D'autant que dans un autre cabinet d'instruction, le juge Thierry Perriquet qui enquête sur le volet « viol, proxénétisme aggravé et actes de tortures et barbarie » n'a guère réuni d'éléments tangibles pour étayer les accusations accablantes des deux anciennes prostituées. Les avocats de Fanny et Patricia l'accusent au passage de malmener leurs clientes, parties civiles, et de ne pas accorder de crédit à leurs propos. Le juge Lemoine est logé à la même enseigne, mis en cause par Patrice Alègre, qui l'accuse, via ses nouveaux avocats Mes Gilbert Collard et Edouard Martial, d'avoir orchestré les aveux sur Canal + de leur client dans l'affaire du meurtre de Line Galbardi. DES INSPECTIONS QUI ALOURDISSENT LE CLIMATCritiqués par leur ancien collègue Michel Roussel, soumis à une inspection de leur direction, les gendarmes de la section recherches sont devenus méfiants. Au point de remettre en question le travail de l'adjudant Roussel, de Serge Lemoine, du substitut François Heinisch et du procureur Michel Bréard. Dans ce climat de suspicion et de règlement de comptes, chacun voit des complots partout. Et personne n'est épargné. Dernière cible en date, le procureur de la République en personne, Michel Bréard sur lequel des rumeurs de mutation circulent depuis le début de l'été dans les couloirs du palais de justice. Selon des magistrats, qui préfèrent bien entendu conserver l'anonymat, l'inspection générale des services du ministère de la Justice, n'auraient pas d'autre but que « de faire la peau au procureur ». Depuis juin, les inspecteurs de la Chancellerie enquêtent officiellement sur le fonctionnement du parquet de Toulouse. Leurs investigations se poursuivent encore ce mois-ci. Pour échapper à cette ambiance délétère et essayer de ramener un brin de sérénité dans cette affaire, le juge d'instruction Fabrice Rives a désigné des policiers parisiens pour mener les investigations sur deux autres volets de l'affaire Alègre. « Finalement, ce n'est pas plus mal de faire appel à un service extérieur à Toulouse », admet un officier de gendarmerie. Ces policiers parisiens s'intéressent à la mort de quatre travestis dans l'incendie d'un appartement à Toulouse en mars 1992. ainsi qu'à celle, en septembre 1990, d'Édith Schleichardt, dont de récentes expertises ont démontré qu'elle avait été tuée alors que l'enquête initiale des gendarmes avait conclu, sur la foi d'une expertise menée par le DrDanièle Alengrin, médecin légiste, à une mort par overdose médicamenteuse. Éparpillée entre quatre juges d'instruction et plusieurs services d'enquête, les investigations sur le dossier Alègre se poursuit dans cette atmosphère plombée. Jusqu'ici, cela n'a guère contribué à faire éclater la vérité. Jean-Louis Galamel Homicides 31 renouvelée à 80% Créé en juillet 2000 pour sonder le passé du tueur en série Patrice Alègre, la cellule Homicides 31 entame depuis quelques semaines une nouvelle vie. Depuis la démission de Michel Roussel voilà maintenant presque un an, ce groupe a été profondément renouvelé au risque de perdre une partie de sa mémoire. Aujourd'hui, seulement deux « anciens » poursuivent leurs investigations avec une équipe suivie de près par la hiérarchie. Un capitaine se consacre même à temps plein à la cellule, ce qui était loin d'être le cas du temps de Roussel. Autre point important, l'existence de la cellule Homicides 31 n'est plus en sursis. La direction générale de la gendarmerie a donné son feu vert au lieutenant-colonel Henry, patron de la section recherches de Toulouse, pour un nouveau bail qui s'accompagne des moyens renforcés. Douze enquêteurs travaillent désormais à temps plein sur le passé