Chronologie de "l'Affaire Dutroux" 

  

 

1970 Nihoul s'implante à Bruxelles et rencontre Annie Bouty et Philippe Deleuze (politicien PSC dont Nihoul organisera les campagnes électorales). (Source : http://www.radicalparty.org/belgium/dutroux/chronolo.htm) (C)
1982-1992 

 

 

 

L'INTERNEMENT D'UN SUSPECT

Pour des faits de moeurs commis en 1982, 1983 et 1984, P. Derochette fera l'objet d'une décision d'internement prise par le tribunal correctionnel de Bruxelles le 13 juin 1984.
Le 2 août 1984, la commission de défense sociale de l'annexe psychiatrique de la prison de Forest décide la mise en liberté à l'essai, sur base d'une tutelle sociale et d'une tutelle médicale (article 20 de la loi du 1er juillet 1964 de défense sociale à l'égard des anormaux et des délinquants d'habitude).

30/08/82 (rouge=source C) disparition de Carine Dellaert
13/02/84 meurtre de Christine Van Hees (16 ans) retrouvée dans une ancienne champignionnière d'Auderghem.
15/02/84 Marc Dutroux ouvre un compte au Crédit professionnel du Hainaut.
20/02/84 PV 7112:
> Déclarations de Fabienne K. à la Police judiciaire de Bruxelles: C. Van Hees lui aurait parlé de réunions non pas avec des punks mais avec des "plus âgés" et, le week-end avant sa mort, d'un rendez-vous avec "un certain Marc de la région de Mons" "qui roulait à moto".
Février 1984 > des amies de classe déclarent que C. Van Hees brossait les cours (faux certificat médical du Dr. Hallard du 21 au 25 janvier 1984 et pour le 13 février 1984).

> Ariane M. déclare que C. Van Hees aurait rencontré "un certain Marc de la région de Mons" à la patinoire de Woluwe-St-Lambert.

> son frère déclare avoir rencontré C. Van Hees dans un café avec "un certain Marc" (qu'il reconnaîtra par la suite).

> les amies de C. Van Hees déclarent qu'elle allait souvent nager à la piscine d'Etterbeek (où se trouvaient les locaux de Radio Activité dirigée par Nihoul et qui apparaissait dans l'ancien dossier) et buvait un verre à la cafétéria;

> les amies de C. Van Hees déclarent l'avoir vue, peu de temps avant sa mort, à des soirées organisées par Radio Activité.

> Muriel A. dément ce que C. Van Hees disait à ses parents, à savoir qu'il lui arrivait de dormir chez elle.

 

juin 1984 ordonnance de la chambre du Conseil auprès du Tribunal de première instance de Bruxelles montrant que Van Espen était le conseiller d'Annie Bouty à l'occasion d'une querelle de ménage entre elle et Nihoul.
13/09/84 arrestation et inculpation d'un punk pour le meurtre de C. Van Hees.
24/09/85 découverte du corps de Carine Dellaert à Gand.
01/10/85 reprise de l'instruction du juge Eloy (décédé) sur le meurtre de Van Hees par le juge d'instruction bruxellois Jean-Claude Van Espen (alors beau-frère de Philippe Deleuze): la piste Dutroux/Nihoul était déjà indiquée.
27/04/87 coup de fil anonyme à la police d'Etterbeek au sujet du Café "Le Dolo" et du meurtre de la champignonnière (enregistrement dans l'ancien dossier 64/85 + PV 33797). Aucune enquête sur "Le Dolo" ne suit.
20 octobre 1987 Pour que les services de police locaux puissent exercer leur contrôle, il faut évidemment qu'ils soient informés de la mesure. La police d'Ixelles ne l'a pas été, ainsi qu'on peut le déduire du fait que, pour elle, l'intéressé était seulement un individu difficile qui avait un sérieux problème d'alcoolisme et devenait agressif lorsqu'il avait bu. C'est ainsi que P. Derochette a été verbalisé le 20 octobre 1987 pour ivresse sur la voie publique par la police d'Ixelles. Aucun lien n'a cependant été établi avec son statut d'interné libéré à l'essai.
26 avril 1989 Par un arrêt de la Cour d'appel de Mons: M. Dutroux est condamné à 10 ans, 3 ans et 6 mois d'emprisonnement du chef de viol (sur enfant de - de 14 ans, sur mineure de + de 14 ans mais - de 16 ans, sur mineur de + de 16 ans) et de séquestration de cinq jeunes filles, d'agression d'une personne âgée et de vols commis en 1985. Il convient de signaler que les faits ont été correctionnalisés par le parquet général, contrairement à l'avis du substitut du procureur du Roi de Charleroi.
20/12/89  - Disparition d'Elisabeth Brichet à Saint-Servais
25 avril 1990 La fonction de magistrat national a été créée par une instruction ministérielle du 25 avril 1990 portant désignation d'un magistrat du ministère public, membre d'un parquet général ou membre d'un parquet du procureur du Roi délégué dans un parquet général, comme magistrat national. La raison invoquée est la " nécessité urgente de coordonner de centraliser des recherches, les enquêtes et les poursuites concernant certaines formes de grande criminalité ".
26/01/91 disparition de Nathalie Gijsbregts.
04/07/1991  - Dans une lettre à M.Martin, Dutroux fait part de son intention de profiter d'indemnités de chômage/mutuelle à sa sortie de prison
15/11/1991  - Disparition de Vinciane Gosset à Namur, retrouvée assassinée le 06/12/91
17/12/1991  - Disparition de Katrien De Cuyper à Brasschaat retrouvée assassinée à Anvers
25/12/92 disparition de Marie-Anne Gillot à Tilff.
30/12/1991  - Disparition de Inge Breugelmans à Wuustwezel
Le 19 septembre 1991 la commission de défense sociale a décidé de confier la guidance sociale à une autre instance sociale. L'instance désignée initialement a été remplacée par le Service de réinsertion sociale. Au sein de ce service, la mission en question a été confiée à une stagiaire, en raison du manque de personnel. Celle-ci n'était pas véritablement informée des antécédents judiciaires de P. Derochette et n'a pas non plus reçu le moindre rapport de guidance du service qui avait assuré la guidance sociale jusqu'à ce moment.

Après deux convocations infructueuses, elle a finalement pu se mettre en rapport avec P. Derochette. Le dossier comporte quatre rapports montrant qu'abstraction faite d'un problème grave d'alcoolisme au cours des premières années de la libération à l'essai, aucun problème ne s'est posé en ce qui concerne l'intéressé. Celui-ci était soumis au contrôle social direct et permanent de son père, chez lequel il travaillait également.
Enfin, il n'y a eu aucune transmission d'informations de la part de la guidance psychiatrique et, a fortiori, de la part de la guidance sociale.
La commission de défense sociale n'était pas au courant de tous ces éléments, ce qui montre que la commission de défense sociale surveille le déroulement de l'internement de trop loin et n'intervient que lorsqu'elle est véritablement confrontée à un problème. L'ancien président de la commission de défense sociale prenait particulièrement peu d'initiatives en cette matière. Il est en outre frappant de constater que l'intéressé n'a guère, voire pas du tout, été contrarié, dans ses faits et gestes, par la guidance médico-psychologique et certainement pas par la guidance sociale. C'est en réalité son père qui assurait la surveillance.
Cela en dit long quant au manque de professionnalisme de la tutelle médico-sociale prévue à l'article 20 de la loi de défense sociale. L'absence totale de moyens n'y est pas étrangère.

 

12 mars 1992 P. Derochette fera l'objet d'une décision de libération définitive

La commission de défense sociale a libéré définitivement P. Derochette le 12 mars 1992.

Il convient de souligner à cet égard que cette décision a été prise sans que l'on dispose à l'époque d'un rapport psychiatrique actuel et sur la seule base d'un rapport de guidance sociale extrêmement rudimentaire, qui avait été établi dans les conditions décrites plus haut.
Il est évident qu'il aurait été souhaitable de recueillir l'avis éclairé des psychiatres qui avaient été consultés précédemment, afin de pouvoir disposer d'une meilleure évaluation de la dangerosité sociale de l'intéressé.

6 avril 1992, 

 

le ministre de la Justice signe l'arrêté ministériel de libération conditionnelle de M. Dutroux (loi du 31 mai 1888 établissant la libération conditionnelle dans le système pénal et arrêté royal du 17 janvier 1921 contenant les mesures d'exécution des dispositions de la loi du 31 mai 1888 modifiée, concernant la libération conditionnelle des condamnés civils et militaires). Il convient de rappeler que la libération conditionnelle peut être ordonnée par le ministre de la justice sur base de quatre avis : celui du parquet qui a exercé les poursuites, celui du procureur général du ressort, celui du directeur et de la commission administrative de l'établissement pénitentiaire (article 5, alinéa 1er, de la loi du 31 mai 1888).

En l'espèce, les conditions de la libération étaient, notamment, de ne pas fréquenter d'ex-détenus et d'indemniser les victimes à concurrence de 1 000 francs par mois, ce qui, eu égard aux revenus de l'intéressé, près de 80 000 francs/mois, était une contribution modique.

Le médecin traitant de M. Dutroux, le docteur Dumont, (qui fut aussi le médecin-expert de M. Martin dans une procédure judiciaire antérieure) sera proposé par celui-ci pour assurer le suivi médical et il sera accepté par l'administration pénitentiaire.

La guidance sociale et le suivi médical ont laissé à désirer. D'un côté, la guidance sociale ne se réalise pas sur place : M. Dutroux est convoqué dans le bureau de l'assistante sociale et dépose les documents prouvant qu'il suit un traitement. Le contrôle était donc formel et loin de la réalité. En outre, dans tous ses rapports, l'assistante sociale utilise les mêmes termes : " Dutroux semble respecter les conditions 1/4 ", " Il apparaît que ", " Il semblerait que ". Tout reste au conditionnel, sans être clairement établi. L'information est connue : la guidance sera même interrompue pendant un an, pour des raisons liées à l'organisation du service. D'un autre côté, en ce qui concerne le suivi médical, le médecin psychiatre n'informe personne, à aucun moment, de l'évolution du cas, en raison du secret professionnel.

9 avril 1992, 

 

M. Dutroux est reconnu incapable de travailler et il est, à partir de ce moment, pris en charge par la mutuelle, ce qui lui permettra d'obtenir des revenus plus importants que ceux qui lui auraient procuré une éventuelle indemnité de chômage.
Cette situation pose problème par rapport à l'avis de l'unité d'observation et de traitement (UOT) de la prison de Mons, au moment de la demande de libération conditionnelle de M. Dutroux, selon lequel une réinsertion sociale par le travail était possible.

Il apparaît des documents qui ont été communiqués à la commission que l'attestation médicale qui serait à la base de la reconnaissance du statut d'invalide fait état, notamment, d'un état dépressif consécutif au séjour en prison de l'intéressé. Cette observation est importante à la lumière des événements qui vont suivre. Chaque fois que M. Dutroux aura un contact avec la justice (épisode de la patinoire, les perquisitions), il présentera cette situation comme autant d'agressions qui portent atteinte à sa santé physique et psychique. (voir Texte CE1 -II-2-1-A2 et III-1-2-D2)

 

5 août 1992 L'enlèvement de Loubna Benaïssa, 
28/08/1992  - Disparition de Laurence Mathues (Wavre) retrouvée morte à Fernelmont le 08/09/92
Dès 1992,  des dossiers de vols sont ouverts à charge de M. Dutroux au parquet de Charleroi et mis à l'instruction.
11 septembre 1992 Par lettre du 11 septembre 1992, le procureur général, M. Van Oudenhove, demande au procureur du Roi, M. Dejemeppe, à être tenu au courant de la suite réservée à la demande de M. Benaïssa. Ce n'est qu'après décembre 1992 que M. Benaïssa a été reçu par le substitut du parquet, M. Geerinckx. Le parquet a réagi trop tardivement à la lettre du procureur
général et ce dernier a omis de s'assurer du suivi de sa demande d'information sur le dossier.
En 11/1992

 

à la patinoire de Charleroi, M. Dutroux aurait procédé à des attouchements sexuels sur des petites filles. Il a été interrogé par la police communale qui aurait procédé, dans le combi, à des vérifications mais il n'a pas davantage été inquiété.
Notons que cet incident a été porté à la connaissance de son médecin traitant qui l'aurait interprété comme un acte de malveillance et qui a contribué à aggraver son état de dépression. Connaissant la situation judiciaire de M. Dutroux en liberté sous condition ainsi que ses antécédents, le médecin traitant ne devait-il pas, à tout le moins, informer le parquet ? La question est d'autant plus importante qu'il n'est pas à exclure que la version que M. Dutroux présente à son médecin peut précisément avoir pour objectif que celui-ci ne rentre pas de rapport négatif en ce qui concerne la libération conditionnelle. L'hypothèse de la manipulation du médecin peut être formulée. Par ailleurs, tout au long de la prise en charge médicale de M. Dutroux, des médicaments lui ont été prescrits, sans guère de contrôle. Certains d'entre eux, notamment du Redomex, de l'Haldol, du Rohypnol, semblent avoir été utilisés ultérieurement pour des empoisonnements et des enlèvements.

