficulté. Le lendemain, nous sommes
allées dans une petite banque du canton de Berne. Le chèque est passé des
mains du banquier dans celles de Madonna puis dans le coffre de l'org.

  La pilule était amère pour moi. J'avais fait ce que j'avais promis
justement de ne jamais faire : j'avais fait des dettes. J'ai été encore plus
désenchantée quand un employé scientologue m'a dit, quelques mois plus tard,
quand il reprit le poste de chef du personnel, que «jamais il n'aurait
accepté qu'un de ses staffs débourse un centime pour de l'audition ou pour
des cours, même pour de l'audition d'éthique qui normalement doit être payée
par le recevant, d'après les règlements de la Scientologie». «Car,
m'expliqua-t-il, avec ce que nous gagnons, ce serait un minimum que l'org
offre les cours et l'audition à ses membres du personnel. L'échange n'est
pas in sans ça.»

  C'est une des choses qui m'a fait partir pour ne plus jamais remettre les
pieds dans l'org; mais cela viendra bien plus tard.

  Là, à ce moment, je me sentais comme un pantin dont on tire les ficelles.
Comme ils ont dû rire et se moquer de ma naïveté, rien que d'y penser des
larmes perlent encore dans mes yeux ! Toutes les fois où Madonna m'avait
invectivée devant d'autres staffs, souvent des hauts gradés, personne
n'était intervenu; donc, pour moi, tous, à un certain niveau, étaient de
connivence.


  Seule Isabelle (nom fictif) m'avait un tout petit peu mise en garde, mais
bien plus tard; le mal était déjà fait.

  Une Église de scientologie qui vole ses employés

  J'ai travaillé trois ans pour l'Eglise de scientologie de Lausanne avec un
horaire de plus de 12 heures par jours, 6 jours sur 7, et un salaire de
misère.

  Par deux fois, l'Eglise de scientologie a même retenu les salaires des
employés pour pouvoir faire face aux dépenses les plus courantes; cet argent
ne nous a jamais été rendu malgré les promesses.

  J'ai dû payer tous mes cours et faire des dettes pour acheter mes
auditions de scientologie, soit un total de 80'000 euros et cela malgré les
promesses de cours et d'auditions gratuites faites aux employés dans les
règlements de Ron Hubbard ...

  (Ndlr : Pierrette n'a pas compté dans les 80'000.- ci-dessus les 14'000.-
avancés de sa poche pour l'achat du matériel de son bureau et jamais
remboursés par la si riche trésorie de l'Eglise de scientologie ...)

  Durant la première année, je n'ai reçu aucun salaire car il fallait que je
réussisse auparavant les examens me donnant le statut de staff (employé de
scientologie) ... Pour ma deuxième années de travail, j'ai gagné 2'600
euros, ce qui fait 215 euros, et, pour ma troisième année comme la situation
financière de l'org s'est dégradée, certaines semaines je ne recevais que 6
ou 15 euros ... et même plusieurs fois, alors que mes statistiques étaient
BONNES, je n'ai rien reçu !

  J'évalue à 700 euros le salaire maximum qui m'a été versé pour cette
troisième année catastrophique.

  La scientologie : c'est une bande de voleur

  Comment faisaient ceux qui n'avaient pas d'autres revenus que ce maigre
salaire ? Un jour, j'allais l'apprendre à mes dépens.

  J'avais cru en l'honnêteté des scientologues. J'avais fait confiance et
hébergé un couple de scientologues dans ma maison : je leur ai confié
l'argent pour le logement, mais je me suis retrouvée avec des factures
impayées de loyer, d'électricité, ainsi que des factures insensées de
téléphone (plus de 2'000 euros de frais téléphoniques) ...

  Plus j'avançais et plus je perdais mon libre arbitre

  Je venais de recevoir un prêt pour acheter cette audition que je ne
voulais pas et je ne savais pas encore à quel point je m'étais fait avoir.

  Je sentais seulement que quelque chose ne jouait pas, mais quoi ? J'avais
reçu de l'audition, j'était montée sur le fameux pont. J'avais gravi les
marches, "les grades" pour devenir claire, mais plus j'avançais et plus je
perdais mon libre arbitre.

  Dès qu'il s'agissait de l'org ou de la Scientologie, je tombais dans une
apathie qui me faisait réagir positivement à leur égard, même si cela me
mettait en danger. Je perdais toute ma logique, je disais oui et amen,
applaudissais à tout rompre à tout et je ne me rendais plus compte que
j'agissais de la sorte.

  J'étais devenue un robot bien sage, bien obéissant.

  Pierrette, Porrentruy, le 10 mai 2005

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   Suisse : Raël
  Doutes sur la "laïcité"du Café féminité
  La Presse , 12 mai 2005 par Laure de Gonneville

  [Texte intégral]

  Le troisième «Café féminité», organisé par des raéliens mardi soir à
Lausanne, portait sur la place de la femme dans la société.

  Mardi soir, une quarantaine de personnes se sont rendues au troisième
«Café féminité» à Lausanne. Organisée par des raéliens, cette rencontre sur
la place de la femme dans la société est cependant présentée comme «laïque
et apolitique».

  Au fond du restaurant de l'Athénée, à Lausanne, une quarantaine de
personnes prennent place devant les six organisateurs du Café féminité,
mardi soir. «Je vois ici de très belles personnes. Je vous félicite d'être
venus», annonce l'animatrice tout en douceur.

  Après s'être présentés mais sans citer leur appartenance au mouvement
raélien, les initiateurs de cette soirée lancent un petit film. Réalisé par
une jeune étudiante, ce court-métrage sur l'affirmation de la femme semble
toucher la majorité des gens présents, 45 ans en moyenne. L'animatrice leur
demande de réagir et avant tout de se présenter. Mariages étouffants,
divorces difficiles, les témoignages très bien racontés émeuvent le reste de
l'assistance. Presque chaque personne conclue en acceptant de se joindre à
l'association «Femmes Planèt'terre». Des «super!» d'approbation fusent dans
la salle.

  Bien que le but de ce troisième café est de «débattre sur les rôles
hommes/femmes», tout le monde semble être du même avis. La séance est
entièrement filmée.

  Laurence (nom fictif), qui participe pour la première fois, s'étonne de la
tristesse des gens: «Ils n'arrêtent pas de parler du passé mais faut
avancer! Moi, dans la vie, je rigole avec mon mari !» De son côté, Vincent
(nom fictif), réfugié derrière une pizza, reste perplexe: «Pfff...ils ne
disent pas des trucs extraordinaires. Et puis, ça me paraît dépassé comme
discours, non?!»

  Présenté comme laïque et apolitique, le café féminité a toutefois été
décidé au sein du mouvement raélien, considéré comme une secte. Et si les
organisateurs se défendent de faire du prosélitysme, le prospectus de ces
rencontres présente la terre avec une autre planète... qui fait vite penser
à celle des «extraterrestres Elohims, nos pères», selon les raéliens.

  Mais les questions à ce sujet dérangent. Il faut dire que le Café féminité
a mauvaise presse ces derniers jours. Les deux premières soirées, le 8 mars
et le 12 avril, organisées au restaurant le Ripp's, ont donné lieu à
plusieurs articles critiques. Dans une feuille d'information interne au
cercle raélien que s'est procurée La Liberté, datée du 23 mars, trois
paragraphes sont consacrés au premier Café. Dora Kefi, la principale
organisatrice de ces rencontres, rédige un compte-rendu dans lequel elle
parle de «mission accomplie». Quant aux exploitants du Ripp's, ils ont été
sanctionnés par la police du commerce pour avoir omis de signaler la
présence d'un Café féminité dans leur établissement.

  Cependant, pour le troisième Café féminité, la police du commerce rappelle
que «la liberté d'expression est une réalité en Suisse et qu'elle ne peut
pas interdire à un groupe qui se présente comme laïque et apolitique de se
réunir».

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  France : Témoins de Jéhovah
  Un témoignage

  Web, 15 mai 2005

  [Texte intégral]

  J'ai connu les TJ en 1969 et je me suis baptisé. A l'époque j'étais jeune
et je n'étais pas très éduqué, donc j'étais influençable et ils ont profité
pour contrôler tous les aspects de ma vie. Je venais de quitter à Cuba un
régime répressif, mais je ne savais pas que j'allais joindre un autre
système totalitaire. Sans le savoir j'étais rentré dans un monde
d'intolérance ou ils déterminaient même la manière dont je m'habillais et
pensais.

  Je ne pouvais pas avoir des amis non TJ, on me disait que " l'eau propre
devenait sale lorsqu'elle est mélangée à l'eau sale (le monde, les amis non
TJ) ". Donc je vivais dans un monde fermé, j'assistais à 3 réunions par
semaines, prêchais et bien sûr, lire ou s'informer sur ce qui ont à dire les
autres sur les TJ était interdit. Les interdictions étaient nombreuses et
souvent stupides. Mais, toute information venant d'autres sources était
sensé provenir du Diable, donc contaminée.

  Mais ce qui m'a le plus marqué de cette époque, c'est qu'on n'arrêtait pas
de nous répéter que la fin du monde viendrait en 1975. J'ai encore une copie
d'une Réveillez-vous (entre autres) d'octobre 1968 qui avait comme article:
Qu'apporteront les années 70? et on lisait: "..en cette année terminent les
6000 ans de la création de l'homme sur terre, ne serait-il pas logique que
la fin arrive en cette année?" Bien sûr ils étaient plus prudent lorsqu'ils
écrivaient, étant donné qu'ils avaient prédit la fin du monde en 1914, en
1925, etc. et qu'en 1914 F. Rutherford avait dit que "cette génération verra
la fin". Mais partout, ils n'arrêtaient pas de nous dire que la fin
viendrait en 1975. On nous décourageait d'étudier et des faire des projets,
les gens étaient persuadés que la fin viendrait et ne faisaient pas de
projets. Finalement rien ne s'est passé et ils n'ont même pas reconnu leur
erreur.

  Les TJ sont des obsédés de la fin du monde. Ils donnent l'image d'un Dieu
assoiffé de sang qui viendra détruire toute l'humanité pour sauver, bien
sûr, les TJ. Leur vision du monde est très négative et ils sont dans
l'attente de l'Armageddon où Jéhovah déchaînera sa colère et commettra un
vrai génocide.

  Enfin, ils appellent ce message "des bonnes nouvelles". Elles n'ont rien
de bonnes, car la plupart des gens mourront dans ce génocide.
  Ils disaient dans leurs publications que la génération de 1914 verrait la
fin, cette génération n'existe plus. Ils annonçaient que Babylone la Grande
(nom très agressif qu'utilisent les TJ pour faire référence aux autres
religions) serait détruite. Il s'est passé le contraire, après la chute du
communisme en Europe de l'est, de nombreuses églises ont été construites et
reconstruites, ainsi que dans d'autres endroits. Ils disaient que la
prophétie du roi du nord et du roi du sud du livre de Daniel représentait
les Etats-Unis et l'URSS et que lors de la fin du monde les deux systèmes
seraient à égal. L'URSS n'existe plus. Ils prédisaient que les TJ seraient
persécutés dans "une Grande Tribulation", au contraire, la démocratie, avec
la liberté de culte qui lui est propre, a gagné du terrain. Après avoir
critiqué de manière acerbe pendant des années l'ONU et l'avoir traitée de
toutes sortes de noms, ils sont aujourd'hui une ONG de l'ONU, etc., etc.

