ACTUALITE SUR LES SECTES - Juin 2005

France : OTS
Vers un nouveau report du procès en appel de Michel Tabachnik
AFP , 1er juin 2005

[Texte intégral]

GRENOBLE - La cour d'appel de Grenoble, qui devait juger à partir du 13 juin
Michel Tabachnik, poursuivi après la mort de 16 adeptes de l'Ordre du temple
solaire (OTS) en 1995 dans le Vercors, a été saisie d'une demande de report
du procès par une partie civile, a indiqué mercredi l'avocat général,
Bernard Azema.
Les raisons de cette nouvelle demande de report n'ont pas été précisées.

Toutefois, selon une source proche du dossier, cela devrait se traduire par
un nouveau report de ce procès en appel, à une date qui sera fixée le 13
juin. Ce procès en appel avait été fixé au 22 septembre 2003, puis au 14
juin 2004, avant d'être repoussé au 13 juin 2005.

La cour d'appel avait décidé le 22 septembre 2003 d'attendre le résultat
d'une procédure judiciaire lancée, à la demande de deux avocats des parties
civiles, contre Jean-Marie Abgrall, le principal expert psychiatre du
dossier, mis en examen pour "violation du secret de l'instruction et du
secret professionnel". Or M. Abgrall n'a pas encore été jugé dans ce dossier
et il y a toujours des possibilités de recours.
Lors d'une audience ayant débouché sur un précédent report, Me Jean-Michel
Pesenti, l'avocat d'une association anti-secte, partie civile, avait
déclaré: "Le rapport d'expertise de M. Abgrall risque de paraître non
crédible aux yeux de la cour si l'expert était condamné".

L'avocat de M. Tabachnik, Me Francis Szpiner, avait critiqué les reports
successifs de ce procès, estimant qu'un homme avait le droit d'être jugé
"dans un délai raisonnable". Michel Tabachnik, 61 ans, chef d'orchestre
franco-suisse, poursuivi après la tuerie-suicide de 16 adeptes de l'Ordre du
temple solaire en 1995 pour "participation à une association de
malfaiteurs", avait été relaxé au bénéfice du doute en avril 2001 par le
tribunal correctionnel de Grenoble, mais le parquet a fait appel.


-----------------------------------------------------------------

France : Kinésiologie
Assises : trois médecins sur la sellette
MaVILLE.com , 1er juin 2005 par Jean-Yves Manac'h
[Texte intégral]

Les parents de Kerywan admettent leur régime alimentaire végétarien

Deuxième journée du procès des parents de Kérywan, mardi, devant la cour
d'assises du Finistère. Accusés de privations de soins et d'aliments ayant
entraîné la mort de cet enfant qui ne pesait que 6,050 kg à 16 mois et demi,
ils ont admis leur régime alimentaire végétarien, voire végétalien et,
surtout, chargé les médecins prévenus dans cette affaire.

Jean-Michel Rosenstein est encore très ému quand il évoque, à la barre, la
visite, à son cabinet, de la famille Boucher-Durand. C'était le 12 août
2000. Son associé, le Dr Dory, étant en vacances, il avait accepté, devant
l'insistance du père, de recevoir le couple et ses enfants avec le petit
Kerywan, qui régurgitait sans cesse ce qu'il avait bu. Il décrit cette mère,
« tenant dans ses bras un enfant extrêmement fatigué, la mine terrible, les
lèvres pincées, maigre, ne tenant pas sa tête, les bras ballants. Il n'avait
pas l'air d'avoir le moindre tonus ni un éveil normal. J'étais bouleversé ».
Le médecin poursuit. « On vient vous voir pour l'homéopathie », m'a dit la
mère. « Mais enfin, l'homéopathie ne peut rien dans son cas, ai-je répondu.
S'il attrape la moindre infection, dans deux jours cet enfant sera mort. Ils
n'ont pas bronché. Ne m'ont rien dit. Se sont contentés de me regarder. »
Le praticien leur explique qu'il faut hospitaliser l'enfant. « On a déjà
donné, répondent-ils. Ça ne s'est pas bien passé. Une fois dans le service,
ils vont le garder. » Le médecin pense alors à des sévices. Et c'est dans ce
sens qu'il conduit son examen. Sans trouver la moindre trace. « Tandis
qu'elle donnait le sein à son enfant, la mère m'a expliqué que sa soeur
était médecin. La seule explication qui m'est venue, c'est que l'enfant
était atteint d'une maladie grave, en fin de vie, et qu'ils préparaient leur
deuil. Je suis entré en compassion avec eux et leur ai prescrit un remède
homéopathique. »

Quelques jours plus tard, la maman lui annonce que les régurgitations ont
cessé et lui dit : « Voilà, docteur, ce que j'attendais de l'homéopathie et
que je n'avais pas eu jusqu'à présent. Deux jours plus tard, il vidait mes
deux seins. »

Perte de poids inquiétante
Aujourd'hui, le Dr Rosenstein admet qu'il n'a pas agi comme il aurait dû.
Mais il n'est pas le premier à s'être laissé prendre. Il faut dire qu'auprès
des parents, « bien habillés, présentant bien, il y avait ces trois petites
filles magnifiques, pleines de vie ». Les trois autres enfants du couple.

Le Dr Rolande Juteau, qui avait examiné l'enfant le 4 août 1999 pour la
visite des cinq semaines, puis le 14 décembre, n'avait rien remarqué de
spécial dans l'évolution de l'enfant, né prématuré. Entre temps un événement
grave est intervenu. La tempête du 26 décembre 1999, que la famille a vécue
dans la région parisienne, dans les combles aménagés de la maison des
parents Durand. « Kériwan avait été fortement impressionné. Il avait eu
froid. Dès le lendemain, il avait cessé de sourire. »

« Dès mars, Kerywan avait recommencé à perdre du poids », rappelle Ronan
Boucher. Rendez-vous avait été pris pour le 31 mars avec la pédiatre. Le
jour de sa retraite. La famille arrive avec vingt minutes de retard. Le Dr
Jouanjan n'est plus là. « Avez-vous cherché à recontacter le Dr Jouanjan
? », interroge le président. « Nous avons tenté de la joindre, par
téléphone, à son cabinet. Et puis ma mère est décédée, répond Pascale
Boucher-Durand. Et tout a pris du retard. »

Consultation par fax
Ce n'est qu'en août que le couple s'adresse à elle. En lui adressant une
lettre, datée du 4 août, et un fax dont elle ne prendra connaissance que fin
août. L'enfant pèse 5,9 kg. Depuis décembre 1999, il a perdu 170 g. Dans son
courrier, Ronan Boucher décrit l'enfant, ses vomissements, ses
régurgitations et l'interroge : « Que pouvons-nous faire pour qu'il puisse
garder sa nourriture et reprendre son développement ? » Surprise, le médecin
répond à la fin du mois, annotant au crayon, d'une écriture peu lisible, en
prescrivant des remèdes homéopathiques et un examen sanguin. « Un document
inutilisable par le commun des mortels », remarque le président. Mais
Rolande Jouanjan affirme avoir adressé, toujours par fax, un autre document
où elle recommandait « de ne surtout pas laisser cet enfant dans cet état. »
Il n'a jamais été retrouvé. Pas plus que les dossiers médicaux de la
famille, détruits par le médecin.

Entre temps, le 12 août, la famille a été reçue par le Dr Joël Dory. Le
praticien affirme ne rien avoir remarqué d'alarmant chez l'enfant. Il venait
pourtant de perdre un kilo en quinze jours. Il prescrit un remède
homéopathique, mais leur recommande, au cas où Kerywan ne reprendrait pas de
poids, de lui téléphoner et de le faire hospitaliser. Interrogé par
Catherine Séry-Baudry, l'avocat général, le Dr Dory admet qu'il s'agissait
« plutôt de la visite obligatoire du 9e mois. » Pourtant, aucune mention n'a
été portée sur le carnet de santé, que les parents n'ont pas présenté.

« Maîtrise du corps »
Tout au long des débats, Pascale et Ronan Boucher-Durand n'ont, malgré leur
attitude particulière vis-à-vis des trois médecins, cessé de les charger,
niant avec beaucoup d'aplomb avoir reçu de leur part des avertissements
suffisamment sévères pour les convaincre de faire hospitaliser l'enfant. Ce
qu'ils sauraient fait, assurent-ils, si ça avait été le cas.

Ce qui est certain, c'est que les trois praticiens poursuivis, s'ils
savaient que l'enfant était nourri quasi exclusivement au lait maternel, ne
connaissaient pas le régime alimentaire de la famille. Dans la matinée,
Pascale Durand a pourtant admis qu'au moment des faits, tous deux étaient
végétariens. Elle avait cessé de manger de la viande en 1993. Ils admettent
même avoir suivi un régime végétalien (sans aucune protéine animale),
pendant un an, jusqu'à la conception de Kerywan. Mais il ressort de ses
déclarations que, si les enfants mangeaient des produits lactés, elle n'y
avait recours qu'une fois par semaine.

Est-ce en raison de leur attrait pour la kinésiologie ? Cet « exemple de
déviance des techniques fondées sur la maîtrise du corps » décrit par le
psychiatre Jean-Marie Abgrall dans Les charlatans de la santé, dont le
président Buckel a cité quelques extraits. « Nous ne nous sommes intéressés
qu'à la kinésiologie éducative, affirment les deux accusés. Nous étions, dès
1996, en désaccord avec la fédération française de kinésiologie. »

En 2000, ils proposaient encore, pourtant, de nombreux stages n'ayant rien à
voir avec cette seule « édukinésiologie ». En particulier, les 1er, 2 et 3
juillet, un stage sur la nutrition


--------------------------------------------



France : Stop au cancer
Condamnation définitive du guérisseur allemand Ryke Hamer
AFP , 2 juin 2005
[Texte intégral]

PARIS - La condamnation du guérisseur allemand Ryke Hamer à trois ans
d'emprisonnement pour escroqueries et complicité d'exercice illégal de la
médecine est désormais définitive, la Cour de cassation ayant rejeté son
pourvoi, a-t-on appris vendredi auprès de la Cour.

Le 1er juillet 2004, la cour d'appel de Chambéry avait établi la culpabilité
de M. Hamer, médecin allemand interdit d'exercice depuis 1986, qui voit dans
toute maladie la manifestation d'un "choc psychique intense" et encourageait
des patients, notamment atteints de cancer, à cesser leurs traitements
traditionnels.

Alors installé en Espagne, M. Hamer a attaqué cet arrêt estimant que la cour
d'appel n'avait pas respecté les droits de la défense. Le guérisseur
prétendait notamment n'avoir pas été tenu informé d'une expertise médicale
qui l'obligeait à comparaître.

Le prévenu, qui est actuellement incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne),
considérait en outre que la cour d'appel n'avait pas donné de base légale à
sa condamnation pour complicité d'exercice illégal de la médecine et
escroquerie. Dans un arrêt rendu mardi, la chambre criminelle de la Cour de
cassation, présidée par Bruno Cotte, n'a pas souscrit à ses arguments et a
confirmé la sentence.

En ce qui concerne l'escroquerie, la Cour relève notamment que pour déclarer
Ryke Hamer coupable, "l'arrêt retient qu'interdit d'exercer la médecine en
Allemagne et ne pouvant l'exercer en France, il a néanmoins usé de la
qualité de médecin pour tromper des malades et les déterminer à des remises
de fonds".
La cour d'appel a donc "justifié sa décision", souligne la haute
juridiction.

La première plainte contre Hamer avait été introduite en 1996 par un homme
dont l'épouse, atteinte d'un cancer du sein, avait abandonné tout
traitement. Elle était décédée des suites de sa maladie après avoir refusé
son placement à l'hôpital.


--------------------------------------------------------------



France : Kinésiologie
L'inaction des médecins de Kerywan dénoncée devant la cour d'assises
Le Monde 2 juin 2005 par Acacio Pereira
[Texte intégral]

QUIMPER - Experts ou simples témoins, les médecins qui ont défilé, mercredi
1er juin, à la barre de la cour d'assises du Finistère, n'ont pas eu de mots
assez durs pour dénoncer l'attitude passive des parents de Kerywan, mais
aussi de leurs confrères chargés du suivi médical de l'enfant, mort le 12
novembre 2000, à l'âge de 16 mois et demi.
Kerywan, né légèrement prématuré, n'a jamais pu prendre le cours d'une
croissance normale. Alimenté exclusivement au lait maternel, sans autres
compléments nutritifs, il pesait seulement 6 kg le jour de son décès, soit
le poids d'un enfant de 4 mois. En cause : l'alimentation de sa mère, adepte
de la kinésiologie et végétalienne, un régime alimentaire carencé en
protides et vitamines qui aurait largement contribué à la dégradation de
l'état de santé de l'enfant.

"Un régime alimentaire déséquilibré retentit toujours sur la quantité et la
qualité du lait de la mère, indique le docteur Auguste Le Moigne, ancien
chef du service de pédiatrie de l'hôpital de Lorient (Morbihan). Je suis un
grand défenseur de l'allaitement maternel, mais à partir de 4-6 mois, il
faut introduire de la viande dans le régime alimentaire de l'enfant. Dans le
cas de Kerywan, il est carencé à tout point de vue. Il n'est pas normal qu'à
16 mois, il ait été nourri exclusivement au sein, surtout si sa mère n'avait
pas un régime équilibré."

Le médecin, qui est à l'origine de la procédure judiciaire après avoir
alerté le parquet suite à ses doutes sur la cause de la mort de l'enfant,
s'étonne de l'absence de réaction des parents, Pascale et Ronan Boucher,
poursuivis devant les assises pour "privation de soins ou d'aliments suivie
de mort" .

Selon lui, ils n'ont pas semblé prendre la mesure du danger : "Il était
important qu'ils prennent un avis médical si, comme ils le disent, leur
enfant refusait d'avaler la nourriture. Le fait qu'il ait perdu un kilo en
quinze jours aurait dû les alerter. Le rôle d'une mère, c'est de
s'inquiéter, tout de même ! On ne laisse pas mourir un enfant de faim." Et
de conclure : "Notre rôle c'est de protéger l'enfant, même contre ses
parents. Si nous, pédiatres, ne le faisons pas, qui le fera ?"

Car le couple Boucher n'est pas seul en cause. Trois médecins généralistes
homéopathes, poursuivis pour "non-assistance à personne en danger" , ont eu
l'enfant en consultation, entre décembre 1999 et août 2000. A en croire les
experts, l'état de Kerywan justifiait une hospitalisation dès les mois de
mars-avril 2000. Même s'ils ont très peu vu l'enfant ­ deux fois pour la
première, une fois pour chacun des deux autres ­, les trois médecins
auraient dû réagir en ce sens. Or, ils n'ont jamais pris une telle
initiative.
Pourtant, indique le docteur François Labbé, anatomopathologiste
(spécialiste des lésions anatomiques), "la malnutrition a joué un rôle
total, formel, dans la survenue de la pathologie de l'enfant" . Kerywan est
mort des suites d'une infection pulmonaire doublée d'une septicémie et
accompagnée d'une déminéralisation osseuse et d'une anémie sévère.
La situation était grave mais réversible, n'était l'état de faiblesse de
l'enfant, extrêmement dénutri. Ses défenses immunitaires n'étaient plus en
mesure de jouer leur rôle. "L'infection et la septicémie se sont installées
sur un terrain complètement débilité" , résume l'expert, dans son jargon
médical.

Comme le docteur Labbé, le professeur Thierry Billette de Villemeur exclut
l'hypothèse d'un problème psychologique ou d'une maladie organique pour
expliquer l'état "sévèrement carencé" de Kerywan. "L'enfant était tellement
dénutri, si fragile, qu'il n'a pu faire face à l'infection" , confirme ce
pédiatre, expert près la Cour de cassation.
"Il n'y a pas eu, dans cette affaire, de réactions médicales telles qu'on
aurait pu les attendre, soutient-il. La seule prescription a été
l'homéopathie. Aucun diagnostic n'a été fait, ni même recherché. Aucune
hospitalisation n'a été proposée. L'enfant n'a même pas eu les vaccins
obligatoires. Les parents auraient dû passer outre et aller d'eux-mêmes à
l'hôpital."

"Kerywan aurait-il pu être sauvé jusqu'au dernier moment ?" , interroge Me
Jean-Michel Pesenti, conseil de l'Unadfi (Union nationale de défense de la
famille et de l'individu), partie civile au procès. "Oui" , répond sobrement
l'expert, dans un silence oppressant.


--------------------------------------------------------------



France : Kinésiologie
Mort de Kérywan: cinq ans d'emprisonnement requis contre les parents
AFP 2 juin 2005
[Texte intégral]

QUIMPER - L'avocat général de la cour d'assises du Finistère a requis jeudi
cinq ans d'emprisonnement, dont près de 8 mois ferme couvrant la détention
provisoire, contre les époux Boucher-Durand, accusés d'avoir causé la mort
par malnutrition de leurs fils Kérywan, âgé de 16 mois. L'avocat général
Catherine Sery-Baudry a également réclamé 8 mois d'emprisonnement avec
sursis à l'encontre des trois médecins qui avaient suivi l'enfant et étaient
poursuivis pour non-assistance à personne en danger.
Ronan Boucher, 45 ans, et son épouse Pascale Durand, 46 ans encourent 30 ans
de réclusion criminelle. Les trois médecins poursuivis sont passibles de 5
ans d'emprisonnement.

Le couple est jugé depuis lundi pour avoir privé de soins Kérywan au nom de
"conceptions idéologiques" inhérentes à la pratique de la kinésiologie,
technique psycho-corporelle importée des Etats-Unis dans les années 70 et
accusée de dérives sectaires.

Le verdict est attendu vendredi.


-------------------------------------------------------------------



France : Actualités diverses
Tribus - Faut-il avoir peur des gothiques ?
Le Point 2 juin 2005 par Christophe Ono-dit-Biot
[Texte intégral]

Héritiers du romantisme noir du XIXe siècle, ces ados déguisés qui aiment
Baudelaire et les piercings se retrouveront le 14 juin à Bercy pour le
concert de leur idole Marilyn Manson. Décryptage.
Les gothiques sont en colère. La faute au rapport annuel de la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
(Miviludes) qui les a, il y a deux mois à peine, épinglés comme «
satano-gothiques » aux yeux du monde, faisant renaître de vieilles phobies à
leur encontre.

Le mouvement, pourtant, a le vent en poupe, notamment chez
les adolescents. « Faut pas s'étonner après si la chasse aux sorcières
recommence », lance Céline, petite blonde de 17 ans aux jambes et aux bras
résillés qui ne sort jamais sans son sac à dos en forme de cercueil. « Et si
on se fait tabasser par les "wesh wesh" [les rappeurs, ainsi nommés à cause
de certains tics de langage] qui nous traitent de "pédés satanistes" »,
insiste son voisin, qui, le corps enveloppé d'un long manteau de cuir noir
et les cheveux couleur corbeau, avoue hésiter encore à se faire limer les
dents façon vampire parce qu'il est réceptionniste dans un hôtel.

Voilà ce qu'il en est, chaque samedi, aux Halles, à Paris. A quelques
encablures des fameux « wesh wesh » qui stationnent devant le McDo, ils sont
une quinzaine de gothiques, âgés de 16 à 25 ans, à refaire le monde devant
la fontaine des Innocents. Sanglés de cuir noir, les yeux soulignés de khôl
et les pieds moulés dans d'énormes croquenots bardés de clous et de plaques
de métal à faire passer une paire de Doc Martens pour des escarpins, ils y
resteront jusqu'à la nuit tombée avant d'aller en soirée. Dans une cave,
comme il se doit.

Rien d'engageant, à première vue. Et pourtant, à discuter
avec eux, on finit par les trouver tout à fait ouverts. A condition de ne
pas s'effaroucher des croix retournées qu'ils arborent en sautoir et des
étoiles sataniques qui décorent leurs phalanges. « C'est juste des symboles,
explique Thomas, postadolescent, alors faut pas que ça vous choque. Ce qui
est choquant, c'est plutôt que ces symboles aient pris une telle importance
dans la société ! »

Né sur les cendres du punk au début des années 80, popularisé dans
l'Angleterre thatchérienne par la musique des Cure et remis au goût du jour
par Marilyn Manson, en passe de remplir le Palais omnisports de Bercy, le
mouvement gothique est aujourd'hui en pleine expansion dans la jeunesse
française. Faisant référence au romantisme noir du XIXe siècle, basé sur un
intérêt pour ce qui a le don d'effrayer la société bien pensante, et
par-dessus tout la mort, ces héritiers de Baudelaire et de Lautréamont
professent une forme de contestation à la fois apolitique et areligieuse.