du tueur. Quatre dossiers sont actuellement traités en priorité. D'abord deux meurtres : celui de Valérie Réorda, 16 ans, retrouvée en août 1990 et d'Hadja Benyoucef, découverte avec un couteau dans la gorge chez elle à Toulouse en 1987. Et les disparitions jamais élucidées de deux jeunes et jolies femmes : Corinne Lazarri en mars 1992 et Hélène Loubradou en août 1989. C'est dans le cadre de cette dernière enquête que commence lundi la fouille du lac de Flourens. Seuls les corps de deux travestis seront expertisés Dernier rebondissement de l'affaire Alègre, le juge Fabrice Rives s'est vu confier l'instruction sur les morts suspectes de quatre travestis en mars 1992. Ils avaient été trouvés morts dans l'incendie d'un appartement, rue de Toul à Toulouse. Seuls les corps de deux travestis seront expertisés de Jean-Tony Kokou dit Pâquerette ou Paco et de Gilles Laclotte dit Gina seront exhumés fin septembre pour être autopsiés. Les deux autres victimes, Jean-Claude Marco dit Nanou et son frère Serge alias Roxy avaient été incinérés à l'époque. En 1992, l'enquête avait conclu à une mort accidentelle des quatre travestis après un simple examen de corps pratiqué par le médecin légiste Danièle Alengrin. Le parquet n'avait pas ordonné d'autopsie. Deux de ces quatre victimes connaissaient bien un autre travesti, Claude Martinez, retrouvé assassiné un mois plus tôt chez lui et dont le meurtre est imputé à Patrice Alègre. Ces deux travestis avaient été entendus par les policiers enquêtant sur ce crime, juste avant de trouver à leur tour la mort dans des conditions qui apparaissent aujourd'hui suspectes. J.-L. G. Les quatre magistrats de l'affaire Serge Lemoine, doyen des juges d'instruction. Il est le magistrat qui connaît le mieux Patrice Alègre. Cet homme d'expérience a travaillé sur les premières affaires du tueur en série, le renvoyant devant la cour d'assises de la Haute-Garonne pour cinq meurtres et viols (Valérie Tarriote, Laure Martinet, Martine Matias, Mireille Normand, Isabelle Chicherie) et une tentative de meurtre (Émilie Espes). Ces crimes commis entre février 1989 et septembre 1997 pas Patrice Alègre ont été punis par la cour d'assises d'une peine de réclusion à perpétuité en février 2002. D'autres meurtres, dont le tueur en série pourrait être l'auteur sont également suivis par le juge Lemoine. Quatre affaires sont quasiment bouclées : les morts de Josette Legoy et Josette Poiroux, deux prostituées en 1987 et 1992 ; la mort de Patricia Gélis-Ballejos en octobre 1992 et le viol d'une prostituée en février 1992. D'autres dossiers où plane le nom d'Alègre se trouvent sur le bureau de ce magistrat. En premier lieu, la mort de Line Galbardi en janvier 1992. Les investigations autour de la mort de cette prostituée ont déclenché le deuxième volet de l'affaire Alègre. Le « suicide » d'Hadja Benyoucef et le meurtre du travesti Claude Martinez se trouvent aussi dans les armoires du doyen. Thierry Perriquet et Nicole Bergougnan. Ces deux magistrats ont hérité en avril 2003 du dossier ouvert contre x pour « viols, proxénétisme et actes de barbarie ». À partir des déclarations de plusieurs anciennes prostituées, principalement « Patricia » et « Fanny », ces juges ont cherché à vérifier les accusations portées contre Patrice Alègre, Lakdar Messaoudène, Dominique Baudis, Marc Bourragué et des policiers. Dix-huit mois plus tard, les preuves manquent, les contradictions s'accumulent et les juges aimeraient bien conclure… Aucun des protagonistes n'a été mis en examen et un non lieu général est probable. Histoire de compliquer davantage sa mission, Thierry Perriquet instruit aussi un dossier de dénonciation