Leurs contradictions sont trop longues à décrire. Mais ce que je trouve
terrible, c'est qu'ils continuent à présenter des justifications pour nier
qu'ils se sont trompés. Après avoir toujours dit que toute leur information
émanait de Jéhovah et que le Corps Gouvernant de Brooklyn était le moyen
utilisé par Dieu pour interpréter la Bible, ils essaient de dissimuler leur
échec. Ils continuent à nier toutes ces erreurs.

  Il y a certains qui disent qu'ils sont humains et que l'erreur est
humaine, mais alors, ce qu'ils disent aujourd'hui sera un mensonge demain et
en attendant ils continuent à manipuler, à endoctriner et à contrôler les
personnes. Ca revient à dire aussi que Dieu s'est trompé, car ils ont
toujours dit qu'ils étaient la vérité et les seuls à interpréter la bible
correctement.

Au lieu de reconnaître officiellement ses erreurs la
Watchtower continue à les nier et les gens comme moi, qui exigent la vérité,
sont traités d'apostats, d'ennemis de Jéhovah, d'être du côte de Satan, etc.
Les Témoins de Jéhovah manipulent les esprits, endoctrinent les gens et les
séquelles psychologiques, l'intoxication mentale est telle qu'il est très
difficile de s'en débarasser.

  Ils ont mis en danger la vie de nombreuses personnes à cause de leur
interprétation exagérée de la loi concernant l'interdiction ALIMENTAIRE que
fait la bible à l'égard du sang. Laisser mourir quelqu'un pour ne pas lui
administrer une transfusion me semble une violation flagrante des plus
élémentaires principes chrétiens et universels. Même dans la bible il est
écrit que lorsque Jésus, qui pratiquait des guérisons, s'est vu obligé de
choisir entre le respect de la loi (le respect du sabbat) et la vie (sauver
quelqu'un), il a choisi la vie (voir Mat. 12:9-12).

  Les TJ est un système totalitaire où les gens n'ont pas le droit de trop
penser et lorsqu'on met en question quelque chose ont est toute suite
catalogué de toutes sortes de noms et expulsé si l'on tient à ses idées. Je
trouve cette attitude mensongère, intolérante. Ils ont toujours instigué la
haine contre les autres religions et aujourd'hui ils ont déclaré la guerre
aux ex TJ, ceux qui ont souffert de leur extrémisme et condamnent leurs
excès.

  Oui, c'est une secte. Qu'est-ce que c'est qu'une secte? Un mouvement
religieux souvent détaché d'un autre plus grand, à cause de ses idées
extrémistes, et qui affirme détenir des vérités qu'aucun autre groupe
religieux possède. Ils condamnent les autres, ceux qui ne croient pas en
leur message ou ceux qui pratiquent " la mauvaise religion ", et ils les
condamnent à la destruction éternelle. Ils affirment aussi qu'ils seront les
seuls élus. Bref, une image terrible de Dieu. Cela décrit très bien la
mentalité des TJ, alors ce n'est pas la peine de dire que c'est une
religion. C'est une secte fermée.

  J'espère que les personnes qui sont encore victimes des TJ réfléchissent
et comprennent que ceux qui ont peur que les gens s'informent, c'est parce
qu'ils ont un passé ténébreux et qu'ils ont besoin de le maintenir caché.
Informez-vous sur les TJ, sur ce qui ont à dire les gens qui ont vécu sous
leur joug. Ecouter les autres. Faites de la recherche sur les origines des
TJ, leurs fausses prophéties, etc.

  Celui qui interdit l'information est un ennemi de la vérité.

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  France : Kabbale
  Madonna a renoncé à Cannes...

  Canalstars, 17 mai 2005

  [Texte intégral]

  Madonna s'était vue proposer de faire partie du jury au 58e Festival du
Film de Cannes qui bat actuellement son plein. Mais la star a dû décliner
l'offre car sa présence sur la Croisette lui aurait fait rater ses réunions
kabbalistiques à Londres ! "On avait parlé d'elle pour être dans le jury
mais du fait de sa religion, ce n'était pas possible, a expliqué Thierry
Frémaux, le patron du Festival. Elle aurait dû retourner à Londres chaque
samedi - ou peut-être était-ce chaque vendredi -, elle n'aurait donc pu être
présente pendant au moins deux jours. Forcément, ça ne pouvait pas le
faire", a-t-il regretté.

  Et une touche de glamour en moins sur la Croisette... (JG)

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  Arménie : Sectes
  Manifestation contre les sectes à Erevan

  ARMENEWS, 17 mai 2005

  [Texte intégral]

  A l'appel du parti Nation unie, des manifestants ont défilé dans les rues
de Erevan dimanche, au son de slogans hostiles aux sectes. Les Témoins de
Jehovah, une secte particulièrement bien implantée en Arménie, étaient la
cible privilégiée de la manifestation aux forts relents anti-américains, ce
dont ne se cache d'ailleurs pas le leader du parti, Gor Tamazyan, en
dénonçant une secte qui n'est qu'une " marionnette des Etats-Unis qui
détruit nos valeurs nationales ".

  Si M. Tamazyan est un détracteur farouche des sectes, dont le nombre et
les fidèles ne cessent de croître en Arménie en dépit de l'intense campagne
menée contre elles par l'Eglise arménienne et les pouvoirs publics, il ne
range pas au nombre d'entre elles les Païens arméniens, non pas parce qu'ils
comptent de nombreux disciples dans les plus hautes sphères de l'Etat
arménien, mais parce que le paganisme appartient selon lui au passé de
l'Arménie et serait donc constitutif de son identité nationale.

  M. Tamazyan compte sur le président du Parlement arménien Arthur
Baghdassarian, qui lui aurait promis de déployer tous ses efforts pour que
l'Eglise apostolique arménienne soit protégée par la loi. Rappelons que le
premier
ministre arménien Andranik Markarian avait annoncé dernièrement que le
gouvernement allait durcir la législation en vigueur, plutôt libérale, sur
les religions. L'Arménie compterait une trentaine de sectes, dont la plus
importante est les Témoins de Jehovah, qui rassembleraient de 18 000 à 30
000 fidèles.

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   France: Sectes
  Les charlatans sont plus à craindre que les sectes

  Le Figaro , 17 mai 2005

  [Texte intégral]

  «Dans le coaching, on trouve le meilleur comme le pire, aussi bien en
terme de formations que d'intentions», explique-t-on à la mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, la
Miviludes.

  Mais, dans ce domaine, ce sont surtout les charlatans et les incompétents
qui sont dénoncés. «Certes, les dérives ésotériques peuvent porter vers des
mouvements à caractère sectaire mais elles ne sont pas si courantes ou au
moins pas plus qu'ailleurs.»

  Prudence, esprit critique et bon sens sont les simples outils conseillés
auxquels peut s'ajouter une consultation au service central de contrôle de
la formation professionnelle.