Qu'ils s'habillent de noir, portent des crucifix et organisent des
pique-niques entre amis dans les cimetières ne veut donc pas dire qu'ils
s'intéressent à l'au-delà. Bien au contraire, ils ont tendance à être sans
illusions de ce côté-là : « La vie, personne n'en est jamais sorti vivant.

C'est juste que, ce qui est sombre, on trouve ça beau et poétique, explique
Ludo, 18 ans. Ce qui est injuste, c'est que les gens nous regardent comme
des objets de foire alors qu'ils trouvent normal de voir une pouffe se
balader en minijupe rose. » Pour beaucoup, elle serait là, l'explication de
la vogue actuelle pour la culture gothique. « Dire qu'on refuse d'écouter
Britney Spears, c'est aussi une façon de dire que le monde ne ressemble pas
à ce qu'elle chante », argumente Alyz Tale, rédactrice en chef du magazine
de référence Elegy. Mais alors, il ressemble à quoi, leur monde ?

A écouter leur musique, à fréquenter les lieux où ils se rassemblent, à
parler avec eux, on découvre une sorte d'aristocratie reposant sur l'exacte
inversion de ce qui est en vogue dans le monde extérieur. Face à la pop
sirupeuse servie sur les ondes, ils plébiscitent des groupes à la musique
rugueuse, rock et industrielle, aux paroles hantées par le couple Eros et
Thanatos et la nostalgie d'un paradis perdu, et dont le nom seul suffit à
inquiéter : Cradle of Filth, « berceau de l'obscénité », Nine Inch Nails,
« des ongles de 22 centimètres », ou Sopor Aeternus, « Sommeil éternel ».

Face à la norme, ils revendiquent le teint de nacre, le muscle plat et le
noir absolu, qu'ils trouvent « austère, mais raffiné ». Comme l'absinthe que
les plus esthètes d'entre eux consomment aux Furieux ou au Kata-Bar, hauts
lieux du milieu goth parisien, aussi sombre que les deux caves médiévales
où, le week-end, ils dansent en se balançant d'un pied sur l'autre. Car le
milieu gothique est, il faut le savoir, extrêmement élitiste. Et si l'on
trouve plusieurs sortes de gothiques (du goth romantique au goth fétichiste
en passant par la « loli-goth », ou Lolita gothique), il suffit de se rendre
dans l'une de leurs boutiques spécialisées, comme Le Grouft ou Darkland,
pour comprendre que le gothique est plutôt aisé. A 200 euros la paire des
indispensables New Rock, on est en effet très loin du punk qui rafistolait à
l'épingle à nourrice des vêtements trouvés dans les décharges. «
Sociologiquement, le gothique est issu de la classe moyenne supérieure »,
témoigne le patron du Kata-Bar en observant que, « chez nous, on va
d'ailleurs au moins jusqu'au bac, et qu'on est plutôt doué dans les
disciplines littéraires et les sciences humaines ».

« Une béquille identitaire. »
Quant au goût pour l'esthétique macabre, c'est là que le bât blesse. Car si
la plupart des goths évoquent le besoin de montrer leur différence en
incarnant au maximum le tabou de la mort, d'autres semblent développer une
étrange philosophie. Seb, 18 ans, porte autour du cou un « Baphomet ».

Appelée aussi « pentagramme inversé », cette étoile à cinq branches est
souvent associée au satanisme théorisé par le « Pape noir » Anton La Vey,
créateur de l'Eglise de Satan le 30 avril 1966, qui promet de saper toute
idée d'égalité entre les hommes. Seb en a-t-il entendu parler ? « Bien sûr,
répond-il, presque vexé, mais je ne suis pas un de ces connards de
satanistes ! Profaner les tombes, quelle idée ! Satan, pour moi, c'est
davantage l'idée de vivre en étant son propre maître. Parce que ça veut dire
"l'adversaire de Dieu", et que je ne crois pas en Dieu. » Même
interprétation chez Guillaume, 21 ans, qui vient à l'interview accompagné
d'un rat et porte tatoués sur l'avant-bras de mystérieux signes
kabbalistiques. « C'est de l'Enochian, explique-t-il, une langue secrète
qu'on trouve dans la « Bible satanique » de La Vey, et qui date d'avant
l'araméen. Ça veut dire "cueille la vie". » Exhibant ses nombreux piercings,
il ajoute alors : « Rien à voir avec les messes noires ! L'idée, c'est
surtout de montrer que je suis différent, que j'ai ma propre religion qui
consiste à n'obéir qu'à moi-même, et pas à un Dieu. Ça fait de moi un
mystère ambulant et ça plaît vraiment aux filles ! » On est content pour
lui, mais l'on se demande quand même : ce carpe diem occulte, ce jeu avec
les symboles et cet athéisme convaincu ne marquent-ils pas le passage d'une
frontière entre gothisme et satanisme ?

Chercheur en sciences politiques à l'université de Lyon-II, auteur de «
Satanisme et vampirisme, le livre noir » (Golias), Paul Ariès se montre
presque rassurant. « Les jeunes gothiques sont les enfants de notre société.
Ils sont en souffrance identitaire parce qu'il n'y a plus, comme dans les
années 70, des idéologies prêtes à l'emploi pour réenchanter le monde.

S'approprier ces symboles leur permet de se créer une béquille identitaire,
comme d'autres développent un rapport addictif aux marques. Tant qu'il ne
flirte pas avec un discours antisocial et des rituels occultes, tant que
cette volonté de vivre selon ses désirs ne revient pas à célébrer la loi du
plus fort, le gothique est à l'abri de l'endoctrinement sectaire. Le
gothisme "bien pensé" peut même être une protection, car cela permet à
l'adolescent de canaliser ses pulsions. Celui qui est en danger, c'est celui
qui y cherche une idéologie. » Moralité : on peut donc être un gothique, à
condition d'être un gothique flamboyant

La panoplie du goth
Teint de nacre : signe de noblesse. Oblige les gothiques à se mettre à
l'ombre dès qu'il y a un peu de soleil. Et à refuser les activités plage,
forcément.
Cheveux teints, nuance noir bleuté : signe de noirceur d'âme et responsables
du surnom de « corbeaux ». Portés longs et raides, par dandysme et désir
d'androgynie, ou pour rappeler « Entretien avec un vampire », l'un de leurs
films cultes.

Piercings : définitifs ou amovibles, souvent localisés sur les sourcils ou
sur les lèvres, ou encore, plus intimes, sur les tétons. Participent d'une
volonté d'embellir le corps. Le must, c'est le bijou en Teflon.
Bagues et pendentifs argentés d'inspiration chrétienne ou païenne. Peut être
une croix, une « ankh » égyptienne, ou le fameux pentagramme, étoile à cinq
branches souvent associée au satanisme.

Pantalon serré en cuir, latex ou PVC, et orné de boucles de métal.
Passerelle vers le milieu fétichiste, vers lequel s'orientent les gothiques
qui passent l'adolescence. Demande une grande résistance à la chaleur
estivale, surtout quand il est porté sous un maxi en cuir, ou une soutane.
Bottes cloutées New rock, parfois renforcées de plaques de fer. Responsables
des mouvements très lents du gothique lorsqu'il danse en soirée, mais
indispensables pour séduire une goth.


------------------------------------------------------------

France : Kinésiologie
Assises : réquisitions « pédagogiques »
MaVILLE.com , 1er juin 2005 par Jean-Yves Manac'h
[Texte intégral]

Cinq ans de prison dont huit mois avec sursis

Dans le procès des parents de Keriwan, mort de dénutrition à Moëlan-sur-Mer,
l'avocate générale a requis, hieri, contre les parents, cinq années
d'emprisonnement, dont huit mois ferme (le temps de la détention
préventive). Contre les trois médecins poursuivis pour non assistance à
personne en danger, elle a demandé huit mois de prison avec sursis.

« Je n'ai jamais pu imaginer qu'ils pouvaient à la fois voir et ne pas voir.
Ça les a quand même bien effleurés que Kerywan pouvait mourir... » A la
barre, la soeur de Pascale Boucher, fond en larme. Il y a plus de deux
heures qu'elle témoigne à la barre. Elle évoque les interdits alimentaires
imposés aux enfants du couple. Cite le repas de Noël 1999 dans la région
parisienne, sur une table réellement coupée en deux, la famille
Boucher-Durand étant venue de Moëlan avec ses propres cageots de légumes
bio. Le médecin qu'elle est décrit Keriwan lors de l'enterrement de sa
grand-mère en avril 2000, « avec ses yeux sombres très creux et son visage
triste. Il regardait dans le vide. Déjà, il était mal ». Elle se souvient de
son père lui confiant : « Cet enfant est le seul qui ne m'a jamais souri. Je
suis inquiet. Il faut le faire hospitaliser. Dis le lui, toi, moi elle ne
m'écoutera pas. »

« On nous cachait l'enfant »
Citant plusieurs exemples, elle se dit persuadée que, dans les mois qui ont
suivi, sa soeur et son mari ont tout fait pour que ses proches ne voient pas
l'enfant. Elle dit son effroi quand ses nièces lui ont appris qu'après la
mort de leur jeune frère « on a fait comme s'il n'était pas mort, on l'a
pris dans nos bras et papa et maman ont pris des photos ».
Elle avoue aussi que ces différents comportements lui sont apparus comme
s'apparentant à un fondement sectaire et qu'elle a pris peur, se disant que
« si la mort n'était plus une limite pour eux, ils étaient aussi bien
capables de partir avec le reste de la famille sur leur bateau et de faire
couler tout le monde ». Une peur qu'elle a confiée au procureur de la
République.

« Voir et ne pas voir », c'est le fil du réquisitoire de l'avocate générale,
Catherine Sery-Baudry. Comme la soeur de l'accusée, elle admet que les
parents de Kerywan aimaient leur enfant. Elle avoue, qu'au début de son
examen du dossier, elle n'a pas tout vu. Sa première impression était que
ces parents s'étaient souciés de leur enfant. Qu'ils avaient consulté des
médecins.

Alibi médical
Aujourd'hui, elle ose déclarer que le Dr Rosenstein, prévenu dans cette
affaire, a vraiment cerné ce qui s'est passé le 12 août 2000. « J'ai
compris, dit-elle, qu'il pouvait y avoir une instrumentalisation des
médecins, une mise en scène. Jamais, on ne retrouve un vrai tableau
clinique. Ils n'avaient pas le carnet de santé. C'était parole contre
parole. Et dans ce domaine, reconnaissons qu'ils savent faire. Ils
recherchaient une couverture médicale pour leur servir d'alibi. »

La représentante du ministère public souligne « la puissance de leurs
convictions. A ceux qui s'étonnaient de l'état de l'enfant, ils affirmaient
d'un ton convaincant qu'il y avait un suivi médical. Qu'ils s'en occupaient.
Personne ne pouvait penser à remettre en cause ces affirmations. La
kinésiologie ne change rien à leur responsabilité. » Elle regrette que ces
convictions ne soient pas entamées aujourd'hui. Qu'ils n'aient eu, au cours
de leur procès, aucune distanciation critique. Et qu'ils cherchent toujours
à faire porter aux autres leurs propres responsabilités. « Ils n'ont pas du
tout conscience de ce qui s'est réellement passé. Nous devons leur infliger
une peine pédagogique », conclut-elle. C'est pourquoi elle assortit ses
réquisitions d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de soins pendant
trois ans.

Huit mois avec sursis contre les médecins
Quant aux médecins, « c'était leur devoir de signaler ces faits,
affirme-t-elle. Il ne faut pas qu'il y ait d'autres Kerywan. » Elle cite le
Dr Le Moigne, qui a affirmé la veille qu'il ne fallait « jamais faire
confiance aux parents » dans le domaine de la maltraitance. Elle ne fait
aucune distinction entre les trois médecins et réclame contre eux, « parce
qu'il faut leur faire un rappel à réfléchir à leurs responsabilités », huit
mois de prison avec sursis.

Avant ces réquisitions, Me Jean-Michel Pesenti, avocat de l'Unadfi, avait
rappelé que la kinésiologie, qui n'est pas une secte mais une doctrine
sectaire dont les parents de Kerywan avaient eux-mêmes été victimes,
présentait les caractéristiques habituelles aux mouvements sectaires. Des
caractéristiques que l'on retrouve dans cette affaire : dissolution des
liens familiaux, reconstruction d'une partie de l'enfance ou de
l'adolescence, méfiance vis-à-vis de la médecine traditionnelle et des
institutions.

Le verdict est attendu aujourd'hui, après les plaidoiries des avocats des
parents.


--------------------------------------------------------



France : Kinésiologie
Mort de Kérywan: les parents condamnés à 5 ans de prison dont 8 mois fermes
AFP 3 juin 2005 par Frédéric GAULIER
[Texte intégral]

QUIMPER - La cour d'assises du Finistère a condamné vendredi à 5 ans de
prison, dont 8 mois fermes couvrant la détention provisoire, les époux
Boucher-Durand, reconnus coupables de la mort par malnutrition et absence de
soins de leurs fils Kérywan, âgé de 16 mois.

Les époux, qui ont accueilli le verdict avec "soulagement", sont également
soumis à une obligation de soins dans le cadre d'une période de mise à
l'épreuve de 3 ans.

La cour d'assises présidée par Jean-Luc Buckel a également prononcé une
peine de 3.000 euros d'amende pour non assistance à personne en danger à
l'encontre des trois médecins qui avaient examiné l'enfant. La cour a suivi
les réquisitions de l'avocat général Catherine Sery-Baudry qui avait
recommandé aux jurés de prononcer une peine restant "dans un cadre
pédagogique", incluant une mise à l'épreuve avec obligation de soins pour
continuer à "garder un oeil" sur le couple. "Je crois à leur dangerosité. Il
n'ont pas du tout conscience de ce qui s'est passé", avait-elle regretté.

Avant la délibération, qui a duré trois heures, le couple Boucher-Durand a
exprimé ses regrets. "Si seulement j'avais pu comprendre que Kérywan était
en danger et que sa santé physique nécessitait une réaction immédiate, je
n'aurais vraiment pas réagi comme ça", a dit Pascale Durand, affirmant que
depuis le drame, le couple avait "complètement changé de vie". "Nous avons
rompu tout lien avec la kinésiologie, je sais combien je peux interpréter
les choses de façon aberrante", a ajouté Mme Boucher-Durand, actuellement en
doctorat de sciences de l'éducation. Même regret de la part de son époux
Ronan, ex-ingénieur, puis enseignant en kinésiologie jusqu'au jour des faits
et aujourd'hui enseignant vacataire en mathématiques. Il a assuré avoir
"changé de métier et d'alimentation" dès leur sortie de prison début août
2001. Une vie "remaniée" "Nos enfants, dès la moindre anomalie, c'est le
médecin tout de suite (..) on a fait un remaniement complet de notre vie
(..) la kinésiologie est radicalement derrière nous. Nous avons à nouveau
une alimentation à base de viande et poisson", a-t-il expliqué. Pascale
Boucher-Durand a également indiqué que le couple était désormais entouré
dans sa vie quotidienne par un "filet de sécurité", des éducateurs pour les
enfants, des médecins, des travailleurs sociaux. "Nous cherchons à nous
entourer pour qu'il n'y ait plus jamais une situation de ce genre", a-t-elle
assuré.

Les époux Boucher-Durand, déjà parents de trois filles âgées de 8 à 14 ans,
étaient accusés d'être responsables de la mort à 16 mois, par malnutrition,
de leur dernier enfant Kérywan qui avait été nourri exclusivement au lait
maternel alors que sa mère suivait un régime quasi-végétarien, selon
l'instruction. La justice reprochait également au couple qui avait fondé à
Moëlan-sur-Mer un établissement de kinesiologie, pratique psycho-corporelle
importée des USA dans les années 1960, de ne pas avoir fait hospitaliser
l'enfant qui aurait pu être sauvé jusqu'au dernier moment, selon plusieurs
experts.

Les défenseurs du couple avaient suggéré l'acquittement de leurs
clients, au nom du doute qui doit toujours profiter à l'accusé, a rappelé Me
Vincent Omez. Celui-ci a notamment regretté le manque d'investigations
complémentaires lors de l'autopsie qui faute d'examens complémentaires "n'a
pas permis de déterminer les causes exactes de la mort de l'enfant",
n'écartant pas "la possibilité une maladie génétique ou métabolique".



---------------------------------------------------------


France : Kinésiologie
Kérywan: l'Unadfi satisfaite après le verdict, la Voix de l'Enfant choquée
AFP 3 juin 2005
[Texte intégral]

L'Union nationale des associations de défense de la famille et de l'individu
(Unadfi) s'est félicitée vendredi après le verdict de la cour d'assises du
Finistère envers les époux Boucher-Durand, tandis que La Voix de l'Enfant
s'est dite choquée, le trouvant relativement clément.

Ces deux associations s'étaient portées partie civile dans le procès des
époux Boucher-Durand, condamnés à cinq ans de prison, dont 8 mois ferme
couvrant la détention provisoire, pour la mort par malnutrition et absence
de soins de leur fils Kérywan, âgé de 16 mois. Ils encouraient 30 ans de
réclusion criminelle.

"C'est un verdict juste, qui prend en compte l'emprise sur les époux de la
théorie de la kinésiologie", a déclaré à l'AFP le vice-président de l'Unadfi
Jean-Pierre Jougla."Cette condamnation reçoit la constitution de partie
civile des associations d'aide aux victimes de sectes, l'Unadfi et l'Adfi
locale, démontrant par là que la cour d'assises a pris en considération la
dimension sectaire de ce drame", a poursuivi M. Jougla.Pour lui, "cela
représente un signal d'alarme démontrant que le recours à des pratiques à
vocation thérapeutique peut présenter des dangers et n'est jamais anodin".
Martine Brousse, directrice de la fédération d'associations La Voix de
l'Enfant, s'est dite "choquée de voir qu'en matière d'agression sexuelle les
parents prennent entre dix et quinze ans et qu'en matière de maltraitance
c'est cinq ans dont seulement huit mois ferme". "Qu'est-ce que c'est que
cette justice qui fait que des parents reconnus en possession de toutes
leurs capacités mentales et autres ne prennent que cinq ans dont 8 mois
ferme alors que l'enfant meurt, tandis que d'autres reconnus coupables
d'agressions sexuelles prennent dix ou quinze ans?", a-t-elle lancé,
estimant qu'"il y a une perte complète de repères".


-------------------------------------------------------------



Etats-Unis : Scientologie
Embarrassant, Tom Cruise?
Cyberpresse 3 juin 2005
[Texte intégral]

The New York Times - Los Angeles
Le tournage de Mission: Impossible III devait commencer le mois prochain.
Les récentes frasques de Tom Cruise ont toutefois convaincu Paramount de
mettre le projet en veilleuse. Et si la grande vedette d'hier était
aujourd'hui devenue un boulet pour les studios?

Quelques mois seulement après sa nomination comme président de Paramount,
Brad Grey doit prendre une décision qui ferait trembler tout producteur de
Hollywood: faut-il aller de l'avant avec le projet d'un troisième Mission:
Impossible?

C'est que le comportement excentrique de la vedette des deux premiers films
de la série, Tom Cruise, embarrasse un peu tout le monde ces jours-ci. En
campagne de promotion pour son prochain film, War of the Worlds, l'acteur
parle de plus en plus de l'Église de scientologie, une organisation
religieuse controversée dont il est membre. Puis le 23 mai, à l'émission
Oprah, il a sauté sur le bureau de l'animatrice Oprah Winfrey, a couru sur
un divan et s'est mis à genoux pour professer son amour envers sa nouvelle
flamme, l'actrice Katie Holmes.

Plusieurs vedettes de Hollywood sont membres de l'Église de scientologie, et
il n'y a rien d'étrange à célébrer un nouvel amour. Mais des dirigeants de
Paramount et de DreamWorks, qui coproduisent War of the Worlds, craignent
que les récents coups de théâtre de l'acteur aient détourné l'attention du
film, qui a coûté 130 millions US.