Par rapport à la police, l'épisode de la patinoire soulève deux questions. La première concerne les faits eux-mêmes : une enquête a-t-elle été menée ? De quelle manière ? La police a-t-elle pu obtenir, dans le combi, les renseignements relatifs au casier judiciaire de l'intéressé ? Dans l'état actuel des choses, cette enquête reste une zone d'ombre. La seconde question concerne le statut de libéré conditionnel de M. Dutroux et ce que l'on peut appeler une occasion manquée de révocation de la libération conditionnelle. La police disposait-elle des renseignements à cet égard ? Elle devait en principe les avoir par l'intermédiaire du bourgmestre de Charleroi. En effet, dès sa libération, un avis doit être transmis par le directeur de l'établissement pénitentiaire au bourgmestre de la localité désigné par le libéré ou il doit d'ailleurs faire viser son permis de libération dans les 24 heures de son arrivée (article 9, alinéa 2 et article 11 de l'arrêté royal du 17 janvier 1921 contenant les mesures d'exécution des dispositions de la loi du 31 mai 1888 modifiée, concernant la libération conditionnelle des condamnés civils et militaires). En outre, même s'il s'agit d'une disposition peu appliquée, il convient de rappeler que les autorités locales doivent signaler au ministre de la Justice " tous les faits qui leur paraîtraient de nature à motiver la révocation de la mise en liberté " (article 13 de l'arrêté royal du 17 janvier 1921).


En novembre 1992, M. Dutroux s'est rendu coupable d'un attentat à la pudeur sur de petites filles à la patinoire à Charleroi. Appelée sur les lieux, la police communale de Charleroi a interpellé M. Dutroux et effectué un certain nombre de recherches sur sa personne dans le fichier d'informations, mais elle n'a finalement pas rédigé de PV.
Il semblerait que la police communale n'était pas informée du statut de libéré conditionnel de M. Dutroux (depuis le 6 avril 1992). Cet incident aurait pourtant permis d'entamer une procédure de révocation de la liberté conditionnelle. Les autorités locales sont en effet tenues d'informer le ministre de la Justice de tous les faits pouvant conduire à une révocation de la liberté conditionnelle (arrêté royal du 17 janvier 1921, article 13).

Le fait que la police communale de Charleroi n'était pas informée du statut de M. Dutroux indique ou bien que le directeur de la prison de Mons avait négligé d'informer le bourgmestre de Charleroi de la libération conditionnelle de M. Dutroux ou bien que les autorités communales de Charleroi, y compris la police communale, avaient fait preuve de négligence lors de l'enregistrement du statut de M. Dutroux. Dans le premier cas, il s'agit d'une preuve supplémentaire du cloisonnement au sein de l'administration de la justice pénale (voir plus loin).


A la patinoire de l'Olympic de Charleroi, Dutroux, en liberté conditionnelle, se livre à des attouchements sur trois petites filles. Il est interpellé par la police communale de Charleroi et relâché sans suite après vérification d'identité

 

1993 > Regina Louf présente son premier manuscrit chez Acco à Louvain: il est refusé;

> Fabienne K. confirme son témoignage

 

12/01/93 découverte du cadavre de Marie-Anne Gillot près de Visé.
01/07/1993  - Mme Hugues, agent de quartier à Jemeppe s/Sambre est contactée par le Dr G.P. à qui sont parvenues des rumeurs selon lesquelles Dutroux "s'en prend aux enfants". L'enquête qu'elle conduit est sans résultat.
Le 21/10/93

Octobre 1993*

 est un moment important au niveau de l'information. En effet, un informateur prend d'initiative contact avec le premier maréchal des logis Pettens pour signaler que M. Dutroux effectuerait des travaux dans la cave d'une de ses maisons " afin d'y loger des enfants en attente d'être expédiées à l'étranger ". Le passé de violeur de M. Dutroux est expressément rappelé et l'informateur marque son accord pour désigner les habitations de M. Dutroux.

Le premier maréchal des logis-chef Bouvy, qui a reçu cette information, soutient qu'il l'a communiquée, verbalement, aux autorités judiciaires, notamment pour obtenir des mandats de perquisition. Un procès-verbal n'a toutefois pas été dressé. Pourquoi ? La raison invoquée est la nécessité de protéger l'informateur. Un tel choix a cependant eu des conséquences importantes puisqu'une information judiciaire n'a pas été ouverte.

Tour à tour, le juge d'instruction Lorent et les différents substituts qui se sont succédés dans le dossier vol ont soutenu ne pas avoir eu connaissance de ces informations. Le procureur général de Mons, dans une lettre adressée au ministre de la Justice le 21 août 1996, soutient également que le parquet de Charleroi ne disposait pas, dès 1993, de ces renseignements.


un informateur, Claude Thirault, déclare au maréchal des logis de la brigade de Charleroi que Dutroux serait en train d'aménager des caves pour séquestrer des enfants en attendant leur expédition à l'étranger (*).

En 1993, 

 

la gendarmerie a-t-elle ou non communiqué aux autorités judiciaires les renseignements obtenus sur M. Dutroux ? Cette question est évidemment capitale pour comprendre l'objet des perquisitions qui seront effectuées le 8 novembre 1993 et le 13 juin 1994 : ces perquisitions avaient-elles pour objet de vérifier l'information sur les travaux dans les caves de M. Dutroux ?

La réponse de la gendarmerie reste imprécise. A la question de savoir si celle-ci a donné connaissance soit au parquet, soit au juge d'instruction des informations sur M. Dutroux, le commandant du district de Charleroi, M. Lemasson, répond : " De manière officielle, aucun avis n'a été donné par écrit à l'époque par la gendarmerie ni à un magistrat du parquet ni à un magistrat instructeur. Peut-être l'information a-t-elle été communiquée verbalement lors d'un entretien entre le premier maréchal des logis Pettens et un magistrat " (1).

(1) Rapport du procureur général Velu, p. 13.

 8/11/93

 

" Quelques jours après la connaissance de l'information ", soit au début du mois de novembre 1993, le premier maréchal des logis-chef Bouvy qui a recueilli les renseignements de l'informateur se rend chez le juge d'instruction Lorent aux fins d'obtenir des mandats de perquisition dans le cadre des vols. " J'ai avisé verbalement ce magistrat de l'information concernant l'existence possible de travaux visant à aménager des caches pour des enfants dans une des maisons de Dutroux. Le juge d'instruction m'a alors invité verbalement à procéder à toutes les recherches utiles en rapport avec cette information. " (2). La version du juge d'instruction Lorent diffère sur ce point mais l'absence de procès-verbal rend toute vérification impossible. Quoiqu'il en soit, l'objet des mandats de perquisition qui sont décernés est clair : ceux-ci ne concernent que les vols.

(2) Rapport du procureur général Velu, p. 15.

Lors de la perquisition effectuée dans une des maisons de M. Dutroux, le 8 novembre 1993, les constatations de la gendarmerie sont significatives : " Nous remarquons la présence d'une tranchée passant sous la cuisine du 17 et aboutissant dans la cave du 17A. Elle mesure +/- 60 cm de largeur et plus d'un mètre de profondeur. Le témoin semble aussi étonné que nous face à cette tranchée qui, semble-t-il, n'a aucune raison apparente et utile d'être. ".
Interrogé sur la nature de ces travaux, M. Dutroux expliquera qu'il aménage ses caves. " Les gendarmes constatent l'exactitude des informations reçues concernant l'aménagement des locaux pour y loger des enfants. Ils constatent effectivement des travaux de terrassement mais interrogé sur la nature de ceux-ci, Dutroux explique qu'il aménage ses caves 1/4 Le fait que les travaux en sont à leur début (photo à l'appui), le caractère parfaitement plausible de l'explication ainsi que l'absence d'autres informations concernant une éventuelle activité délictueuse de Dutroux infirment l'information reçue. " (1).

(1) Déclaration du commandant de district de Charleroi du 28 août 1996.

Cette explication du colonel Lemasson, commandant du district de Charleroi, sera acceptée et amplifiée par le lieutenant général Deridder, commandant de la gendarmerie : " L'absence d'éléments lors de la perquisition, l'explication plausible donnée par M. Dutroux et l'absence d'autres informations concernant une éventuelle activité délictueuse de M. Dutroux tendent alors à infirmer l'information reçue " (2).

(2) Lettre du lieutenant général Deridder du 22 août 1996.

Pareille interprétation, qui a pour effet de minimiser l'information obtenue sur les travaux dans les caves de M. Dutroux, pose problème. En quoi cette explication était-elle plausible (et même parfaitement plausible) alors que l'information donnée devait inciter à la vigilance sur les projets de M. Dutroux ? Par ailleurs, comment peut-on se limiter à l'explication de M. Dutroux selon laquelle " il aménage ses caves, sans plus ", alors qu'il s'agit de savoir pourquoi il les aménage ? Enfin, comment peut-on soutenir que les éléments recueillis " infirment " l'information reçue ? Tout au plus, ils ne la confirment pas, encore que rien n'ait été fait pour en obtenir confirmation.

Lorsque M. Bouvy rendra compte au juge d'instruction des perquisitions, la même explication sera avancée, ce qui aura manifestement pour effet de susciter, à tort, l'impression que toute enquête complémentaire est exclue : " Après les perquisitions 1/4 je lui ai rendu compte verbalement du résultat des recherches et du fait qu'aucun indice avait été trouvé concernant la construction de caches. Je l'ai toutefois informé de l'existence d'une tranchée dans la maison de Marchienne-au-Pont et qui témoignait de l'intention de Dutroux d'abaisser le niveau de cette cave " (3).

(3) Rapport du procureur général Velu, p. 15.

D'autres " découvertes " effectuées lors des perquisitions méritent de retenir l'attention. A Marcinelle, " nous découvrons dans la cave trois postes émetteurs-récepteurs travaillant dans des fréquences 1/4 pouvant - au moins sur un poste - capter les fréquences de police et de gendarmerie. Ces appareils sont placés dans une cave. Un des appareils est prêt à fonctionner et est branché sur lesdites fréquences 1/4 Nous découvrons une carabine 22 LR cachée sous la garde-robe, non-immatriculée ". Ces éléments ne paraissent pas avoir été exploités. En ce qui concerne la carabine, la commission apprendra, tardivement, qu'un permis de port d'armes de défense avait régulièrement été accordé à M. Dutroux et à son épouse. Après l'épisode de la patinoire, ceci pose nécessairement la question des liens de M. Dutroux avec la police communale.


Ces perquisitions n'ont pas fait l'objet d'un suivi minutieux. On a, en effet, découvert dans l'habitation de Marcinelle trois émetteurs-récepteurs pouvant capter les fréquences de la police et de la gendarmerie; on a également trouvé une carabine 22 Long Rifle, qui ne porte aucun numéro d'enregistrement. Bien que ces données aient été reprises dans un PV, elles n'ont pas été exploitées en raison de la méthode de travail ambigüe du juge d'instruction Lorent, qui consistait à mener une enquête officieuse sous la couverture d'une enquête officielle.


Novembre 1993 : à la suite des perquisitions du 8 novembre 1993, il apparaît clairement que M. Dutroux s'est rendu coupable de vols.

On découvre en outre dans son habitation de Marcinelle trois scanners ainsi qu'une 22 long rifle non enregistrée. Les scanners sont réglés sur la fréquence de la police et de la gendarmerie.
- Bien que M. Dutroux ait nié les faits, la confrontation de certains préjudiciés avec leurs biens volés a fait apparaître clairement que Dutroux était l'auteur des vols. Par ailleurs, les scanners et la long rifle parlaient d'eux-mêmes.
Il ne faisait aucun doute que Dutroux ne respectait pas les conditions de sa libération conditionnelle.