------------------------------------------------------------------------------France: SectesAssemblée Nationale - Question - Réponse ( Gerard Weber)JO , 18 mai 2005[Texte intégral]12ème législatureQuestion N° : 36358 de M. Weber Gérard ( Union pour un Mouvement Populaire -Ardèche ) QEMinistère interrogé : intérieurMinistère attributaire : intérieurQuestion publiée au JO le : 23/03/2004 page : 2183Réponse publiée au JO le : 18/05/2004 page : 3704Date de changement d'attribution : 31/03/2004Rubrique : ésotérismeTête d'analyse : sectesAnalyse : lutte et préventionTexte de la QUESTION : M. Gérard Weber appelle l'attention de M. le ministrede l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales sur lacréation d'associations de type loi 1901. Il suffit simplement de déposer undossier complet à la préfecture qui établit un accusé de réception à laditeassociation et l'inscrit au Journal officiel. Ceci concerne également lessectes, dont un rapport parlementaire a donné la l
iste ainsi que la «dangerosité » de chacune d'entre elles. Or, toutes ces sectes peuvent créerune association et s'installer où bon leur semble, y compris celles qui sontconsidérées aujourd'hui comme très dangereuses. Aussi, il souhaiteraitconnaître sa position à ce sujet.Texte de la REPONSE : L'honorable parlementaire s'étonne de ce que lessectes puissent aisément se constituer sous la forme d'association de typeloi 1901. Il faut avant tout souligner que la notion de secte est une notionde fait et non de droit, et qu'il ne s'y attache aucune conséquencejuridique. Par ailleurs, la liste des mouvements figurant dans le rapportparlementaire « Les sectes en France » publié en décembre 1995, auquell'honorable parlementaire fait référence, est un instrument indicatif maisdépourvu de valeur normative.Il n'existe pas de réglementation spécifique pour les mouvements ditssectaires. Le droit commun leur est applicable, y compris en matière decréation d'association. Il est exact que no
mbre de mouvements à caractèresectaire sont constitués sous la forme d'association déclarée régie par laloi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association.Comme le relève l'honorable parlementaire, les formalités visant àl'acquisition de la personnalité juridique par l'association sont simples.Prévue à l'article 5 de la loi du 1er juillet 1901, la procédure consiste enune déclaration préalable à la préfecture du département où l'association ason siège, par un dépôt des statuts en double exemplaire. La déclarationdoit mentionner la dénomination de l'association, son objet, le siège de sesétablissements, les noms, professions, domiciles et nationalités de sesresponsables. Un récépissé doit être fourni dans un délai de cinq jours àcompter du dépôt. Seule la procédure d'insertion au Journal officiel confèreofficiellement la personnalité morale à l'association déclarée.L'administration ne peut en aucun cas refuser le récépissé dès lors que lesformalités matérielles ont bie
n été accomplies : elle dispose en la matièred'une compétence liée qui la contraint à délivrer le document.En d'autres termes, la déclaration et l'obtention d'un récépissé commepreuve de celle-ci sont un droit pour l'association si elle satisfait auxconditions administratives prévues. Il n'existe donc pas de contrôle apriori permettant à l'administration d'écarter alors les mouvements àcaractère sectaire. Le principe de liberté d'association implique en effetla liberté la plus large dans le choix des statuts. Imposer un mode defonctionnement aux associations constituerait une atteinte au principefondamental reconnu par les lois de la République dégagé par le Conseilconstitutionnel.Toutefois, à l'instar de toute association déclarée, le mouvement àcaractère sectaire, conformément à l'article 3 de la loi de 1901, ne doitpas avoir un objet illicite, contraire aux lois, aux bonnes moeurs ouportant atteinte à l'intégrité du territoire et à la forme républicaine duGouvernement.Le
cas échéant, le ministère public peut décider de diligenter une procédurede dissolution, conformément à l'article 7 de la loi de 1901. Tant qu'uneassociation ne fait pas l'objet d'une dissolution administrative oujudiciaire, elle jouit des libertés constitutionnellement reconnues et peutexercer l'activité correspondant à son objet dans le strict cadre des loisen vigueur.Il convient d'ajouter que les services du ministère de l'intérieur semontrent particulièrement vigilants à l'égard de tout mouvement, quel quesoit leur statut juridique, et veillent à s'assurer que leurs agissements netombent pas sous le coup de qualifications pénales.---------------------------------------- France: Sectes«Les sectes n'ont plus pignon sur rue»20 minutes, 19 mai 2005[Texte intégral]Charline DelportePrésidente de l'ADFI (Association de défense des familles et de l'individu)de Lille.L'ADFI est née à Lille il y a trente ans pour soutenir les familles face auxsectes. Qu'en est-il aujourd'hui ?Les
sectes sont toujours là, mais elles n'ont plus pignon sur rue.Elles se cachent ?Oui. Les témoins de Jéhovah, qui représentent 45 % des demandes reçues parl'ADFIde Lille, s'infiltrent beaucoup dans le domaine médical, chez les médecinset à travers des associations comme l'Association des droits des patients.La Scientologie, qui a fermé sa représentation à Lille parce que l'Adfil'embêtait,reste sous la forme de l'association Oui à la vie, non à la drogue. La secteMoon se cache derrière les « Bâtisseurs pour la paix », la secte hindouisteSaï Baba derrière l'asso Seva qui distribue des soupes aux sans-logis...Y-a-t-il une recrudescence ?En 2004, nous avons été contactés par 700 familles à Lille, contre moins de500 en 2003. Il faut renforcer la vigilance.En avez-vous les moyens ?Oui. Les responsables politiques nous soutiennent. Et l'institutionjudiciaire répond présente. Grâce à cela, nous luttons à armes égales.Recueilli par O. A.A savoir :ADFI 19, place Sébastopol à Lille, l'A
DFI assure un accompagnement juridiqueet psychologique. Prendre rendez-vous au 03 20 57 26 77.----------------------------------------------------France: Médical - Kinésiologie - Kryeon - Stop au cancerLes charlatans du nouveau millénaireNouvel Obs , 19 mai 2005 par Hubert Prolongeau[Texte intégral]Surfant sur l'attrait pour les médecines venues d'ailleurs, une flopée destart-up sectaires ont fleuri. EchantillonFini les prophètes allumés? Pas encore, à entendre Claude Vorhilon, lemessie autoproclamé des raéliens, divaguer sur la venue des extra-terrestreset le clonage humain. Mais tous les spécialistes l'attestent: les sectes quimontent sont de moins en moins attachées à la figure d'un maître. Et de plusen plus à une thérapie délirante! Guérison du cancer par la consultationpsy, traitement du sida par imposition des mains, rattrapage du retardscolaire par l'isolement des enfants. Le tout bien entendu moyennantconsultations, séances de formation et autres stages à régler rubi
s surl'ongle.«Nous n'avons pas vu venir l'évolution, avoue Catherine Picard, présidentede l'Union nationale des Associations de Défense des Familles et del'Individu(Unadfi).La diffusion d'une technique est très difficile à contester: on ne peutintervenir que sur des délits, et les juges ne mettent plus que rarement enavant les dérives sectaires.» Et pourtant les cas d'exercice illégal de lamédecine, d'éloignement des systèmes de soins traditionnels ou d'emprise surles familles sont légion. D'après des associations spécialisées, pas moinsde 500000 personnes seraient touchées en France. A toutes fins utiles, voicile portrait de trois de ces organisations qui bien entendu contestentfarouchement leur assimilation aux mouvements sectaires.Touché par la kinésiologieThéorie. Science de la «santé par le toucher», la kinésiologie est née dansles années 1960 aux Etats-Unis. Elle affirme que l'on peut détecter lesmalaises, voire les soigner, par des tests musculaires. Elle s'estdévelop
pée dans trois domaines: la santé, l'éducation avecl'«édukinésiologie»,la psychothérapie avec le «trois en un». Etre formé à la kinésiologie nedemande aucun autre savoir préalable, et se fait par des stages de formationonéreux. La théorie investit des champs de plus en plus nombreux, chacunpouvant l'intégrer à d'autres soins ou thérapies. Roland Hamond, présidentde la Fédération française des Kinésiologies spécialisées, nie le côtésectaire de la pratique qu'il défend: «Sans doute y a-t-il quelques brebisgaleuses. Mais elles ne suffisent pas à dévaloriser une science reconnuedans des pays voisins de la France et dont les résultats sont indéniables,même s'ils ne sont pas toujours explicables.»Dangers. Les formations sont tournées vers les enfants. Beaucoup detémoignages de conjoints ou de grands-parents d'adeptes mettent en avantl'emprisedes kinésiologues sur leurs patients.Paravents. Il existe une Fédération française des Kinésiologiesspécialisées, une Fédération des Ecoles d
e Kinésiologie et 19 écoles.Tarifs. Une séance d'une heure coûte normalement entre 38 et 50 euros.La justice. En 2000, un bébé de 16 mois dont les parents sont des adeptes dekinésiologie est mort de malnutrition. L'affaire est en cours. Le TGI deNanterre a condamné un médecin kinésiologue à trois mois d'interdictiond'exercice,mais l'appel a infirmé la sentence.A l'école des «enfants indigo»Théorie. Certains enfants un peu atypiques (hyperactifs, dyslexiques,surdoués ou en échec scolaire) sont en fait des extraterrestres. On lesreconnaît à leur aura bleue. Ils survivront à la fin du monde, prévue pour2012, et ont des dons de guérisseur, en particulier contre le sida. Enattendant, il faut les élever à part, d'autant plus qu'ils développent destendances suicidaires. Un prédicateur, Lee Carroll, est en contact avecl'angeKryeon dont il rapporte un message apocalyptique qui emprunte à la gnose, auNew Age et au transfert des énergies. Il a vendu 25 millions d'exemplairesde ses livr
es à ce jour.Dangers. Déséquilibre des enfants élevés pour une mission divine et avecd'autres«indigos», détournement des soins médicaux traditionnels.Paravents. Un réseau d'une centaine de thérapeutes labélisés«EMF-balancing», qui utilisent une technique d'imposition des mains, et desboutiques «Kryeon». Des réunions d'information sont régulièrementorganisées. Un premier forum consacré à eux s'est tenu à Saint-Malo en 2003.Tarifs. 50 euros la lecture d'un dessin d'enfant indigo, 764,50 euros unstage de trois jours pour apprendre à soigner avec l'énergie des anges.Plaintes. Une affaire à Bordeaux, où un père demande que l'on retire sonenfant à une mère qui fréquentait les «indigos», est en cours d'instruction.Au ministère de l'Education nationale, on ne connaît aucun établissementprivé hors contrat se revendiquant du mouvement. Mais les thérapies semultiplient à Grenoble, à Marseille et en Gironde.L'étrange docteur HamerThéorie. Selon le dogme de la «médecine nouvelle» diffusé
  par l'ex-docteurGerd Ryke Hamer, le cancer serait causé par un choc psychique brutal, etcréerait chez le malade un conflit dont la disparition entraînerait celle dumal. Chimiothérapie comme ablation de la tumeur ne font que retarder laguérison tant que le conflit psychique n'est pas réglé. Ainsi, le cancer dupoumon n'est pas causé par la cigarette, mais par la peur de la mort induitepar la cigarette. La douleur doit donc être acceptée comme telle,puisqu'elleaide à la prise de conscience.Dangers. Le recours aux médicaments est considéré comme inutile.Paravents.Des émules de Hamer diffusent des théories approchantes: ainsi ClaudeSabbah, et sa «biologie totale des êtres vivants», ou Gérard Athias, et son«décodage biologique».Condamnation. Hamer est en prison à Paris pour trois ans pour exerciceillégal de la médecine. Il avait déjà été radié de l'Ordre des Médecins enAllemagne. Plusieurs malades sont morts en suivant ses conseils.

 