«Peut-être que le film n'obtient pas toute la publicité qu'il devrait, a
reconnu Marvin Levy, porte-parole de DreamWorks. C'est un sujet de
conversation (ndlr: parmi les dirigeants) pour toutes sortes de raisons.»

Des apparitions limitées
Les deux studios ont déjà réduit le nombre d'entrevues avec les médias en
vue de la sortie de War of the Worlds, limitant l'accès des médias à Tom
Cruise à «un petit nombre de rencontres présélectionnées», indique M. Levy.
Il affirme toutefois que la décision n'a rien à voir avec les agissements de
Cruise, et que la stratégie de promotion était établie depuis quelques
semaines déjà.

Chez Paramount, par contre, on reconnaît avoir mis en veilleuse le tournage
d'un Mission: Impossible III. Pourtant, il s'agit de l'une des franchises
les plus rentables de la compagnie et le projet a déjà coûté une dizaine de
millions de dollars. Le tournage devait d'ailleurs commencer le 18 juillet
en Italie.

«Aucune décision finale n'a été prise, nous discutons toujours», a indiqué
un cadre de Paramount qui refuse d'être identifié, de peur de mettre en
péril la relation entre le studio et Tom Cruise. D'autres dirigeants au
courant de ces discussions notent que le budget de Mission: Impossible III
avait récemment dépassé 150 millions, un autre sujet de préoccupation pour
le studio.

Une foi dérangeante
Les récentes frasques de Tom Cruise ont beaucoup fait jaser. Blogueurs,
animateurs de radio, d'émissions de variété et humoristes ont tous remis en
question son histoire d'amour avec Katie Holmes. Était-ce un coup de
publicité? Non, répond une porte-parole de Cruise.

Mais à Hollywood, la discussion entre les agents, les producteurs et les
autres acteurs porte sur un autre sujet: est-ce que l'attitude de la plus
importante star du box-office américain nuira à long terme à sa carrière?
Car la confusion règne à propos des motifs qui ont poussé Cruise à agir
comme il l'a fait depuis quelques semaines.

Sa porte-parole Lee Anne De Vette, qui est aussi sa soeur, jure n'avoir
entendu aucun propos négatif à la suite de sa présence à Oprah. «Vous avez
ici quelqu'un qui est très heureux, dit-elle à propos de son frère. La
réponse à son passage à Oprah est enthousiaste. Il est très content.»
Mais il n'y a pas que cela. Son association de plus en plus publique avec
l'Église de scientologie dérange également. En entrevue la semaine dernière
à Access Hollywood,

Cruise a évoqué longuement sa passion pour la scientologie, critiquant même
l'actrice Brooke Shields d'avoir pris des antidépresseurs. Les scientologues
considèrent comme étant nuisibles la psychiatrie moderne et la médication.
En avril, Cruise a aussi fait une visite guidée du centre des célébrités de
son Église à un journaliste allemand pour « l'aider » dans le cadre de son
entrevue. Lorsque le journaliste a dit de la scientologie qu'elle était une
pseudo-science, Cruise s'est énervé et
l'échange s'est corsé.

L'insistance de Tom Cruise à vouloir promouvoir l'Église de scientologie
dans ses entrevues fait désormais face à de la résistance à Hollywood. Des
cadres du distributeur international United International Pictures se sont
plaints d'avoir dû faire, eux aussi, une visite guidée de quatre heures du
centre des célébrités de l'Église lors de l'achat de War of the Worlds.
Cruise avait également insisté pour installer une tente afin de faire la
promotion de son Église sur le plateau de War of the Worlds, ce qui avait
créé des tensions entre le studio et lui.

La tente a finalement été plantée, mais le studio a refusé qu'elle serve à
recruter de nouveaux membres.


------------------------------------------------------------


Etats-Unis : Scientologie
Brooke Shields : Tom Cruise est dangereux
Yahoo 3 juin 2005
[Texte intégral]

Après les critiques de Tom Cruise sur la prise de médicaments de l'actrice
pour sortir d'un grave baby-blues, la jeune maman réplique.

Brooke Shields prévient le public de la dangerosité des affirmations de Tom
Cruise qui dit que grâce à la scientologie, il a découvert qu'on n'a pas
besoin de prise en charge médicamenteuse ou psychologique pour se sortir de
la dépression ou d'autres maladies mentales. Il a même critiqué ouvertement
l'actrice en la blâmant pour son addiction au Paxil à propos duquel elle a
déclaré qu'elle s'en sevrait pour mettre en route un deuxième bébé après sa
fille Rowan.

L'actrice déclare, d'après IMDb, qu'il ne faudrait pas faire confiance à
quelqu'un dont la croyance implique de consacrer sa vie aux extraterrestres
et ajoute en colère : "Ses commentaires sont dangereux. Il devrait s'en
tenir à sauver le monde des extraterrestres."


-----------------------------------------------------------


Angleterre : Actualités diverses
Condamnation de trois adultes qui torturaient une fillette pour sorcellerie
AFP 3 juin 2005
[Texte intégral]

LONDRES - Deux femmes et un homme qui avaient torturé une fillette angolaise
de 8 ans parce qu'elle était selon eux une sorcière ont été reconnus
coupables de cruauté par un tribunal londonien vendredi. L'enfant avait
affirmé que les deux femmes avaient voulu la jeter dans une rivière enfermée
dans un sac à linge, mais la cour n'a pas retenu l'accusation de tentative
de meurtre contre ces accusées.

Elle doit désormais prononcer des peines contre les trois coupables, qui
sont actuellement en détention.

La fillette, arrivée au Royaume-Uni en 2002 après le décès de ses parents, a
commencé à être torturée l'année suivante, quand son cousin lui a reproché
de le rendre malade.

Elle a été notamment coupée, battue avec une ceinture, enfermée dans un sac
à linge et privée de nourriture. On lui avait aussi frotté du piment sur les
yeux.

La principale accusée du procès était sa tante, âgée de 39 ans. Les deux
co-accusés étaient également des parents de l'enfant.
Un expert, interrogé pendant les débats, a fait état d'une recrudescence de
ce type de comportements associés aux croyances animistes, et renforcés par
le fondamentalisme chrétien.


-------------------------------------------------------------------



France : Neo Phare
Ouverture du procès en appel du gourou de Néo-Phare
AFP 6 juin 2005
[Texte intégral]

Loi contre les sectes: ouverture du procès en appel du gourou de Néo-Phare
RENNES - Le procès du gourou de la secte apocalyptique Néo-Phare s'est
ouvert lundi devant la cour d'appel de Rennes qui réexamine le cas de cet
homme, Arnaud Mussy, condamné à trois ans de prison avec sursis en premier
instance en vertu d'une loi de 2001 sur les sectes.

La décision de la cour devrait être mise en délibéré lundi soir, selon le
greffe de la troisième chambre.

Le 25 novembre dernier, le tribunal correctionnel de Nantes s'était appuyé
sur la loi About-Picard du 12 juin 2001 pour condamner Arnaud Mussy, reconnu
coupable d'avoir "abusé frauduleusement de l'état d'ignorance et de
faiblesse de plusieurs personnes en état de sujétion physique et
psychologique".

Agé de 39 ans, Arnaud Mussy, qui dit être le Christ, avait été poursuivi
après le suicide d'un membre de 29 ans de la secte Néo-Phare, Jérémie, le 14
juillet 2002, et la tentative de suicide de deux autres membres durant le
même mois.

La loi About-Picard a pour objectif de "renforcer la prévention et la
répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme
et

3 ans de prison dont 6 mois ferme, requis contre le gourou du Néo-Phare


-----------------------------------------------------


France : Neo Phare
3 ans de prison dont 6 mois ferme, requis contre le gourou du Néo-Phare
AFP 6 juin 2005
[Texte intégral]

3 ans de prison dont 6 mois ferme, requis contre le gourou du Néo-Phare
RENNES - Trois ans d'emprisonnement dont six mois fermes ont été requis
lundi devant la cour d'appel de Rennes contre le gourou de la secte
apocalyptique Néo-Phare Arnaud Mussy, condamné à trois ans d'emprisonnement
avec sursis en première instance en vertu d'une loi de 2001 sur les sectes.
L'arrêt a été mis en délibéré jusqu'au 12 juillet, a déclaré le président
Jean-Yves Chauvin.

L'avocat de la défense Me Fabrice Petit a demandé la relaxe affirmant ne pas
accepter que son client "soit le cobaye d'un texte qu'on applique pour la
première fois".

Le 25 novembre dernier, le tribunal correctionnel de Nantes s'était appuyé
sur la loi About-Picard du 12 juin 2001 pour condamner Arnaud Mussy, déclaré
coupable d'avoir "abusé frauduleusement de l'état d'ignorance et de
faiblesse de plusieurs personnes en état de sujétion physique et
psychologique".

Agé de 39 ans, Arnaud Mussy, qui dit être le Christ, avait été poursuivi
après le suicide, le 14 juillet 2002, d'un membre de 29 ans de la secte
Néo-Phare, Jérémie, et la tentative de suicide de deux autres membres durant
le même mois.

[.......]


-------------------------------------------------------------



France : Sectes
L'Unadfi demande une commission d'enquête sur les sectes et la santé
AFP 6 juin 2005
[Texte intégral]

PARIS - L'Union nationale des associations de défense des familles et de
l'individu victimes de sectes (Unadfi) a demandé lundi au président de
l'Assemblée nationale la création "au plus vite" d'une commission d'enquête
parlementaire sur les sectes et la santé.

Dans un communiqué de sa présidente Catherine Picard, l'Unadfi explique
faire cette demande après la condamnation dans le Finistère d'un couple de
parents ayant laissé mourir par malnutrition et absence de soins son enfant
de 16 mois, ajoutant que "ces parents, adeptes de la kinésiologie, ont mis
en pratique des principes qui les ont amenés à cette situation dramatique".
"L'Etat, afin de prévenir et de protéger les citoyens, doit prendre des
mesures concrètes", insiste le texte. La création d'une commission
d'enquête, déjà demandée par le député Philippe Vuilque, "serait un acte
fort en direction des citoyens et des professionnels de la santé ainsi qu'un
signe de reconnaissance pour les victimes de ces dérives charlatanesques".
Cette commission devra faire le point sur l'impact de certains mouvements de
médecine alternative qui "hors de toute réglementation, s'octroient le droit
de diagnostiquer, de traiter tous les maux (du rhume au cancer) et de
dispenser de la formation", poursuit le communiqué.

"Prônant le recours exclusif à des pratiques de soins non éprouvées, ils
incitent souvent leurs patients à cesser tout traitement, mettant gravement
leur santé en jeu", explique-t-il, dénonçant le "système économique très
rentable basé sur la mise sous emprise des individus et le dénigrement
systématique de la médecine officielle".

Ci-dessous, le communiqué de presse


-------------------------------------------------------


France : Sectes
Communiqué de presse de l'UNADFI
[Texte intégral]

L'UNADFI demande la création d'une commission d'enquête parlementaire sur
les sectes et la santé

Le tribunal de grande instance du Finistère vient de condamner aux assises
un couple de parents ayant laissé mourir par malnutrition et absence de
soins son enfant de 16 mois. Ces parents, adeptes de la kinésiologie, ont
mis en pratique des principes qui les ont amené à cette situation
dramatique.

L'UNADFI demande au Président de l'Assemblée Nationale de mettre en place au
plus vite une commission d'enquête parlementaire sur la santé et les sectes
comme il lui a déjà été demandé par le député Philippe Vuilque.
Cette commission devra faire le point sur l'impact des ces mouvements dont
les « pseudo-praticiens », hors de toute réglementation, s'octroient le
droit de diagnostiquer, de traiter tous les maux (du rhume au cancer), et de
dispenser de la formation. Prônant le recours exclusif à des pratiques de
soins non éprouvées, ils incitent souvent leurs patients à cesser tout
traitement, mettant gravement leur santé en jeu.

Les dirigeants de ces mouvements s'érigent en véritables « gourous » de la
médecine alternative. Ils développent des théories « pseudo-scientifiques »
vendues à des prix exorbitants à des personnes vulnérables soucieuse de leur
bien-être. Derrière les promesses de guérison de « ces charlatans de la
santé », prospère un système économique très rentable basé sur la mise sous
emprise des individus et le dénigrement systématique de la médecine
officielle.

L'Etat, afin de prévenir et de protéger les citoyens se doit de prendre des
mesures concrètes. La création d'une commission d'enquête chargée de faire
le jour sur ces pratiques serait un acte fort en direction des citoyens et
des professionnels de la santé ainsi qu'un signe de reconnaissance pour les
victimes de ces dérives charlatanesques.
Catherine PICARD
Présidente de l'UNADFI



----------------------------------------------------------------


France : Sectes
Communiqué de Presse de la Ville de Paris
Courriel 8 juin 2005 (transmis par Attention enfants)
[Texte intégral]

Anne HIDALGO, Première adjointe au Maire de Paris, Daniel VAILLANT, ancien
Ministre, Député-Maire du 18ème arrondissement et Xavier LAUGAUDIN,
conseiller du 17ème arrondissement portent plainte contre X pour usurpation
de qualité.

Un tract se prévalant d'un comité de soutien à Anne HIDALGO, contient des
informations de nature à tromper les destinataires sur les actions menées
par la Mairie de Paris au titre de la vigilance face aux dérives sectaires.
Sont également mentionnés les noms de Daniel Vaillant et de Xavier
LAUGAUDIN.

Ce tract invite notamment à contacter les mairies d'arrondissement pour «
participer à la surveillance des groupes répertoriés par les rapports
parlementaires de 1996 et 1999 ».

La Mairie de Paris dément formellement avoir initié une surveillance de ces
groupes et incité les Parisiennes et les Parisiens à y participer.
La Mairie de Paris rappelle que le réseau municipal de lutte contre les
phénomènes sectaires répond à une mission de service public de la
collectivité parisienne. La politique de lutte contre les phénomènes
sectaires menée par la Ville de Paris repose sur des actions de prévention,
de soutien aux associations d'aide aux victimes et de vigilance.

N'étant en aucun cas à l'origine de ce tract qui est diffusé dans les rues
de Paris, les élus ont décidé de porter plainte contre X.
___________________________________________________________________________
Pour Attention Enfants :


Ces tracts distribués depuis quelques jours à Paris, laissant croire qu'ils
sont co-signés par Anne Hidalgo et Xavier Laugaudin (Président d'Attention
Enfants et élu du XVII° arrondissement) et y associent Daniel Vaillant.
Ces tracts sont très pervers, puisqu'en même temps ils font semblant de
vanter l'action de la Ville de Paris, mais que par ailleurs ils incitent à
une véritable délation de n'importe qui, sous n'importe quel motif tel que
régime alimentaire, nombre de lettres reçues, etc.

Ces tracts ont pour objectif de dénigrer et surtout de décrédibiliser
l'action de la Mairie de Paris, et aussi d'engorger les standards
téléphoniques des
mairies d'arrondissement.
A qui profite le crime ?

_________________________________________________________
Attention ENFANTS : pour la défense des enfants et adolescents
contre les agissements des Sectes
16, rue des Batignolles - 75017 Paris - 01-45-22-17-98 (répondeur)
Permanences : 3° samedi de 9h à 12h à la mairie du XVII° (bureau 12)
1° samedi de 9h à 12h à la maison des associations du XV° 69, rue Violet

E-mail : info@attention-enfants.org - Site :
http://www.attention-enfants.org


------------------------------------------------------------



France : Sectes
Des élus portent plainte après la diffusion d'un tract antisecte
Le parisien, 9 juin 2005 par GD
[Texte intégral]

Si vous repérez dans votre entourage une personne « au comportement non
conformiste : végétarien, mystique, se soignant par les médecines douces,
préoccupée de métaphysique, du sens de la vie (...), n'hésitez pas à la
signaler auprès de la mairie de votre arrondissement afin de pouvoir l'aider
à sortir des griffes de sa secte »... Un tract dont ces citations sont
extraites a été distribué à la fin du mois de mai dans les XI e et XVIII e
arrondissements sous la signature d'un « Comité de soutien à Anne Hidalgo »
complètement inexistant. D'autres élus comme Daniel Vaillant, député maire
du XVIII e arrondissement, et Xavier Laugaudin, conseiller du XVII e
arrondissement, ont également été mis en cause. Ils ont porté plainte contre
X mercredi dernier pour « usurpation de qualité ». L'auteur mystérieux du
tract ne les a pas cités par hasard : ces trois élus sont connus pour leur
action contre les sectes au sein de la Ville de Paris et d'associations.
Xavier Laugaudin est ainsi président d'Attention Enfants, visant à informer
les adolescents contre les dérives sectaires.

Jeter le discrédit sur l'action de la mairie
« Ce tract est très choquant car il incite les Parisiens, sous notre nom, à
dénoncer son voisin, explique Anne Hidalgo qui dirige par ailleurs le Comité
de pilotage contre les mouvements sectaires. En associant l'action
antisectes de la mairie de Paris à de la délation, il la discrédite
complètement. » Tenant sur quatre feuillets, le texte invite tous les
citoyens « à débarrasser la cité de l'emprise des sectes » en espionnant son
entourage à partir d'une liste de « symptômes ». Une « tenue vestimentaire »
étrange, de « nombreux appels téléphoniques » reçus, un « courrier
abondant ». « En
simplifiant ainsi ces critères de reconnaissance des membres de sectes,
l'auteur ridiculise les conseils de prudence que nous donnons aux gens qui
nous appellent », explique Claude Remond, présidente de l'Association d'aide
aux familles et individus (Adfi). « On a déjà reçu plusieurs appels : des
Parisiens qui s'indignent d'être fichés comme faisant partie de sectes sous
prétexte qu'ils ne mangent pas de viande... », explique-t-on au cabinet
d'Anne Hidalgo. Sur Internet, des mails se basant sur la brochure accusent
même la Ville d'utiliser des procédés de chasse aux sorcières contre les
sectes.


---------------------------------------------------------------



France : Sectes
Communiqué de l'ADFI Nord-Pas-de-Calais-Picardie
Courriel 10 juin 2005
[Texte intégral]

Conférence publique "Sectes et Droit" le 18 juin 2005
"2005 marque les 30 ans de l'ADFI Nord Pas-de-Calais Picardie. A cette
occasion de nombreuses manifestations sont organisées dans la région.
Vous êtes cordialement invités à la conférence publique "Sectes et
Droits" qui se déroulera le 18 juin 2005 de 14h à 17 h à la maison de
l'Education Permanente, place Georges Lyon à Lille.
Seront présents Mme DEKEUWER-DEFOSSEZ, Doyen de la Faculté des Sciences
juridiques, politiques et sociales, Maître LEQUAI avocat à Lille, Maître
Jean-Pierre JOUGLA et Maître Line N'KAOUA avocate d'Aix en Provence,
Mme Catherine PICARD Présidente de l' UNADFI et Mme Charline
DELPORTE Présidente de l' 'ADFI Nord Pas-de-Calais Picardie.
Merci de votre éventuelle présence et de communiquer cette évènement à
votre entourage."




-------------------------------------------------------------


France : Sectes
Malade mais maître de sa vie
Libération 10 juin 2005 par Eric favereau et Julie Lasterade
[Texte intégral]

Le comité d'éthique confirme le droit du patient à arrêter les soins ou à
les refuser, contre l'avis des médecins et au risque de précipiter sa mort.
L'évolution est nette. Après le législateur, c'est au tour du comité
consultatif national d'éthique (CCNE) de dire clairement dans un avis rendu
public hier, «que devant le refus d'un traitement d'un patient, le médecin
ne peut passer outre». Même si la vie du patient est en jeu, et même si le
médecin peut estimer que son attitude va à l'encontre du principe de
«bienfaisance» censé le guider. Une prise de position qui souligne combien,
aujourd'hui, la prise de décision en médecine devient de plus en plus
«copartagée».

Onze recommandations. De fait, depuis la loi Kouchner de 2002 sur les droits
des malades, puis le texte adopté à l'unanimité par le Parlement sur la fin
de vie en avril dernier, la question est censée ne plus se poser. Le
législateur ayant affirmé que lorsque le patient est conscient, le médecin
se doit d'accéder à sa demande, quelles qu'en soient les conséquences.