 

Début 12/93

 

MM. Pettens et Bouvy demandent au juge d'instruction Lorent d'initier une opération d'observation et de surveillance de M. Dutroux afin de localiser des dépôts, c'est-à-dire les endroits susceptibles de dissimuler des objets volés. Comme nous le verrons lors de l'opération Othello, il s'agit de ce que l'on appelle une technique particulière d'enquête, laquelle est organisée par une circulaire ministérielle (confidentielle) du 24 avril 1990 (modifiée le 5 mars 1992) relative aux techniques particulières d'enquête et de recherche pour combattre la criminalité grave et organisée. L'opération Décime est signée par un officier du district de Charleroi, le commandant Legros. Le document porte la mention : " Pour exécution - fait à Charleroi le 13 décembre 1993 ". Signé par le juge d'instruction.
a) Tout comme les perquisitions, l'opération Décime se déroule dans l'ambiguïté. Formellement, d'après le document qui initie l'opération, l'objet de celle-ci concerne uniquement les vols. Cette limitation est en soi problématique à partir du moment où nous savons que la gendarmerie connaît les soupçons qui pèsent sur M. Dutroux en ce qui concerne les caches. L'audition du commandant du district contient des éléments de réponse qui confirment la stratégie retenue : " L'opération Décime ne concerne que les vols mais les devoirs l'ont été en ayant toujours présent à l'esprit la possibilité que Dutroux effectuait des travaux " (1). Il s'agit, en d'autres termes, de ce que l'on pourrait appeler d'une opération " sous couverture " 1/4

(1) Rapport Velu, p. 12.

 

5, 6, 10 janvier 1994 L'opération Décime se déroulera les 5, 6 et 10 janvier 1994. Les mises sous observation seront réalisées par le groupe Posa (Protection, Observation, Surveillance, Arrestation) du district de Charleroi. Le responsable du peloton, le capitaine Lozet, a expliqué à la commission le mode de surveillance : surveillance de l'extérieur, en notant tous les passages et tous les mouvements. D'emblée, il est apparu difficile d'obtenir un poste fixe. Que ce soit pour découvrir des endroits susceptibles de dissimuler des objets volés ou pour trouver des indices pouvant mener à des caches, ce mode d'observation paraît, à première vue, inadéquat.
c) Dans quel dossier judiciaire figure le rapport Décime ? Ce rapport ne sera pas transmis au parquet car le commandant Legros, officier responsable de l'opération, pense que le secret de l'instruction couvre une opération de ce type. Outre qu'il n'y a pas de secret de l'instruction pour le procureur du Roi, la mise sous observation concerne un dossier judiciaire et elle doit donc être communiquée au parquet.
16 février 1994 L'opération Décime sera clôturée le 16 février 1994 sur base de cette observation laconique : " Les observations se révèlent infructueuses ". A plusieurs reprises, ce type de commentaire sera fait sans que l'on sache avec précision ce que signifie des " observations infructueuses ". Infructueuses par rapport à quoi ? Le rapport de clôture est signé par le commandant Legros et transmis au juge d'instruction, avec copie au procureur du Roi sur laquelle il est indiquée : " A classer ".
Le 29 mars 1994,  M. Dutroux a obtenu du commissaire en chef de Charleroi l'autorisation de détenir une arme à feu de défense, une 22.LR. Ce permis a été délivré sans que soit menée une enquête concernant la personnalité du demandeur et sans que soit consulté le casier judiciaire. Le 14 mars 1997, un conseiller du ministre de la Justice a qualifié ces faits de faute grave dans le chef de la police de Charleroi.
13 juin 1994 De nouvelles perquisitions le 13 juin 1993

Le 13 juin 1994, de nouvelles perquisitions sont effectuées aux différents domiciles de Dutroux, dans le cadre du même dossier vol. L'objet du mandat est à nouveau clairement limité aux " produits de vol, pierre, matériel électrique, panneaux isolants, petit matériel, 1/4 ".
Les gendarmes constatent à Marchienne-au-Pont que les travaux n'ont pas évolué depuis la perquisition du 8 novembre 1993. En revanche, à Sars-la-Buissière, les enquêteurs trouvent, entre autre, une liste écrite à la main qui reprend, pour de nombreuses villes, les fréquences radio gendarmerie et police.

De l'argent slovaque est également découvert. A Marcinelle, enfin, la gendarmerie rencontre un sujet tchèque, en séjour illégal. Interrogé sur ce point, M. Dutroux dit que cette personne est une de ses relations, en fait le père de l'amie de Michel D. Le dossier se termine sans autre devoir complémentaire.


La commission doit constater que le juge d'instruction Lorent, qui était chargé de cette enquête pénale n'a pas exploité les résultats des perquisitions effectuées en 1994, qui étaient consignées dans un PV (notamment la découverte d'argent slovaque et d'un ressortissant tchèque en séjour illégal dans notre pays).

Eté 1994  - Michel Diakostavrianos, le complice de Dutroux spécialisé dans le trafic de pneus et de jeunes filles, est à Montpellier, dans le quartier des immeubles Saint-Martin
9 septembre 1994. M. Martin s'est vu délivrer un permis par la police de Lobbes le 9 septembre 1994.
En novembre 1994,  La clôture du dossier vol

l'instruction du dossier vol est clôturée et le dossier est transmis au parquet. Il ne contient aucun autre élément, hormis les vols. Ni la surveillance Décime, ni la suspicion de projet d'enlèvement, ni des travaux dans le but d'organiser cette activité criminelle. Les perquisitions de 1993 et de 1994 se trouvent dans le dossier mais elles n'ont pas éveillé l'attention du substitut.

 

2/04/1995  - Jean-Pol Taminiau disparaît. A quatre heure du matin, il sort du dancing «La Luna» situé dans la ville basse de Charleroi. Sa voiture, une Renault Clio est également introuvable. L'enquête est conduite par le commissaire Laitem, de la PJ. Un juge d'instruction est désigné, Olivier Delmarche. Le substitut du procureur du Roi qui s'attèle au dossier est madame Martine Michel. Jean-Pol Taminiau avait repris la gérance d'un «bar à champagne» où il arrivait au client de consommer la serveuse après la bouteille. Jean-Pol s'occupait de la comptabilité, sa compagne, Nadèje Bernard, de la clientèle. Des difficultés surgissent au sein du couple et Nadèje quitte Jean-Pol le 1er janvier 1995. Leur bar, le «125», est situé 125 rue de Montignies, à Charleroi. En face, de l'autre côté du canal, c'est la route de Philippeville, à Marcinelle. Dans la cave du numéro 128, à six cents mètre du club 125, Dutroux travaille à l'aménagement du cachot qu'il destine à ses futures victimes.
Le 29 mai 1995,  Mme la substitute Favaro signe le réquisitoire de renvoi devant le tribunal correctionnel à charge de M. Dutroux pour des vols commis en 1992, 1993, 1994. L'ordonnance de la chambre du conseil sera rendue le 31 octobre 1995 et cette affaire ne sera fixée devant le tribunal correctionnel qu'en octobre 1996, la raison avancée étant l'encombrement des tribunaux. Elle ne semble pas encore avoir été jugée à ce jour.
Le réquisitoire du parquet indique les antécédents judiciaires : " Avec la circonstance que M. Dutroux a commis l'infraction depuis l'arrêt de la Cour d'appel du 26 avril 1989, coulé en force de chose jugée, le condamnant à une peine de 10 ans d'emprisonnement, du chef de viol sur des enfants de moins de 16 ans, privation illégale et arbitraire de liberté, vols avec violence ". La révocation de la libération conditionnelle ne devait-elle pas être proposée ? La pratique, rappelée par le ministre de la Justice, qui constitue une interprétation discutable de la loi du 31 mai 1888, était de n'entamer la procédure de révocation qu'après la nouvelle condamnation, coulée en force de chose jugée.
10/06/1995  - Tentative de vol à Namur d'une BX rouge. (affaire Dutroux)
14/06/95 14 juin. Tout le monde discute du résultat des élections. Comme par hasard, ce jour-là, la presse rapporte que les enquêteurs de Neufchâteau ont visionné des cassettes vidéo trouvées lors d'une perquisition chez Marc Dutroux le 13 décembre 1995. On y voit Dutroux violer en direct une jeune fille (majeure), droguée, mais aussi construire des caches dans sa cave. Source "Y" http://www.ptb.be/solidaire/f2599/dutroux01.htm
15/06/1995  - La disparition de Jean-Pol Taminiau est mise à l'instruction par le juge Delmarche et la substitut Martine Michel.
20/06/1995  - Un mandat de perquisition est signé par le juge, visant la villa où Nadèje s'est établie avec son nouvel amant, Alexandre Varga. En 1989 celui-ci a réussi un hold-up de 257 000 000 FB à la poste (près de 43 000 000 de francs français) : l'argent des pensions. En 1998 il sera condamné à 4 ans avec sursis et ce commentaire du juge Dallons : on ne va pas les ennuyer davantage, les faits remontent à 89, on est près de la prescription. Ils ne recommenceront plus. Le complice de Varga, Tonnelier, a pris, lui, 4 ans fermes, mais il fut vite remis en liberté.

 

24 juin 1995 L' après-midi du  à Gràce-Hollogne (Liège) Melissa Russo, une fillette de 8 ans, joue dans sa maison avec Julie Lejeune, une petite amie du même âge.

Elle demande à sa mère, Carine, la permission d' aller jusq' au viaduc de l' autoroute qui se trouve près de leur habitation, elle veut saluer les voitures qui, à leur tour klaxonnent. Carine ne s' oppose pas, et le lui donne cette permission, même parce que plusieurs fois Melissa, avec son frère Gregorie, avait été là. Il n' y a aucun danger à condition qu' ils rentrent à la maison dans une demi-heure. Pour Julie, au contraire, c' est la première fois.

Les deux fillettes, avant de partir, décident de téléphoner à Audrey pour l' inviter à sortir avec elles, mais la petite amie refuse l' invitation car elle est très prise cet après-midi là. Or, elles sortent et parcourent la petite route qui, en quelques minutes, le long d' un champ de blé, mène au viaduc, et là sans laisser aucune trace elles disparaissent. Source : 

http://www.chilhavisto.rai.it/clv/francais/Scompar3.htm

25/06/1995  - L'informateur Thirault rappelle au maréchal des logis Pettens ses informations de 1993 relatives à Dutroux
26/06/1995 - L'enlèvement de Julie et Mélissa est mis à l'instruction à Liège, chez madame Doutrèwe.

- Le commissaire Laitem procèdera à la perquisition du domicile de Varga.

 

25/06/95 Claude Thirault signale un rapprochement possible entre la disparition de Julie et Melissa et Dutroux à la gendarmerie de Charleroi.
début juillet 1995 Le volet " Bruxelles " du dossier Julie et Mélissa est entièrement consacré au rôle du BCR.
Dans la chronologie de l'action du BCR fournie par le major Decraene lors de son audition devant la commission le 29 janvier 1997, et qui nous a également été communiquée par le lieutenant-général Deridder le 7 février 1997, une information nouvelle apparaît : dès le début juillet 1995, il y a eu une réunion entre le BCR et les enquêteurs de Grâce-Hollogne " pour envisager l'appui du BCR à l'enquête, et, surtout, pour discuter les directives du juge d'instruction sur les suspects locaux et ceux qui n'avaient pas de lien avec le dossier Liège ". Sous cette forme, il est évident que le BCR sort de son rôle de coordination et de soutien tel qu'il est défini, notamment, par l'article 48 de la loi sur la gendarmerie.

Sans information ni, a fortiori, association des autorités judiciaires, le BCR est donc impliqué, dès le début, dans l'enquête menée à Liège. Ce n'est que progressivement, au fur et à mesure du déroulement de ces auditions, que la commission parlementaire d'enquête sera informée de cette situation.

 

Le 7 juillet 1995  la brigade de Grâce-Hollogne et l'adjudant de la BSR de Seraing reçoivent un fax de la brigade de gendarmerie de Charleroi qui fait expressément état des renseignements obtenus sur M. Dutroux en 1993 et de son passé judiciaire en matière de viols.