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  nouveaux pièges des sectesNouvel Obs , 19 mai 2005[Texte intégral]Les gourous d'aujourd'hui se font passer pour psys, consultants ou coachs...Les « dérives sectaires » se multiplient. Explication et reportagesDepuis une dizaine d'années, la France s'est dotée d'un arsenal juridique etadministratif pour lutter contre les sectes. Pourtant, le danger n'a pasdisparu. Bien au contraire. De nouvelles formes d'embrigadement sedéveloppent. Par la formation professionnelle, le coaching, le conseilpsychologique ou diététique, des «consultants» de tout poil abusent despersonnalités les plus fragiles. Charlatanisme, manipulation mentale,escroquerie. Quels sont les nouveaux risques sectaires? Comment lutterefficacement et équitablement? Interview croisée de Jean-Louis Langlais,président de la Mission interministérielle de Vigilance et de Lutte contreles Dérives sectaires, et Philippe Vuilque, député socialiste des Ardenneset membre d'une commission parlementaire spécialisée.Le Nouvel Ob
servateur. - Y a-t-il recrudescence des sectes?Jean-Louis Langlais.- Soyons sérieux! Il ne faut pas écouter lesobservateurs alarmistes. La France n'est pas une terre d'accueil pour lesmouvements sectaires. Depuis deux ans, on constate tout à fait le contraire.Les mouvements «orientalisants» de Moon, Hare Krishna ou Soka Gakkai ontdisparu. Les raéliens ont prononcé la dissolution de toutes leursassociations françaises: la loi de bio-éthique du 6 août dernier, quiinterdit le clonage reproductif et la publicité du clonage, y est sans doutepour quelque chose. Les Témoins de Jéhovah ont transféré toutes leursactivités d'édition, de librairie à l'étranger. Ils ne sont pas revenus enFrance depuis 2002.PublicitéSur le plan judiciaire, il y a eu des décisions fortes: la condamnation del'Eglisede Scientologie parisienne pour mauvaise utilisation de fichiersinformatiques sur le fondement de la loi informatique et libertés. La Courde Cassation a aussi confirmé la condamnation des Témoin
s de Jéhovah à 40millions d'euros pour dettes fiscales non payées. Enfin, à Nantes, le gouroudu mouvement apocalyptique Néophare a été condamné à trois ans de prisonavec sursis pour avoir conduit un adepte au suicide. Il a fait appel.J'ajouteque pour la première fois en France, dans une affaire aujourd'hui en appel,la fameuse loi About-Picard de 2001, qui permet de punir l'«abus defaiblesse», a des chances d'être appliquée.Philippe Vuilque. - Il n'y a pas véritablement de recrudescence du mouvementsectaire. Mais une transformation et une adaptation très pernicieuse que lespouvoirs publics ont du mal à prendre en charge. Les grands mouvements fontmine de disparaître pour mieux réapparaître: ils se scindent en une myriaded'associations, de petits groupes locaux particulièrement difficiles àappréhender. Et puis de nouvelles formes d'embrigadement se développent: parla formation professionnelle, le coaching, le conseil psychologique oudiététique, des «consultants» de tout poil a
busent des personnalités lesplus fragiles. Dans ce contexte, on peut regretter que le gouvernementn'adoptepas une attitude plus offensive.N. O. - Comment combattre ces nouvelles dérives?J.-L. Langlais. - Ce n'est pas facile. On assiste à la multiplication depetits groupes qui prospèrent sur les terrains de la santé, du bien-être, dudéveloppement personnel, de l'ésotérisme, de l'occultisme, etc. C'est lefruit d'un changement culturel. Les Français sont peut-être moinscartésiens, de plus en plus non conformistes. La vague du New Age, c'estcela. Et je connais beaucoup de gens à qui ça fait beaucoup de bien. Maiscertains voient un risque d'emprise dans tout ce qui n'est pas validé par laFaculté ou les grandes religions établies.Il y a effectivement des gens qui profitent de cet engouement. Vous avez unpetit nombre de charlatans, d'escrocs et de gourous qui sont dans unelogique de manipulation. Que peuvent faire les pouvoirs publics? Ils nepeuvent réagir qu'au cas par cas, lorsqu
e des individus ou des groupesnuisent à l'ordre public ou contreviennent à la loi. Certaines pratiques oucroyances peuvent se révéler très destructrices pour l'individu maisn'attententpas nécessairement à l'ordre public. Doit-on intervenir? L'Etat est legarant du respect de la liberté individuelle. Mais, dans l'immense majoritédes cas, les adeptes adultes sont consentants. Notre rôle premier consistedonc à assurer la protection des jeunes contre l'abus qui peut être fait deleur faiblesse. Exemple: la transfusion sanguine proscrite par le dogme desTémoins de Jéhovah. Est-ce qu'on peut, contre le gré des parents, transfuserun enfant qui est en danger? La solution fournie par la loi Kouchner, c'estque, le temps des soins, le juge décharge les parents de leur autorité defaçon à permettre au médecin de procéder à la transfusion.Ph. Vuilque . - Dans la lutte contre les sectes, on agit toujours sur le fildu rasoir. Bien sûr, il ne faut pas que cela tourne à l'obsession. Maisbeaucou
p d'observateurs, de parlementaires, de membres d'associations d'aideaux victimes ont le sentiment que, depuis quelque temps, les pratiquessectaires se banalisent. Les nouvelles sectes proposent des soins, desconseils, des services divers. Elles y gagnent en crédibilité. Et, à ne pasvouloir désigner les fauteurs de troubles, on s'interdit d'agir. Je faispartie d'un groupe de 70 parlementaires venus de tous les horizonspolitiques qui réfléchissent ensemble à la question. Nous avons demandé lacréation de deux commissions d'enquête sur les sectes dans le domaine de laformation professionnelle et le secteur médico-social. Nous attendons uneréponse depuis deux ans.N. O. - L'action des pouvoirs publics aurait-elle faibli ces deux dernièresannées?J.-L. Langlais. - On nous fait un mauvais procès. Depuis la création de laMission interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérivessectaires (Miviludes), l'activité des services de l'Etat s'estconsidérablement accrue. Le conse
il d'orientation de la Miviludes rassembledes parlementaires, des juristes, des médecins, des sociologues, des hautsfonctionnaires ainsi que des représentants du Conseil économique et socialet des associations. Tous les deux mois, je réunis le comité exécutifinterministériel constitué de vingt représentants issus des principalesadministrations.Nous avons aussi mis en place des cellules de vigilance départementales.Nous en avons créé treize nouvelles cette année. Nous avons sorti desdocuments, un «Guide de l'agent public», deux rapports annuels (2003, 2004).Les pouvoirs publics français sont sans aucun doute les plus vigilantsd'Europe.Mais il est vrai que nous nous sommes moins exposés que nos prédécesseurs.Je n'ai pas couru les plateaux de télévision, je n'ai pas multiplié lesinterviews comme celle-ci, qui sera certainement ma dernière avant mondépart à la retraite, cette semaine! Et puis je considère que l'Etat n'a pasà être militant en la matière. Je préfère parler de «vig
ilance et de luttecontre les dérives sectaires» plutôt que de «lutte contre les sectes». Ils'agitmoins d'attaquer le mouvement, la doctrine, la croyance que de réprimer lesagissements attentatoires aux droits de l'homme, aux libertés fondamentales,aux bonnes mours, à l'ordre public.Nous devons garantir le respect de l'ordre public, mais nous n'avons pas àinstaurer un ordre moral ni à faire une police de la pensée. Ph. Vuilque. -Je reconnais le travail accompli par la Miviludes. Mais, dans un cadre siétroit, le gouvernement Raffarin a estimé que la précédente Missioninterministérielle de Lutte contre les Sectes (Mils) en avait trop fait, ilsouhaitait apaiser le débat et normaliser les relations entre legouvernement français, les pouvoirs publics et les organisations sectaires.Un recentrage qui rend l'action de la Miviludes un peu trop discrète.Directement rattachée à Matignon, elle est gênée quand Sarkozy reçoit TomCruise, le VRP de la Scientologie. Et quand des associations
locales desTémoins de Jéhovah demandent le statut d'association cultuelle pourbénéficier d'avantages fiscaux. Les préfets et le ministère de l'Intérieuront tendance à laisser faire au motif que cela ne constitue pas une menacepour l'ordre public. Je fais partie de ceux qui préféreraient qu'on opposeaux demandes de ces associations le principe de la protection des enfants.Les fils et filles de Témoins de Jéhovah doivent suivre l'enseignement dumouvement. Leur santé est mise en péril par les croyances divulguées parcette organisation.N. O. - Le problème de toute politique publique ne tient-il pas à ladifficulté de définir ce que recouvre le terme de secte?J.-L. Langlais. - La définition est très problématique en effet. On peutreconnaître une secte à quelques critères qui figuraient dans le rapport dela commission d'enquête parlementaire de 1995: déstabilisation mentale,exigence financière exorbitante, rupture avec l'environnement d'origine,atteinte à l'intégrité physique, embr
igadement des enfants. Mais cela nerésout pas le problème de l'action publique. Car il y a dans toute secte unélément irrationnel de séduction: la plupart du temps, au départ au moins,la victime est consentante.Comment venir en aide à des gens qui, au démarrage au moins, ont étéconsentants et heureux? L'autre difficulté consiste à faire la différenceentre secte et religion. L'Etat ne peut définir la secte sans définir lareligion, et par conséquent attenter à la liberté fondamentale descroyances. Bien des sectes se présentent sous un masque religieux parce queça leur donne une respectabilité plus grande. Elles se disent «Eglises»,même «Eglises athées» comme les raéliens, qui, aux Etats-Unis et au Canada,peuvent ainsi bénéficier d'exemptions fiscales intéressantes.Nous sommes aussi confrontés au problème du fondamentalisme religieux, ycompris à celui des grandes religions établies: catholicisme, judaïsme,islam. Une lecture littérale du dogme religieux peut conduire à despratiq
ues qui mutilent la liberté individuelle. Récemment, le diocèse deLyon a dissous une congrégation de femmes dont le comportement negarantissait pas la totale liberté de conscience. Là, l'Eglise catholique afait sa propre police. Mais le fondamentalisme touche aussi l'islam. Il y alà un sujet évidemment capital, mais que nous n'avons pas jusqu'à maintenanteu les moyens d'approfondir.Ph. Vuilque. - Toute religion contient les germes d'une dérivefondamentaliste ou sectaire. Le problème, c'est de définir la frontièreentre une pratique respectable et un intégrisme potentiellement dangereux.La Mils avait fourni en son temps une définition assez explicite: «La secteest une association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifsreligieux, dont le comportement porte atteinte aux droits de l'homme et àl'équilibresocial.» Je pense que les pouvoirs publics français pourraient aussi seréférer à une définition éclairante donnée par les institutions belges: estconsidéré comme