Exemples : un témoin de Jéhovah en danger de mort et qui refuse une
transfusion sanguine, mais aussi un malade qui renonce à la chimiothérapie
de la dernière chance, à une trachéotomie ou à une perfusion. Or devant ces
situations, bien des médecins résistent. Mettent en avant la «fragilité» de
la personne, voire son «autonomie limitée», quand ils ne pointent pas des
attitudes relevant à leurs yeux de comportements sectaires.

Le CCNE propose onze recommandations. D'abord, anticiper au maximum pour
éviter que les décisions importantes ne soient prises en situation de crise.
Promouvoir ensuite au maximum le dialogue, la reconnaissance réciproque
entre le patient et le médecin et les informations répétées dans le temps.

Mais «sans chantage», implore le CCNE. Didier Sicard, son président,
prévient : «Le "Vous refusez ? Alors allez ailleurs" nous paraît le sommet
de l'inéthique.» Un autre sage, Mario Stasi, continue : «Il ne faut pas que
le refus de soins soit suivi d'un refus d'accompagner.» Mais au final,
«l'avis du malade prime. Même s'il doit aboutir à sa mort. Venir en aide à
une personne, ce n'est pas nécessairement lui imposer un traitement»,
insiste Didier Sicard. Mario Stasi confirme. «Le médecin doit se dégager du
concept de non-assistance à personne en danger. Après tout, chacun
s'appartient, sait ce qu'il fait. En revanche, à nous de veiller à ce qu'il
le sache.»

Trois exceptions. Restent les zones grises. Quand le patient n'est plus
conscient. Que faire, aussi, devant une personne très âgée, vite étiquetée
de «déprimée», et qui ne veut plus se nourrir ? L'alimenter de force, par
sonde, comme cela se fait parfois ? Dans trois types de situations
«exceptionnelles», le CCNE reconnaît aux médecins la possibilité de passer
outre un refus de traitement de leur patient. Les cas d'extrême urgence
devant un malade inconscient, les accouchements mettant la vie de l'enfant à
naître en danger, ou «les situations où la sécurité d'un groupe est en jeu,
comme lors d'une épidémie grave».

«Il faut que la médecine descende de son cheval, conclut le CCNE. Mais cela
ne se décrète pas. Car la médecine est de plus en plus complexe et rend les
patients de moins en moins bien éclairés et plus vulnérables.»


--------------------------------------------------------------------------------


Turquie : Témoins de Jéhovah
Les objecteurs turcs se tournent vers la Cour européenne
AFP 10 juin 2005 par Burak Akinci
[Larges extraits]

ANKARA - Croulant sous le poids d'une société traditionnellement
militariste, les objecteurs de conscience turcs portent leur cause devant la
Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) après avoir épuisé tout recours
possible dans leur pays, qui aspire à intégrer l'Union européenne.

Selon la constitution, tout Turc est obligé d'accomplir un service
militaire: il est appelé sous les drapeaux à partir de 18 ans, sauf s'il
souffre d'un handicap physique ou mental, pour servir de six à 15 mois selon
son niveau d'éducation.

"La Turquie veut devenir un pays plus démocratique, il serait souhaitable
qu'elle change sa mentalité au sujet du service militaire", affirme Tulin
Alsancak, une avocate qui défend les droits des témoins de Jéhovah, qui
refusent d'accomplir ce service.

Le droit à l'objection de conscience n'est pas reconnu. Les objecteurs ne se
laissant pas enrôler de force, leurs actes de résistance civile sont suivis
de garde à vue et de peines de prison. Un objecteur risque jusqu'à cinq ans
de prison aux termes du code militaire.

Leurs défenseurs soulignent que dans plusieurs pays de l'UE, ces conscrits
sont affectés à des travaux sociaux plutôt que militaires.
Mais il existe un vide dans les lois turques et les juges décident
généralement de réprimer les objecteurs, explique à l'AFP Senem Doganoglu,
l'avocate d'une figure emblématique des objecteurs en Turquie.
[..........]

La Cour de Strasbourg, organe du Conseil de l'Europe à laquelle est intégrée
la Turquie, a dans le passé condamné plusieurs Etats membres à verser des
dommages à des requérants et demandé l'adoption d'une disposition légale
reconnaissant l'objection de conscience, affirme l'avocate.
Les témoins de Jéhovah font partie également des objecteurs en Turquie.

Les avocats de Yunus Ercep, 36 ans, qui devrait prochainement commencer à
purger une peine d'un an de prison pour avoir refusé d'accomplir son service
obligatoire, ont saisi la CEDH. D'autres cas devraient suivre, précise Me
Alsancak.

"Ercep n'avait qu'un seul motif: il a dit qu'il ne pouvait servir à cause de
sa croyance religieuse", a-t-elle expliqué. [........]




----------------------------------------------------------------------------------------



Suède : Falungong
La secte Falungong de Suède veut poursuivre Jiang Zemin en justice
AFP 10 juin 2005
[Larges extraits]

STOCKHOLM - La branche suédoise de la secte chinoise Falungong a indiqué
vendredi qu'elle prévoyait de poursuivre en justice l'ancien président
chinois Jiang Zemin et d'autres hauts responsables pour meurtre, torture et
enlèvement.

Cette action auprès de la justice suédoise prévue pour le 13 juin fait suite
à d'autres poursuites similaires effectuées par la secte dans une dizaine de
pays dont les Etats Unis, l'Allemagne et la France.

"La persécution des membres de Falungong est très répandue et se poursuit
depuis plusieurs années", a déclaré dans un communiqué l'avocat suédois de
la secte Peter Bergquist.

"Elle est directement inspirée par le parti communiste et est menée par un
service spécial qui a été créé par Jiang Zemin", a-t-il poursuivi.
En novembre 2001 un groupe d'Occidentaux, dont huit Suédois avaient pris
part à une manifestation sur la place Tiananmen à Pékin, appelant à mettre
fin à la "persécution" de Falungong.

"Ils ont été arrêtés, battus, menacés et retenus contre leur volonté. Le
traitement infligé à ces Suédois relève pour plusieurs cas des critères de
torture et d'enlèvement prévus par la Convention des Nations Unies sur la
torture", selon le communiqué.

Le Falungong qui avait revendiqué un temps des millions de membres en Chine
a été interdit en 1999 et soumis à une forte répression. Le groupe affirme
avoir eu 1.600 de ses membres torturés ou battus en Chine continentale.


----------------------------------------------------------------------------------



Etats-Unis : Scientologie
Tom Cruise assure que Katie Holmes est "intéressée" par la Scientologie

Cinemafile 12 juin 2005
[Texte intégral]

NEW YORK: Tom Cruise assure que sa nouvelle petite amie, la jeune actrice
Katie Holmes, s'intéresse à la Scientologie, église fondée par Ron Hubbard
et dont la star est ostensiblement adepte.

"Oui, absolument. Elle creuse le sujet", a confié l'acteur à l'hebdomadaire
"Entertainment Weekly". Lui même se dit toujours aussi passionné par la
Scientologie, qu'une commission parlementaire française a classé au rang de
secte: "j'en ai toujours été passionné. J'en ai toujours parlé dès l'instant
où l'on m'a questionné".

Tom Cruise a confirmé par ailleurs qu'il y avait bien une tente de massage
scientologue sur le plateau de son prochain film "La Guerre des mondes" de
Steven Spielberg. "Mais il y avait aussi une tente pour boire du cappuccino,
sur ce même plateau", assure-t-il. "J'ai pris soin que toute l'équipe soit
bien nourrie".

Et d'ajouter: "si pendant le tournage quelqu'un avait besoin de l'assistance
d'un volontaire de l'Eglise de Scientologie, il y en avait un à leur
disposition. Car les gens sont curieux de ce sujet, on ne cesse de me poser
des questions; les gens ont besoin de savoir de quoi il s'agit".

Dans un sondage publié par le même magazine, 61% des sondés disent "moins
aimer" Tom Cruise après les récentes allusions exhaustives sur sa vie
privée. Seuls 3% ont répondu qu'ils "l'aimaient encore plus" et 36% que leur
point de vue sur la star de "Top Gun" restait "inchangé". La star n'exclut
pas une demande en mariage à Katie Holmes, 26 ans: "Ca viendra, mec. Ca
arrivera", a-t-il chuchoté en guise de réponse.


------------------------------------------------------------------------------------


France : Soins Psy
Mes vrais souvenirs des faux souvenirs incestueux
Courriel 13 juin 2005 par le Père Jacques Trouslard
[Texte intégral]

C'est la secte de Saint-Erme qui me fit découvrir, en 1982, le phénomène des
faux souvenirs incestueux.

Chargé d'enquêter sur ce groupe, j'ai visité, en France et en Belgique,
environ 250 familles, qui me firent part des dérives sectaires dont
elles-mêmes et leurs enfants étaient victimes.

Découvrant que cette secte comprenait 380 adultes, de 30 à 40 ans, parmi
lesquels 72 médecins, une vingtaine de professeurs d'université, des
psychiatres, des psychologues, des psychothérapeutes, des infirmières, je ne
parvenais pas à m'expliquer comment des personnes d'un tel niveau culturel
et scientifique pouvaient s'abandonner à de telles aberrations et être ainsi
manipulés.

D'autant plus que ce groupe se présentait sous le couvert de deux
sociétés scientifiques : la SIRIC (Société Internationale de Recherche
Interdisciplinaire sur la Communication) et la SIRIM (Société Internationale
de Recherche Interdisciplinaire sur le Maladie). De plus, pour répondre à la
campagne de presse que nous avions lancée, cette secte publiait un livre
intitulé "Communication ou Manipulation" afin de démontrer que "lorsqu'on
démonte et met au grand jour les mécanismes de la manipulation, on s'expose
à être couvert de boue par ceux que l'on dérange".

Les familles, douloureusement meurtries et consternées, m'avaient rapporté
la preuve de la transformation radicale de leurs enfants séduits par un
gourou charismatique : destruction de leur vraie personnalité, et entre
autres, destruction de la relation familiale. Ce que les parents
dénonçaient, je le retrouvais, mot pour mot, dans ce livre de Saint-Erme,
dans le courrier interne confidentiel de la secte, mais aussi dans les
lettres abominables, injurieuses et calomnieuses, que les adeptes de
Saint-Erme adressaient à leurs parents, en développant, à la même date, les
mêmes thèmes dans les mêmes termes : " Parents possessifs ", " querelleurs",
"névrosés de tous ordres", "vrais détraqués, "autoritaires", "ignobles et
infâmes", " gêneurs et perturbateurs", "nous sortons tous de familles
déséquilibrés et déséquilibrantes" .

" Pères trouillards et méprisables", " hommes diminués " en sac de nouds" "
s'abrutissant dans le travail", "quémandeurs sexuels", " paralysés dans leur
développement par la mère d'abord et par l'épouse ensuite", "pauvres
esclaves rasant les murs devant une femme tyrannique",

"Mères. C'est contre la mère et la femme que la diatribe était la plus
violente : " La cause centrale de tous les maux est la mère, premier prix,
et puis l'épouse, premier accessit", "La femelle? Elle est entièrement
conçue pour détraquer le mâle. Ce n'est pas une accusation mais un constat",
" naturellement égocentrique", "prédestinée à l'arbitraire donc à la
tyrannie", " puissante matrone", "la reine mère", " mante religieuse qui tue
le mâle ayant accompli son rôle" .

Aussi révoltantes que puissent être ces accusations, je n'étais pas encore
arrivé au paroxysme de l'horreur. En effet certains parents me confièrent
que leurs enfants, qui pourtant avaient rompu toute relation avec eux, leur
avaient demandé de rechercher et de leur adresser le plus rapidement
possible des photos de leur petite enfance. La plupart des parents
obtempérèrent. Mais en fait cette demande n'annonçait aucun rapprochement de
la famille. Bien au contraire, elle avait pour objet de persuader,
d'illustrer et de démontrer que, certains d'entre eux, avaient été victimes
de relations incestueuses dans leur toute petite enfance .

Le courrier de la secte dénonçait "une relation malsaine et abusive", "des
mères amoureuses de leur fils et des pères amoureux de leur fille". C'est
ainsi que des adeptes, de 30 à 40 ans, en vinrent à accuser leur mère ou
leur père d'inceste qu'ils n'avaient jamais commis.

Certes on ne peut pas nier que des crimes aussi graves ne puissent être
commis dans certaines familles. Mais, chargé de constituer l'offre de preuve
pour le procès contre la secte, après avoir enquêté très sérieusement auprès
des frères et sours, j'ai pu avoir la preuve qu'il s'agissait uniquement de
faux souvenirs que le gourou avait induits par manipulation.

Des mères ont accepté de témoigner et de fournir des attestations
judiciaires, comme cette lettre que l'une d'entre elles adressait à son fils
: "J'avais lu les journaux, pris connaissance du livre. Et tout s'est
éclairci. J'ai compris comment un fils qui nous avait donné toute
satisfaction pendant son enfance et sa jeunesse avait pu en venir à porter
des accusations si graves contre sa mère. Il faut qu'il soit la victime de
cette manipulation si bien dénoncée chez les autres."
Comment est-ce possible ?

Est-il possible d'induire de tels faux-souvenirs, et comment ? Cette mère
nous donne la réponse, en écrivant à son fils qu'il est victime de cette
manipulation si bien dénoncée chez les autres. Effectivement, le gourou,
accusé d'être un manipulateur, publie le livre "Communication et
Manipulation " pour démontrer que " lorsqu'on démonte les mécanismes de la
manipulation, on s'expose à être couvert de boue par ceux que l'on dérange".

S'intitulant Directeur de Recherche, l'auteur, en 350 pages, s'en prend à "
la psychologie et à la sociologie qui n'ont pas étudié le phénomène de façon
satisfaisante, (mais lui) enseigne et explique comment une personne en
soumet une autre, la manipule . "

Si le livre, au dire d'éminentes personnalités scientifiques, n'a aucune
valeur scientifique, il n'en reste pas moins vrai que l'auteur analyse
d'autant mieux les mécanismes de la manipulation qu'il n'a qu'à écrire ce
qu'il pratique. La manipulation ? : " Une technique opératoire dont l'effet
est d'atténuer ou de suspendre momentanément l'acuité des facultés
cérébrales conscientes du sujet en vue de subordonner son psychisme
subconscient à l'influence verbale de l'opérateur". (p.156)

"La suggestion permet de faire remonter des souvenirs très anciens ", c'est
la formule astucieuse pour cacher qu'on peut tout autant induire des faux
souvenirs qui remontent à la toute petite enfance.(p.157)

Le manipulateur manipule en trois temps : il séduit, il induit et il
conduit.

Il séduit : séduction, "mise en confiance absolue, aveugle: c'est le premier
atout à jouer pour se ménager les bonnes intentions de son patient. Il
s'agit de se mettre sur la même longueur d'onde que lui" (p.161)
Il induit : "Rassuré, mis en confiance, le patient ne songe plus à passer au
filtre le discours. il avale un tas de suggestions ... sans s'en rendre
compte aucunement et qui orientent sa réflexion, sa perception, son
jugement" (p.162). C'est ici qu'a lieu l'induction de faux souvenirs,
précédée d'une phase de déstabilisation (p.165).

Il conduit ensuite à "arracher les gens à leur environnement habituel, les
déraciner tout d'un coup, les couper de leurs relations " (p.165)

Conclusion : c'est la manipulation, "la suggestion qui l'emportera désormais
sur la réalité elle-même. C'est elle qui prévaut sur la réalité. la réalité
peut crier, hurler le contraire ... ils ne la voient pas, ils ne l'entendent
pas. Ils refusent d'y croire. C'est là que nous soupçonnons la force de
l'endoctrinement communiqué, dont des sujets par ailleurs intelligents et
cultivés ne veulent pas démordre " (p.172)

Sortir de faux souvenirs, est-ce possible ?
Cette conclusion extrêmement pessimiste ne doit pas décourager ni désespérer
les parents ni leurs enfants victimes de faux souvenirs. Pour leur redonner
espérance, voici l'heureux dénouement de cette pauvre mère, citée ci-dessus,
et qui avait été accusée si odieusement par son fils et sa belle-fille.
Au retour de ses vacances, elle trouve dans son courrier deux lettres :

Une lettre de son fils :
"Nous venons, ma femme et moi, de quitter la société civile " Le Haut de
Saint-Erme" et je commence juste à voir combien nous avons été manipulés par
M.Cornélis. (le gourou).

Je vois maintenant combien notre attitude à ton égard a été injustifiée et
scandaleuse et te prie, si tu le veux bien, d'accepter mon pardon. Nous
chercherons , si tu acceptes, une forme de réparation. C'est poussée par un
certain remords et un peu de sens humain que X .avait fait cette tentative
de rapprochement. Je t'écrirais plus longuement un peu plus tard. Je te
demande encore pardon et t'embrasse affectueusement " .

Une lettre de sa belle-fille
" Je vous demanderais d'accepter aujourd'hui mes plus profondes excuses pour
l'accueil ignoble que je vous ai réservé, allant à l'encontre de toutes les
lois humaines d'hospitalité.
Mon attitude à votre égard m'est vite apparue odieuse et insupportable . Si
je ne vous aii pas adressé plus tôt les excuses complètes que vous étiez en
droit d'attendre, c'est que je ne voyais pas très clair .
Après plusieurs désaccords avec M.Cornélis, fondateur et actuel directeur du
"Centre de Saint-Erme", nous en sommes partis et commençons à voir la
manipulation dont nous avons été les victimes.

Pour moi, cette appartenance n'est pas une excuse. Je constate avec
désolation ce que je vous ai fait et je vous demande humblement pardon, ne
sachant trop comment réparer ce comportement odieux.

Je vous demande d'accepter mon estime et mon affection".
Puisse ce témoignage prouver que l'espérance n'est pas morte !

13 juin 2005
J. TROUSLARD



-------------------------------------------------------------------------------



France : O.T.S - Ordre du temple Solaire
Nouveau report du procès en appel de Michel Tabachnik
AFP, 13 juin 2005
[Texte intégral]

GRENOBLE - La cour d'appel de Grenoble, qui devait juger à partir de lundi
Michel Tabachnik, poursuivi après la mort de 16 adeptes de l'Ordre du temple
solaire (OTS) en 1995 dans le Vercors, a décidé de reporter une nouvelle
fois ce procès à une date qui sera fixée le 17 janvier 2006.

"C'est une audience de fixation qui permettra de connaître l'état
d'avancement de l'affaire qui entache la sérénité de l'affaire actuelle", a
déclaré le président de la cour d'appel, Jacques Buisson.

Ce dernier faisait allusion à l'affaire Jean-Marie Abgrall, le principal
expert psychiatre du dossier de l'OTS, mis en examen pour "violation du
secret de l'instruction et du secret professionnel".

L'instruction de cette affaire n'est pas encore achevée et lorsque M.Abgrall
sera jugé il aura encore des possibilités de recours.

Ce report d'audience a été décidé à la demande de familles de parties
civiles, qui veulent attendre le résultat de la procédure à l'encontre de
Jean-Marie Abgrall, avant que M. Tabachnik ne soit à nouveau jugé.

Le procès en appel de M. Tabachnik avait été fixé au 22 septembre 2003, puis
au 14 juin 2004, avant d'être repoussé au 13 juin 2005.
Michel Tabachnik, 61 ans, chef d'orchestre franco-suisse, poursuivi après la
tuerie-suicide de 16 adeptes de l'OTS en 1995 pour "participation à une
association de malfaiteurs", avait été relaxé au bénéfice du doute en avril
2001 par le tribunal correctionnel de Grenoble, mais le parquet avait fait
appel.



--------------------------------------------------------------------------------


Etats-Unis : Scientologie
Il faut libérer Katie de l'emprise de Tom Cruise !
Canalstar 13 juin 2005
[Texte intégral]

Depuis leur rencontre, il y a deux mois à peine, Tom Cruise et Katie Holmes
multiplient les déclarations d'amour par médias interposés.