calomnieuse lié aux élucubrations de Djamel. « Patricia » et « Fanny » sont mises en examen dans cette affaire. Un mélange des genres qui attisent les critiques des avocats de la défense. Fabrice Rives. Dernier magistrat à être entré dans « les affaires », ce juge enquête avec l'aide de membres de la direction centrale de la police judiciaire sur la mort d'Édith Schleichardt, en septembre 1990. On sait aujourd'hui qu'elle n'est pas liée à une intoxication médicamenteuse et qu'elle a sans doute été assassinée. Depuis quinze jours, il s'intéresse aussi à la mort de quatre travestis dans un incendie en mars 1992 à Toulouse. L'enquête avait, à l'époque, conclu à un accident… Jean Cohadon
Me Pierre Dunac assiste la famille d'Édith Schleichardt, jeune femme découverte morte en septembre 1990 à Cintegabelle. L'enquête avait alors conclu à une intoxication médicamenteuse. Ce dossier illustre un certain nombre de dysfonctionnements et montre que cette Chamoniarde a sûrement été assassinée… Pourquoi les dossiers liés au parcours de Patrice Alègre sont-ils si sulfureux ? Pierre Dunac : Ces affaires sont particulières dès l'interpellation de Patrice Alègre en septembre 1997. Son arrestation est tardive quand on observe son parcours criminel notamment à Toulouse. Un certain nombre d'enquêtes, mal conclues, n'ont pas permis de démasquer rapidement ce tueur. Patrice Alègre n'est peut-être pas impliqué dans toutes les enquêtes actuellement rouvertes mais mis bout à bout, ces échecs mettent en évidence des dysfonctionnements graves. Les investigations avancent et toutes les institutions sont concernées… Gendarmes, policiers, médecins légistes, juges… Des gens qui appartiennent à des milieux où les remises en cause sont douloureuses. Résultat, facilement, on renvoie la faute sur le voisin. Autre solution, on essaye d'attribuer les fautes à un ensemble, sans prendre réellement la responsabilité de ses erreurs. L'appel à des services d'enquête extérieurs est-il judicieux ? Complètement. Le juge Rives a fait ce choix dans le dossier Schleichardt. Du coup, les enquêteurs ne cherchent pas à dénigrer le travail des uns ou des autres, ils cherchent à progresser. Pas dans tous les sens mais dans celui d'une enquête. Cela permet de travailler dans un climat plus serein même si cela n'épargne pas totalement des tentatives de pression. Mais quand on est déterminé, on arrive à avancer et on s'approche de la vérité. Recueillis par J.C. |
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autobiographique
de « Fanny », une des prostituées au coeur de
l'affaire Alègre, sorti
le 17 juin ...
<http://www.dna.fr/france/20040722
Affaire Alègre
L'ex-proxénète
Lakhdar libéré
Le Parisien, le 17.10.03
Affaire
Alègre : le gendarme Roussel jette l'éponge
L'adjudant Michel Roussel, qui a joué
un rôle central dans l'enquête sur les crimes de Patrice (...)
Le Parisien - A la Une 14/10/2003
AFFAIRE
ALEGRE - Le cerveau de l'enquête décroche
Par son départ inattendu, l'adjudant
Michel Roussel lâche une affaire Alègre devenue explosive.
(...)
RTL - Actualités 13/10/2003
Confusion
totale dans l'affaire Alègre
"Fanny" qui disculpe
Lakhdar Messaoudene dans le meurtre de Line Galbardi tout en
mettant en cause (...)
TF1 - La Une 09/10/2003
Affaire Alègre
Un
juge enquête sur la mort de Djamel
Le Parisien, le 24.09.03
24/09/2003 La justice veut éclaircir la mort de Djamel Le parquet de Toulouse a ouvert mardi une information judiciaire après la mort samedi de ce (...)
| ALEGRE | 23/09/2003 |
Affaire
Alègre : Djamel se serait suicidé
Pierre-Olivier Puis, alias «Djamel»,
23 ans, est le premier mort de la «nouvelle» affaire Alègre.
(...)