une secte «tout groupement à vocation philosophique oureligieuse ou se prétendant tel, qui dans son organisation ou sa pratique selivre à des activités illégales, dommageables, nuit aux individus ou à lasociété ou porte atteinte à la dignité humaine».N. O. - Y a-t-il un projet européen spécifique de lutte contre les sectes?J.-L. Langlais. - Non. Il faudrait rapprocher des philosophies, des notionsjuridiques et des dispositifs administratifs très différents d'un pays àl'autre.Le concept français de «dérives sectaires» pourrait être transposé. Mais ily a des réticences, notamment dans les pays scandinaves et anglo-saxons,très attachés à la liberté de culte. Quelques pays cependant s'intéressent ànotre notion de manipulation mentale: l'Italie et l'Espagne voudraientintroduire une loi pour réprimer ce délit. La Belgique également, qui estsans doute le pays le plus proche des conceptions françaises. Et l'Autricheenfin, qui a adopté un dispositif de vigilance proche du nôtre.Ph. V
uilque. - L'Europe ne fait pas grand-chose contre les sectes. Il y a unembryon de réflexion collective sur le sujet. Tous les pays s'inquiètent dela diffusion des théories New Age, de l'éparpillement des nouveaux groupeset de leur caractère insaisissable. Mais une vraie politique commune resteentièrement à concevoir. En tout cas, il faut arrêter de répéter que leprojet de Constitution va mettre en péril la laïcité et faciliter lesaffaires des gourous de tout poil. Sur ce point, le traité est clair: ilreprend une partie de la «Déclaration universelle des droits de l'homme» de1948. Rien de scandaleux! La règle de la laïcité s'appliquera dans les paysselon la législation nationale et sa propre conception de l'ordre public.N. O. - Combien y a-t-il en France de victimes des sectes et qui sont-elles?J.-L. Langlais. - On ne sait pas chiffrer précisément le nombre des adeptesappartenant à des mouvements de caractère sectaire. On a parlé naguère de400000 individus, puis de 200000. En
  vérité, on ne sait pas. Je préfère doncne plus donner de chiffres. Un de nos rapports fait apparaître qu'ondénombre en moyenne une dizaine de mouvements problématiques pardépartement. Quant au profil sociologique des adeptes, contrairement à uneidée répandue il ne s'agit nullement d'individus appartenant aux catégoriesles plus pauvres de la population. Leurs origines sociales et leur niveauintellectuel sont supérieurs à la moyenne. On comprend bien que les sectesne ciblent pas le quart-monde.Elles préfèrent s'adresser à une clientèle beaucoup plus solvable. D'où ledanger des organisations sectaires ouvrant dans les secteurs de la formationou du coaching, qui recherchent des cadres qui ont des difficultésprofessionnelles ou familiales. On a aussi observé que les sectesdémarchaient de plus en plus volontiers les victimes de catastrophesnaturelles. Certaines organisations ont été très actives après l'explosiond'AZFà Toulouse. Ou plus récemment pour porter secours aux victimes
du tsunami.Le mouvement scientologue a affrété un avion et établi une mission au SriLanka par exemple.Ph. Vuilque. - Ce qui est intéressant du côté des victimes, c'est qu'elleshésitent un peu moins à témoigner et à porter plainte. La parole n'est pasencore totalement libérée, loin de là, mais l'attention portée au phénomènedepuis dix ans, les lois adoptées et les décisions de justice les aident àdéculpabiliser. Mais je regrette que le gouvernement n'ait pas appuyé laproposition parlementaire d'allonger le délai de prescription de trois ans àcinq ans pour les faits de manipulation mentale. Les victimes de secte ontbesoin de longues années pour se reconstruire, renouer avec leur famille etoser se retourner contre les organisations qui les ont aliénées.N. O. - Les mouvements sectaires pratiquent le lobbying pour faire avancerleur cause. Parviennent-ils vraiment à infiltrer les hautes sphères del'Etat,comme on le dit parfois?J.-L. Langlais. - C'est la théorie du complot. Je ne c
rois pas du tout àcette menace. Les sectes les plus structurées cherchent surtout àcommuniquer, à améliorer leur image. Elles le font en recrutant descélébrités. Mais aussi en portant attention aux plus démunis, en prenantpartie pour des causes nobles: la lutte contre la drogue, l'assistance auxvictimes des catastrophes naturelles, l'aide aux détenus dans les prisons.Ces actions leur permettent aussi d'entrer en contact avec de nouveauxpublics.Ph. Vuilque. - Il faut savoir que toutes les grandes sectes font un lobbyingeffréné auprès des décideurs politiques et économiques. Nous-mê-mes,parlementaires, sommes assaillis de publications. La Scientologie nousadresse le magazine «Ethique et liberté». Le dernier numéro portait sur «Lesjeunes en danger et la psychiatrie». Bien sûr, le nom de la Scientologien'apparaîtpas, mais c'est bien elle qui se cache derrière la «commission des citoyenspour les droits de l'homme en France» qui signe le document. Il n'empêchequ'unevingtaine de me
s collègues se sont fait avoir: ils ont été jusqu'à déposerdes questions écrites au ministère de la Santé au sujet de la «psychiatriequi s'en prend aux adolescents», en se fondant sur les informationscontenues dans une publication scientologue! L'autre grand danger, c'estévidemment l'attrait que peuvent représenter les people qui embrassent lacause des sectes. Grâce à Sophie Favier, la Kabbale peut passer à la télé.N. O. - L'argent est le nerf de la guerre. Comment «frapper» les sectes auportefeuille?J.-L. Langlais. - Il est vrai que c'est en attaquant leur trésor de guerrequ'on peut démanteler certains groupes aux activités commercialesflorissantes. Un rapport parlementaire de 1999 sur les sectes et l'argentl'abien montré. Mais, à se sujet, nous devons respecter la notion juridique du«secret fiscal», à laquelle tous les citoyens sont légitimement attachés.Nous travaillons en bonne entente avec les services fiscaux, mais dans lestrict respect de ce principe.Ph. Vuilque. - J'
ai fait partie de la commission d'enquête sur les sectes etl'argent. On en a appris de belles! Bien des responsables de mouvementssectaires que nous avons auditionnés avouaient clairement être là pour fairedu fric et se fichaient éperdument des prétentions religieuses de leurmouvement. Alors j'espère que le gouvernement, quel qu'il soit, saura semontrer plus offensif. La personnalité du remplaçant de Jean-Louis Langlaisfournira bientôt une bonne indication. En tout cas, les associations dedéfense et les parlementaires sont, eux, prêts à se retrousser les manches.Adresses utilesMission interministériellede Vigilance et de Lutte contre les Dérivessectaires (Miviludes)66, rue de Bellechasse, 75007 Paris; www.miviludes.gouv.frUnion nationale des Associationsde Défense des Familleset de l'Individu(Unadfi)130, rue de Clignancourt, 75018 Paris; 01-44-92-35-92; www.unadfi.orgCentre de Documentation,d'Education et d'Action contre les Manipulationsmentales (CCMM)3, rue Lespagnol, 7502
0 Paris;01-44-64-02-40.Psychothérapie VigilanceBP n° 2 bis, 65290 Juillan;05-62-32-03-70; www.PsyVig.com-------------------------------------- France: Soins psyQuand les psys dérapentNouvel Obs , 19 mai 2005 par Georges Dougueli[Texte intégral]Francesca (1) a disparu sans laisser d'adresse.Mais Paul garde un souvenir amer de leurs quelques mois de vie commune. Ellese prétendait "psy". "Mais elle n'avait pas de diplôme. Elle disait qu'elleavait suivi des stages pour apprendre les techniques." Pourtant sa"consultation" ne désemplissait pas. "Des malheureux qui se réunissaientpour d'interminables séances de méditation, toujours en présence de son"associé", un gourou en fait, qui en imposait à tous!" Et entre deuxcessions Francesca et son sage méditatif menaient grand train, s'envolaientvers l'étranger grâce à l'argent - liquide - que leur remettaient lespatients reconnaissants...Des affaires de faux psys jouant les rabatteurs pour de vrais gourous, il yen a de plus en plus. Ce
stratagème repéré depuis quelques années par lesRenseignements généraux et le Conseil de l'Ordre des Médecins est mêmedûment répertorié par le dernier rapport de la Miviludes. La technique -redoutable - consiste ni plus ni moins à détourner les moyens de lapsychothérapie pour placer la victime en état de sujétion, profiter de sonétat de faiblesse pour la conditionner... Et la détrousser.C'est ainsi que l'hypnose, souvent déguisée en médiation, permet aux psysdéviants de mettre au jour des traumatismes prétendument refoulés dansl'inconscient. Il suffit par exemple de faire gober au patient qu'il a étévictime d'un inceste dans sa prime enfance pour le couper de sa famille. Aupsy, au gourou ou à la secte de lui inculquer dans la foulée une règle devie aberrante et le tour est joué... Véronique a ainsi vu son mari"découvrir", lors d'une séance un peu spéciale, qu'il avait commis unhomicide dans une vie antérieure. Portant son "secret" comme un douloureuxkarma, ce quinquagénaire
a tout plaqué pour intégrer une secte.Embobiner le patient sur le divan, rien de plus facile jusqu'ici puisqu'ilsuffisait d'un panonceau pour s'installer comme psychothérapeute. Mais ce nesera bientôt plus aussi simple: les décrets d'application de l'amendementAccoyer prévoient de réserver l'usage du terme aux professionnels inscritssur un registre national. Evidemment, la mesure vise à compliquer la vie descharlatans de l'inconscient. Mais elle fait hurler une profession jalouse deses libertés. "On ne peut protéger les gens des méfaits des sectes qu'en leséduquant", assure le docteur Michel Meignant, président de la Fédérationfrançaise de Psychothérapie, qui plaide pour une "autorégulation dusecteur".Les associations de défense des victimes sont d'un tout autre avis. Ellesmilitent pour une régulation plus sévère. "Beaucoup de psys donnent dans leNew Age, parce que c'est à la mode et que ça plaît aux patients. Mais ils neveulent pas l'avouer", proteste Guy Rouquet, promoteur
  de l'associationPsychothérapie Vigilance.Le dernier scandale qui défraie la chronique judiciaire met en scène troispsychothérapeutes, un psychiatre et un médecin mis en examen par un juged'instruction de Pau. Selon des proches du dossier, l'enquête pourraitdéboucher sur la mise en cause d'une "secte New Age jouant sur l'utilisationde psychotropes hallucinogènes", dont les ramifications s'étendraient aumonde médical et aux congrégations religieuses! "La principale victime, unjeune professeur sans histoire, a été conditionné et dressé par unpsychothérapeute dont il n'avait nul besoin", raconte un plaignant. Perted'appétit, rupture avec l'environnement familial, insomnie: cet adepte,bourré de Prozac par le psy avait renoncé à tous ses projets professionnelspour suivre stages, séminaires et séances de massage. Il envisageait même unvoyage en Amazonie pour une cure à base de plantes hallucinogènes et uneimmersion dans le chamanisme... Seule certitude dans ce ténébreux dossier:le
s trois quarts de son salaire de prof se sont évaporés. Ainsi quel'intégralité de son compte-épargne.(1) Les prénoms ont été modifiés.------------------------------------------------- France: Landmark EducationChez les gourous en cravateNouvel Obs , 19 mai 2005 par Marie Lemonnier[Texte intégral]395 euros les trois joursD'origine américaine, Landmark Education propose des stagesde«transformation» de la personne. Pendant de longs mois, Marie Lemonnier asuivi incognito le lavage de cerveau de cette organisation sectaireVendredi 17 octobre 2003, 8 h 45. Hôtel Holiday Inn Paris-la Villette.1er jour du Landmark Forum.Deux semaines après la signature de mon contrat avec Landmark Education(LE), dégageant l'organisation de toutes responsabilités en cas de «dommagephysique, psychologique et de trouble émotionnel», me voilà nouvelle recruedu Forum avec 80 autres adultes et une poignée d'adolescents. Tous ont entête les fabuleuses promesses de «transformation» et d'accès à «un autremon