En un temps record, l'acteur a même réussi à convaincre sa jeune fiancée des
"bienfaits" de la Scientologie... Trop beau (et un peu ridicule) pour être
honnête, leur couple intrigue, divise et met en émoi certains fans de la
comédienne qui ont entrepris... de la libérer ! Sheila Cameron, créatrice de
mode, a pris la tête du mouvement "Free Katie" et lancé une ligne de
t-shirts, tasses et autres autocollants disponibles sur un site internet
entièrement dédié à la cause de l'ex-héroïne de Dawson. A voir sur
www.freekatie.net. Messages de soutien bienvenus... (JG)


------------------------------------------------------------------------------------



Angleterre : Scientologie
Katie Holmes se convertit à la Scientologie
AP 13 juin 2005
[Texte intégral]

LONDRES - L'actrice américaine Katie Holmes a annoncé lundi sa conversion à
la Scientologie, dont son petit ami Tom Cruise est un des adeptes les plus
en vue.

Katie Holmes, de passage à Londres pour la promotion de son dernier film
«Batman Begins», s'est montrée très enthousiaste à l'idée de rejoindre à son
tour cette «religion».

L'ancienne catholique et vedette de la série télévisée «Dawson» a grandi
avec un poster de Tom Cruise sur les murs de sa chambre. De son propre aveu,
elle rêvait souvent qu'elle se mariait avec la star.

«Nous continuons tous à rêver, et parfois les rêves deviennent réalité»,
a-t-elle commenté.

Katie Holmes, âgée de 26 ans, est sous le feu des projecteurs depuis qu'a
commencé sa relation amoureuse avec Tom Cruise au début du mois d'avril.
L'acteur était alors séparé de Penelope Cruz, tandis que Katie Holmes
rompait avec son fiancé Chris Klein.

Avant de devenir le compagnon de l'actrice fétiche de Pedro Almodovar, Tom
Cruise avait été l'époux pendant 10 ans de Nicole Kidman, oscarisée pour sa
performance dans «Les Heures». Le désaccord autour de la religion de Tom
Cruise avait contribué à leur rupture.

La Scientologie, fondée par Ron Hubbard, interdit les traitements
psychiatriques et encourage ses fidèles à n'entretenir des relations qu'avec
des membres de son Eglise.
Considérée comme une religion aux Etats-Unis, la Scientologie est identifiée
comme une secte en France.


-----------------------------------------------------------------------------------



Etats-Unis : Mormons fondamentalistes
La secte des polygames qui se méfient de leurs fils
Courrier international 14 juin 2005
[Texte intégral]

ÉTATS-UNIS - Pour l'Eglise fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des
derniers jours, la famille ça n'a rien de sacré. C'est en tout cas ce qu'ont
appris à leurs dépens près de 400 adolescents américains qui vivaient au
sein de cette secte, dans une des quelques enclaves polygames situées entre
l'Utah et l'Arizona, à Hildale et à Colorado City, avant d'en être chassés
au cours des quatre dernières années, raconte le Los Angeles Times. "Leurs
torts : avoir porté des chemises à manches courtes, avoir écouté des CD ou
être sortis avec des filles. D'autres garçons affirment avoir été expulsés
pour être allés au cinéma, pour avoir regardé un film ou pour avoir bravé le
couvre-feu."

En fait, tous ces motifs de mise au ban de la communauté sectaire ne sont
que des prétextes et ne visent qu'un seul objectif : réduire la concurrence
entre mâles dans un système où l'homme peut épouser des dizaines de femmes.
Pour les garçons rejetés de leur famille, il n'y a qu'un seul responsable :
Warren Jeffs. "C'est le prophète et le leader de cette Eglise qui contrôle
Hildale et Colorado City." La secte, qui a rompu avec les mormons installés
dans la région il y a plus de un siècle, compte entre 10 000 et 15 000
membres. "Les mormons interdisent la polygamie et excommunient ceux qui la
pratiquent, alors que l'Eglise fondamentaliste de Jésus-Christ des saints
des derniers jours croit au 'mariage pluriel' et qu'un homme doit posséder
au moins trois femmes pour accéder au plus haut niveau du paradis", explique
le journal.

Quant à Warren Jeffs, il a été inculpé en Arizona pour avoir uni un homme de
28 ans déjà marié à une fille de 16 ans, et risque deux ans de prison. Par
ailleurs, cinq des jeunes adolescents excommuniés le poursuivent devant la
justice de l'Utah pour les avoir chassés de la communauté.



----------------------------------------------------------------------------------



France : Sectes
Assemblée nationale - question (Philippe Vuilque) - CCDH
JO, 14 juin 2005
[Texte intégral]

12ème législature
Question N° : 66909 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : santé et solidarités
Ministère attributaire : santé et solidarités
Question publiée au JO le : 14/06/2005 page : 6099

Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : commission des citoyens pour les droits de l'homme
Analyse : prosélytisme. lutte et prévention

Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque attire l'attention de M. le
ministre de la santé et des solidarités sur l'utilisation abusive que la
commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH) fait des
événements tragiques survenus récemment dans le secteur de la psychiatrie.
La CCDH, affiliée notoirement à l'Église de scientologie, a encore publié
une brochure luxueuse sur Les Jeunes en danger, brochure qui a notamment été
envoyée à tous les parlementaires. Il lui demande quelles mesures il compte
prendre pour que la propagande de cette officine sectaire soit contrecarrée.




-----------------------------------------------------------------------------------


France : Sectes
Assemblée nationale - question (Philippe Vuilque) - Auxiliaires de justice
JO, 14 juin 2005
[Texte intégral]

12ème législature
Question N° : 66956 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 14/06/2005 page : 6092

Rubrique : professions judiciaires et juridiques
Tête d'analyse : exercice de la profession
Analyse : sensibilisation aux dérives sectaires

Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque appelle l'attention de M. le
garde des sceaux, ministre de la justice, sur la formation des auxiliaires
de justice aux dangers des dérives sectaires. En effet, il paraît nécessaire
de sensibiliser les avocats pour mieux aider les victimes dans leurs actions
judiciaires, de sensibiliser les notaires pour éviter les captations de
patrimoine, etc. Il lui demande quels dispositifs existent en la matière,
qu'il s'agisse de formation délivrée par les ordres professionnels ou par le
ministère de la justice.


----------------------------------------------------------------------------------



Belgique : Soins Psy
Les psychothérapeutes sur le qui-vive
La Libre Belgique, 14 juin 2005
[Texte intégral]

Des propositions de loi visant à régir le secteur de la santé mentale sont
dans le pipe-line parlementaire. Toutes ne font l'unanimité auprès des
praticiens.

Au départ, c'est le projet Aelvoet/Tavernier, des noms des précédents
ministres de la Santé publique, qui avait provoqué une levée de boucliers.
Il s'agissait d'appliquer un cadre légal à différentes catégories
professionnelles de la santé mentale qui ne font l'objet d'aucune
réglementation (psychothérapeutes, orthopédagogues, etc.).
L'objectif étant de protéger les patients d'agissements de charlatans ou de
groupements sectaires.

Mais, le projet Aelvoet / Tavernier a tôt fait de mettre le feu aux poudres.
L'ensemble du secteur de la santé mentale, toutes disciplines confondues,
avait réagi contre ce projet qui «para-médicalisait» les professions non
médicales de la santé mentale en subordonnant leur travail à la prescription
d'un médecin, sans perspective d'un remboursement pour le patient.
Une bonne dose de lobbying aidant, le projet a fait long feu. Reste que la
volonté de légiférer dans ce champ n'a pas été abandonnée, 3 propositions de
loi sont actuellement déposées au Parlement.

Torpeur estivale
Préférant anticiper les débats qui s'annoncent -les auditions sont bouclées-
et se méfiant de la torpeur estivale, la Plate-forme de concertation des
professions de santé mentale tient d'ores et déjà à rappeler les enjeux dans
ce dossier sensible. «Les débats et décisions des parlementaires sur cette
importante question de société auront des conséquences déterminantes sur
l'accès et la liberté de choix du public en matière d'aide psychosociale,
psychologique et psychothérapeutique», souligne ainsi Eric Messens,
directeur de la Ligue bruxelloise francophone pour la santé mentale.

Et de rappeler que les praticiens demandent avec insistance la création,
dans l'arrêté royal 78 qui réglemente les professions de la santé, d'une
catégorie distincte «car la santé mentale est un domaine spécifique de la
santé, la souffrance psychique n'est pas forcément une maladie. Ses
praticiens, psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, assistants sociaux
traitent des personnes en souffrance psychique, prises dans leur
environnement social».

La «Plate-forme» se dit donc plutôt favorable à la proposition de loi des
deux députés PS Yvan Mayeur et Colette Burgeon qui ne «para-médicalise» pas
les psychothérapeutes mais en font une catégorie disposant d'un statut et
d'une autonomie de pratique tout en devant répondre à des critères
particuliers pour pouvoir exercer. Elle plaide donc pour que cette
proposition serve de base de travail et appelle le ministre de la Santé
publique, Rudy Demotte, à prévoir des dispositions législatives qui tiennent
compte des principes énoncés dans ce texte comme la création d'un Conseil
national de la santé mentale.

La proposition néerlandophone -les députés Vandenberghe, De Roeck, Geerts
(SP.A/Spirit) et De Schomphelaere (CD&V) ont déposé au Sénat une proposition
qui reprend les idées du projet Aelvoet- visent pour sa part à donner un
statut paramédical à ces praticiens qui ne pourraient pratiquer que sur
prescription médicale. En d'autres termes, ce seraient les médecins -un
psychiatre, par exemple- qui leur enverraient leurs patients.

«Une telle législation ne tiendrait pas compte de la réalité du terrain,
explique Eric Messens. Elle empêcherait des éminents psychothérapeutes de
poursuivre leur boulot alors qu'ils disposent parfois d'une grande
expérience.» Bref, côté francophone, on plaide pour le maintien de
l'autonomie et la liberté de poser un acte médical, sans remettre en cause
la nécessaire collaboration entre médecins.


-----------------------------------------------------------------------------------------


Canada : Falungong
Des espions chinois oeuvreraient au Canada pour surveiller le Falun Gong
Mes nouvelles 15 juin 2005
[Texte intégral]

OTTAWA (PC) 15.06.2005- Un déserteur chinois prétend que Pékin maintient un
vaste réseau d'espions au Canada afin de garder un oeil sur les membres du
mouvement spirituel Falun Gong.

Hao Fengjun est un ancien policier au bureau de la Sécurité publique de
Chine. Il affirme que plus de 1000 espions surveillent les activités de
membres du mouvement à Toronto, Vancouver et dans plusieurs autres grandes
villes canadiennes.

Il soutient que les autorités chinoises font une campagne d'intimidation et
surveillent les lignes téléphoniques des membres du mouvement spirituel.
L'homme de 32 ans a offert aux autorités canadiennes de raconter ce qu'il
sait, mais il affirme ne pas avoir été contacté.


-------------------------------------------------------------------------------------



Etats-Unis : Scientologie
Nicole reste sceptique
Planète 13 juin 2005
[Texte intégral]

Face au comportement enfantin de son ex-mari Tom Cruise, Nicole Kidman reste
très sceptique,
Elle sourit quand un journaliste lui demande son opinion au sujet des amours
de Tom et Katie Holmes. Depuis qu'il est amoureux, Cruise fait la une de
tous les médias. Il a même dépassé Britney dans la course aux pages
couvertures.

Nicole sourit tristement quand elle constate que Katie est sur le point de
se convertir à la Scientologie et que Tom fait son éducation en la matière.
Élevée catholique, tout comme Holmes, Nicole n'a jamais adhéré aux principes
de son mari durant les douze années qu'ils ont passées ensemble. Cette
attitude fait dire à plusieurs journalistes que, lors de leur union, Kidman
ne faisait pas beaucoup de bruit mais jamais elle ne s'est laissée mener par
le bout du nez par un mari super contrôlant qui veut toujours le dernier
mot.

C'est tellement vrai que Tom a retenu les services d'un attaché de presse
personnel pour Katie durant son voyage en Europe. Chaque fois que la jeune
starlette ouvre la bouche, l'attachée de presse la reprend et ajoute des
paroles charmantes sur la Scientologie au grand dam des producteurs de
Batman, le film de Madame.


-----------------------------------------------------------------------------------------



France : Scientologie
L'UNADFI réagit à la venue de Tom Cruise à Marseille
Communiqué de presse, 16 juin 2005
[Texte intégral]

UNADFI - Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de
l'Individu victimes de sectes
130, rue de Clignancourt - 75018 Paris
Tél : 01 44 92 35 92 - Fax : 01 44 92 34 57

16 juin 2005
L'acteur Tom Cruise semble avoir pris goût aux rencontres avec les
représentants politiques français. Lui qui irrite ses collègues américains
par son prosélytisme scientologue, joue de son image d'icône " people ",
pour sillonner le pays. Ces visites que lui accordent des élus ignorants du
phénomène sectaire, peu exigeants ou faussement naïfs, servent de supports
publicitaires à l'organisation de la scientologie dont il se réclame. Tout
est bon pour faire parler de soi à bon compte !

Le maire de Marseille prévoit de recevoir, le 17 juin, l'acteur américain,
devenu le véritable représentant de commerce de la scientologie. C'est
l'occasion de rappeler une toute récente circulaire du Premier Ministre
(datée du 27 mai dernier) qui recommande opportunément "l'utilisation de
faisceaux de critères" pour repérer les groupes sectaires. Au nombre des 10
critères auxquels cette circulaire fait référence, figure celui soulignant
"les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics".

Rappelons au politique français que cette " infiltration " figure en bonne
place parmi les commandements laissés par Lafayette Ron Hubbard aux
scientologues et que ce faisant, la scientologie met en ouvre le lobbying
qui a vocation à remplacer la légitimité démocratique.

Le politique se doit de rester vigilant et de ne pas se compromettre.


-----------------------------------------------------------------------------



France : Scientologie
L'ADFI-Provence proteste contre la visite de Tom Cruise à Marseille
AFP, 16 juin 2005
[Texte intégral]

MARSEILLE - L'Association de défense de la famille et de l'individu victimes
de sectes (ADFI-Provence) a protesté jeudi contre la visite vendredi à
Marseille de Tom Cruise pour présenter le film de Steven Spielberg "La
guerre des mondes", l'acteur américain étant membre de l'Eglise de
scientologie.

Dans une lettre ouverte adressée au sénateur-maire UMP de Marseille
Jean-Claude Gaudin, l'ADFI-Provence se dit "totalement scandalisée par le
projet d'accueil de Tom Cruise" et dénonce "ce qui représente un mépris pour
toutes les victimes -et elles sont nombreuses- de la Scientologie".
Tom Cruise doit effectuer une courte visite vendredi à la mairie de
Marseille où il recevra la médaille de citoyen d'honneur de la Ville des
mains du maire, avant d'apparaître brièvement sur le lieu de la projection
au palais du Pharo et de s'éclipser.

"Ou bien vous n'avez pas mesuré, en dépit des informations qui vous ont été
données, l'importance que représente cette cérémonie pour la Scientologie.
Ou bien vous êtes d'accord pour lui apporter la légitimité qu'elle
recherche", écrit l'ADFI dans sa lettre ouverte à M. Gaudin, rappelant qu'un
rapport parlementaire de 1995 sur les sectes met en garde contre leurs
tentatives d'infiltration des pouvoirs publics.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de la Ville de Marseille a indiqué que
la visite de Tom Cruise se situait dans un cadre "purement artistique" et
qu'elle ne pouvait "en aucun cas être récupérée à d'autres fins, notamment
pour la Scientologie". "Cette visite s'inscrit dans le cadre du
développement artistique de Marseille", a-t-on ajouté de même source.



-------------------------------------------------------------------------------


Etats-Unis : Religions
Le Vatican confirme la suppression de la Société de Saint-Jean à Scranton,
USA
APIC, 16 juin 2005
[Texte intégral]

Etats-Unis: Des prêtres traditionalistes accusés d'abus sexuels
Scranton - La Congrégation vaticane pour le clergé a confirmé la décision de
l'évêque de Scranton, dans l'Etat de Pennsylvanie, de supprimer la Société
de Saint-Jean. Il s'agit d'une petite organisation de jeunes prêtres
traditionalistes en proie à des difficultés financières et des allégations
d'abus sexuels contre un mineur commis par deux de ses membres fondateurs.
Mgr Joseph F. Martino, évêque de Scranton, relève que le décret du Vatican,
daté du 3 mai, rejette le recours de la Société de Saint-Jean contre sa
décision de supprimer ce regroupement de prêtres traditionalistes, qui
avaient quitté les rangs de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X de Mgr
Marcel Lefevbre.

Dans le journal diocésain de Scranton, "The Catholic Light", on peut lire
que l'évêque diocésain a ordonné que les membres de la société dissoute
n'aient pas le droit de célébrer l'eucharistie dans la résidence privée
qu'ils habitent maintenant. Il leur est également interdit de récolter des
fonds et ils sont sommés de faire clairement savoir sur leur site internet -
www.ssjohn.org - que la Société de Saint-Jean n'est plus reconnue comme une
entité ecclésiale de l'Eglise catholique romaine. Le 15 juin, le site
décrivait encore la société comme "travaillant sous le leadership du pape et
des évêques de l'Eglise", sans faire référence à sa suppression, relève
l'agence de presse catholique américaine CNS.

La "Society of St. John" est une organisation de prêtres supprimée en
novembre dernier par l'évêque de Scranton, Mgr Joseph F. Martino. Le groupe
intégriste a vendu sa propriété de Shohola, dans le Comté de Pike County,
achetée en 1999. C'est la difficulté de la Société de faire face à ses
obligations en tant qu'entité ecclésiale, ses errements financiers et les
allégations d'abus sexuels sur mineurs visant deux de ses membres fondateurs
qui ont amené l'évêque de Scranton à prendre cette grave décision, désormais
confirmée par le Vatican. Au départ, le diocèse dirigé alors par Mgr James
C. Timlin, garantissait le prêt d'un montant de 2,650,000 dollars qu'avait
obtenu la Société, mais désormais remboursé par la vente de la propriété.
380,000 dollars au lésé et à sa famille

De plus, le diocèse de Scranton a été d'accord de participer à un règlement
du cas porté devant la justice par John Doe et ses parents contre le Père
Eric Ensey, le Père Carlos Urrutigoity, la Société de Saint-Jean, la
Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (une société de vie apostolique
approuvée par le Saint Siège en 1988), et la "St Gregory's Academy", Mgr
Timlin et le diocèse. L'accord porte sur une somme de 380,000 dollars. Le
jeune homme a accusé les deux prêtres de la Société d'avoir commis contre
lui des abus sexuels. C'est en raison des plaintes sérieuses du jeune homme
et à la lumière des témoins qui l'appuient que le diocèse a décidé de
participer au règlement de cette pénible affaire, qui permettra d'aider la
victime et sa famille dans le processus de guérison.

Les membres fondateurs de la Société sont arrivés dans le diocèse de
Scranton à la fin octobre 1997. Il y avait alors quatre prêtres, deux
diacres, et un séminariste. Ils seront bientôt rejoints par deux personnes
supplémentaires, un prêtre et un séminariste. Ils étaient auparavant tous
membres de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, et avaient pour objectif
de restaurer une société chrétienne. La "Society of St. John" se targue
d'une "alliance spirituelle" avec l'Abbaye bénédictine de Fontgombault, en
France. (apic/cns/com/be)



---------------------------------------------------------



Etats-Unis : Mormons fondamentalistes
Les garçons perdus de la dissidence mormone
Libération, 17 juin 2005 par Pascal Riche
[Texte intégral]

Etats-Unis: Pour favoriser la polygamie, une secte bannit des adolescents
mâles.

La presse les a baptisés les «garçons perdus». Entre 400 et 800 adolescents,
de sexe masculin, ont été arrachés à leur famille et à leur communauté, une
secte dissidente de l'Eglise mormone, basée dans deux petites villes
jumelles, Colorado City (Arizona) et à Hildale (Utah). Certains ont fui,
mais la plupart ont été bannis. On leur a dit qu'ils étaient des délinquants
parce qu'ils avaient écouté de la musique rock, vu un film interdit, porté
des chemises à manches courtes, dragué des filles... En réalité, il s'agit
surtout pour la secte de dégonfler le stock de mâles, pour permettre la
perpétuation de la polygamie.