Le Parisien - A la Une 23/09/2003
| TOULOUSE | 23/09/2003 |
La
justice veut éclaircir la mort de Djamel
Le parquet de Toulouse a ouvert mardi
une information judiciaire après la mort samedi de ce (...)
TF1 - La Une 23/09/2003
| TOULOUSE | 23/09/2003 |
L'enquête des gendarmes démonte une à une les accusations de "Fanny" Le Monde
| TOULOUSE | 23/09/2003 |
Affaire Alègre
Djamel
se serait suicidé
Le Parisien, le 23.09.03
Les
avocats d'Alègre demandent le dépaysement des dossiers
29 août 11:01 Libération
| ALEGRE | 17/08/2003 |
Le Monde
| ALEGRE | 15/08/2003 |
Affaire Alègre : un certificat médical fragilise l'alibi de Lakhdar Messaoudène Le monde
| ALEGRE | 10/08/2003 |
| ALEGRE | 06/08/2003 |
Affaire Alègre
L'ex-prostituée
Patricia en liberté
Le Parisien, le 06.08.03
| ALEGRE | 04/08/2003 |
"Patricia" remise en liberté mardi en début d'après-midi
L'ancienne prostituée "Patricia", principal témoin
à charge dans l'affaire Alègre, incarcérée à la maison
d'arrêt de Pau depuis un mois et demi, a été remise en liberté
mardi en début d'après-midi, a indiqué à l'AFP son avocat Me
Raphaël Darribère...(Lire)
[05/08 - 19h41]
| ALEGRE | 02/08/2003 |
Patrice
Alègre maintient ses rétractations sur l'assassinat de Claude
Martinez (AP, vendredi 1 aout 2003, 19h58)
TOULOUSE (AP) - Patrice Alègre, entendu pendant près de deux
heures vendredi matin par le doyen des juges d'instruction a
maintenu ses dénégations, démentant notamment être l'auteur
du meurtre du travesti Claude Martinez en 1992, qu'il avait précédemment
reconnu.
Affaire
Alègre: Bourragué reçu aussi comme«victime»
Le
magistrat est au coeur des dénonciations de Fanny.
jeudi 03 juillet 2003
Libération
Affaire
Alègre - Les médias en font-ils trop ?
Depuis
l'intervention de Dominique Baudis sur TF1, le 18 mai, la presse fait ses choux
gras des accusations des anciennes prostituées. Trop vite ? A la légère ?
Le point
Affaire
Alègre: l'ex-procureur général Volff entendu, avant d'autres
[AFP - 22h17] Via le figaro
Enquête
L'affaire
Alègre tourne à la confusion
Le Parisien, le 03.07.03
"Patricia"
reconnaîtrait avoir menti
Selon des PV d'auditions publiés ce matin par l'Est
républicain, l'ex-prostituée reviendrait sur (...)
TF1 - La Une 02/07/2003
"Patricia"
et "Djamel" chez le juge
Accusés de témoignages mensongers, l'ex-prostituée
et le travesti sont actuellement entendus par le (...)
TF1 - La Une 02/07/2003
AFFAIRE
ALEGRE - Cafouillage au palais de justice
L’audition du ressortissant algérien Lakhdar
Messaoudène a donné lieu ce matin à un léger (...)
RTL - Actualités 04/07/2003
Proxénétisme
M
e Collard veut la mise en examen de Patrice Alègre
Le Parisien, le 04.07.03
ENQUETE.
Le
complice présumé d'Alègre nie tout
Le Parisien, le 05.07.03
Patrice Alègre affirme que Karl Zéro a versé 15 000 euros à son ancien avocat Le monde
Justice
Affaire
Alègre : trois nouvelles plaintes
Le Parisien, le 11.07.03
Deux
témoignages en faveur de Baudis
Le président du CSA a fait état vendredi de
deux témoignages, ceux de son épouse et de son ancien (...)