de» qu'on leur a faites. Et comme moi-même ils ont déjà pour la plupartassisté à une soirée de présentation du Landmark. La phrase d'Alain Roth, lemanager de LE en France, résonne encore comme un slogan publicitaire: «Jevous promets quelque chose d'unique et d'extraordinaire. Si vous êtes aubord du plongeoir, faites un pas de plus. L'eau est bonne.» Coût duplongeon: 395 euros les trois jours et demi, sans bouée de sauvetage.A l'entrée de la salle de conférences de l'hôtel, deux bénévoles distribuentles badges obligatoires. Il faudra consciencieusement les rendre chaque soiret les reprendre chaque matin. Un moyen efficace de contrôler les absencesou les retards et de vous infantiliser. A l'intérieur, une dizained'assistantsbénévoles jouent les agents de sécurité, prêts à bondir si vous tentiez deprendre des notes, de filmer ou de fuir à l'anglaise... Les rideaux,entièrement tirés, ne laissent filtrer aucune lumière naturelle, «pour nepas être perturbés par les passants», nous
  explique-t-on. Au milieu d'unelarge estrade, un pupitre et une chaise de metteur en scène: le trôned'AlainRoth, «l'un des 25 meilleurs animateurs du monde», dixit l'intéressé.Look VRP, ancien d'HEC et de la fac de psycho, le manager de 57 ans se vanted'avoir introduit la «technologie» Landmark en France. Son show estparfaitement rodé. Ecrit en fait sur le cahier posé devant lui. Orchestré àla minute et au mouvement de chaise près! «Ça va être dur, très dur»,annonce-t-il l'air satisfait. Enfermés pendant trois jours, de 9 heures à 23h 30, vissés sur nos chaises, avec une demi-heure de répit toutes les troisheures et une seule pause-repas vers 18 heures, des devoirs à faire le soirpour le lendemain et des exercices pendant les pauses, tout est calculé pourne jamais relâcher la pression sur les stagiaires, limiter leur sommeil,réduire leurs capacités mentales.Après quelques anecdotes, les choses sérieuses commencent: l'apprentissagedu langage landmarkien. Prendre une résolutio
n, c'est «inventer unepossibilité», comprendre quelque chose sur soi-même, «faire une percée», lesqualités deviennent «des atouts majeurs», les défauts «des inauthenticités»et les blocages de votre vie «des rackets»... La migraine guette. Marc nesait même plus ce que veut dire le mot «problème». Alain Roth l'appelle aumicro: «Je te donne un exemple. T'as le cancer, t'as un problème?» Réponsede Marc: «Euh, non, j'ai le cancer!» Perdu! Marc a tellement bien intégrél'idéeexposée quelques minutes plus tôt selon laquelle «les problèmes ne sont pas,mais que seules les choses arrivent» qu'il ne voit plus de problème nullepart. Et inutile d'émettre l'idée que ce charabia brouille la pensée, AlainRoth n'hésitera pas à imposer sa vérité: «C'est moi le chef. Alors,montrez-vous coachable!» Soumission totale exigée. Mais l'arme absolued'AlainRoth, c'est l'humour. Vous vous demandiez si vous n'étiez pas dans unesecte? Toutes les occasions vont être bonnes pour plaisanter sur le sujet.«Sur
tout, en allant dîner, n'oubliez pas d'enlever votre badge. Sinon on vapenser que vous êtes dans une secte!»Central dans la méthodologie Landmark, le grand moment des confessions aumicro. Un déballage public qui peut soudainement tourner au violpsychologique quand le coach décide d'asseoir son pouvoir en déstabilisantles participants. Ce jour-là, la victime sera Danielle. Une mère qui vientparler de ses problèmes avec sa fille. La scène est glaçante. «Vousprétendez que vous l'aimez, mais vous rigolez ou quoi? - Si, je l'aime...»Roth aboie plus fort: «Vous êtes une enfoirée! Vraiment. C'est grave, vousne l'aimez pas, vous vous aimez vous!» Elle sanglote. «Bou... bou... et enplus vous passez votre temps à pleurnicher sur vous! C'est pas beau à voir!»«Mais qu'est-ce que je fais avec ça?», implore Danielle. «Si vous voulezfaire quelque chose pour votre fille, je ne sais pas moi, vous pouvez voussuicider! Non! C'est pas assez bien. Filez-vous des coups! Trouvez un trucqui vous fa
sse souffrir. Assurez-vous que ça dure vingt ans et que vousmouriez dans des souffrances épouvantables. Comme ça vous vous sentirezmieux.» Il a porté l'estocade, Danielle peut partir s'asseoir en pleurant.Anesthésiée, l'assistance vient de vivre son premier jeu de massacre.Installés dans une complicité passive, les stagiaires préféreront souventnier l'agression. «C'est pour son bien.»Mais Alain Roth choisit ses boucs émissaires, et ses chouchous. Un jeunehomme comme Edgar, 25 ans, chemise blanche et physique avenant, responsabled'une ONG humanitaire et jeune marié, fait figure de candidat idéal. Ilvient pour gagner en confiance en lui. Son traumatisme: que son père nel'aitpas défendu quand il est revenu de l'école, après s'être fait «casser lagueule».Samedi 18 octobre 2003, 9 heures.2e jour du Landmark Forum.Un retardataire, une demi-heure de sermons. Personne ne moufte, la nuit aété courte. Le rythme s'intensifie. A la mi-journée, je sais à peine commentje m'appelle. On nou
s a ordonné d'écrire une lettre à un proche dont nousaimerions nous faire pardonner. Ce début d'introspection m'émeut plus queprévu. Je sens mes défenses lâcher du terrain et reviens de la pause un peutroublée. Un nouvel exercice va me faire atterrir. Alain Roth nous demandede fermer les yeux et de penser aux deux personnes assises à nos côtés commedes sources de danger potentiel. «Laissez entrer la peur dans votre corps,dans votre respiration, dans vos tripes, ordonne-t-il. Vous êtes en traind'essayerde vous échapper, mais il n'y a nulle part où aller.» Certains craquent. Onentend les pleurs, les tremblements autour de soi.J'observe un adolescent de 15 ans, blond, timide et légèrement bègue.Hyperconcentré, il absorbe le discours puis va au micro pour raconter lamort de sa mère et sa peine. Pris d'un étonnant courage, il se portevolontaire à l'exercice pour lequel Alain Roth a la délicatesse de demanderla participation de «quelqu'un de pas trop con pour qu'on n'y passe pas d
esheures, mais de pas trop intelligent non plus»! Romain se dit heureux d'osers'exprimer grâce au Forum. Deux mois plus tard, je le retrouve pâle,dépressif, l'air un peu hagard. Il m'avoue avoir des envies suicidaires etsubir des terreurs nocturnes consécutives à son passage au Forum. Ce soir,son père l'accompagne pour comprendre où son fils est tombé. Son verdict:«C'està l'évidence une secte. Les méthodes employées sont dangereuses.»Déconstruction de la personne, lavage de cerveau, viol psychologique sanssuivi, séances d'humiliation collective, un cocktail détonnant pour réduireà néant un ado sensible. Martelez-lui ensuite que «la vie est vide et sanssens», l'idéologie de fond du Landmark, vous aurez pas mal de chancesd'obtenirun bon candidat au suicide. Alain Roth nous l'a répété maintes et maintesfois. Après tout, «n'allons-nous pas tous finir dix pieds sous terre, avecun chien qui viendra pisser sur notre tombe»?Dimanche 19 octobre 2003.3e jour du Landmark Forum.Le jeu d
es confessions continue. Mais pour le dernier jour, tandis qu'untableau nous rappelle en permanence que nous devons nous inscrire au coursavancé, en promotion (595 euros au lieu de 695), Alain Roth insiste surl'importancede l'enrôlement, seule condition pour réussir sa transformation. «Emouvoirles autres et leur faire partager votre expérience vous permettra d'affirmerqui vous avez décidé de devenir.» Et puis, «si vous aimez sincèrement vosproches», vous ne pouvez pas leur faire rater ça, n'est-ce pas?Novembre 2003 à février 2004.Le Forum en action, dix séances de trois heures.Pour bien assimiler la doctrine et l'appliquer à sa vie, Landmark nouspropose une révision en dix points du stage intensif. Difficile d'y échappervu le harcèlement téléphonique prodigué, environ quatre appels par semaine.Ce qu'il m'en reste. Premièrement, un agacement dû à la répétition desincitations à recruter et à souscrire aux autres programmes du Landmark, depréférence ceux où l'on vous apprend à
être un bon enrôleur (ILP) ou à voustransformer en «bénévoles à tout faire» pour le compte de la société(Assistanat). Edgar, le chouchou, sera très vite entraîné dans la spirale duprogramme, cumulant les formations. En moins de six mois, rejoint par safemme, son père et bien d'autres proches et moins proches, il aura versé aumoins 1500 euros, passé quatre week-ends à Amsterdam pour le staged'apprentissagedes techniques d'enrôlement... «Un exemple pour tous», selon sescostagiaires.Deuxièmement, une révolte devant l'endoctrinement et la soumission desparticipants. Un jour, Françoise, 60 ans, osa parler des abus sexuels dontelle avait été victime enfant. Martha, la coach du jour, lui rétorqua que«tous les enfants ne se faisaient pas abuser». Face à un début de rébellion,Martha persista: «L'identité se met en place à l'âge de 2 ans, on amène çadans notre vie, c'est la façon d'être que vous adoptez qui fait que çafonctionne sur vous ou pas.» La séance reprit, dans le silence.24 m
ai 2004.«Pièces à conviction» sur France 3.L'émission d'Elise Lucet dénonce les malversations fiscales de LandmarkEducation, l'utilisation abusive d'une armée de bénévoles et rapportel'existencede poursuites pour «abus de faiblesse et manipulation mentale» dans uneaffaire de meurtre. Le coup est fatal. L'organisation monte quelques joursplus tard une soirée particulière d'où Alain Roth a étrangement disparu.Venue tout spécialement de New York, Sophie McLean, la responsable de lacommunication de Landmark International, répond aux interrogations del'assistance,partagée entre inquiétude et solidarité. Contre les accusations de France 3,elle nous distribue un démenti qui évite soigneusement les points les plussensibles du reportage. Pourquoi un tel acharnement des médias? Parce que«Landmark Education a une pédagogie de pointe et, en tant que telle, estplus susceptible que d'autres d'être mal comprise».Juin 2004.32, rue d'Hauteville.L'Inspection du Travail débarque dans les locau
x de Landmark, constatel'exploitationdes bénévoles et dresse des procès-verbaux pour travail non déclaré. Lespoursuites s'accélèrent, l'étau se resserre.Juillet 2004.Les stagiaires trouvent porte close. La branche française du mouvement estofficiellement dissoute. Officieusement, les dirigeants ont repris leursactivités sur Londres et continuent de recruter en France.Mai 2005.Sous la forme d'une association d'anciens, une «cellule dormante», quicommunique par le biais d'internet, ouvre secrètement en France àl'enrôlementde nouvelles recrues et tente de réunir les conditions nécessaires à larenaissance, sous un nouveau nom, de l'organisation démantelée... Parmi eux,de nombreux stagiaires rencontrés lors de cette année passée chez Landmarkqui persistent à ne pas comprendre les accusations portées à l'encontre dela société, qui se sentent dépossédés d'une «famille» et expriment leursprofonds regrets de ne pas pouvoir continuer à «apporter la transformationaux gens». «L'eau est