Le fax termine : " Nous transmettons ces renseignements pour information dans le cadre de la disparition des deux enfants pour laquelle vous enquêtez ".
Il s'agit donc, deux semaines seulement après l'enlèvement des fillettes, d'un moment crucial au niveau de l'échange d'informations. Dès ce moment, M. Dutroux peut être considéré comme suspect potentiel dans le cadre de l'enlèvement de Julie et Mélissa.
Pourquoi les enquêteurs de Liège n'ont-ils pas rédigé un procès-verbal à l'intention du parquet et du juge d'instruction ? La réponse de l'adjudant Lesage dès la fin du moins d'août 1996, est la suivante : " Cela ne nous a pas été demandé et parce que ces fax ne contenaient aucun lien avec l'enlèvement de Julie et Mélissa " (1). Cette affirmation nous paraît inexacte par rapport au texte même du fax qui indique, expressément, le lien avec " la disparition des deux enfants pour laquelle vous enquêtez ". Interrogé au même moment, la réponse de l'adjudant Gilot va dans le même sens. Il reconnaît, au vu de ces renseignements, qu'il est " évident que Marc Dutroux est un suspect potentiel dans le cadre d'enlèvement d'enfants en général. Rien à cette époque ne permettait pas de le lier à l'enlèvement de Julie et Mélissa en particulier " (2).

(1) Rapport du comité P, annexe 3, p. 2.
(2) Rapport du comité P, annexe 6, p. 2.

La thèse de l'absence de lien entre les informations sur M. Dutroux à Charleroi et l'enlèvement de Julie et Mélissa, pour justifier la non-communication des informations transmises dès le 7 juillet 1995, a été avancée par la gendarmerie au lendemain des tragiques découvertes du 15 août 1996 : la commission mettra deux mois pour la démonter. Aujourd'hui, nul ne conteste plus ce lien. Nous y reviendrons plus loin.

2. Le processus s'enchaîne

A partir de ce moment, le processus s'enchaîne dans la même logique. La gendarmerie se chargera de la piste Dutroux et elle la gérera, en interne, sans communication réelle avec les autorités judiciaires.
Nous en prenons quelques exemples significatifs, en nous limitant aux seuls mois de juillet et d'août 1995, quand il était encore temps de délivrer les enfants.

Le 17 juillet 1995,  la BSR de Seraing demande au BCR de rassembler toutes les données utiles sur M. Dutroux et elle joint le fax du 7 juillet 1995 qui ne sera jamais, quant à lui, communiqué aux autorités judiciaires.

Le 17 juillet 1995, la cellule de Grâce-Hollogne a envoyé au BCR un fax, comprenant notamment le fax que Grâce-Hollogne avait reçu le 7 juillet 1995 de la brigade de Charleroi concernant les soupçons pesant sur M. Dutroux. Etant donné que ce dernier fax se terminait par le membre de phrase " Nous transmettons ces renseignements pour information dans le cadre de la disparition des deux enfants pour laquelle vous enquêtez ", on peut considérer qu'à partir de ce moment, l'on savait que M. Dutroux était un suspect potentiel. Dans le fax du 17 juillet, Grâce-Hollogne a demandé de plus amples renseignements concernant M. Dutroux.


Pendant les deux premiers mois de l'enquête à Liège, l'intervention ou à tout le moins la mise au courant du BCR sera constante. Nous en prenons quelques exemples.
Le fax du 17 juillet 1995 sera communiqué au BCR, avec une demande de renseignements.

Le 25 juillet 1995,  le BCR envoie à la BSR de Seraing toute la documentation sur M. Dutroux " bien connu pour des faits de viol ", avec notamment photos, identification des voitures.

Le 25 juillet 1995, le BCR a transmis toutes les informations manuelles et informatisées concernant M. Dutroux dont on disposait. Ces informations le décrivaient notamment comme étant " bien connu pour des faits de viol ".

Le 28 juillet 1995,  la BSR de Seraing envoie un fax à la BSR de Charleroi en demandant de contrôler les véhicules de Dutroux, de recueillir des renseignements utiles sur celui-ci notamment au niveau d'une filière pour l'envoi d'enfants vers d'autres pays, de préciser l'emploi qui pourrait être fait des caves et de rassembler des procès-verbaux relatifs à des faits de viols.
Le 4 août 1995,  la BSR de Charleroi envoie un fax à la brigade de Grâce-Hollogne : l'informateur confirme les renseignements et précise que M. Dutroux cherche à enlever une jeune fille en offrant 150 000 francs. Le fax insiste sur le fait que M. Dutroux est un suspect moeurs plus intéressant que les autres, un suspect potentiel sérieux, " un vrai truand dont il faut se méfier ".
Le 7 août 1995,  nouveau contact de Charleroi à Grâce-Hollogne : l'informateur a été recontacté et il confirme le renseignement, à savoir que M. Dutroux lui a dit personnellement que s'il voulait gagner de l'argent rapidement il lui suffisait de se poster aux sorties d'écoles et d'enlever des jeunes filles minces et que pour ce faire il toucherait 150 000 francs. Il a dit également qu'il effectuait des transformations dans les caves d'un de ces immeubles afin d'y aménager un genre de cellule pour y accueillir les filles avant de les expédier à l'étranger.

Le 7 août 1995, l'adjudant Lesage (BSR de Seraing) s'adresse au BCR en suggérant de " monter un dossier " en raison, dit-il, de l'inertie de ses collègues de Charleroi. En annexe de cette demande, il répercute vers le BCR le fax du 4 août 1995 de la BSR de Thuin (Lieutenant Gosset) à la BSR de Charleroi (maréchal des logis Michaux), fax qu'il avait reçu ce même jour de Charleroi et qui contient tous les derniers renseignements récoltés sur M. Dutroux. Comme il expliquera d'ailleurs lui-même " monter un dossier " signifie " 1/4 (passage inchangé) 1/4 une enquête sur ce point ". Le même jour (7 août 1995), le maréchal des logis-chef Michaux passe au BCR, plus particulièrement aux sections Patrimoine et Moeurs dans le cadre d'une autre affaire : " il y expose le problème, dont ils étaient parfaitement au courant, dans le cadre de l'enlèvement de Julie et Mélissa " (1). Sollicité par l'adjudant Lesage et informé à la fois par ce dernier et par le maréchal des logis-chef Michaux, le tout au cours de la même journée, le BCR apparaît comme ayant joué un rôle central dès cette date (si ce n'est plus tôt encore). Le BCR est donc doublement sollicité.

(1) Déclaration du maréchal des logis-chef Michaux au Comité P, le 4 octobre 1996, p. 168.


Le BCR est par ailleurs intervenu dans l'enquête le 7 août 1995, à la demande à la fois de M. Lesage et de M. Michaux.

 

Le 8 août 1995,  c'est le BCR qui convoque les différentes BSR sur le territoire desquels M. Dutroux possède des immeubles à une réunion à Charleroi. En dépit du fait que le fax mentionne expressément " Julie et Mélissa ", au début, certains témoins ont soutenu qu'il s'agissait d'un nom de code sans signification. Les versions ont évolué au cours des auditions.
9 août 1995  

La réunion qui s'est tenue , à l'initiative du BCR, le mercredi 9 août 1995 à Charleroi en présence des BSR de Charleroi, de Thuin, de Namur, de Seraing, de Grâce-Hollogne, des enquêteurs de Charleroi et de membres du BCR, marque un tournant décisif dans l'orientation de l'enquête.
1) Dans une lettre du 22 août 1996, le lieutenant-général Deridder soutient que cette réunion concerne seulement la disparition d'enfants, en général, et non pas le dossier de Julie et Mélissa. Après lui, tous les gendarmes soutiendront la même version, à savoir qu'il n'y avait pas à ce moment de lien entre M. Dutroux et l'enlèvement de Julie et Mélissa. Cette version évoluera au fil des travaux de la commission parlementaire d'enquête. Il est aujourd'hui admis que le but de cette réunion était bien de rassembler les renseignements sur M. Dutroux qui pouvait être considéré comme un suspect potentiel dans le cadre de l'enlèvement de Julie et Mélissa.

Il a également été reconnu devant la commission parlementaire d'enquête que cette réunion était une réunion " interne " gendarmerie, à caractère policier. Telle est d'ailleurs la raison pour laquelle le chef d'enquête à Liège n'y avait pas été invité, de même que, a fortiori, les autorités judiciaires.

La commission d'enquête a dû dépenser beaucoup de temps et d'énergie avant d'aboutir à ces évidences.
Ce type de réunion est en tout point inacceptable. Il n'appartient pas à un corps de police de monter, en interne, une stratégie d'enquête, en dehors des autorités judiciaires qui devaient, à tout le moins être informées. Il n'appartient pas davantage au BCR de s'immiscer dans les enquêtes (article 48, alinéa 2 de la loi du 2 décembre 1957 sur la gendarmerie). Dès ce moment, M. Dutroux apparaît donc comme un suspect " gendarmerie " dans l'affaire Julie et Mélissa et l'échec de son arrestation lui incombe.

2) Ce n'est qu'après de nombreuses heures d'auditions par la commission que la portée de la stratégie adoptée est devenue lisible. D'un côté, un premier résultat de la réunion est d'officialiser la délocalisation de l'enquête à Charleroi. L'exploitation de la piste Dutroux sera laissée à la gendarmerie de Charleroi. L'argument avancé au début selon lequel la juge d'instruction de Liège ne voulait pas délivrer de mandat ou n'était " pas chaude " pour monter un dossier est abandonné par l'adjudant Lesage qui indique expressément " qu'il avait bien été convenu que si un élément allait dans la direction de l'enlèvement de Julie et Mélissa, il devait être communiqué car des mandats auraient alors été demandés au juge d'instruction ". Une deuxième décision prise à cette réunion est l'exploitation de la piste sous le couvert des vols. L'exploitation du dossier vol au profit d'un autre dossier est sévèrement critiqué par le lieutenant-général Deridder lui-même lors de son audition devant la commission parlementaire d'enquête qui condamne cette stratégie d'enquête, dont l'efficacité est par ailleurs douteuse. Pourquoi, en effet, devant un rapport d'informateur aussi explicite et surtout constant, persister dans la même stratégie de l'utilisation du dossier vol qui n'avait rien donné en 1993 ?

3) Le rapport de cette réunion du 9 août 1995 sera adressé aux différentes brigades de gendarmerie le 16 août 1995 et au BCR. Dans l'intervalle, comme on l'a vu plus haut ($ 1er L'enquête à Charleroi, B. Les années 1995 et 1996, 1. Les informations se précisent) l'informateur confirme ses renseignements et communique des renseignements plus explicites encore. Dans ces conditions, le maintien de la stratégie adoptée lors de la réunion relève de l'obstination. En outre, pourquoi ne pas avoir dressé un procès-verbal pour le communiquer aux autorités judiciaires de Liège ? Le rôle du BCR peut être mis en cause : il s'imposait, en effet, pour celui-ci de porter à la connaissance des autorités judiciaires les mesures de coordination et de soutien qu'il prenait (article 48, alinéa 3 de la loi du 2 décembre 1957 sur la gendarmerie).


Le rapport d'information de la réunion du 9 août 1995 est adressé le 16 août 1995 au BCR comme aux autres brigades de la gendarmerie.


Le BCR a pris l'initiative d'organiser la réunion cruciale du 9 août 1995 et y a participé - la question de savoir si le BCR a dirigé ou non la réunion est controversée. Le BCR a donc participé au choix de la stratégie d'enquête qui a été suivie. Le rapport d'enquête confidentiel du 9 août 1995 a été envoyé, le 16 août 1995, au BCR et à toutes les brigades de gendarmerie qui étaient présentes le 9 août.
* Au cours des mois suivants, le BCR a été informé régulièrement des développements ultérieurs de l'enquête menée contre M. Dutroux, est intervenu, ainsi qu'il avait été prévu, dans l'approbation de l'opération " Othello " et a entretenu des contacts avec la cellule de Grâce-Hollogne. Nous renvoyons à ce qui a été précisé à ce sujet ci-dessus dans le cadre du dossier Julie et Mélissa.


Lors de la réunion capitale du 9 août 1995 à Charleroi, il a été décidé de retirer la piste Dutroux à Liège et de l'explorer au niveau policier à Charleroi.

Cette décision appelle les considérations suivantes en ce qui concerne l'organisation et la stratégie de l'enquête.
Il n'appartient pas à un service de police de prendre une décision aussi importante dans une instruction. On peut même se demander si l'organisation d'une telle réunion peut être considérée comme admissible, étant donné qu'elle a eu lieu à l'insu des magistrats instructeurs et sans leur approbation. Cet élément place les fonctionnaires de police concernés par cette décision devant leurs responsabilités, et ce, en fonction de leur grade dans la hiérarchie.