TF1 - France 12/07/2003
L'affaire Alègre risque de tomber sous le coup de la prescription Le monde
| AFFAIRE ALEGRE | 13/07/2003 |
Affaire
Alègre : une minutieuse «feuille de route» délivrée aux juges
Une nouvelle prostituée a été, hier après-midi,
entendue durant trois heures par le juge Nicole Bergougnan, en charge du
volet sadomasochiste de l'affaire Alègre. Accompagnée de son avocat,
Daniel Lalanne, cette femme, venue spontanément vers la justice il y a
quelques semaines, entendait témoigner... l'article
le figaro
| ALEGRE | 24/07/2003 |
Affaire Alègre : des doutes sur le passeport de Messaoudène Le monde
| ALEGRE | 23/07/2003 |
Affaire Alègre
Le
proxénète clame son innocence
Le Parisien, le 23.07.03
| ALEGRE | 28/07/2003 |
| Question
sur la sexualité d'Alègre |
| ALEGRE | 28/07/2003 |
AFFAIRE ALEGRE.
Le
lourd passé de Lakhdar
Le Parisien, le 28.07.03
| ALEGRE | 31/07/2003 |
| Alègre devra encore s'expliquer | MONDE | 31/07 : 21h18 |
| Le tueur en série Patrice Alègre doit être une nouvelle fois entendu à Toulouse par le doyen des juges d'instruction Serge Lemoine sur l'assassinat du travesti Claude Martinez en février 1992. Le 30 mai dernier, Patrice Alègre avait avoué devant le juge, puis dans une lettre adressée à l'animateur de Canal+ Karl Zéro, partiellement lue à l'antenne, être l'auteur de cet assassinat, avant de se rétracter quelques temps plus tard dans une lettre adressée au procureur général de Toulouse. (AP) | ||
JUSTICE.Des meurtres en série à la mise en cause de notablesLe parisien
TOULOUSE (AP) - "Patricia", une des ex-prostituées qui a mis en
cause Dominique Baudis dans l'enquête sur le tueur en série Patrice Alègre,
est "encore plus déterminée" et "plus sûre d'elle" après
le démenti opposé dimanche soir par l'actuel président du Conseil supérieur
de l'audiovisuel (CSA), a affirmé lundi Me Florence Hégoburu, avocate de la
jeune femme. Invité du journal de 20h dimanche soir sur TF1, Dominique Baudis a nié
toute implication dans l'organisation de soirées sado-masochistes au début des
années 90 à Toulouse, ainsi que l'affirment plusieurs anciennes prostituées.
L'ancien maire de Toulouse a qualifié ces accusations de "saloperie"
et dénoncé une "machination". "Je n'ai jamais, ni de près ni de loin, fréquenté Patrice Alègre ni
participé ou organisé des soirées barbares", a déclaré M. Baudis. "J'observe que ces révélations n'apparaissent que depuis quelque
temps, depuis que je suis président du CSA, et même plus précisément depuis
cet automne, c'est-à-dire après que, avec le CSA, nous ayons pris un certain
nombre de mesures assez vigoureuses pour lutter contre l'inflation des
programmes pornographiques à la télévision et contre le préjudice que ces
programmes causent aux jeunes enfants", a-t-il souligné. Selon Florence Hégoburu, les déclarations de Dominique Baudis ont rendue
Patricia "encore plus déterminée et sûre d'elle. Elle a encore plus la
rage, si je puis dire", a expliqué l'avocate. Patricia "sait bien qu'elle n'est pas manipulée. Et c'est à l'enquête
de démontrer qu'elle l'est, si elle l'est", a poursuivi Me Hégoburu qui
souhaite que des confrontations "aient rapidemment lieu, et en premier lieu
celle entre M. Baudis et Patricia". Egalement mis en cause par les mêmes anciennes prostituées, Marc Bourragué,
actuel procureur adjoint à Montauban, après avoir exercé dix ans comme
substitut à Toulouse (Haute-Garonne), a démenti, le 13 mai dans le quotidien
l'Est Républicain, les accusations des prostituées selon lesquelles il aurait
protégé Patrice Alègre. Il avait seulement reconnu avoir rencontré chez lui
Patrice Alègre à deux reprises en 1991, et 1992, alors qu'il ne le connaissait
pas. Une information judiciaire pour "viols aggravés et complicité" et
pour "proxénétisme en bande organisée" a été ouverte le 15 avril