bonne», nous avait dit Alain Roth. Ces eaux-là, nousles avons trouvées en réalité bien troubles.Certains prénoms de participants ont été modifiés dans le souci du respectde leur vie privée.----------------------------------- Vatican : Religions (Légionnaires du Christ)Aucun procès canonique en vueAPIC, 23 mai 2005[Texte intégral]Rome - Aucun procès canonique ne sera engagé contre Marcial Maciel, lefondateur des Légionnaires du Christ, selon un communiqué de la congrégationen date du 20 mai 2005. Communiqué qui fait suite à l'enquête ouverte par laCongrégation pour la doctrine de la foi au sujet d'accusations gravesportées contre Marcial Maciel.Aucun procès canonique en vue pour le fondateur de la congrégation desLégionnaires du Christ. Cette affirmation a été confirmée par le viceporte-parole du Saint-Siège, le père Ciro Benedettini, interrogé le 21 maipar les médias américains. Ces propos font suite à l'enquête récemmentouverte par la Congrégation pour la doctrine de la foi
  au sujetd'accusations graves portées contre Marcial Maciel."Le Saint-Siège a récemment informé la congrégation des Légionnaires duChrist qu'il n'y a actuellement aucun procès canonique en cours contre sonfondateur, le père Marcial Maciel, et qu'aucun procès ne sera engagé", aécrit Jay Dunlap, le directeur des communications de la congrégation desLégionnaires du Christ en Amérique du Nord, dans un communiqué daté du 20mai 2005. Ces propos ont été confirmés par le père Ciro Benedettini, levice-directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, interrogé le 21 mai pardes vaticanistes américains.En 1987, le prêtre mexicain fondateur de la 'Légion du Christ', avait étéaccusé d'abus sexuels commis dans les années 1940, 1950 et 1960 sur dejeunes séminaristes. Le père Maciel avait alors rejeté toutes lesaccusations venant d'anciens membres de sa propre congrégation. Saréputation en ayant été éclaboussée, le père Maciel avait clamé à plusieursreprises son innocence. Sa dernière déclara
tion sur le sujet remonte au 22avril 2002, date à laquelle il déclarait "catégoriquement que cesaccusations contre lui étaient fausses". "Je n'ai jamais eu le genre decomportement abominable dont m'accusent ces personnes, et il n'y a rien quisoit plus éloigné de mon mode de relation avec les personnes, comme peuventen témoigner les milliers de Légionnaires du Christ qui me connaissent",avait-il ajouté.Pourtant, en décembre 2004, la Congrégation pour la doctrine de la foi,dirigée par celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger, avait décidéd'ouvrir une enquête approfondie sur les accusations portées par huitanciens séminaristes contre le père Maciel.En janvier 2005, le Mexicain Alvaro Corcuera âgé de 47 ans était élu, aprèsdeux tours de scrutins, nouveau président de la 'Légion du Christ' par leChapitre général de la congrégation alors réuni à Rome. Il succédait ainsi àla tête de la congrégation au père Marcial Maciel, âgé de 84 ans. "Si lepère Maciel ne souhaite plus
assumer les responsabilités quotidiennesconcernant la gestion de l'ordre religieux, il en restera le conseiller,aidera le nouveau supérieur général, et continuera à donner des conférences,car il demeure le fondateur de la Congrégation", avait toutefois expliqué leporte-parole des Légionnaires du Christ au partenaire de l'agence Apic àRome, l'agence I.MEDIA. Le père Thomas William avait aussi déclaré que "ladémission de Marcial Maciel n'avait rien à voir avec cette affaire" descandale de moeurs, sur laquelle la Congrégation pour la doctrine de la foine les avait d'ailleurs "pas contactés", ce qui aurait dû être fait en casd'enquête.Mais s'il a eu des propos similaires en mai 2005, le père William acependant admis ce mois-ci qu'une pré-investigation était peut-être en coursau Vatican afin de collecter des témoignages et des informations sur lepassé de Marcial Maciel.Le promoteur de justice de la Congrégation pour la doctrine de la foi, lepère Charles J.Scicluna, s'est en effet
  rendu au Mexique en avril dernierafin de rencontrer les victimes présumées du père Maciel. Il serait aussiallé aux Etats-Unis pour la même raison. Même si les anciens Légionnairesespéraient que Marcial Maciel soit jugé pour violation du sacrement de laconfession - il aurait absout ses élèves après les avoir poussés à commettredes actes sexuels avec lui - les résultats de cette enquête n'ontvisiblement pas été suffisamment conséquents pour que s'ouvre un procèscanonique contre Marcial Maciel.Reste désormais à savoir ce qui pourrait être entrepris lorsque le nouveaupréfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Joseph Levada,aura pris possession de ses fonctions en septembre.La Congrégation pour la doctrine de la foi prescrit cependant qu'un tribunalecclésiastique ne peut plus accuser un clerc de 'délit contre la morale' oude 'délit contre la dignité et la sainteté du sacrement de laréconciliation' après les dix ans suivant la majorité de la victime. LaCongrégation
  a cependant la possibilité de déroger à cette règle, au cas parcas. Ces délits peuvent entraîner l'excommunication. Le tribunal de laPénitencerie apostolique traite pour sa part les affaires non publiques quirelèvent du fors intérieur. Ce n'est pas la première fois que le Vaticanenquête sur Marcial Maciel.Entre 1956 et 1959, il avait été suspendu de ses fonctions par les autoritésde l'Eglise catholique, suite à l'accusation d'usage de stupéfiant. Il avaitété acquitté.Marcial Maciel Degollado a fondé la congrégation des légionnaires du Christen 1941 au Mexique. La branche laïque de la communauté, 'Regnum Christi',fut créée en 1949. La congrégation des légionnaires du Christ compteaujourd'hui plus de 600 prêtres et 2800 séminaristes, présents dans 18 paysd'Europe et d'Amérique. Elle est particulièrement influente au niveauuniversitaire, avec un réseau de 12 universités, présentes surtout enAmérique latine.----------------------- Canada : Témoins de JéhovahLa «médecine sans sa
ng» pour respecter les croyances religieusesCyberpresse , 24 mai 2005 par Mathieu Perreault[Texte intégral]Un nombre croissant d'hôpitaux américains offrent des programmes de«médecine sans sang», qui cherchent à éviter les transfusions sanguinesdurant les chirurgies ou les thérapies médicamenteuses, pour respecter lescroyances religieuses de certains de leurs patients.Ce phénomène, à peu près inconnu au Canada, intéresse beaucoup les Témoinsde Jéhovah canadiens. Dans les dernières années, plusieurs adolescentsmembres de ce groupe religieux et atteints de la leucémie se sont adressésaux tribunaux pour aller suivre une chimiothérapie dans un programme demédecine sans transfusion aux États-Unis.Cette semaine, une jeune Témoin de Jéhovah de 14 ans, de laColombie-Britannique, a mis un terme à cinq mois de batailles juridiques enconvainquant ses médecins canadiens de la laisser faire une chimiothérapie àl'hôpital Schneider, à Long Island près de New York, qui vient de mettre surpi
ed un programme de « médecine sans sang ». Les tribunaux de laColombie-Britannique la jugeaient trop jeune pour prendre elle-même ladécision; ses parents et elle avaient même été accusés de fuir en Ontario,province qui permet davantage aux mineurs de prendre leurs propres décisionsquant à leur santé.« Nous avons créé ce programme à cause de demandes de nos patients,particulièrement à cause de convictions religieuses, explique Anne McGrath,coordonnatrice du programme de médecine sans sang à l'hôpital Schneider.Depuis deux mois que nous l'avons inauguré, nous avons eu trois patients,dont un en chimiothérapie, en plus de la petite Canadienne. »Éviter les transfusionsL'objectif du programme est d'éviter le plus possible les transfusions,notamment à l'aide de médicaments qui stimulent la moelle épinière, où estproduit le sang, ou qui gonflent le volume du sang, pour éliminer lestransfusions visant à contrer une baisse de pression sanguine. « Nousn'avons pas eu jusqu'à maintenant
à faire de transfusion, dit Mme McGrath.Mais nous expliquons clairement aux patients que ce pourrait être nécessairesi la vie du patient est menacée. Je crois qu'ils accepteraient plusfacilement une transfusion parce qu'ils sont convaincus que nous ferons touten notre pouvoir pour l'éviter. »Les chimiothérapies d'enfants et d'adolescents atteints de leucémie sontplus souvent accompagnées de transfusions sanguines que les chimiothérapiesd'adultes, parce que les traitements sont plus « agressifs ». « Kilo pourkilo, les enfants tolèrent des doses de chimiothérapie plus fortes que lesadultes, explique Martin Champagne, hématologue à l'hôpital Sainte-Justine.Plus la chimiothérapie est agressive, plus les chances de succès sontélevées, mais plus le risque de transfusion augmente. »En plus des cellules cancéreuses, la chimiothérapie attaque la moelleépinière, diminuant le taux de plaquettes dans le sang, ce qui augmente lerisque d'hémorragie. Le Dr Champagne note que la plupart des
  grands hôpitauxaméricains suivent un protocole standard très « agressif » pour la leucémiedes enfants et adolescents, et que les centres de « médecine sans sang »demeurent très minoritaires. Vu la faible taille de la populationcanadienne, il n'existe pratiquement pas de centres de « médecine sanssang » au pays, selon le Dr Champagne.Poursuite d'un millionChose certaine, la question des transfusions soulève les passions. EnAlberta, un ancien Témoin de Jéhovah poursuit son ex-femme et les Témoins deJéhovah, parce qu'il les estime responsables de la mort de sa fille de 17ans. Lawrence Hughes a fait partie des Témoins pendant 20 ans, jusqu'aujour, à la mi-février 2002, où sa fille a reçu un diagnostic de leucémiegrave. Il a donné son accord au traitement, au grand dam de sa femme, aussimembre des Témoins, qui l'a quitté en partant avec ses deux autres filles.Entre février et juillet 2002, Bethany Hughes a reçu 38 transfusions dans unhôpital de Calgary, dans le cadre d'une chimi
othérapie; puis les médecinsont baissé les bras, et sa mère l'a transférée dans un autre hôpital, àEdmonton, où elle est morte en septembre, peu après son 17e anniversaire.Une série de jugements ont donné un certain appui à M. Lawrence dans sapoursuite d'un million de dollars; en février, un tribunal a confirmé qu'ilest le seul porte-parole de sa fille décédée. « Nous estimons que lesavocats des Témoins étaient en conflit d'intérêts quand ils conseillaientaussi Bethany, affirme en entrevue l'avocat de M. Lawrence, Me VaughnMarshall. Ils lui ont mal présenté son état de santé et les réalitésmédicales. Nous pensons aussi qu'ils ont incité Bethany à refuser de voirson père »Dans l'un des nombreux jugements de cette affaire, on peut lire quel'hôpital a interdit à la mère de Bethany d'assister aux transfusions, aprèsquelques séances où elle avant tenté d'arracher les tubes.Les Témoins de Jéhovah ont 110 000 membres au Canada. Leur refus destransfusions sanguines est basé sur deux
  passages des « Actes des apôtres »,une section du Nouveau Testament, où il est écrit que les chrétiens doivent« se garder des viandes immolées aux idoles, des unions illégitimes, deschairs étouffées et du sang »--------------------------- France: KinésiologieLa kinésiologie, technique à la mode accusée de dérives sectairesVoila.fr, 26 mai 2005[Texte intégral]La kinésiologie se trouve accusée de dérives sectaires, ce que rejettent lespromoteurs de cette technique importée des Etats-Unis dans la mouvance duNew Age voilà une vingtaine d'années et qui promet le mieux-être en sefondant sur l'étude du mouvement.Ces accusations seront évoquées pour la première fois devant la justice,avec un procès qui s'ouvre lundi devant la cour d'assises du Finistère aprèsla mort en 2000 d'un bébé malnutri dont les parents tenaient une école dekinésiologie.Auteurs d'un guide du kinésiologue "face aux administrations", ilsprésentaient notamment au programme les "lois biologiques" du guérisseurall