Scission. Forte de plusieurs milliers de membres, la Fundamentalist Church
of Jesus Christ of Latter-Day Saints est née en 1890 d'une scission avec
l'Eglise mormone, qui venait de rejeter la polygamie (1). La FLDS continue
de croire que, pour espérer accéder au plus haut niveau du paradis, un homme
doit avoir au moins trois femmes. Or ce n'est possible qu'en excluant des
mâles, simple arithmétique.

Certains de ces adolescents ont été abandonnés comme des chiens, sur le bord
des routes d'Arizona ou d'Utah. La semaine dernière, les autorités
judiciaires ont décidé de réagir. Les actifs de la secte ont été gelés par
un juge de l'Utah et un mandat d'arrêt a été établi vendredi par la justice
d'Arizona contre le gourou Warren Jeffs. Il est officiellement accusé
d'avoir marié un homme de 28 ans, déjà marié, avec une mineure de 16 ans.
C'est la première fois qu'il fait l'objet de poursuites pénales. L'été
dernier, cinq des «garçons perdus» ont porté plainte contre lui, au civil,
pour les avoir séparés sans raison de leur famille. Dans une autre plainte,
enfin, son neveu, Brent Jeffs, l'accuse d'abus sexuels. Warren Jeffs est
maintenant en cavale. La police le soupçonne de se cacher au Texas.
«Ce qui se passe est important, mais je ne crois pas que ce soit la fin du
culte», explique au téléphone Flora Jessop, 35 ans, qui s'est enfuie à 16
ans de la secte pour échapper à un mariage forcé. Car la FLDS, dit-elle,
«est très riche». L'argent vient d'entreprises du bâtiment, l'Eglise étant
propriétaire de tous les logements des fidèles.

Flora Jessop a vingt-huit frères et soeurs, mais «seulement quatre en sont
sortis». Aujourd'hui, elle s'occupe de l'association Child Protection
Project, qui tente de faire sortir les «filles fiancées» et d'aider des
«garçons perdus». «Pour eux, témoigne-t-elle, la sortie de la secte est
extrêmement difficile. C'est comme s'ils atterrissaient sur une autre
planète. Il faut tout leur réapprendre : à parler aux gens, à prendre un
bain... Lorsqu'ils sortent, c'est comme s'ils régressaient, comme s'ils
n'avaient plus que 7 ou 8 ans. Comment voulez-vous qu'ils survivent s'ils
ont 7 ans dans un corps de 20 ans ? C'est très difficile pour eux, c'est
aussi très difficile pour ceux qui les aident.»

La plupart des garçons n'ont qu'une chose en tête, retrouver leur famille,
qui, sous la pression, les renie. «Je n'ai pas compris comment ma mère a pu
les laisser me faire cela», a confié Gideon Barlow, au Los Angeles Times.
Après son expulsion, il a tenté de lui apporter un cadeau pour la fête des
Mères, mais elle l'a repoussé. «Je suis mort à ses yeux», pleure-t-il.
Opportunité.

Si Flora Jessop ne croit pas à la fin de la secte, elle espère
que la déstabilisation créée par la traque de Jeffs va «ouvrir une fenêtre
d'opportunité pour nous permettre de faire un travail d'éducation». Les
autorités, pendant ce temps, marchent sur des oeufs. Elles se souviennent du
drame de Waco, lorsqu'en 1993 une centaine de fidèles de la secte des
Davidiens s'étaient retranchés pour protéger leur gourou et avaient péri
pour la plupart dans les flammes, après un assaut du FBI.

Selon les enquêteurs, Warren Jeffs est capable de tout. Agé de 49 ans, marié
à des dizaines de femmes et père de dizaines d'enfants, il a hérité en 2002
de la direction de la secte à la mort de son père, Rulon Jeffs. Il la dirige
en autocrate, n'hésitant pas à menacer les familles qui s'éloignent du
dogme. On le soupçonne de s'être retranché dans un ranch acheté l'an dernier
par la secte, près d'Eldorado, au Texas. Jeffs y a fait construire plusieurs
immeubles et un temple. Mais, prudente, la police texane n'a pas l'intention
d'organiser un raid : «Il n'y a aucune preuve qu'il se trouve ici», affirme
le shérif du comté.

(1) La polygamie est aujourd'hui punie d'excommunication par la LDS (Church
of Jesus Christ of Latter-Day Saints), l'Eglise mormone.




----------------------------------------------------------


France : Scientologie
Les sermons d'amitié de Tom Cruise à Sarkozy
Libération, 18 juin 2005 par Gilles Wallon
[Texte intégral]

A Paris, l'acteur scientologue a évoqué leur rencontre de l'été dernier.
Tom Cruise et Nicolas Sarkozy ont beau être "amis", ils ont leurs sujets de
discorde.

Dans une conférence de presse vendredi matin à Paris, l'acteur, membre actif
de l'Eglise de scientologie depuis plus de vingt ans, a contredit le
ministre de l'Intérieur sur leur rencontre du 30 août. "Nous avons parlé de
tout, de scientologie, de cinéma, de vie familiale", a déclaré l'Américain
en évoquant son passage éclair à Bercy, lorsque Sarkozy était aux Finances.

Cette simple phrase remet en question le discours officiel sur l'objet de
cette visite, rebattu depuis par l'entourage de Sarkozy : "Cinéma et
relations franco-américaines." Rien d'autre dans la discussion des deux
hommes, et surtout pas les "bienfaits" proclamés par Tom Cruise d'un
mouvement considéré en France comme une secte. Le sujet était d'autant plus
sensible que Nicolas Sarkozy avait été en charge des cultes, en tant
qu'ancien ministre de l'Intérieur.

"Tom Cruise est le plus prosélyte des membres de l'Eglise de scientologie",
rappelle la députée socialiste Catherine Picard, présidente de l'Union
nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi,
association de défense des victimes de sectes). "Il tente de la légitimer à
toutes ses apparitions." La "sortie" cruisienne de vendredi matin rappelle
aussi la piste évoquée il y a deux semaines par l'émission de Canal + 90
Minutes. Pour celle-ci, le premier passage à l'Intérieur de Nicolas Sarkozy
s'était distingué par une baisse de la surveillance des actions de l'Eglise
de scientologie, allant même jusqu'à la mise à l'écart d'un policier chargé
du dossier. Une accusation que l'entourage du ministre a toujours
formellement démentie.

"Je suis très fier d'être scientologue, c'est ma philosophie religieuse,
cela fait vingt ans que je le suis et cela m'a aidé de nombreuses fois", a
réaffirmé sans complexe l'acteur vendredi. Dans son périple français,
l'acteur doit se rendre à Marseille, où il devrait recevoir la médaille de
citoyen d'honneur de la ville des mains du maire Jean-Claude Gaudin (UMP).
Un hommage qui met en fureur l'Unadfi, mettant en garde les hommes
politiques contre "l'infiltration" des pouvoirs publics par des groupes
sectaires.


--------------------------------------------------------





France : Sectes
Un "gourou" lorrain écroué pour extorsion de fonds et séquestration
AFP, 19 juin 2005
[Texte intégral]

METZ - Un homme de 45 ans, qui avait fondé une petite communauté aux
pratiques sectaires à Algrange (Moselle), a été mis en examen et écroué
samedi soir pour "extorsion de fonds et séquestration de moins de sept
jours", révèle dimanche le Républicain lorrain.

Trois autres personnes, dont le fils du gourou présumé, ont également été
mises en examen pour ces mêmes motifs ou pour complicité par un juge
d'instruction de Thionville (Moselle) et placées sous contrôle judiciaire,
écrit le quotidien.

Les quatre personnes avaient été interpellées jeudi par la police qui a
"pris d'assaut" la vaste maison où s'était installée depuis deux ans cette
communauté, baptisée "Minh Vacma" et prônant un mélange d'arts martiaux et
de philosophie orientale.
Une quinzaine d'adeptes, venant pour la plupart du Grand Est de la France et
du Luxembourg, vivaient dans cette maison où le gourou, originaire de Nancy
et par ailleurs passionné par les OVNI, faisait régner une discipline de
fer.

Des punitions (heures de ménage supplémentaires, épreuves sportives
harassantes, coups) étaient imposées aux adeptes récalcitrants qui pouvaient
toutefois racheter leurs fautes moyennant une somme d'argent.

L'une d'entre elles, une femme d'Orléans, ne pouvant rembourser ses "dettes"
et qui voulait quitter la communauté, a été "retenue contre son gré avant
d'être finalement libérée" en début d'année et de porter plainte, explique
le Républicain lorrain.

Lors de son intervention jeudi, la police a "libéré" un jeune homme de 21
ans enfermé dans sa chambre et qui portait des traces de blessure.


------------------------------------------------------------


France : Kinésiologie
Parents et gourou?
France soir, 20 juin 2005 par Philippe Bouvier
[Texte intégral]

La mort du petit Kerywan est jugée aux
assises - La croyance en la kinésiologie aurait conduit à la malnutrition de
l'enfant
Les époux Boucher-Durand comparaissent depuis lundi devant la cour d'assises
de Quimper pour avoir provoqué la mort de Kerywan, leur fils de 16 mois, par
dénutrition.

Nourri exclusivement au sein par une mère végétalienne, le
bambin décharné ne pesait pas plus lourd au moment de son décès, le 12
novembre 2000, qu'un bébé de quatre mois. Trois médecins sont également pour
suivi pour non assistance à personne en danger. Le dernier à avoir vu.
l'enfant vivant, le docteur Jean-Michel Rosenstein, a évoqué hier la visite
des parents à son cabinet, le 12. août 2000. "Bien habillés", "avec des
filles magnifiques" ils amenaient un enfant de 13 mois, "tout maigre, tout
jaune, ne tenant pas sa tête, les bras ballants "...

Plus que de pauvres naïfs.
Au médecin qui les prévient qu'avant la fin de la semaine leur enfant serait
mort en cas d'infection et qu'il fallait une hospitalisation d'urgence, les
époux Boucher-Durand répondent : " On a déjà donné."

Ces deux là étaient bien plus que de pauvres naïfs ignorants, abusés par les
préceptes d'une crypto-secte New-Age : ils comptaient parmi les principaux
prosélytes en France de la kinésiologie. Directement formés par Freddy
Potschka, l'importateur de cette méthode et directeur de l'Institut Français
de Kinésiologie Appliquée (IFKA) - Pascale et Roian Boucher-Durand, avaient
fondé en 1992 à Moëlan-sur-mer l'Ecole d'Enseignement Complémentaire par la
Kinésiologie. Ils étaient les correspondants pour toute la région Bretagne
de cette pratique dénoncée dès 2001 par le rapport annuel de la MILS, l'ex
mission interministérielle de lutte contre les sectes.

Pour 220 euros ils vendaient aux aspirants kinésiologues, un mémoire
intitulé " La Place du kinésiologue en France et face aux administrations,
aux organismes officiels et au public." Ce document(1) recèle d'édifiants
"tableaux de dialogue " pour apprendre à tenir tête aux fouineurs et autres
empêcheurs de tourner en rond : police, gendarmerie, renseignements
généraux, journalistes, inspecteurs d'académie ordre des médecins, membres
des professions médicales ou paramédicales...

La lecture de ce manuel roublard révèle à quel point ses deux auteurs
étaient conscient d'agir aux marges de la légalité.

(1) Ce document sera mis en ligne ultérieurement



-----------------------------------------------------------

France : Kinésiologie
Eric à : vécu un cauchemar familial dans l'indifférence
France soir, 20 juin 2005 par Philippe Bouvier
[Texte intégral]

Manuel de survie dans la jungle hostile du monde rationnel et légal, le
rapport signé par les époux Boucher-Durand, "La Place du kinésiologue" était
un document interne, destiné à rester confidentiel et secret. Si secret que
les enquêteurs, lors de la perquisition au domicile des Boucher-Durand n'ont
pu en retrouver la trace.

C'est un cadre qui a mis la main sur cette pièce accablante, finalement
versée au dossier d'instruction. La kinésiologie, Eric B. là connaît bien.
Depuis des années, ce père de famille se bat dans l'indifférence générale,
pour dénoncer la pieuvre qui a pris sa femme et ses trois enfants,
s'efforçant de convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà
commencé.

En 1992, son épouse Chantal, 30 ans, psychométricienne de formation,
travaille comme représentante pour un grand laboratoire pharmaceutique. Lors
d'une de ses tournée, elle rencontre dans un sous-sol, au fond d'une
impasse, un sulfureux "Médecin énergétique" le diable entre alors dans la
vie du couple B.

En 1993, première bizarrerie. Chantal, invoquant des motifs fumeux, décide
que l'accouchement de leur fils aîné se fera à domicile avec une sage-femme.
"Elle était prédisposée à l'ésotérisme, à la pensée magique, à toutes sortes
de croyances autour du corps..." soupire son mari.

Elle se met à suivre les stages de " L'Energie universelle" - secte
répertoriée, dont le gourou, Me Dang, arrêté à Bruxelles en 2000 est
aujourd'hui interdit de séjour en France. Eric veille au grain. " J'ai
découvert chez nous des diplômes de niveau 4, certifiant qu'elle pouvait
soigner des centaines de gens autour d'elle, des malades du cancer ou du
sida, par simple imposition des mains."

En juillet 1996, il doit aller la récupérer à Roscoff où elle participe à un
stage intitulé " L'Eveil de l ' énergie en soi. " "Au moment de partir,
l'organisatrice arrive, et lui pose la main sur la poitrine. Pendant
plusieurs minutes, elles sont restées à se regarder sans un mot... J'avais
l'impression d'être dans La série Les Envahisseurs. "
"Il était question d'un test musculaire pour identifier les blocages
énergétiques "

En février 1997, Chantal dont les options énergétiques sont de plus en plus
incompatibles avec le monde de la pharmacie, perd son emploi. "Elle a
commencé à parler de se lancer dans la kinésiologié. " Eric se rend alors à
une réunion de promotion de cette technique organisée par des parents
d'élèves avec la caution d'une orthophoniste. Après "Les Envahisseurs",
"L'Homme qui valait trois milliards" : "Il était question d' un test
musculaire pour identifier les blocages énergétiques, il fallait boire de
l'eau pour améliorer les contacts , électriques dans le corps... J'en ai
rigolé." Eric ne va pas rigoler longtemps. Comme Chantal se met en tête de
suivre les stages de l'association Corps Mémoire (devenue Sari depuis), il
tient à rencontrer la responsable, Françoise Tainon. Celle-ci lui assure que
la kinésiologie est en passe d'être reconnue par la faculté, que des tests
de validation sont en cours en milieu hospitalier. Elle explique même que
son association travaillé avec les ADFI pour aider les personnes
endoctrinées par les sectes à reprendre pied dans la réalité!

Décontenancé, Eric voit sa femme s'engager pour un stage d'un an à raison
d'un week-end par mois à 300 euros. La plaisanterie durera trois ans. " On
lui avait expliqué qu'une fois installée, elle pourrait récupérer son
investissement par le biais de la formation professionnelle. Ce qui est
faux."

Pendant les vacances Chantal s'éclipse pour des séminaires de quatre
jours où les participants couchés à 2h00 du matin, levés à 7h00 subissent un
véritable conditionnement. Eric ne la reconnaît plus : "Dès le matin elle
s'enfermait dans la salle de bain pour sa toilette énergétique, lisait des
bouquins ésotériques : c'était devenu " Ma Sorcière bien aimée. "
Comme le stérilet "bloque les énergies" et que la pilule "donne le cancer",
elle tombe enceinte.

Les avortements se succèdent. " Je suis tombé sur un document effrayant,
raconte Eric. Elle avait subi une séance de kinésiologie installée "Je vais
grandir par mon choix d'avorter..." Je ne savais plus quoi faire. J'étais
désemparé. "

Au tournant 2000, la tension dans le couple touche à son paroxysme. Eric la
somme d'arrêter ses stages. Lorsqu'il met la main sur le rapport
confidentiel des époux Boucher-Durand "La place du kinésiologue... ", c'est
le casus belli : elle le quitte. "Ils lui ont raconté qu'on s'était
rencontrés dans une vie antérieure, lors d'un voyage astral, et qu'on
s'était retrouvés pour régler des comptes. "

Depuis, la garde des enfants a même été confiée à Chantal par le juge des
affaires familiales l'expert psychologue s'était vu répondre lors de son
enquête que la kinésiologie était une pratique comme la sophrologie... Et
qu'il n'y avait donc pas lieu de s'inquiéter. Quand Eric apprend l'an
dernier que les auteurs du rapport trouvé dans les papiers de sa femme ont
laissé leur enfant mourir de faim, son sang ne fait qu'un tour : cette fois,
le cauchemar a tué.


-------------------------------------------------------------

France : Scientologie
Tom Cruise reçu à Marseille - Réaction de Jean-Pierre Brard
Courriel, 21 juin 2005
[Texte intégral]

Montreuil, le 21 juin 2005
Réaction de Jean-Pierre Brard :
Accueil de Tom CRUISE à Marseille : le pied de nez de Jean-Claude GAUDIN
Jean-Claude GAUDIN, Président délégué de l'UMP met ses pas dans ceux de son
Président - l'hyperactif Nicolas SARKOZY - en remettant la médaille de
citoyen d'honneur à la très médiatique vedette américaine de la scientologie
: Tom CRUISE.

Après Tom CRUISE invité à Bercy en août dernier par le Ministre d'Etat
Nicolas SARKOZY, voici la suite des liaisons dangereuses avec Tom CRUISE
propulsé citoyen d'honneur de Marseille.

Messieurs SARKOZY et GAUDIN ne reculent devant aucune compromission pour
doter la Présidence de l'UMP d'une image moderne, jeune et proche du
show-biz.

Le problème, c'est qu'en agissant de la sorte, ils participent au travail de
lobbying intensif engagé par la scientologie. Or, les ambitions
personnelles, des uns ou des autres, ne sauraient justifier que l'on puisse
laisser se développer ce qui s'apparente, selon le rapport parlementaire de
1995 sur Les sectes en France : « à un véritable fléau ».

Tom CRUISE, ayant lui-même confirmé « avoir parlé de scientologie » avec le
Ministre d'Etat, malgré les démentis de l'époque dans l'entourage de Nicolas
SARKOZY, rester passif serait non seulement irresponsable à l'égard des
personnes touchées ou susceptibles de l'être, mais dangereux pour les
principes démocratiques sur lesquels est fondée notre République.
Plus gênant encore, Jean-Claude GAUDIN fait un pied de nez aux victimes et à
leurs familles alors que plusieurs condamnations sont venues sanctionner les
agissements de la scientologie en France.

Que messieurs SARKOZY et GAUDIN cessent d'accueillir les portes-paroles de
la scientologie et qu'ils se joignent à ceux, de droite comme de gauche, qui
luttent et agissent pour la défense des libertés individuelles et
collectives et l'intégrité psychique et parfois physique de personnes
souvent en situation de faiblesse, cibles privilégiées des sectes !


---------------------------------------------------------



Suisse : Sectes
Comment les sectes vous embrigadent
MIGROS, 19 juin 2005
[Texte intégral]

Coup de projecteur sur les méthodes auxquelles les sectes ont recours afin
de séduire, influencer, convaincre et asservir.

Pour obtenir sans contraintes manifestes une adhésion et une participation
active des sujets, le groupe sectaire utilise des artifices. Ainsi, comme
vitrines très alléchantes, seront proposés des programmes de développement
personnel, des activités humanitaires, culturelles etc

Dans le but d'exercer en place une emprise psychologique sur quelqu'un, la
secte propose une initiation progressive obligeant l'adepte à abandonner ses
repères habituels et toutes ses références antérieures.

Ensuite, la transformation de la personnalité intervient en plusieurs
étapes. Dans un premier temps, le sujet est déstabilisé par le biais de
techniques diverses: les séances des confession et d'autocritique, la
culpabilisation, l'obéissance aux consignes... Puis intervient la
reconstruction de l'identité en proposant une rupture définitive avec les
doutes et les sentiments d'impuissance. Enfin, la secte renforce la
dépendance et psychologique de l'individu: le groupe apparaît comme un
univers de remplacement où l'on trouve identité, relations, activités,
idéal, affection, explications, certitudes.