dernier par le parquet du tribunal de grande instance de Toulouse contre le
tueur en série "Patrice Alègre et tous autres". Interrogées dans le cadre de ce second volet de l'affaire Alègre, les
ex-prostituées ont affirmé aux enquêteurs et à la presse que le tueur en série
organisait des soirées sado-masochistes pour des personnalités toulousaines il
y a une dizaine d'années. Patrice Alègre, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en février
2002 pour cinq meurtres et six viols, a été mis en examen pour cinq autres
meurtres ou assassinats, un viol et une tentative de meurtre sur des femmes
entre 1987 et 1995. AP 19/05/2003 Cité par d'ex-prostituées dans l'enquête sur le tueur en série
Patrice Alègre, le président du CSA et ancien député maire de Toulouse,
Dominique Baudis, a dénoncé " une effarante machination montée de
toutes pièces contre " lui, dimanche au journal de 20 heures, sur TF1.
" Si l'on en croit les déclarations d'anciennes prostituées, je me
serais trouvé, il y a une dizaine d'années, à Toulouse, au centre de
l'organisation de soirées sadomasochistes ; avec viols de mineurs, actes
de barbarie, trafic de cocaïne et de valises de billets, meurtre d'un
travesti. Bref, je serais donc un monstre, un personnage diabolique ",
s'est indigné celui qui a dirigé la Ville rose de 1983 à 2001. La rumeur
qui enflait depuis les témoignages de deux anciennes prostituées, en avril,
a poussé Dominique Baudis à s'exprimer publiquement sur cette affaire, à
l'AFP, sur TF1 puis dans le Monde. Repoussant la thèse du règlement de
comptes politique, Dominique Baudis explique sa mise en accusation du fait de
sa nouvelle fonction. " Je ne suis cité que très récemment, depuis que
je préside le Conseil supérieur de l'audiovisuel et, plus précisément,
depuis que j'ai entrepris, en juillet dernier, une action pour protéger les
enfants contre l'inflation des programmes pornographiques à la télévision.
Ce n'est sans doute qu'une coïncidence, mais elle est troublante ",
a-t-il déclaré, précisant qu'il apporterait à la justice tout son concours
" pour que l'on démasque ceux qui sont derrière cette entreprise
ignoble ". De son côté, maître Florence Hegoburu, avocate de l'une des
prostituées, s'" interroge sur la façon dont monsieur Baudis a eu accès
au dossier d'instruction ". Ludovic Tomas ELLE FAIT L'ACTUALITE " Espérons maintenant qu'il sera bien surveillé " Dominique Dubois-Verbeque, sour de Patrick Dubois, la première
victime de Pierre Chanal. " Ce nouveau report constitue une énorme déception.
Cela fait vingt-trois ans que nous attendons un procès et maintenant on
rallonge encore l'échéance. Je me demande vraiment quand nous allons arriver
jusqu'au bout. De plus, la tentative de suicide de Pierre Chanal, à la veille
du procès, est pour le moins incompréhensible, et nous nous posons beaucoup
de questions concernant les circonstances de son geste. Nous ne savons plus
quoi penser. Lorsqu'on veut se suicider, on ne se rate pas. Pour l'instant,
c'est lui qui en sort gagnant puisque c'était son souhait de reporter le procès
jusqu'à l'automne. Il y est arrivé. Pierre Chanal a peur d'affronter les
familles et de répondre de ses actes. Maintenant, ce que nous espérons,
c'est qu'il restera bien surveillé et qu'au mois d'octobre le procès se déroule...
correctement. Il faut que ce procès ait lieu. Enfin. " Propos recueillis par Armanda Dos Santos
MOMENT DE VÉRITÉ ce matin au palais de justice de Toulouse. Deux
des trois prostituées qui accusent le tueur en série Patrice Alègre,
34 ans, d'avoir été un homme de main du milieu, et qui ont cité le
nom de Dominique Baudis, vont être entendues par les juges Nicole
Bergougnan et Thierry Perriquet. « Ces deux femmes font l'objet de
protection policière rapprochée, confie une source proche du dossier.