Par la suite, les magistrats liégeois n'ont pas non plus été informés de la tenue de la réunion ni, a fortiori, des décisions qui y ont été prises. Les magistrats de Charleroi ont, par contre, été informés, mais seulement de la conclusion de la réunion (" Dutroux est un suspect potentiel ") et ce, à l'occasion de la demande concernant l'organisation de l'action d'observation " Othello ". Le parquet de Charleroi, et ensuite le juge d'instruction Lorent, ont à leur tour négligé d'informer les magistrats instructeurs du fait qu'à Charleroi, on enquêtait sur M. Dutroux au sujet de son implication éventuelle dans la disparition de Julie et Mélissa

Conclusion : aussi bien les membres de la gendarmerie de Charleroi, Thuin, Namur et Liège que les magistrats du parquet et le juge d'instruction de Charleroi qui sont intervenus dans le dossier Othello ont négligé d'informer, conformément au Code d'instruction criminelle, les magistrats liégeois compétents des soupçons pesant sur Dutroux et des actions judiciaires entreprises à l'encontre de celui-ci.
Il est permis de se poser de nombreuses questions concernant la manière dont l'enquête sur M. Dutroux a été organisée à Charleroi par les autorités hiérarchiques compétentes, aussi bien au sein de la magistrature qu'au sein de la gendarmerie elle-même, et concernant la manière dont ces autorités en ont assuré le suivi.
* M. Michaux n'a pas été convenablement encadré ni suivi par ses supérieurs hiérarchiques. A plusieurs reprises, il n'a pas tenu compte de l'ordre exprès qui lui était donné de dresser procès-verbal, sans que cette attitude ait eu la moindre suite. Cela est d'autant plus étonnant que l'ordre a été donné à différents moments par des personnes différentes.

* De nombreuses décisions prises dans le cadre de l'enquête, notamment le fait de dresser ou de ne pas dresser procès-verbal, l'ont apparemment été par Michaux seul ou en concertation avec M. Lesage. Cette constatation ne cadre absolument pas avec la rigueur des voies hiérarchiques caractérisant le fonctionnement de la BSR. L'organisation d'une structure de concertation horizontale, à l'insu de la hiérarchie de la BSR et des autorités de district, est contraire aux principes de fonctionnement, a fortiori lorsqu'il s'agit d'enquêtes d'une telle importance.
* Si, en théorie, M. Michaux devait savoir à quel officier il devait rendre compte à Charleroi, cela était beaucoup moins évident dans la pratique. Toutes les parties concernées s'étaient pourtant mises d'accord en septembre 1995 et il avait été convenu que M. Michaux devrait rendre compte au commandant Schot. Le commandant Legros a cependant continué à s'imposer à M. Michaux et a exigé d'être tenu au courant de l'enquête en permanence. Pour quelle raison? Le commandant Legros est en tout cas le seul supérieur hiérarchique à n'avoir jamais ordonné à M. Michaux de dresser procès-verbal. Parallèlement, il était l'un des initiateurs de la réunion du 9 août, réunion qu'il aurait normalement dû présider.



Le 10 août 1995,  un rapport d'information confidentiel adressé aux autorités de la gendarmerie de Charleroi fait état de deux contacts avec des informateurs, qui ne se connaissent pas l'un l'autre. Ce rapport sera également communiquée au BCR, qui est donc parfaitement au courant.
Le premier rapporte que M. Dutroux lui aurait proposé de travailler pour lui notamment à Sars-la- Buissière. Il lui propose aussi de participer à des rapts d'enfants dans la région de Malines. Il signale aussi que M. Dutroux fréquente assidûment un homme de 35 ans qui utilise un véhicule Ford fiesta bleu ancien modèle et qu'il quitte son domicile la nuit entre 2h et 4h.

Le second informateur complète les informations qu'il a déjà données en 1993. Lors des trajets en voiture, il constate que M. Dutroux regarde les jeunes filles et lui demande s'il est attiré par les gamines. Réponse : " Des jeunes filles comme cela, c'est frais, ça se vend bien et rapporte beaucoup ". Lors d'une fête à Yves Gomezée en juillet 1993, M. Dutroux suit deux jeunes filles près d'un bois. Il explique qu'il voudrait bien les prendre, que c'est facile qu'il suffit de les tenir avec une main sur la bouche. Le prix varie entre 100 000 et 150 000 francs. Il ajoute : " Dommage que ce n'est pas fini à Marchienne ". Par ailleurs, aux alentours du 21 octobre 1993, à Marchienne Docherie, M. Dutroux explique que les travaux dans les caves sont destinés à faire des caches pour les enfants enlevés. Enfin, fin juin 1995, M. Dutroux lui propose de faire le guet lors d'un coup en lui expliquant que cela va rapporter beaucoup. Y. demande des précisions mais M. Dutroux lui dit qu'il en dira plus le moment opportun.

Le rapport secret se conclut par cette observation : " Au point 1, il appert qu'un individu qui serait en relation étroite avec M. Dutroux utilise une Ford Fiesta bleu ancien modèle; véhicule du même gabarit qu'une Peugeot 205 ". A Grâce-Hollogne, le témoin Mme H. qui, le jour de l'enlèvement, a vu les enfants monter dans une voiture reconnaît ce genre de véhicule.
Ces informations seront confirmées par un nouveau contact avec l'informateur le 25 août 1995 et elle sont communiquées dans un second rapport, transmis à la hiérarchie de la gendarmerie le 30 août 1995. Les indications concernent les véhicules utilisés par M. Dutroux, ses voyages en Slovaquie et ses contacts avec Michel D.
Devant des informations aussi précises, pourquoi un procès-verbal n'est-il pas dressé par les gendarmes ? Pourquoi l'ordre ne leur en est-il pas donné ? Même si les informateurs couraient ainsi un risque, il fallait le prendre car des vies d'enfants pouvaient être en danger.


Le rapport d'information confidentiel du 10 août 1995, suite aux deux contacts avec des informateurs à Charleroi, est communiqué au BCR.

Le 16 août 1995,  l'adjudant Lesage reçoit, par fax, le rapport de la réunion du 9 août 1995 que nous évoquons plus loin (F. La réunion du 9 août 1995).

Aucun de ces documents, communiqués par fax entre les brigades de gendarmerie, ne sera transmis à la juge d'instruction. Aucun ne se trouve dans le dossier répressif. Aucun procès-verbal ne sera dressé.

Le 18 août 1995,  une réunion a eu lieu au BCR avec un des enquêteurs de Liège et deux officiers du BCR. Le but est de prendre contact avec Charleroi " pour activer la chose, mettre en route l'opération ". Il s'agit de l'opération Othello.
Le 22 août 1995,  les enquêteurs de Charleroi transmettent, par fax, au major Decraene des renseignements sur les véhicules de M. Dutroux, avec les numéros de plaque minéralogique. La référence est " Disparition de Julie et Mélissa. PV 40.61.11.01.045/95 ", qui est le numéro du PV initial à Grâce-Hollogne. Nous allons trouver ce fax dans le dossier du premier maréchal des logis Dentant à Tournai avec des indications à la main indiquant des numéros de plaque des voitures de M. Dutroux et, notamment, la plaque " FFR62 " qui a été repérée à Bertrix.
Le 24 août 1995,  le BCR a diffusé un avis de recherche non urgent à toutes les unités de gendarmerie. Cet avis était à la fois vague - il y était question de faits commis sur la personne de mineurs - et trompeur. Le but d'un avis de ce type est de permettre au BCR de recueillir toutes les informations possibles au sujet de l'intéressé. Les informations circulent donc à sens unique, c'est-à-dire en direction du BCR. La qualification " non urgent " sert à indiquer la différence par rapport à un avis de recherche urgent.

Dans le dossier An et Eefje, l'avis de recherche non urgent du 24 août 1995, un avis interne de la gendarmerie, a été considéré comme non pertinent pour leur propre enquête par les brigades de gendarmerie concernées de Bruges, et, a fortiori, comme encore moins pertinent pour les autres enquêtes des autres services de police.

25 août 1995 L'opération Othello

a) Le rapport du 25 août 1995

Le commandant Legros du district de Charleroi, qui est déjà intervenu dans l'opération Décime en 1993-1994, signe le document qui initie l'opération Othello le 25 août 1995. Il s'agit du nom de code d'une technique particulière d'enquête qui consiste en une mise sous observation prolongée par le groupe Posa.

Le texte indique expressément ceci : " Dans le cadre de la lutte contre la traite des êtres humains, il appert que certaines rumeurs persistantes font état du comportement suspect d'un habitant résidant sur le ressort du district de Charleroi. Ces rumeurs sont amplifiées depuis la disparition des 2 jeunes filles, Julie et Mélissa ". Nous lisons ensuite : " Depuis 1993 et ce à plusieurs reprises, des rumeurs persistantes font état que Dutroux aménage les caves de ces différentes maisons pour y loger des enfants en attente d'être expédiés à l'étranger ". Le document signale aussi les renseignements donnés par les informateurs le 10 août 1995, à savoir les enlèvements d'enfants. Il se termine en rappelant les condamnations de M. Dutroux pour viol en 1989. Dans ce contexte, le but de l'observation est de vérifier les renseignements obtenus.

Ce document soulève de multiples questions.
1) Tout d'abord, par rapport à la circulaire confidentielle du ministre de la justice du 24 avril 1990 (modifiée le 5 mars 1992) relative aux techniques particulières d'enquête de recherche pour combattre la criminalité grave et organisée qui règle ce type d'opération, le rapport de la gendarmerie est en est en défaut sur deux points.

D'une part, la circulaire précise que le recours à des surveillances et des mises sous observation doit viser la recherche d'éléments objectifs matériels. Or, en espèce, il est fait seulement allusion à une rumeur et à des éléments purement conditionnels. Si le texte avait été plus explicite, Mme la première substitute Robert qui a reçu le document aurait sans doute pu faire le lien avec l'enquête Julie et Mélissa. Le commandant Legros justifie le caractère vague de son information par le fait qu'il ne disposait pas d'éléments objectifs entre M. Dutroux et Julie et Mélissa. Eu égard à l'obligation qui est faite par la circulaire du 5 mars 1992 de subordonner la mise en place de ce type d'opération à des éléments objectifs matériels, la réponse n'est évidemment pas pertinente. De son côté, Mme Robert aurait dû relever le caractère éminemment flou de l'exposé des motifs et exiger des clarifications qui rendent ce premier rapport conforme à la circulaire ministérielle quant à l'existence d'éléments objectifs matériels.

D'autre part, la circulaire précise également que si une instruction est en cours, le juge d'instruction doit être prévenu. A partir du moment où l'opération Othello concernait l'enlèvement de Julie et Mélissa, il était donc obligatoire que le juge d'instruction de Liège, Mme Doutrèwe, soit averti. Mme la première substitute Robert qui a reçu le rapport Othello le 25 août 1995 soutient d'ailleurs que si on lui avait dit que la mise sous observation l'était dans le cadre de l'enlèvement de Julie et Mélissa, elle aurait évidemment fait savoir qu'il y avait une enquête à Liège (1). Il convient, toutefois, de relativiser cette affirmation : ne lui revenait-il pas de faire le lien et de prendre contact avec le parquet de Liège ? Comme on le verra plus loin, il n'est d'ailleurs pas exclu que le lien ait été fait.

(1) Audition du 11 décembre 1996, p. 6.