emand Ryke Geerd Hamer, arrêté en septembre dernier après unecondamnation à trois ans de prison en France pour "escroquerie et complicitéd'exercice illégal de la médecine".Les parents étaient "sous l'emprise d'une vision du monde de type sectairequi a contribué à les couper de la réalité", estime Jean-Pierre Jougla del'Unadfi (Union nationale des associations de défense de la famille et del'individu), partie civile comme l'association La Voix de l'Enfant."Ils sont toujours persuadés que le milieu médical est dangereux, quel'alimentation doit être purifiée en permanence et qu'ils ont tout pour sesoigner eux-mêmes", poursuit-il. "C'est emblématique d'une partie de lapopulation, avec une approche de la santé par le sentiment, la sensation".Début avril, le député socialiste des Ardennes Philippe Vuilque, présidentdu groupe parlementaire sur les sectes, a demandé au ministre de la Santé de"faire le point sur la kinésiologie, son développement, ses risques" enraison des "dérives s
ectaires de cette théorie dénoncées par de nombreusesfamilles".L'ancienne Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils)citait la kinésiologie dans son rapport 2001. La Mission de vigilance et delutte contre les dérives sectaires (Miviludes) qui l'a remplacée fin 2002 nel'a pas évoquée dans ses rapports.La Fédération française des kinésiologies spécialisées (FFKS), l'une desprincipales organisations de kinésiologues, souligne ce silence et assureque "la kinésiologie n'est pas une secte".Selon la FFKS, la kinésiologie n'est pas une médecine douce, ne recommandeaucun régime alimentaire particulier et recouvre simplement "une méthodeéducative" utilisée notamment pour le sport et la danse.Fondée dans les années 1960 par George Goodheart, chiropracteur inspiré parla médecine chinoise, la kinésiologie utilise un "test musculaire" pour"interroger le ressenti du corps" afin d'aider chacun à "atteindre sesbuts".Sportifs en mal de records, élèves à problèmes, adultes en
crise se voientproposer des stages de "Touch for Health" (Santé par le toucher), "BrainGym" (Edu-kinésiologie) ou "One Brain" (Trois en un).Mais ces multiples stages coûtent cher et "prétendre apporter des réponses àtous les problèmes est un indice de sectarisme", observe un expert enphénomènes sectaires."La kinésiologie n'est pas une secte classique, c'est une mouvance sectaireavec plusieurs leaders", poursuit-il, dénonçant le "pompage" de l'argentpublic: "Beaucoup de kinésiologues cherchent à se faire enregistrer commeorganismes de formation, notamment auprès des acheteurs de formationhospitaliers. Mais ils y parviennent moins que dans les années 1980-90 grâceà une meilleure vigilance".------------------------------------------ France: KinésiologieDes parents kinésiologues en procèsLibération, 27 mai 2005[Texte intégralTapez kinésiologie sur un moteur de recherche et l'Internet livre unekyrielle de définitions sur cette méthode née aux USA dans les années 70 etcensée «renf
orcer ou rétablir la santé et la vitalité d'une personne sur leplan physique, moral, énergétique et émotionnel», par utilisation dumusculaire, comme le dit l'un des sites. Et manifestement, il y a à boire età manger dans la multitude d'instituts qui se proposent sur le marché.Le procès qui s'ouvre lundi devant la cour d'assises du Finistère, après lamort, en 2000, d'un bébé mal nourri dont les parents tenaient une école dekinésiologie, permettra peut-être d'y voir plus clair.. La justice reprocheen effet au couple d'avoir privé de soins son enfant au nom «de conceptionsidéologiques» inhérentes à cette technique psychocorporelle.Lorsqu'il est mort au domicile familial, à 16 mois et demi, les expertsavaient alors décelé chez l'enfant une carence nutritionnelle «importante etchronique» imputable selon eux à un régime alimentaire sans protéinesanimales ni supplément vitaminique. Les parents, qui comparaissent libres,nient tout lien de causalité entre leur comportement et le décè
s del'enfant.L'Union nationale des associations de défense de la famille et de l'individu(Unadfi), qui se porte partie civile, pense, elle, qu'ils «étaient sousl'emprise d'une vision du monde de type sectaire [...] Qu'ils sont persuadésque le milieu médical est dangereux [...] Qu'ils ont tout pour se soignereux mêmes». D'où les débats sur la nature sectaire ou non de lakinésiologie. Trois médecins sont aussi poursuivis pour non-assistance àpersonne en danger.----------------------------------------------------------- France: KinésiologieDécès d'un enfant malnutri: les parents kinésiologues critiquent la médecineAFP, 30 mai 2005 par Frédéric GAULIER[Texte intégral]QUIMPER - Les époux Boucher-Durand, accusés d'être responsables de la mortde leur dernier enfant par malnutrition à l'âge de 16 mois, ont expliquélundi, au premier jour de leur procès devant la cour d'assises du Finistère,qu'ils avaient adhéré à la kinésiologie par méfiance pour la médecinetraditionnelle.Kerywan éta
it décédé le 12 novembre 2000 au domicile familial deMoëlan-sur-Mer (Finistère), avec un poids de 6 kg, soit celui d'un enfant dequatre mois.La justice reproche aux parents de Kerywan, qui avaient déjà trois filles,d'avoir privé de soins leur dernier enfant au nom de "conceptionsidéologiques" inhérentes à la pratique de la kinésiologie, techniquepsycho-corporelle importée des Etats-Unis dans les années 70, accusée dedérives sectaires.Trois médecins sont aussi poursuivis dans ce dossier pour non-assistance àpersonne en danger. Ils devront expliquer pourquoi ils n'ont pas procédé àune hospitalisation en urgence de l'enfant qui, selon l'enquête, aurait puêtre sauvé "jusqu'au dernier moment"Vêtue d'un strict tailleur noir, Pascale Durand-Boucher, 47 ans, quicomparaît libre comme son époux, a reconnu "ne pas faire confiance a prioriau corps médical"."Les médecins ne m'ont pas prise au sérieux. C'est (récurrent)", a-t-elleinsisté, alors qu'elle racontait les suites d'une agression
  dont elle a ditavoir été victime de la part d'une co-détenue lors de son incarcération du13 décembre 2000 au 9 août à la maison d'arrêt de Rennes.L'accusée relate sa santé défaillante, citant une fatigue tenace après unemauvaise chute lors d'exercices de gymnastique, des problèmes d'hypertensionlors de l'accouchement de sa 3ème fille, des accidents corporels, fractured'un coude puis de la clavicule.Son engagement dans la "kinésiologie éducative" (l'enseignement de lakinésiologie) a démarré, explique-t-elle, après une expérienceprofessionnelle "désastreuse" doublée d'affections asthmatiques contractéesselon elle dans des ateliers de l'Aérospatiale au point d'avoir subi une"antibiothérapie pendant 16 mois".En 1992, elle crée une école complémentaire à la kinésiologie dans la maisonfamiliale. Trois ans plus tard, son mari Ronan qui l'avait initiée à cettepratique, s'associe à son activité après un licenciement économique."Quinze ans de mal de dos ont disparu après une visite c
hez un ostéopathepuis un kinésiologue dentaire", a affirmé lundi cet ingénieur de 45 anssorti 8ème sur 56 de l'Ecole supérieure d'électronique de l'Ouest.Les experts ont décelé chez son fils Kerywan une carence nutritionnelle"importante et chronique" imputable selon eux à un régime alimentaire sansprotéine animale ni supplément vitaminique. L'enfant était depuis sanaissance allaité par sa mère adepte d'un régime végétalien.Les deux époux nient toute accusation de pratique illégale de la médecine ettout lien de causalité entre leur comportement et le décès de l'enfant. Ilsencourent une peine maximale de trente ans de réclusion.La cour présidée par Jean-Michel Buckel devait entendre dans la soirée lespremiers témoignages des trois médecins, passibles d'une peine de 5 ans deprison.Les débats doivent durer cinq jours.--------------------------------------------------------- France: KinésiologieUne «pata-médecine charlatanesque»L'Express, 30 mai 2005 par François Koch[Texte intég
ral]Comment, au nom de croyances antimédicales, des parents ont laissé mourirleur fils de 16 mois et demi.Procès à QuimperLe 12 novembre 2000, à 21 h 32, Pascale et Ronan Boucher appellent le centrede secours de Moëlan-sur-Mer (Finistère). Leur fils, Kerywan, 16 mois etdemi, souffre de grosses difficultés respiratoires. L'enfant décède uneheure plus tard. Il a le poids d'un bébé de 4 mois.L'autopsie révèle que la mort est due à une «infection aiguë secondaire àune malnutrition chronique particulièrement sévère». Incarcérés pendant huitmois, les parents sont mis en examen pour «privation de soins ou d'alimentssuivie de mort d'un mineur par ascendant», et les trois médecins homéopathesqu'ils avaient consultés pour «non-assistance à personne en péril». Tous lescinq comparaissent devant la cour d'assises de Quimper du 30 mai au 3 juin.Aucun n'a accepté de répondre à L'Express.Une «pata-médecine charlatanesque»Cet événement ne serait qu'un sordide fait divers si l'instructionjudi
ciaire du juge Richard Foltzer n'avait mis en évidence le rôle d' «uneidéologie aux implications médicales», la kinésiologie, dont les épouxBoucher étaient des apprentis gourous locaux.Les kinésiologues soutiennent que des tests et des exercices musculairesrésolvent une multitude de problèmes de santé. Une «pata-médecinecharlatanesque» dénoncée, dès 1998, par le psychiatre Jean-Marie Abgrall et,aujourd'hui encore, par la Mission interministérielle de vigilance et delutte contre les dérives sectaires. «Je démontrerai la dangerosité de lakinésiologie», annonce Me Jean-Michel Pesenti, avocat de l'Union nationaledes associations de défense des familles et de l'individu, partie civile.Le procès de Quimper décryptera en tout cas une sorte d'autisme sectairefamilial. Issus de milieux cultivés, Pascale et Ronan Boucher, 47 et 45 ans,ont suivi des études scientifiques, l'une en licence de physique-chimie,l'autre dans une école d'ingénieurs électroniciens.Malgré ce bagage, ils ont dév
eloppé une méfiance hostile à l'égard de lamédecine classique et tous deux sont devenus kinésiologues. Ils ont mêmeaffiné leur pratique en empruntant des théories à un célèbre gourouallemand, Ryke Geerd Hamer, condamné en France à trois ans de prison fermeaprès la mort d'une patiente. Ronan Boucher s'est en outre spécialisé dansles troubles psychologiques des juments provoqués par des sailliesviolentes! Quant à leur école de kinésiologie, elle propose même, en 2000,une formation de trois jours à. la nutrition.Alors que la courbe de poids de Kerywan est dramatiquement plate, lesBoucher consultent trois médecins, seulement des homéopathes - dont uneretraitée, par fax. Pendant ses sept derniers mois, l'enfant n'est auscultéque deux fois.Pour leur défense, les parents plaident que c'était aux trois médecins deprescrire des examens ou une hospitalisation. Mais les trois praticiensétaient persuadés, disent-ils, que Kerywan était suivi par d'autresmédecins, ce que laissaient entend
re les époux Boucher. Le 12 août 2000, leDr Jean-Michel Rosenstein voit arriver un «enfant du Sahel» et il croit queles parents ne viennent chercher que des soins palliatifs.Après coup, il assure au juge d'instruction avoir été «embobiné». Le procèsd'assises de Quimper devrait montrer en quoi des croyances antimédicalesassociées aux fautes professionnelles de médecins peuvent produire uncocktail criminel.