L'adepte se forge ainsi un nouveau cadre de vie et va considérer le monde
«profane» auquel il appartenait jusqu'ici comme suspect, voire dangereux.
LP


-------------------------------------------------------


France : Sectes
Assemblée Nationale - Question (Jean-Marc Roubaud) - Kinésiologie.
JO, 21juin 2005 par Christophe Labbé et Olivia Recasens
[Texte intégral]

12ème législature
Question N° : 68050 de M. Roubaud Jean-Marc ( Union pour un Mouvement
Populaire - Gard ) QE
Ministère interrogé : santé et solidarités
Ministère attributaire : santé et solidarités
Question publiée au JO le : 21/06/2005 page : 6234

Rubrique : santé
Tête d'analyse : traitements
Analyse : kinésiologie. bilan et perspectives

Texte de la QUESTION : M. Jean-Marc Roubaud appelle l'attention de M. le
ministre de la santé et des solidarités sur les dérives de la kinésiologie.
La kinésiologie dépasse désormais largement son cadre d'origine, à savoir
« rétablir un déséquilibre énergétique ». Certains ouvrages vont même
jusqu'à prétendre qu'elle peut avoir une influence directe sur le traitement
du cancer. Or, les notions sur lesquelles s'appuie la kinésiologie ne sont
pas validées par la médecine, ni par les scientifiques. En conséquence, il
lui demande s'il envisage de prendre des mesures afin que les kinésiologues
ne dépassent pas le cadre qui leur a été fixé.


---------------------------------------------------------


Japon : AUM
La famille du gourou de la secte Aum réclame son hospitalisation
AFP, 21 juin 2005
[Texte intégral]

TOKYO - La famille de Shoko Asahara, gourou fondateur de la secte Aum Vérité
Suprême condamné à mort pour l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo
en 1995, a réclamé son hospitalisation en raison de la détérioration de son
état mental, ont rapporté mardi des médias japonais. La famille de Shoko
Asahara a déposé plainte auprès du tribunal de Tokyo pour dénoncer la
détention "illégale" de leur proche, qui ne lui permet pas de recevoir les
soins nécessaires, ont affirmé l'agence de presse nippone Jiji et la chaîne
de télévision publique NHK.

Des responsables du tribunal ont refusé de commenter l'information,
indiquant que l'action n'était pas publique.
Ancien acupuncteur, Shoko Asahara avait été condamné en février 2004 à la
pendaison pour l'attentat du métro de Tokyo qui avait fait 12 morts et 5.500
blessés, ainsi que pour 15 autres homicides.

Il a depuis fait appel, mais la procédure est suspendue car les avocats
d'Asahara affirment qu'il est devenu impossible de communiquer avec lui. En
mars dernier, les filles du gourou avaient indiqué, dans une interview à
l'AFP, que leur père était devenu une épave, tout juste capable de
marmonner.



---------------------------------------------------------


Roumanie : Religions
Religieuse crucifiée: un prêtre et quatre soeurs en garde à vue
AFP, 22 juin 2005
[Texte intégral]

BUCAREST - Le prêtre Daniel Corogeanu et quatre nonnes du monastère de
Tanacu (nord-est de la Roumanie), à l'origine du décès d'une religieuse,
crucifiée sous prétexte d'être "possédée par le diable", ont été placés en
garde à vue mercredi soir par le Parquet de Vaslui, a-t-on appris de source
judiciaire.

Les cinq personnes sont accusées de "séquestration ayant entraîné la mort"
de la jeune femme, Irina Maricica Cornici, et encourent une peine pouvant
aller jusqu'à 25 ans de prison si elles sont reconnues coupables.

Soeur Irina, 23 ans, est morte mercredi dernier après avoir été enchaînée
sur une croix, bâillonnée et privée d'eau et de nourriture pendant plusieurs
jours.

Le prêtre, âgé de 29 ans, a affirmé avoir simplement accompli sa "mission",
qui consisterait à "lutter contre le diable". "C'était la volonté de Dieu",
a-t-il affirmé.

A leur arrivée au Parquet, quelques heures plus tôt, le prêtre et les quatre
soeurs avaient reçu le soutien de plusieurs dizaines de villageois de
Tanacu, venus les encourager et assurant qu'ils étaient "innocents".
Plusieurs autres dizaines d'habitants de Vaslui ont dans le même temps
conspué le prêtre, qu'ils ont traité d'"assassin", et ont demandé que
"justice soit faite".

La mise en garde à vue de ces cinq personnes intervient alors que les médias
et plusieurs organisations non gouvernementales ont dénoncé ces derniers
jours la "faiblesse des autorités, qui ont laissé père Daniel en liberté, en
dépit du danger qu'il représente".

"Nous sommes inquiets de voir que, dans un Etat laïc, les autorités laissent
un criminel en liberté uniquement parce qu'il fait partie du clergé
orthodoxe", a indiqué la Ligue Pro-Europa dans un communiqué.

Le visage encadré d'une longue barbe et de cheveux roux, le prêtre avait en
outre continué à officier, défiant l'interdiction prononcée samedi dernier
par l'évêché de Husi (nord), dont dépend le monastère de Tanacu.
Les révélations sur la mort de soeur Irina ont suscité un vif débat en
Roumanie sur les pratiques "moyenâgeuses" tolérées par l'Eglise orthodoxe,
de nombreuses voix appelant ses hiérarques à "faire le ménage" dans ses
rangs.



-----------------------------------------------------------


France : Actualités diverses
M. Brard porte plainte pour diffamation contre le pasteur de Clermont
AFP, 22 juin 2005
[Texte intégral]

Le député de Seine-Saint-Denis et maire de Montreuil Jean-Pierre Brard (app.
PCF) a porté plainte avec constitution de partie civile contre le pasteur
Jean-Arnold de Clermont pour diffamation, a-t-on appris mercredi auprès de
son avocat Me Didier Seban.

Selon l'avocat, "une plainte a été déposée à l'encontre du pasteur de
Clermont pour avoir diffamé M. Brard dans des déclarations rapportées dans
différents organes de presse selon lesquelles l'intervention de M. Brard
dans des lieux de culte où il s'inquiétait du non-respect des conditions de
sécurité était dictée par une discrimination envers les Noirs".
M. de Clermont, président de la Fédération protestante de France (FPF),
avait accusé en février M. Brard d'avoir interrompu le culte dans trois
églises évangéliques africaines de Montreuil et annoncé le dépôt d'une
plainte contre M. Brard pour atteinte à la loi de 1905 sur la séparation des
Eglises et de l'Etat.

La FPF n'a pas réagi mercredi à l'annonce d'une plainte de M. Brard contre
M. de Clermont et indiqué que sa propre plainte serait déposée "avant les
vacances d'été".


---------------------------------------------------------------------



Suisse : Soins Psy
Loi sur les professions de la psychologie : ouverture de la procédure de
consultation

Presse Portal, 19 juin 2005
[Texte intégral]

Le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral de l'intérieur de lancer
une procédure de consultation sur l'avant-projet de loi fédérale sur les
professions relevant du domaine de la psychologie (LPsy).
Une réglementation uniforme de ces professions au niveau fédéral permettra
de mieux protéger les patients. Le délai pour la consultation a été fixé au
31 octobre 2005. Il n'existe à l'heure actuelle en Suisse aucune
réglementation nationale pour la formation de base en psychologie et pour
les filières de formation postgrade dans ce domaine. le Conseil fédéral a
chargé le Département fédéral de l'intérieur (DFI) d'élaborer une loi
fédérale réglementant les exigences applicables aux études de psychologie et
à la formation postgrade en psychothérapie.

La loi sur les professions de la psychologie permettra d'harmoniser la
réglementation de ces professions au niveau national. Actuellement, des
dispositions relatives à l'admission et à l'exercice de ces professions sont
prévues par certains cantons, mais elles varient d'un canton à l'autre ;
elles concernent surtout la protection en matière de psychothérapie,
réglementée dans 23 cantons.

Le titre de psychologue n'est toutefois pas protégé, tout individu peut donc
s'en prévaloir. Du fait de cette lacune, il est difficile de contrôler les
qualifications des personnes qui proposent des prestations psychologiques et
il n'existe aucune protection contre les actes visant à tromper ou à induire
en erreur.

Le projet de loi, élaboré sous l'égide de l'Office fédéral de la santé
publique (OFSP), vise à garantir la qualité des formations de base et
postgrade, et à protéger les patients (protection du titre) dans le cadre de
l'exercice des professions de la psychologie.

Les prestations psychologiques dans le domaine de la santé devront désormais
s'appuyer sur une formation dispensée par une haute école suisse. Un titre
postgrade reconnu au niveau fédéral est prescrit pour l'exercice de la
profession à titre indépendant ; il ne peut être obtenu que par une filière
de formation postgrade accréditée. Une autorisation cantonale est en outre
nécessaire.

La mise en vigueur de la loi ne signifiera toutefois pas que les groupes
professionnels qui y sont réglementés seront considérés comme fournisseurs
de prestations au sens de la LAMal. La consultation durera jusqu'au 31
octobre 2005. Les prises de position peuvent être envoyées à l'Office
fédéral de la santé publique jusqu'à cette date. La loi et le rapport
explicatif peuvent être consultés à l'adresse suivante :

http://www.bag.admin.ch/berufe/projektpsych/vernehmlassung/f/ DÉPARTEMENT
FÉDÉRAL DE L'INTÉRIEUR Service de presse et d'information Renseignements :
Office fédéral de la santé publique, Heinz Roth, chef du projet loi sur les
professions de la psychologie, tél. 031 322 95 05


----------------------------------------------------------------



France : Sectes
La fin des listes noires
Le Point, 23 juin 2005 par Christophe Labbé et Olivia Recasens
[Texte intégral]

Jean-Pierre Raffarin a signé la circulaire quatre jours avant de quitter
Matignon. Elle met officiellement fin à la fameuse liste noire des 172
sectes annexée en 1995 dans un rapport d'une commission d'enquête
parlementaire.
Une liste fondée sur dix critères empruntés en partie aux Renseignements
généraux et qui était décriée aussi bien par les sectes que par les
antisectes. Au premier rang desquels le député Alain Vivien, qui exigeait
l'abrogation de cette liste au motif que certains critères étaient « des
plus malheureux ».

Même réticence du côté de la justice. Chaque fois que l'administration
s'opposait à un mouvement sous prétexte qu'il était épinglé sur la liste,
les tribunaux renvoyaient l'Etat dans les cordes. Pour les juges, le fait
d'apparaître dans l'annexe du rapport parlementaire ne pouvait en aucun cas
constituer une preuve d'appartenance sectaire.

« Au moment de sa publication, c'était déjà une liste obsolète, explique
Gilles Bottine, secrétaire général de la Mission interministérielle de
vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). L'Ordre du
Temple solaire, dont seize adeptes se sont suicidés l'année même de la
sortie du rapport, n'y figurait pas. » Ajoutez-y qu'en dix ans de nouvelles
sectes ont vu le jour, que d'autres ont disparu ou changé de nom.
Plutôt que de se lancer dans le périlleux recensement de tous les mouvements
sectaires, la circulaire adressée aux préfets préconise de concentrer les
efforts sur les plus dangereux. Notamment les « petites structures
mouvantes », « moins aisément identifiables » et qui recrutent sur Internet.
C'était le cas de Néo-Phare, un groupuscule apocalyptique dont trois membres
ont tenté de se suicider après que le gourou leur eut annoncé la fin du
monde en février 2002.

Pour repérer ces micro-sectes imprévisibles, la Miviludes a mis en place
l'année dernière, dans tous les départements, des cellules de vigilance
placées sous l'autorité des préfets. Un dispositif qui renforce la centaine
de policiers des RG spécialisés dans le sujet


----------------------------------------------------------



Etats-Unis : Scientologie
La foi de Cruise a effrayé Scarlett
METRO 13 juin 2005
[Texte intégral]

En lice pour le casting de Mission impossible III, Scarlett Johansson
s'estfinalement retirée de la course. Officiellement pour des
"incompatibilités de calendrier". Que nenni, selon Radar Magazine ! La revue
prétend que Tom Cruise a, en réalité, fait fuir l'actrice par ses tentatives
assidues pour la convaincre de rejoindre la Scientologie.

L'acteur, adepte patenté, l'aurait invitée à visiter une église puis
l'aurait entreprise sur le sujet pendant deux heures. Ensuite, Tom Cruise "a
ouvert une porte qui donnait sur une seconde pièce remplie de
scientologistes de haut rang conviés au dîner en compagnie de leur célèbre
pair. A ce moment-là la jeune actrice ingénue s'est poliment excusée de ne
pas assister au repas", rapporte Radar Magazine.
METRO NEW-YORK


-------------------------------------------------------------



Etats-Unis : Scientologie
Tom Cruise s'attaque à la psychiatrie dans un vif échange télévisé
AFP, 24 juin 2005
[Texte intégral]

NEW YORK - L'acteur américain Tom Cruise s'en est violemment pris à la
psychiatrie et aux médicaments psychotropes, lors d'un vif échange vendredi
avec son intervieweur sur la chaîne MSNBC.

Cruise, adepte de la Scientologie, avait déjà fait récemment parler de lui
en critiquant le choix de l'actrice Brooke Shields de recourir à une
psychothérapie et à des médicaments pour soigner sa dépression post-natale.

"J'ai toujours été en désaccord avec la psychiatrie, toujours, a-t-il
déclaré vendredi. Avant même d'être scientologue, j'étais en désaccord avec
la psychiatrie. Et quand j'ai commencé à étudier l'histoire de la
psychiatrie, j'ai compris de mieux en mieux pourquoi je ne croyais pas en la
psychologie".

"Je sais que la psychiatrie est une pseudo-science", a-t-il dit. Au
journaliste qui l'interroge, Matt Lauer, qui indique connaître des personnes
ayant pu bénéficier de ces traitements et relève que Brooke Shields
elle-même semble avoir été soulagée, Tom Cruise répond: "Voila le problème.
Vous ne connaissez pas l'histoire de la psychiatrie. Moi oui". "Tout ce que
cela fait, c'est masquer le problème... Le déséquilibre chimique, ça
n'existe pas", a-t-il estimé.

"Il y a des moyens, prendre des vitamines, faire de l'exercice, et
différentes choses... Les médicaments ne sont pas la réponse... Ce que je
dis sur Brooke est qu'il y a mauvaise information, elle ne comprend pas
l'histoire de la psychiatrie, de la même manière que vous ne la comprenez
pas non plus, Matt", a-t-il ajouté.

"Connaître des gens (qui prennent des médicaments, nldr) n'est pas
suffisant. Vous devriez être un peu plus responsable," a-t-il asséné à son
interlocuteur.


-----------------------------------------------------------------



France : Sectes
Lutte contre les sectes : ne faisons pas mentir la circulaire RAFFARIN !

Courriel, 27 juin 2005
[Texte intégral]


COMMUNIQUE DE PRESSE DE
Philippe VUILQUE (Soc.), Georges FENECH (UMP)
et Jean-Pierre BRARD (CR) *
MEMBRES DU GROUPE D'ETUDE SUR LES SECTES A L'ASSEMBLEE NATIONALE


Lutte contre les sectes : ne faisons pas mentir la circulaire RAFFARIN !

Avec la circulaire RAFFARIN du 27 mai 2005, certains aimeraient voir un
tournant dans la politique française de lutte contre les sectes et plus
particulièrement une remise en cause de la liste des sectes établie par le
rapport parlementaire de 1995 et actualisée en 1999. En réalité, la question
que pose cette circulaire est celle du vieillissement des informations
collectées en 1995 et 1999.

C'est pourquoi parlementaires de droite comme de gauche ont déposé plusieurs
propositions de commissions d'enquête parlementaire afin qu'un nouvel état
des lieux de la mouvance sectaire puisse être établi et que des sujets
particuliers comme la formation professionnelle, la santé et la protection
des enfants soient traités.

Ainsi, contrairement à certaines affirmations, la circulaire ne préconise
absolument pas d'en finir avec la liste parlementaire. Comment le Premier
ministre aurait-il pu dire cela moins de 10 jours après l'arrêt du Conseil
d'Etat qui a rejeté, le 18 mai, le recours en annulation formé par deux
associations de scientologie contre le refus du garde des Sceaux d'abroger
deux circulaires ministérielles de 1996 et de 1998 qui décrivaient « les
caractéristiques du phénomène sectaire telles qu'exposées dans le rapport de
la commission parlementaire sur les sectes ».

Mieux encore, par cet arrêt, le Conseil d'Etat confirme l'intérêt «
informatif » de la liste parlementaire qui reste donc une référence pour le
travail de prévention et de lutte contre les dérives sectaires.
Les critères de dangerosité précis qui ont été établis par les
parlementaires donnent d'excellents outils qui permettent d'identifier et
donc de prévenir ou de traiter toute dérive par la voie judiciaire.
Par ailleurs, comme le souligne l'arrêt du Conseil d'Etat : « eu égard aux
risques que peuvent présenter les pratiques de certains organismes
communément appelés « sectes », alors même que ces mouvements prétendent
également poursuivre un but religieux, les associations ne sont pas fondées
à soutenir que les circulaires précitées méconnaîtraient le principe de
liberté religieuse ».

On ne peut donc que déplorer les glissements sémantiques parfois pratiqués,
dans la dernière période par certaines autorités publiques, qui permettent à
des mouvements en quête d'honorabilité - comme la scientologie ou les
Témoins de Jéhovah - de s'abriter derrière le label « nouveau mouvement
religieux» directement venu des Etats-Unis.

Ce qui importe c'est de renforcer notre vigilance contre toutes formes de
dérives qui sont de nature à mettre en cause les libertés individuelles et
collectives ainsi qu'à porter atteinte à l'intégrité psychique et parfois
physique des personnes. Les parlementaires travaillant sur les sectes
forment le vou que le nouveau Président de la commission des lois à
l'Assemblée nationale saura prendre en main ces questions en donnant suite
aux propositions de commissions d'enquête déposées par les députés de droite
comme de gauche.

Philippe VUILQUE - Président du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée
nationale Député de Ardennes (Soc.) Vice-Président du Conseil régional
(Champagne-Ardenne)
Georges FENECH - Vice-Président du groupe d'études sur les sectes à
l'Assemblée nationale. Membre du Conseil d'orientation de la Mission
Interministérielle de Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
(MIVILUDES) Député du Rhône (UMP)
Jean-Pierre BRARD - Vice-Président du groupe d'études sur les sectes à
l'Assemblée nationale Membre du Conseil d'orientation de la Mission
Interministérielle de Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
(MIVILUDES) Député de la Seine-Saint-Denis (CR) Maire de Montreuil (93)


--------------------------------------------------------------



Belgique : Sectes
Une nouvelle notion de droit pour juguler les sectes

La Libre, 28 juin 2005 par Roland Planchar
[Texte intégral]

Le groupe de travail parlementaire contre les organisations sectaires achève
son travail.

L'abus de faiblesse et la manipulation mentale sont dans le collimateur. Les
travaux du groupe de travail français inspirent...

En Belgique, depuis la commission parlementaire sur les organisations
sectaires nuisibles de 1997 et hormis la création consécutive du CIAOSN
(«Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires
nuisibles»), la lutte contre les sectes n'a plus paru être prioritaire. De
quoi être amer, après la gravité des constats posés cette année-là? Sans
doute aucun cas spectaculaire n'est-il venu dans l'actualité, depuis
plusieurs années. Mais le risque augmente et c'est pourquoi sept députés
(PS, MR, CDH, VLD, CD&V, SP.A, VB) ont formé, voilà un an, un groupe de
travail s'attelant à la définition de moyens permettant de contrer ce risque
et d'éviter, si possible, un drame futur.

André Frédéric (PS) le préside. «Certes, j'aime souligner que le CIAOSN
fonctionne de manière remarquable, avec peu de moyens. Mais à côté de cela,
peu de choses ont été faites, depuis, pour protéger le citoyen. Or on
constate une recrudescence dans le nombre des organisations sectaires et
dans le nombre des victimes. On le fait tantôt de façon subjective, car
toutes les victimes ne déposent pas plainte, tantôt de façon objective, par
le biais du CIAOSN.»