Tant dans le chef de la gendarmerie que du parquet, il semble donc que la remise de ce document n'ait servi qu'à satisfaire formellement aux directives ministérielles.
2) Par ailleurs, comme il a été précisé devant la commission, le recours par les services de police à des techniques particulières d'enquête, dans le respect du principe de la proportionnalité et de la subsidiarité, indique qu'il s'agit d'une affaire grave. Toutefois, si le but de la mise sous observation est de vérifier l'existence de caches qui se trouveraient à l'intérieur des maisons, une observation extérieure, telle qu'elle sera effectuée, ne paraît pas a priori une technique adéquate.
3) Enfin, alors que, dans un premier temps, le commandant Legros, qui a signé le rapport Othello, et, avec lui, les autres responsables de la gendarmerie, affirment qu'il n'y avait pas de lien entre l'opération Othello et l'enlèvement de Julie et Mélissa, ils ont tous été amenés, au fil des auditions de la commission d'enquête parlementaire, à reconnaître que l'opération Othello n'avait pas d'autre but que d'enquêter sur la piste Dutroux à Charleroi dans le cadre de l'enlèvement de Julie et Mélissa. Deux conséquences s'ensuivent. D'une part, la gendarmerie devait porter cette information à la connaissance des autorités judiciaires de Charleroi, la non-information pouvant dans ces conditions être interprétée comme de la rétention d'informations. D'autre part, il n'appartenait pas aux enquêteurs de Charleroi de procéder, de leur propre chef, à des devoirs d'enquête dans un dossier mis à l'instruction dans un autre arrondissement judiciaire et sans même en aviser le juge d'instruction régulièrement saisi.

b) Le défaut de transmission d'informations entre les parquets

Mme Robert, premier substitut de service le 25 août 1995, faisant fonction de procureur du Roi, indique sur le document Othello : " Vu pour accord ", ce qui signifie qu'il n'y a pas opposition.

Même de façon vague, le parquet est donc au courant des agissements suspectés de M. Dutroux et il connaît l'enjeu de la mise sous observation. Le substitut ne se pose ni ne pose d'autres question et ne prescrit pas d'autres devoirs. Pourquoi ? La réponse est la suivante : " C'est un suspect, cela peut être en liaison, donc accordons la non-opposition ". Plus loin dans la même audition : " Tout le monde est conscient que l'on recherche Julie et Mélissa. Je ne fais pas le rapprochement en me disant que c'est dans ce cadre-là qu'on me demande la mise sous observation, sinon je n'aurais peut-être pas accordé l'autorisation. J'aurais eu une autre réaction. " (1).

(1) Ibid.

Pourquoi le parquet de Charleroi n'a-t-il pas pris contact avec le parquet de Liège ? Deux raisons sont avancées. D'un côté, " j'ai vraiment pensé que l'information qui est là était nécessairement répercutée via le BCR à la cellule de crise constituée à Liège "; d'autre part, " il n'est prévu nulle part que l'information dans le cadre d'une observation prolongée doit circuler de parquet à parquet " (1). Cette réponse contient implicitement mais certainement la reconnaissance du fait qu'un lien était établi avec le dossier de l'enlèvement de Julie et Mélissa instruit à Liège.

(1) Audition du 11 décembre 1996, pp. 7 et 8.

Une obligation de communication n'incombait-elle pas au chef de corps ? En l'espèce, rappelons que le parquet de Charleroi était dirigé par un premier substitut faisant fonction et que le procureur du Roi ne sera nommé que le 23 octobre 1995. Néanmoins interrogé sur ce point et sur la suite du déroulement de l'opération Othello à Charleroi, le procureur du Roi Marchandise explique que les renseignements de l'opération Othello n'ont pas été transmis à Liège pour les raisons suivantes : la lecture des rapports du 25 août (et plus tard du 29 novembre 1995) ne faisait pas de lien entre M. Dutroux et l'enlèvement de Julie et Mélissa; les éléments d'information de 1993 étaient négatifs et les perquisitions de décembre 1995 étaient également négatives; toutes les informations avaient été envoyées au BCR qui a une fonction de coordination et de centralisation : ce service était donc supposé faire remonter les informations là où elles devaient arriver (2).

(2) Audition du prucureur du Roi de Charleroi, pp. 13 et 32.

Enfin, les informations sur M. Dutroux n'auraient-elles pas dû provoquer ou à tout le moins suggérer la révocation de la libération conditionnelle (articles 3 et 5 de la loi du 31 mai 1888) ou éventuellement l'arrestation provisoire en vue de révocation (article 6) ? Selon le procureur du Roi Marchandise, la politique et les pratiques en la matière étaient de ne prononcer la révocation que lorsqu'un jugement définitif était prononcé (3).

(3) Audition du procureur du Roi de Charleroi, p. 14.


L'opération " Othello "

La commission constate que l'objet de cette opération a été décrit de manière ambiguë dans la demande et qu'au mépris de la circulaire du 24 avril 1990, la juge d'instruction de Liège, Mme Doutrèwe, n'a pas été informée du recours à cette technique spéciale d'investigation. Cela signifie que le parquet de Charleroi n'a pas transmis des informations nécessaires et que l'on a mené en fait une enquête parallèle. La responsabilité de ces manquements doit être imputée :
- au commandant Legros, qui assumait la responsabilité opérationnelle du recours à cette technique spéciale d'investigation;
- à la première substitute, Mme Robert, qui, en ne faisant pas opposition, a autorisé l'opération Othello le 25 août 1995 et qui, en tant que première substitute, a également négligé de veiller à ce que soit assuré le contrôle du parquet sur l'opération " Othello ";
- à Mme la substitute Troch qui, le 24 octobre 1995, a été informé par le maréchal des logis-chef, Michaux de l'existence de l'opération " Othello ";

- au BCR (voir c.1.).

 


Le commandant Legros a signé, le 25 août, le document Othello dans lequel il mentionnait tant la lutte contre la traite des êtres humains que la disparition de Julie et Mélissa et le lien possible entre ces données et l'objectif de l'action Posa : confirmer les soupçons pesant sur M. Dutroux.


 

 

 

Dès le 28 août 1995,  le premier maréchal des logis-chef Michaux de la BSR de Charleroi avise la brigade de Grâce-Hollogne qu'une observation Posa a lieu sur les domiciles de M. Dutroux. La référence du fax est : " Disparition de Julie et Mélissa ". Le lien entre la piste de M. Dutroux et l'enlèvement de Julie et Mélissa, longtemps nié par les enquêteurs devant la commission, est clairement établi, sans équivoque.

Par la suite, de nombreux contacts auront lieu entre les enquêteurs de Grâce-Hollogne, MM. Gilot et Lesage, et ceux de Charleroi. Certains témoins entendus par la commission suggéreront même une certaine influence des premiers sur les derniers.
Tous les échanges de renseignements sur l'opération Othello et les développements de la piste Dutroux se feront par fax ou notes internes de la gendarmerie, jamais par procès-verbal.

 

Dès la fin du mois 08/95 , le dossier de l'enlèvement de Julie et Mélissa est scindé, ou mieux " délocalisé " : Charleroi s'occupe de la piste Dutroux, Liège se charge de tout le reste. Nous reviendrons sur ce point dans le $ 2. L'enquête à Liège (F. La réunion du 9 août 1995).
28 et 29 août 1995 Les observations Posa

Elles auront lieu les 28 et 29 août 1995, 8 et 19 septembre, 13 et 16 octobre 1995.
Tout comme lors de l'opération Décime, les observations effectuées dans le cadre de l'opération Othello par le Posa sont des observations insuffisantes. Une caméra fixe n'est pas installée en raison de difficultés techniques. Les observations ne seront pas faites 24 heures sur 24, ce que certains témoins qualifieront de particulièrement dommage, voire même d'absurde. Le seul objectif est, semble-t-il, de repérer des points de chute. Or, au moment où ces observations sont effectuées, An et Eefje venaient également de disparaître.
Un témoignage écrit anonyme adressé à la commission signale que des observations auraient déjà eu lieu avant le début officiel de l'opération Othello, avec du matériel plus sophistiqué, mais qu'elles auraient malheureusement été interrompues le week-end de l'enlèvement d'An et Eefje.
Quelles suites sont données aux renseignements recueillis ? Aussi inadéquates soient-elles, les observations Posa ont néanmoins permis de récolter de l'information. Ainsi, le 29 août 1995, le conducteur d'une voiture bleue (la plaque d'immatriculation est indiquée) rentre dans une des maisons de M. Dutroux accompagné d'une fillette de +/- 6 ans. De même, est noté un fréquent passage de certaines voitures, dont notamment des Mercedes blanches. La présence de certaines personnes est également signalée. Comment ces renseignements sont-ils exploités ? De l'inférieur au supérieur, du chef au subordonné on se renvoie la balle, chacun estimant que ces devoirs incombaient à l'autre. Pourquoi ces renseignements n'ont-ils pas été exploités à Charleroi alors qu'une autre information, concernant notamment une personne de Bierset (mais hors cause), a suivi son cours ?

 

29/08/95 Un certain D écrira à Connerotte afin de l'informer de photo prises à partir d'un mercedes Blanche, devant des école. Des noms de témoins seront donnés. Un lien clair entre le commerce d'enfants et les prises de photos.
A partir du 1/09/95  on ne sait plus à Charleroi quel substitut est en charge du dossier Othello. A qui la gendarmerie devait-elle donc rendre compte de ces observations ? La question est d'autant plus importante qu'aucun juge d'instruction n'est informé de l'opération.

En septembre 1995, le juge d'instruction Lorent, de Charleroi, reçoit une lettre - il s'avère par la suite qu'elle émane de la mère de M. Dutroux - dans laquelle il est dit clairement que celui-ci est impliqué dans l'enlèvement de mineures. En dépit des antécédents de M. Dutroux, le juge d'instruction n'exploite pas cette lettre. Il la transmet à un magistrat du parquet, qui charge la police communale de procéder à des vérifications et n'utilise plus cette lettre par la suite.

4 septembre 1995 Dans une lettre adressée au juge d'instruction Lorent par une personne qui se présente comme la propriétaire de M. Dutroux mais dont l'enquête de police établira (le 7 septembre) qu'il s'agit de sa propre mère, il est fait état de ceci :
" Ceux-ci (les voisins) se plaignent de nombreux va et vient nocturnes concernant le trafic de pneus et maintenant de carcasses de voitures mais aussi du passage de deux jeunes filles entre 16 et 18 ans qui n'ont fait que transiter par cette maison inhabitée mais dont les chambres sont occultées par du plastique noir... En ce temps où des disparitions de jeunes filles se multiplient, je pense que je ne peux faire moins que de signaler le passage de ces deux inconnues à Jemeppe. ".
Le juge d'instruction se limitera à transmettre la lettre au parquet le 5 septembre 1995 : " Pour telle suite qu'il lui plaira de réserver ". Interrogé quelques jours plus tard par la police communale, le voisin déclarera " qu'il n'a jamais parlé de carcasses de voitures ni de jeunes filles de passage ". Son épouse ne sera pas, quant à elle, interrogée. L'enquête s'arrêtera définitivement là.

4. L'absence de procès-verbaux

Une question cruciale dans le déroulement de l'enquête à Charleroi est celle de l'absence de rédaction de procès-verbaux. L'ampleur, tant quantitative que qualitative, des informations recueillies sur M. Dutroux ne justifiaient-elles pas la rédaction de procès-verbaux qui auraient permis d'ouvrir une information judiciaire ? La question a été posée à de multiples reprises.

La veille de son audition, le colonel Lemasson, commandant du district de Charleroi, a communiqué à la commission un document datant du début du mois d'octobre 1995 d'où il apparaît que la question de l'opportunité de la rédaction d'un PV a été, dès ce moment, discutée avec les supérieurs du chef d'enquête.
Le chef de la section moeurs de la BSR de Charleroi, le premier maréchal des logis-chef Zamponi, était favorable à la rédaction d'un tel procès-verbal. A-t-il exprimé un ordre, un conseil ou une invitation ? Les versions sur ce point sont divergentes.
La nature des informations rassemblées sur M. Dutroux, qui faisaient état de projets criminels bien précis, imposait certainement aux services de police la rédaction d'un procès-verbal.


La lettre de la mère de Dutroux

La commission estime que la teneur et l'importance de la lettre de la mère de M. Dutroux n'ont pas retenu l'attention nécessaire de la part du juge d'instruction Lorent dans le cadre des dossiers des disparitions d'enfants (dossier Julie et Mélissa, dossier An et Eefje).

 


 

Le 4 septembre 1995, la cellule nationale de disparition est créée au sein du BCR. Son action s'étend cette fois à tous les services de police et aux autorités judiciaires.
Une mission contre nature ? Peut-être.

 

8 tet 9 septembre 1995 observation posa
19 et 20 septembre 1995 Au début du mois de septembre 1995, la juge d'instruction Doutrèwe s'adresse par téléphone au BCR pour obtenir des renseignements à la fois sur le nouveau service et sur son enquête. Dans une lettre à la cellule nationale disparition le 19 septembre 1995, elle confirme son entretien téléphonique en priant " d'être tenu au courant de tout élément permettant de faire progresser son enquête " (pièce I/334 du dossier répressif). Le responsable de la cellule, le major Decraene, répond le 20 septembre 1995, qu'il assurait la juge d'instruction " de l'étroite collaboration entre les enquêteurs dans le cadre du dossier 95/95 et l'appui de ses collaborateurs aux enquê- teurs " (Pièce I/ 335).