L'une d'elles, Fanny, depuis quelques jours. Patricia depuis un peu plus
longtemps. »
QUAND Patrice Alègre est arrêté, le 5 septembre 1997 à Châtenay-Malabry
(Hauts-de-Seine), il est recherché pour plusieurs meurtres de jeunes
femmes et un viol commis en 1997 et 1990 à Paris et dans la région
toulousaine. En février 2002, le tueur en série est condamné à perpétuité
pour cinq meurtres et un viol. Ce n'est pourtant qu'au début de cette
année que filtrent les premières informations selon lesquelles le
maniaque sexuel aurait oeuvré dans le milieu de la prostitution et,
pire, aurait bénéficié de protections policières. C'est alors que
les noms de notables de la Ville rose sont cités. JUSTICE.
Affaire Alègre Baudis nie toute implication L'humanité
Affaire Alègre
Les
prostituées de Toulouse de nouveau chez le juge
Le système des soirées mettant en cause des notables Dominique
Baudis, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel et ancien député-maire
de Toulouse, a choisi de révéler lui même au journal de TF 1 dimanche
soir qu'il était accusé par ces témoins, d'avoir participé à une «
soirée » en compagnie de Patrice Alègre, tout en dénonçant « une
effarante machination ». Des déclarations en forme d'onde de choc.
L'enjeu du dossier repose sur le maintien ou des déclarations de ces
deux témoins chez les juges chargés d'enquêter sur les réseaux de
proxénétisme à Toulouse au début des années quatre-vingt-dix. «
Patricia maintiendra ses déclarations déjà effectuées devant les
gendarmes », assure M e Florence Hegoburu, son avocate. La jeune femme,
âgée de 33 ans, a décrit le système des soirées mettant en cause
Patrice Alègre comme organisateur de soirées sado-maso, les
protections policières et judiciaires dont il aurait pu bénéficier
mais aussi son rôle de « dresseur » de filles livrées parfois à des
notables. « Des accusations hallucinantes » avait répliqué Dominique
Baudis prêt à porter plainte pour « diffamation » accusant ces
jeunes femmes d'être manipulées par « le milieu » de la
pornographie. « Absurde » a répondu Georges Catala, le défenseur de
l'autre témoin, Fanny, critiquant les « déclarations disproportionnées
» du patron du CSA qui lui pense être victime d'un complot en raison
de sa lutte « acharnée » pour limiter la pornographie sur le petit écran.
Le 15 avril dernier, le procureur de Toulouse a ouvert une information
judiciaire pour « proxénétisme en bande organisée, actes de torture
et barbarie, viols, par personne dépositaire de l'autorité publique ».
Trois policiers sont soupçonnés de corruption et d'avoir négligé des
enquêtes trop vite classées en suicide, ou non élucidées, alors que
la piste criminelle s'imposait. Des pistes d'enquêtes n'avaient jamais
été explorées, si ce n'est à partir de 1997 quand les gendarmes de
la SR de Toulouse ont repris les investigations après l'arrestation de
Patrice Alègre à Paris. La semaine dernière, l'un des magistrats mis
en cause par Patrice Alègre, Marc Bourragué, 47 ans, vice-procureur à
Montauban, substitut pendant treize ans au tribunal de Toulouse, a
reconnu « avoir pris l'apéritif » par hasard avec le tueur en série.