Toujours est-il que ce groupe approche du terme de son ouvrage, qui a
consisté entre autres à entendre divers acteurs judiciaires concernés par le
sujet. Et, mercredi passé, il a procédé à une audition particulièrement
importante, celle du député socialiste français Philippe Vuilque.
Celui-ci, par ailleurs vice-président du Conseil Champagne- Ardennes et
membre de la commission des lois, préside le groupe d'étude sur les
organisations sectaires de l'Assemblée nationale (des dizaines de députés de
toutes tendances). Une expérience d'autant plus précieuse que, de même que
ce fut le cas en Belgique, ce groupe a toujours «fonctionné à l'unanimité,
sans laisser de prise au lobbying sectaire», dit M. Vuilque.
Bref, son audition par le groupe belge a permis de renforcer plusieurs
points de réflexion essentiels, qui trouveront un aboutissement concret dans
peu de temps (lire ci-dessus).

1 L'abus de faiblesse et la manipulation mentale permettent aux sectes de
recruter et d'exploiter l'adepte.

En France, dit M. Vuilque, «on s'est aperçu au fil des ans
que notre législation était incomplète. Il était
difficile de faire condamner les organisations sectaires elles-mêmes. Et
c'est pourquoi nous avons demandé et obtenu la loi About-Picard, du 12 juin
2001, qui permet entre autres la dissolution de l'association de droit ou de
fait, dès lors que ses dirigeants ont déjà été condamnés au pénal. Elle a
créé le délit de «manipulation mentale», que, pour des raisons de précision
juridique, nous avons appelé «abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de
situation de faiblesse». Les termes sont importants». D'autres, d'abord
choisis à l'Assemblée nationale française, posaient des soucis juridiques.
Bref, «tout est laissé bien sûr à l'appréciation du juge mais, aujourd'hui,
les magistrats français ont des outils supplémentaires».

En tout cas, «cette loi a eu une efficacité d'abord préventive et
pédagogique. Et nous pensons avoir été sur la bonne voie, en ayant utilisé
cette notion précise qui ne touche pas au principe républicain et laïc
intangible qui veut que tout citoyen peut avoir la philosophie qu'il veut, à
partir du moment où il respecte la législation. C'est apparu dès l'époque du
vote, car toutes les organisations sectaires sont montées au créneau en
criant au scandale...» Mais personne d'autre.

Las, comme l'indique André Frédéric, par rapport à la loi About-Picard, il
n'existe rien dans le dispositif pénal belge. On n'est nulle part. On peut
poursuivre pour des faits délictueux d'abus de confiance, d'extorsion de
fonds, de maltraitance, mais jamais en rapport direct avec un abus de
faiblesse puisqu'il n'existe pas dans le code pénal».

Il est donc «encore plus convaincu de la nécessité de prendre l'initiative
en la matière, après avoir entendu l'exposé de Philippe Vuilque. Il a bien
souligné l'effet préventif, puisque les sectes identifient maintenant la
France comme étant le pays où on ne fait pas n'importe quoi, où il n'y a
plus moyen de se dissimuler derrière de pseudo-organisations pour mener un
travail d'extorsion de fonds. C'est réjouissant et je pense que ce sera une
orientation du groupe de travail, d'autant que cette notion semble bien
correspondre au problème soulevé par l'ensemble du monde judiciaire que nous
avons interrogé jusqu'ici».

Toujours est-il aussi que les deux hommes attendent avec intérêt le résultat
jurisprudentiel du cas «Neo Phare», une secte apocalyptique bretonne (lire
ci-contre) qui pourrait éclairer les débats belges.

2 L'obligation scolaire.
A la différence de la première, une autre réalisation juridique française
n'avait jamais été envisagée en Belgique. Elle pourrait l'être. Philippe
Vuilque: «Nous avons renforcé le contrôle de l'Etat dans l'obligation
scolaire par une loi de 1998. A la veille du vote de cette loi, quelque 6000
enfants n'étaient pas scolarisés normalement, mais uniquement par les
familles, avec tout ce que cela impliquait comme possibilité d'emprise
sectaire. Aujourd'hui, ce nombre est divisé par six...»

3 Le rôle d'information parlementaire.
André Frédéric: «Ce que nous venons
d'entendre montre que les parlementaires français font un travail
d'information permanent de leurs collègues. Nous pourrions nous en inspirer
car, même si certains s'adressent au CIAOSN, les élus sont confrontés au
lobby des organisations sectaires, sans parfois s'en rendre compte, en toute
bonne foi.»

4 L'Europe.
Le député belge regrette aussi que «nous sommes voisins et,
pourtant, on partage peu les expériences. C'est d'autant moins normal qu'on
est en face d'un phénomène qui se délocalise aisément. Un débat, ou à tout
le moins une concertation, sur le plan européen paraît s'imposer». L'idée
évoquée mercredi «dans le groupe de travail est donc de prendre là aussi une
initiative, commune avec le groupe de mon collègue français, pour solliciter
le Parlement européen». Pas facile, car l'Europe comprend, dit M. Vuilque,
«les conceptions latine et anglo-saxonne. Cette dernière tend à dire, avec
des dérives comme aux Etats-Unis, pas touche!, dès qu'on parle religion».

La conception méditerranéenne, qui n'est pas très éloignée de la spécificité
française et qui touche à la laïcité et à la séparation absolue de l'Eglise
et l'Etat, serait bien plus nuancée. «Mais des choses se font déjà, comme en
Allemagne, en Autriche, en Grèce et en Espagne, où de toute évidence on est
en train de se poser des questions sur le sujet», poursuit-il en «partageant
entièrement la proposition d'André Frédéric d'aborder le problème au niveau
européen».


----------------------------------------------------------------------



Belgique : Sectes
Une nette recrudescence

La Libre, 28 juin 2005 par Roland Planchar
[Texte intégral]

Lorsque les parlementaires belges évoquent une recrudescence du phénomène
sectaire, ils se fondent notamment sur les données recueillies par le Centre
d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles. Celui-ci
s'est toujours montré prudent, par exemple en n'utilisant pas le terme de
sectes, ni même d'organisations sectaires, pour désigner les «groupes» qu'il
étudie.

«Parce qu'on ne dit de personne qu'il est coupable avant de l'avoir jugé», a
déjà publiquement expliqué Eric Brasseur, son directeur qui a, lui aussi,
rencontré le député français Philippe Vuilque, la semaine passée.
Mais toujours est-il que ces données du CIAOSN sont fort intéressantes.
Ainsi, des dossiers concernant 533 groupes ont été ouverts depuis la
création du centre, mais ils ne comportent que 94 groupes déjà cités lors
des travaux de la Commission d'enquête parlementaire de 1997.
Une fameuse augmentation qu'on peut mettre en corrélation avec le nombre de
consultations du centre, important: 1379 demandes ont été formulées en
2003-2004. Mais le CIAOSN a constaté l'impact étonnant de certains articles
de presse, avec des pics considérables de questions qui réduisent la valeur
statistique du nombre.

Quant à son site Internet, il «tourne» en moyenne à 4000 visites par mois.
Mais le même centre, qui pourrait diffuser son prochain rapport annuel,
particulièrement complet, au mois de septembre prochain, relève que la
proportion des demandes faites par des autorités, comme les communes ou la
police, est plus significative. Et est en forte augmentation: de 8pc en 2003
à à 16,5pc en 2004. Côté citoyens, la première catégorie de demandeurs est,
sans surprise, celle des personnes affectées par les sectes dans leur vie
personnelle et familiale.

CIAOSN, 139, rue Haute, 3e ét., 1000 Bruxelles, E-mail ciaosn@just.fgov.be,
Web http://www.ciaosn.be


----------------------------------------------------------------------------



Belgique : Sectes
Un cas concret se déroule en France et pourrait fonder la jurisprudence

La Libre, 28 juin 2005 par Roland Planchar
[Texte intégral]

La secte «Neo Phare» guidait ses adeptes vers la mort. Son gourou a été
condamné une première fois. On attend la décision d'appel.
Un suicide collectif: c'est ce à quoi la secte apocalyptique bretonne «Neo
Phare» conduisait ses adeptes, était-il apparu en 2002. La fin du monde
était proche, disait Arnaud Mussy, le gourou âgé de 38 ans, «en tout cas
avant Noël».

Mussy? Il s'était pris d'abord pour l'apôtre Jacques mais avait ensuite
«découvert», en 2001, être Jésus «revenu sur Terre».

Ses pratiques avaient en tout cas amené Jérémie, un disciple âgé de 29 ans,
à se donner la mort, le 14 juillet 2002. Deux autres adeptes avaient tenté
de se tuer le même mois, avant que la gendarmerie puis la justice
interviennent sur la base de la loi About-Picard.

Le 25 novembre 2004, Mussy était condamné par le tribunal correctionnel de
Nantes, grâce à cet outil juridique, à trois ans de prison (avec sursis), à
cinq ans de mise à l'épreuve ainsi qu'à quelque 90000 euros de dommages et
intérêts au bénéfice des parties civiles. Une première dont la France
s'était largement réjouie.

Les parents de Jérémie avaient à cette occasion espéré que cela permette de
neutraliser définitivement un gourou manifestant son influence même sur un
médecin urgentiste du CHU de Nantes et sur des fonctionnaires, notamment de
l'Education nationale française. Auxquels il imposait entre autres de briser
les couples en fonction d'un principe basé sur les «âmes soeurs», rien de
moins.

Décision le 12 juillet
Quant à la Miviludes (la «Mission interministérielle de vigilance et de
lutte contre les dérives sectaires»), elle avait fait état d'une «excellente
nouvelle», parlant de l'efficacité d'une arme permettant de «sanctionner les
atteintes aux libertés individuelles, à l'intégrité physique et psychique
des personnes en état de faiblesse», c'est-à-dire le «domaine de
prédilection des sectes». Et de préciser que «les magistrats viennent de
confirmer ce que les parlementaires, de droite comme de gauche, dénoncent
depuis des années: les sectes font de leurs adeptes les acteurs
involontaires de leur propre destruction». Il lui paraissait donc
«souhaitable que ce jugement (...) fasse jurisprudence».

On ignore cependant encore le sort jurisprudentiel de l'affaire, qui a aussi
une dimension financière au détriment d'adeptes, car Mussy a interjeté appel
du jugement.
Ce procès est en cours à Rennes et, si le ministère public a requis une
aggravation de la peine (trois ans de prison dont six mois fermes), l'arrêt
a été mis en délibéré jusqu'au 12 juillet. Il faut donc attendre encore pour
savoir quel impact réel l'affaire aura à cet égard.



----------------------------------------------------------------------------


France : Sectes
La correction Raffarin

Courriel, 30 juin 2005 par Jacques Trouslard
[Texte intégral]

Quelle urgence, à la veille du Référendum du 29 Mai, nécessitait, de la part
du Premier Ministre, la publication d'une circulaire relative à la lutte
contre les dérives sectaires, adressée aux Ministres, aux Secrétaires d'Etat
et aux Préfets, et parue au Journal Officiel le 1er juin 2005 ? Au moment où
Tom Cruise rend visite à Nicolas Sarkozy et reçoit à Marseille la médaille
de Citoyen de la Ville, cette circulaire a laissé l'opinion publique
perplexe et a été comprise comme une sévère correction, dans la double
acception de ce terme : soit que le Gouvernement veuille corriger le tir,
infléchir l'action contre les sectes, soit qu'il veuille infliger une
correction, une volée de bois vert à ses prédécesseurs, et casser la
baraque, en désavouant et en détruisant une équipe expérimentée actuellement
en charge de ces dossiers sensibles.

Quelques principes de l'action menée par le Gouvernement
Il faut reconnaître qu'en créant, en 2002, la Mission Interministérielle de
Vigilance et de lutte contre les Dérives sectaires (MIVILUDES), le
Gouvernement, sous la pression du lobbing des sectes, des grandes religions
monothéistes, de sociologues des religions, de certains parlementaires,
juristes et magistrats, " entendait réorganiser l'action préventive et
répressive des services de l'Etat à l'encontre des sectes".

Le changement d'appellation de cette Mission Interministérielle était
suffisamment significatif. D'une part, on introduisait la notion de
vigilance, laissant supposer qu'antérieurement la lutte contre les sectes
menée, d'octobre 1998 à novembre 2002, par la MILS (Mission
Interministérielle de lutte contre les Sectes) en était totalement
dépourvue.

D'autre part, on supprimait le terme "secte " pour le remplacer par celui de
"dérives sectaires". Or, l'adjectif ou le substantif "sectaire " désigne une
personne ou une activité "qui manifestent de l'intolérance, de l'étroitesse
d'esprit, en refusant d'admettre des opinions différentes". L'appellation
"dérives sectaires" ne désigne donc pas spécifiquement les "sectes". Elle
peut tout aussi bien s'appliquer à des groupes politiques, culturels,
religieux qui ne sont pas pour autant des sectes. Ce changement de
dénomination n'était pas pour déplaire aux sectes, aux sociologues des
religions, aux religions monothéistes, qui prétendaient, d'un commun accord,
remplacer le terme de secte si péjoratif, par celui beaucoup plus honorable
et respectable de "nouveaux mouvements religieux".

Le principe de conciliation entre secte et laïcité

"Après trente mois de fonctionnement de la MIVILUDES, le Gouvernement juge
utile de tirer les enseignements et de fixer les orientations
suivantes.L'action menée par le Gouvernement est dictée par le souci de
concilier la lutte contre les agissements de certains groupes.avec le
respect des libertés publiques et le principe de laïcité".
Le premier principe consiste donc à "concilier" la lutte contre les sectes
avec " le respect de la laïcité".

C'est, à nouveau, la confusion, l'assimilation entre " sectes" et "religions
", car le principe de laïcité concerne les religions et non les sectes,
intrinsèquement nocives et dangereuses, qui ne sont pas des religions En
effet, la loi du 9 décembre 1905 concerne la séparation des Eglises et de
l'Etat : "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun
culte.Elle assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des
cultes" (art.2 et 1).

La secte , au contraire, se définit par des comportements qui portent
gravement atteinte à la liberté, à la dignité de la personne humaine, aux
libertés fondamentales, qui bafouent et violent les Droits de l'Homme et
l'ordre public
.
C'est cette confusion ou cette crainte de confusion qui avait déjà entraîné
les auteurs du Rapport Parlementaire de 1995 à affirmer que "l'absence de
définition juridique des sectes en droit résulte de la conception française
de la laïcité".

Il est donc clair qu'il ne peut exister aucune conciliation entre secte et
laïcité. Le "respect de la laïcité" et le principe même sur lequel repose
toute secte sont non seulement incompatibles mais inconciliables.
De même, aucune religion ne peut se croire à l'abri des lois, mais peut
tomber sous le coup d'une condamnation civile ou pénale en cas d'infraction
à la loi, sans que pour autant l'on manque au respect de la laïcité .
"La seule qualification de secte ne permet pas aux pouvoirs publics de
fonder leur action"

Par cette phrase, la circulaire oppose ici qualification et définition . La
qualification est l'attribution d'un titre ou d'un terme . La définition est
l'énonciation de ce qu'est un être ou une chose, de ses caractères
essentiels, de ses qualités propres.

Le qualification de secte ne doit pas être attribuée de manière arbitraire à
un groupe quelconque. Elle doit reposer sur la dénonciation de comportements
qui portent gravement atteinte aux Droits de l'Homme, et dont l'on peut
rapporter la preuve, à partir de faits précis, collectifs, répétit1ifs et
coercitifs.

Une erreur grave dans l'approche du phénomène des sectes a été de s'obstiner
à déclarer que c'était un phénomène difficile à définir, qu'il était
impossible de lui donner une définition juridique.

Il suffisait de reprendre les jugements ou les arrêts de nombreux Tribunaux
ou Cours d'Appel condamnant plusieurs sectes, pour donner une définition
exacte et précise :

" la secte est un groupe, constitué à l'origine sous la direction,
l'influence, la domination d'un maître à penser, communément appelé gourou,
qui, par l'emploi de manouvres frauduleuses, promesses, menaces, abus
d'autorité ou de pouvoir, machination ou artifices, utilisation de
techniques de conditionnement ou de contrainte morale, provoque chez ses
adeptes une situation de faiblesse, de vulnérabilité, de dépendance et de
complicité qui leur fait perdre tout esprit critique et tout libre arbitre
pour tout ce qui concerne les méthodes ou les pratiques de la secte. Bref un
groupe qui utilise des procédés répréhensibles dans un but d'aliénation des
adeptes et à des fins financières" (Procès de la Scientologie, Lyon,1996-97)

Finalement, la loi du 12 juin 2001, art.223-15-2, dite loi About-Picard, a
permis d'établir une définition juridique de la secte :
" une secte est un groupe qui poursuit des activités ayant pour but ou pour
effet de créer, de maintenir ou d'exploiter la sujétion psychologique ou
physique des personnes qui participent à ces activités, par l'exercice de
pressions graves ou réitérées, ou de techniques propres à altérer leur
jugement pour conduire ces personnes à un acte ou à une abstention qui leur
sont gravement préjudiciables" .

On voit donc que le terme secte n'est pas une coquille vide.
Les mises à l'index décrétées par la circulaire

La circulaire décrète deux mises à l'index :
1) La liste des mouvements sectaires (Rapport Parlementaire de 1995):
"La liste de mouvements annexée au Rapport Parlementaire de 1995 (est) de
moins en moins pertinente.Le recours à des listes de groupements sera évité
au profit de l'utilisation de faisceaux de critères".

Les auteurs du Rapport parlementaire auraient beau jeu de rappeler qu'"ayant
constaté la difficulté à définir la notion de secte", ils avaient eu recours
à la liste des Renseignements Généraux qui s'appuyaient sur dix faisceaux de
critères, bien connus et très souvent utilisés . (Les Sectes en France,
p.12-13)

Qu'une actualisation de cette liste soit nécessaire, cela va de soi : elle
n'était pas forcément parfaite, elle n'était pas exhaustive et depuis 1995,
de nouvelles sectes ont vu le jour, en quantité, et d'anciennes sectes
répertoriées dans ce Rapport se sont empressées de changer d'appellation.

Certes, la liste n'a pas de valeur juridique. Toutefois, on ne peut pas dire
qu'elle fut inutile :
- le Conseil d'Etat, dans un arrêt du 18 mai 2005, a rejeté la demande de la
Scientologie d'abroger deux circulaires ministérielles de 1996 et 1998 qui
reprenaient "les caractéristiques du phénomène sectaire telles qu'exposées
dans le Rapport de la commission parlementaire sur les sectes".
- La Cour d'Appel de Paris, a reconnu dans un arrêt de 2001 : "le sérieux de
l'enquête (parlementaire) ne peut être mis en doute puisque la commission a
recueilli pendant six mois témoignages et documents sur le mouvement
sectaire"

2) les références au passé
"En tout état de cause, les références aux organismes comme l'Observatoire
des sectes ou la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes
devront être remplacées par des références au décret instituant la
MIVILUDES"

Sans commentaire.

Conclusion
En conclusion, le Gouvernement " décide, plutôt que de mettre à l'index
certains groupements, d'exercer une vigilance particulière sur toute
organisation qui paraît exercer une emprise dangereuse pour la liberté
individuelle de ses membres".

Cette conclusion pourra satisfaire les sectes, mais non les victimes des
sectes et les défenseurs des Droits de l'Homme ? On se contente d'exercer
une vigilance particulière sur une organisation, non pas qui exerce, mais
qui paraît exercer une emprise dangereuse ! La lutte, la répression ont
disparu !

L'un des motifs de l'extrême prudence qui transpire dans cette circulaire du
1er juin 2005 ne serait-il pas " le souci de la sécurité juridique", donc la
peur, la crainte du harcèlement judiciaire et procédurier des sectes qui
annihilent la vigilance et la lutte à l'encontre des sectes.

Aussi, ne faut-il pas s'étonner si des plaintes de personnes ou de familles
victimes des sectes soient restées sans réponse ou n'aient obtenu du
Secrétaire Général de la Miviludes que des réponses vagues, ambiguës,
parfois contradictoires.

Après trente mois de fonctionnement de la MIVILUDES, on peut se demander
quelle a pu être l'efficacité du comité exécutif de pilotage opérationnel et
du conseil d'orientation. De même, à quel rôle les chargés de mission de la
Miviludes, qui constituaient un personnel hautement qualifié et apprécié,
ont-ils été confinés ?

Mais au fait, qui était vraiment le pilote de la MIVILUDES ? Où sont passés
les passagers ? Licenciements ? Démissions ? Embauches ? Pour " quoi "? Et
par "qui" ?
J. TROUSLARD