Il ne dit pas un mot à la juge d'instruction de la réunion du mois d'août 1995 concernant M. Dutroux, ni de l'opération Othello qui était en cours, dans le cadre de son dossier. Une réponse purement formelle, administrative qui constitue, à l'analyse, une fin de non-recevoir. En effet, en se limitant à répondre que la cellule est à la disposition des enquêteurs, le responsable de celle-ci manifeste qu'elle n'est pas à la disposition de la juge d'instruction. Lors de son audition, le colonel dirigeant du BCR, M. Berckmoes soutiendra que la demande de la juge d'instruction était une demande de renseignement d'ordre général tandis que le lieutenant-général Deridder affirmera que tout qui s'adresse au BCR reçoit une réponse. La réalité semble bien différente.


Le 19 septembre 1995, la juge d'instruction Doutrèwe a pris contact par téléphone et par écrit avec le BCR (désormais, la cellule disparitions) afin de lui demander comment la cellule pouvait l'aider dans l'enquête Julie et Mélissa. La cellule, en la personne du major Decraene, a répondu par écrit, sans faire mention de l'opération " Othello " qui, à ce moment, était déjà en cours à Charleroi.
* La question est de savoir dans quelle mesure le BCR et la cellule disparitions (à partir du début du mois de septembre) se sont acquittés convenablement de leurs missions.

 

9 octobre 1995 Un fax du 9 octobre 1995 de la gendarmerie de Grâce-Hollogne à la gendarmerie de Nandrin, dans le cadre du dossier 95/95 du juge d'instruction en charge du dossier, tenterait même à indiquer le contraire dans la mesure où il est indiqué expressément : " (la juge) demande la rédaction d'un PV subséquent au PV des disparitions même en cas de résultat négatif ".
13 et 16 octobre 1995 observation posa
Le 24 octobre 1995,  le chef d'enquête, M. Michaux, rencontre fortuitement Mme la subsitute Troch au palais de Justice et la met au courant de l'opération Othello. Il précise que M. Dutroux est soupçonné d'aménager ses caves pour y placer des enfants. Dans sa déclaration au commandant du district le 5 octobre 1996, M. Michaux présentera les choses un peu autrement : " Afin de pouvoir rédiger un PV, j'ai contacté le parquet de Charleroi dès que j'ai pu, c'est-à-dire le 24 octobre 1995, date à laquelle j'exposais au substitut la teneur des informations recueillies dans le dossier ".

Que ce soit par hasard ou non que l'information soit communiquée, cette situation confirme le peu de suivi de cette affaire au niveau du parquet de Charleroi. Mme la substitute Troch, dont on se demande par ailleurs à quel titre elle intervient à ce moment, reconnaît qu'elle n'a pas pris contact avec sa collègue Mme Robert faisant fonction de procureur du Roi qui, en qualité de procureur du Roi f.f., a reçu le rapport Othello le 25 août 1995 et qui est, en définitive, le seul substitut qui ait connu le dossier Othello (1).

Audition du 11 décembre 1996, p. 43.

Des contacts sont-ils pris avec le parquet de Liège ? La réponse est négative pour des raisons évoquées lors de la rencontre le 8 novembre 1995 au parquet de Charleroi avec le commandant Legros. " A aucun moment je n'ai fait le rapprochement entre Othello et l'enlèvement de Julie et Mélissa ".

Mme Troch soutient que si le commandant Legros avait été plus précis, s'il avait dit qu'Othello portait sur l'enlèvement de Julie et Mélissa, il est évident qu'elle lui aurait dit de s'adresser au parquet de Liège. Cette affirmation pose un triple problème, en fait et en droit. D'un côté, pourquoi Mme Troch ne prend-elle pas contact avec le commandant qui a effectué le travail d'observation et qui aurait pu davantage l'éclairer ? D'un autre côté, dans les notes manuscrites de cet entretien dont le commission a la certitude qu'elles proviennent de Mme Troch elle-même, on lit notamment ceci : " C'est après l'enlèvement de Julie et Mélissa que les deux informateurs se sont souvenus des conversations de Dutroux ". Mme Troch avait donc l'occasion de faire le lien entre l'enlèvement de Julie et Mélissa et M. Dutroux. Enfin, il revenait au substitut lui-même, en sa qualité d'officier de police judiciaire, de prendre contact avec le parquet de Liège.


L'opération " Othello "

La commission constate que l'objet de cette opération a été décrit de manière ambiguë dans la demande et qu'au mépris de la circulaire du 24 avril 1990, la juge d'instruction de Liège, Mme Doutrèwe, n'a pas été informée du recours à cette technique spéciale d'investigation. Cela signifie que le parquet de Charleroi n'a pas transmis des informations nécessaires et que l'on a mené en fait une enquête parallèle. La responsabilité de ces manquements doit être imputée :
- au commandant Legros, qui assumait la responsabilité opérationnelle du recours à cette technique spéciale d'investigation;
- à la première substitute, Mme Robert, qui, en ne faisant pas opposition, a autorisé l'opération Othello le 25 août 1995 et qui, en tant que première substitute, a également négligé de veiller à ce que soit assuré le contrôle du parquet sur l'opération " Othello ";
- à Mme la substitute Troch qui, le 24 octobre 1995, a été informé par le maréchal des logis-chef, Michaux de l'existence de l'opération " Othello ";

- au BCR (voir c.1.).

 

Le 3 novembre 1995,  suite notamment à l'appel des parents, une offre de moyens supplémentaires a été adressée par le ministre de la justice aux autorités judiciaires de Liège mais elle a été déclinée. Cette information relativise l'argument (trop) souvent invoqué de l'absence de moyens.

L'offre faite le 3 novembre 1995 par le ministre de la Justice

Ni la juge d'instruction Doutrèwe ni ses supérieurs hiérarchiques n'ont donné suite à l'offre du ministre de la Justice de mettre des moyens supplémentaires à la disposition des enquêteurs. Même si le pouvoir judiciaire a considéré qu'il s'agissait d'une immixtion dans une information judiciaire, la juge d'instruction et sa hiérarchie portent la responsabilité morale d'avoir refusé cette offre.

 

3 novembre 1995 Le 3: à Jumet, Marc Dutroux et Bernard Weinstein droguent et séquestrent trois personnes dont une jeune fille qui parvient à se libérer et dénoncer les deux agresseurs. Les trois prisonniers étaient sans doute en danger de mort. Les forces de l'ordre se contentent de convoquer Dutroux qui n'est franchement pas pressé de répondre. Tiens, vu ses antécédents, pourquoi ne pas plutôt l'arrêter pour des faits aussi graves?
5 novembre 1995

 

Le 5: Bruno Tagliaferro rentre d'un séjour au Portugal. Ce ferrailleur, proche de Dutroux et de Michaël Diakostavrianos, décède à Keumiée à l'âge de 33 ans. Pas tout à fait d'une crise cardiaque, comme autopsié de prime abord. Nouvelle enquête en cours.

Le 5 novembre 1995, M. Dutroux a comparu devant la police communale de Charleroi pour vols et séquestration de trois jeunes gens majeurs. La police n'a pas immédiatement procédé à son arrestation. Il n'a été arrêté que le 6 décembre 1995 après avoir été interrogé le jour même par la PJP. Assez curieusement, le parquet n'a mis le dossier des vols et de la séquestration à l'instruction que le 6 décembre 1995 auprès du juge d'instruction Lorent.


Trois personnes sont séquestrées le 5 novembre 1995 et elles désigneront M. Dutroux comme leur agresseur dès le lendemain. Cette affaire est suivie par la police communale de Charleroi.
En dépit de la gravité des faits, M. Dutroux ne sera pas véritablement recherché puisque la police se limite de lui adresser des convocations auxquelles, dans un premier temps, il ne se rendra pas. Ce n'est que le 6 décembre 1995 qu'il se rendra à la police communale. Il reconnaît les faits et est placé, le même jour, sous mandat d'arrêt.


 

8 novembre 1995 le commandant Legros qui a été convoqué le 8 novembre 1995 par Mme la substitute Troch au sujet d'Othello. Il a par ailleurs assisté à la réunion du 29 novembre et a fait rapport à ce sujet au BCR.
le 10 novembre 1995 An et eefje

Des commissions rogatoires, parfaitement préparées et exécutées, ont également été envoyées à l'étranger.
Lorsque le nombre d'informations utilisables a commencé à diminuer, on a essayé de développer de nouvelles idées par le biais d'une réunion élargie avec la cellule disparitions, qui a été organisée le 10 novembre 1995.
Il est frappant de constater que ni la PJP ni la cellule disparitions n'ont cherché à établir un lien entre la disparition d'An et Eefje et les autres disparitions.
- Bien qu'aucune cellule mixte n'ait été créée, la collaboration entre les services de police était correctement organisée, ce qui était incontestablement la conséquence de la tenue régulière de réunions de coordination. A la lumière de cette constatation, il est étonnant que la PJP n'ait pas fait appel à l'hélicoptère de la gendarmerie.


La réunion du 10 novembre 1995 entre la cellule disparition et l'équipe d'enquête de la police judiciaire de Bruges n'a pas fait progresser l'enquête. La création de la cellule disparitions n'a donc pas apporté ce progrès que l'on pouvait pourtant en attendre, ce dont le major Decraene doit assumer la responsabilité.

Le 22 novembre 1995 une jeune fille d'Obaix, où Dutroux travaille à ce moment, est violée près du canal, à Luttre-Pont-à-Celles. Son ou ses agresseurs tentent de mettre fin à ses jours. On retrouve à cet endroit la voiture de Bernard Weinstein, que l'on sait auteur de la séquestration. L'enquête, clôturée d'abord par un non-lieu, est réouverte depuis l'affaire Dutroux. Contrairement à ce que tente de faire croire la PJ de Charleroi, les analyses médico-légales ne disculpent pas Dutroux.

Le 22 novembre 1995 un viol et une tentative de meurtre ont lieu sur une jeune fille à Obaix-Buzet.

a) Dans un courrier adressé au ministre de la Justice qui se réfère expressément à une lettre du 11 octobre 1996 adressée au procureur général Liekendael, le lieutenant général Deridder sollicite un complément d'enquête au sujet de la tentative de meurtre et le viol qui aurait eu lieu le 22 novembre 1995 à Obaix-Buzet où M. Dutroux aurait été entendu par la police judiciaire :

" Il me semble important de vérifier quel magistrat au sein du parquet de Charleroi s'occupe de cette affaire et quelle suite a été réservée à l'égard de Dutroux ". La portée et l'enjeu de la demande du lieutenant général de la gendarmerie est ainsi précisée : " En effet, si cette suspicion à l'égard de Dutroux avait pu être associée aux éléments déjà recueillis sur l'intéressé, une autre approche que l'utilisation des mandats délivrés par (le juge d'instruction) dans le dossier séquestration 5 novembre 1995 aurait pu être envisagée " (1).

(1) Lettre du général Deridder au procureur général E. Liekendael le 11 octobre 1996.

b) Le substitut Somville, qui était chargé de ce dossier, aurait dû faire un rapport au procureur général de Mons dans cette affaire mais il ne l'a pas fait. Son attitude est qualifiée par le procureur du Roi de Charleroi de " négligence coupable ".

L'affaire d'Obaix doit en tout état de cause être examinée dans le cadre de la poursuite des travaux de la commission.

 

Vers le 25/11 1995 Michelle Martin donne naissance à son troisième enfant. A la maternité, son mari, Marc Dutroux, lui annonce qu'il doit se débarrasser de Weinstein. On ne reverra plus jamais ce dernier vivant.
Le 28 novembre 1995 une dame, dans cette même contrée, est violée. A Neufchâteau, elle a dénoncé Dutroux.
29 novembre 1995  

Le document adressé le 29 novembre 1995 par le commandant Legros à Mme la substitute Troch a pour objet : " Opération Othello - Complément d'informations ". Tous les contacts informateurs, aussi bien ceux de 1993 que de 1995, sont reproduits.
Lors d'une rencontre qui eut lieu ce même jour avec les enquêteurs et le commandant Legros dans le bureau de Mme Troch, à propos du nom des informateurs, une décision se prend : trouver une infraction pour permettre une perquisition dans les domiciles de M. Dutroux. Aucune des personnes présentes à cette réunion ne prend l'initiative d'aviser la juge d'instruction de Liège ou, à tout le moins, le parquet. Or, la commission a pu constater que Mme Troch aurait pu, dès le 8 novembre 1995, associer le nom de Julie et de Mélissa aux renseignements sur M. Dutroux fournis par l'informateur.