Le magistrat a d'autre part fermement démenti avoir apporté son aide
à celui qui n'était pas encore connu comme le tueur de Toulouse.
JUSTICE.
Des
meurtres en série à la mise en cause de notables

De nouvelles pistes sont apparues en 1999. Les gendarmes
retrouvent une ex-prostituée. Françoise D..., 34 ans, violée par Alègre,
brosse un nouveau portrait du tueur, décrit comme un homme de main du
milieu. Une longue recherche des filles du trottoir toulousain commence.
Une confrontation est organisée le 14 août 2001 entre l'une des
prostituées retrouvée par les gendarmes, Patricia, et Alègre.
Patricia affirme qu'il lui avait enlevé sa fille pendant trois semaines
pour la convaincre de se vendre. Ce qu'il nie. Patricia a peur. Une
longue mise en confiance des gendarmes commence auprès des prostituées
pour les faire parler.
Les premières révélations interviennent en janvier 2003. Trois
ex-prostituées sont entendues par les gendarmes de la cellule Homicides
31. Les 10 et 11 février, elles renouvellent leurs déclarations et détaillent
comment elles ont assisté au meurtre de Line Galbardi, en janvier 1992,
par Alègre et son ami Lakdar M..., proxénète présumé à l'Hôtel de
l'Europe. Deux d'entre elles évoquent la participation à des soirées
sado-maso organisées par Alègre. Elles évoquent un réseau de
protection assurée au tueur avec la complicité de magistrats et de
trois policiers de la sûreté de Toulouse. Le nom d'un premier
magistrat, Marc Bourragué, est évoqué. Les prostituées se
souviennent qu'il fréquentait avec assiduité Fanny, une ex-maîtresse
d'Alègre.
Des descriptions précises : l'une des prostituées décrit
devant les gendarmes avec précision les lieux où se sont déroulées
certaines soirées auxquelles participaient, selon Patricia, « des
filles mineures ». Ainsi, le château d'Arbas (Haute-Garonne)
appartenant au service social de la mairie de Toulouse. Des meurtres
auraient été commis lors de ces soirées. Les corps auraient été jetés
dans les lacs de la commune de Noé au sud de Toulouse. Les recherches
n'ont rien donné. Mais la description du site correspond à celle donnée
par l'une des prostituées. Des objets vus dans certaines maisons sont
toujours en place. Patricia évoque les tortures et le viol « le jour
de ses 20 ans », en novembre 1990, par l'ex-député-maire de Toulouse,
Dominique Baudis, Patrice Alègre et Lakdar. Une autre confirme. La
troisième, ébranlée par « trois ans de traitement psychiatrique »,
est nettement moins précise. Patricia évoque aussi une « valise de
billets » gardée pour le compte d'Alègre et remise à Dominique
Baudis.
Doutes et vérifications. « Rien n'a été pris pour parole
d'Evangile », résume-t-on à la cellule Homicides 31 chargée d'élucider
les meurtres attribués à Alègre dont tout le travail depuis trois ans
consiste à vérifier ces déclarations sidérantes. « Ces jeunes
femmes n'avaient aucun intérêt à parler », précise un enquêteur.
Les trois principaux témoins ont été entendus séparément par des
gendarmes différents. Dans leur procès-verbal de synthèse, les
gendarmes retiennent les témoignages comme crédibles.
L'affaire bascule. Le 12 mai dans le bureau du juge Lemoine, Alègre
dit qu'il a pris l'apéritif avec le vice-procureur, Marc Bourragué, grâce
à une relation personnelle, Gilles Bivi. Le magistrat reconnaît la
rencontre mais dément avoir participé à des soirées fines. Enfin,
dimanche 18 mai, Dominique Baudis, ancien député-maire de Toulouse et
président du Conseil supérieur de l'audiovisuel depuis mars 2001, dénonce
« une machination » et une « saloperie ».
Affaire
Alègre : pourquoi Baudis contre-attaque
Le Parisien, le 20.05.03