L'hypothèse de la rétention d'information des uns et/ou de la manipulation des autres peut être formulée.

 

A la fin du mois de 11/95  deux dossiers sont ouverts à charge de M. Dutroux au parquet de Charleroi : un dossier " vols " et un dossier " séquestration " suite aux faits commis le 5 novembre 1995. Ces deux dossiers sont instruits par le juge d'instruction Lorent, qui était déjà intervenu en 1993, notamment dans l'opération Décime. Il s'agit donc d'un acteur central.
La stratégie adoptée par les représentants du BCR et des BSR réunis le 9 août 1995 continue à s'illustrer : après avoir, selon M. Michaux, envisagé divers stratagèmes pour entrer chez M. Dutroux, on va tenter d'obtenir des mandats de perquisition dans le cadre de ces dossiers afin de poursuivre l'enquête quant aux soupçons pesant sur M. Dutroux en matière d'enlèvement d'enfants. Le choix de cette stratégie est implicitement mais certainement reconnu par le commandant de la gendarmerie lui-même qui la justifie par l'insuffisance des informations disponibles (1).

(1) Ibid.

A partir du moment où une instruction était ouverte à Liège, sous la responsabilité d'un juge d'instruction, pour l'enlèvement de Julie et Mélissa, toutes les opérations qui se dérouleront à Charleroi constitueront un dossier parallèle.
Ces opérations se dérouleront en plusieurs étapes.

 

30 novembre 1995 Dans le volet " Charleroi " de l'enquête, le BCR sera plus discret en ce sens que son rôle se limitera à être informé. Ainsi, le 30 novembre 1995, la gendarmerie de Charleroi informe, par fax, le BCR de la visite effectuée la veille chez Mme la substitute Troch, avec les enquêteurs. Il insiste sur le fait que Mme Troch ne demande pas de procès-verbaux. L'explication donnée à cette communication réside dans le fait que le BCR centralise la gestion des informateurs.

Rapidement, en temps réel, le BCR dispose donc de tous les renseignements sur la piste de M. Dutroux. Comment ont-ils exploité cette piste ? Comment ont-ils tenté de faire circuler l'information ? Les réponses sont divergents sur ce point. Nous verrons, au chapitre suivant, que le rôle du BCR est un rôle d'appui et de coordination à destination des unités de gendarmerie, et elles seules. Même limité à ce type d'intervention, le BCR ne paraît pas avoir prêté le concours qui était attendu de lui. En outre, contrairement à l'obligation qui s'impose à lui en vertu de l'article 48, alinéa 3, la loi du 2 décembre 1957 sur la gendarmerie, le BCR a tenu entièrement à l'écart les autorités judiciaires.

 

décembre 1995  Lorsque la cellule disparitions a été contactée par téléphone en décembre 1995 par le policier de La Louvière qui a été muté au SGAP un peu plus tard, ses membres ont, d'une part, été impressionnés par les informations fournies, mais ils se sont contentés, d'autre part, de conseiller au policier de contacter M. Michaux. Le résultat de ce contact a déjà été exposé et évalué. L'attitude passive de la cellule suscite étonnement et questions.

Pourquoi les informations en question n'ont-elles pas été transmises à la cellule de Grâce-Hollogne, où l'enquête menaçait à ce moment de s'enliser ? Pourquoi la cellule n'a-t-elle pas continué de suivre l'exploitation qui était faite des informations ou approfondi elle-même ces informations ?
Rassembler de la documentation et des informations et les rendre exploitables fait pourtant partie des tâches de coordination du BCR.

6 décembre 1995  

Un mois après les faits du 5 novembre 1995, pour lesquels il a été reconnu comme l'auteur dès le lendemain par les victimes elles-mêmes, M. Dutroux est arrêté en se rendant spontanément à une convocation de la police communale. Pendant cette période, on peut légitimement se poser la question de savoir pourquoi une recherche plus active sur sa personne n'a pas été entreprise.
Dès le 6 décembre 1995, le chef d'enquête à Charleroi avertit les enquêteurs de Liège qu'il sollicitera du juge d'instruction les mandats de perquisition souhaités. Dans l'échange d'information entre les enquêteurs, il paraît évident que si le juge d'instruction délivre des mandats, il doit être au courant du but sous-jacent exact des perquisitions, à savoir la vérification des informations initiales concernant M. Dutroux (2).

(2) Rapport du comité P, annexe 4, p. 147.

Première observation : comment des enquêteurs peuvent-ils admettre que des perquisitions soient menées par un juge d'instruction, dans le cadre d'un dossier dont il n'est pas saisi ?
Deuxième observation : comment un juge d'instruction peut-il accepter de délivrer des mandats de perquisition dans le cadre d'un dossier dont il n'est pas saisi ? C'est pourtant ce qui arrivera.


06/12/1995 - Marc Dutroux se présente à la PJ de Charleroi (source (A):

 http://www.comites-blancs.be/article.php3?id_article=94


 

Décembre 1995 : le 6 décembre, M. Dutroux est arrêté par le juge d'instruction Lorent pour vol et séquestration arbitraire.
Il restera en prison jusqu'au 20 mars 1996.

 

7 décembre 1995 Arrestation de DUTROUX pour séquestration et violences dans l'affaire du vol de camion.(Le Soir du 26/08/96 page 10) Dans le livre d'Anne DE GRAAF, je lis que DUTROUX confirme que les petites se trouvent à Marcinelle avec les deux chiens. Il dit à Michelle MARTIN venue lui rendre visite à Mons :"J'ai laissé les deux chiens monter la garde.Tu ne dois pas avoir peur. Nourris-les petites filles en même temps que Sherra et Diana". ( page 77 fin du 1er §. 13/12/95 Perquisitions aux cinq domiciles de Dutroux. Une autre perquisition a lieu le 19 décembre. À cette époque, "Z" est entendu, comme témoin, dans le cadre d'un dossier concernant le magasin d'électroménager Monsieur Dasch. En arrivant à la brigade, il a croisé Pettens dans la cour de la brigade. Pendant son audition, deux gendarmes en civil viennent le trouver et lui posent des questions sur la maison de Dutroux à Marcinelle. Il parle du puits et de la citerne. Un gendarme téléphone à quelqu'un afin de savoir si on a bien vérifié ce puits et cette citerne. (Le Soir Illustré –Des Infos cruciales, jusqu'ici inédites, n'ont pas été exploitées – sans date précise de la publication mais pas avant le 20/03/96). 

A cette perquisition MICHAUX est accompagné de nombreux autres gendarmes. Lors de son audition à la Commission parlementaire il ne parlera jamais des deux chiens qui doivent se trouver à Marcinelle. (Ce qui est bizarre suivant les dires de DUTROUX relatés plus haut.)

Pourquoi cette omission ? Tout simplement parce que DUTROUX, dans sa défense, ment en disant qu'il avait demandé à Michelle MARTIN de nourrir aussi les deux chiens. Pourquoi affirmer que DUTROUX ment ? Parce que MICHAUX se serait empressé de rappeler qu'il avait découvert deux chiens morts de faim. Jamais il ne parle de ces deux chiens. Où étaient-ils ?

Et maintenant si DUTROUX disait la vérité, c'est donc MICHAUX qui omet de dire toute la vérité sur cette perquisition. Il ment par omission comme l'a déjà dit Gino RUSSO à l'adrese de M. GIET, ancien procureur général de Liège, après son audition à la Commission parlementaire sur l'Affaire DUTROUX. Mais il aurait pu mentir parce que sa hiérarchie lui a imposé cet oubli de parler des chiens. Pourquoi ? Parce que si les chiens étaient morts de faim, la version de dire que Julie et Mélissa auraient pu résister sans boire et manger jusqu'au 20 mars 1996 tombait à l'eau.

Si les deux chiens se trouvaient réellement dans la maison au moment de la perquisition, au moment d'apposer les scellés, MICHAUX et ses fins limiers accompagnateurs auraient dû reprendre ces deux bêtes et les conduire à la S.P.A. A-t-on fait une enquête réelle à ce sujet ? Je le crains. Existe-t-il un P.V. sur l'état des chiens au moment de la perquisition ?

Et si les chiens se trouvaient à Sars-la-Buissière ? Y-a-t-il un PV qui relate leur présence à cet endroit ? Si oui, nous avons la preuve que DUTROUX ment.

D'un côté comme de l'autre il y a des faiblesses et nous persistons à dire que soit DUTROUX ment, soit MICHAUX ment par omission imposée par sa hierarchie.

Bizarre aussi que les 30 gendarmes mobilisés pour ces perquisitions n'aient pas été obligés de tous témoigner à cette commission parlementaire. L'un ou l'autre aurait sans doute commis l'erreur de parler de ces chiens.

(Source: A)


 

Dutroux avait chargé Michelle Martin de nourrir les petites pendant sa détention, qui a débuté

Le 12 décembre 1995,  Mme Troch se rend avec M. Michaux chez le juge d'instruction Lorent à qui ils expliquent le but réel de leur visite : obtenir des mandats de perquisition bien que le juge ne soit pas saisi des faits d'enlèvement. Pour M. Michaux, en effet, les vols étaient accessoires, les rumeurs d'enlèvement étant principales. Mme Troch le confirme et soutient que le message a été très clair : il s'agissait de vérifier les rumeurs de 1993 selon lesquelles M. Dutroux aménagerait ses caves dans ses immeubles dans le but de placer des enfants pour les expédier à l'étranger. Il aurait même été dit au juge d'instruction que si des perquisitions donnaient quelque chose, il y avait lieu de dénoncer les faits au parquet (1).

(1) Audition du 11 décembre 1996, pp. 15, 16 et 17

Lors de cette rencontre, une question reste en suspens : le nom de Julie et Mélissa a-t-il été prononcé ? Mme Fragapane, greffière du juge d'instruction Lorent, est formelle : " Dutroux aurait pu enlever Julie et Mélissa et on cherche un élément ". Le juge d'instruction et la substitute soutiennent le contraire. A s'en tenir aux différentes versions, on se trouverait devant une situation absurde où chaque intervenant connaît une partie de la réalité : les gendarmes recherchent des pistes dans le cadre de l'enlèvement de Julie et Mélissa; la substitute connaît le suspect M. Dutroux dans le cadre de l'opération Othello mais sans le rattacher à Julie et Mélissa; le juge d'instruction accepte d'être instrumentalisé, sans savoir trop pourquoi.

Dans l'hypothèse où la stratégie est de " profiter " d'une infraction pour perquisitionner chez M. Dutroux, pourquoi au moment où celui-ci est arrêté du chef de séquestration le chef d'enquête ne s'adresse-t-il pas au substitut qui est chargée de ce dossier ?
Pourquoi se rendre chez un autre substitut qui n'est en charge ni du dossier vol, ni du dossier séquestration ? La seule raison est qu'il s'agit du substitut qui supervise l'opération Othello. Pourquoi à son tour cette substitute se rend-elle, de sa propre initiative, chez le juge d'instruction pour des dossiers qu'elle ne traite pas ? Cette démarche inhabituelle devait susciter des questions chez le juge d'instruction. Le seul lien qui unit ces démarches est le dossier Othello. Une hypothèse plausible est que l'ensemble des acteurs étaient d'accord sur la stratégie retenue.

Il subsiste alors une question de fond : pourquoi les enquêteurs n'ont-ils pas profité de l'arrestation de M. Dutroux pour l'interroger et en savoir plus sur ses projets d'enlèvements ?


Après avoir appris l'arrestation de M. Dutroux, le 12 décembre 1995, et s'être rendu, avec Mme Troch, auprès du juge d'instruction Lorent, M. Michaux a repris son enquête sur M. Dutroux. L'inspecteur De Windt a proposé d'aider M. Michaux, mais ce dernier n'a manifestement pas répondu à cette offre. Il est apparu, par la suite, que le commissaire adjoint De Windt était très au fait de la personnalité de M. Dutroux et de sa participation éventuelle aux enlèvements. M. Michaux ainsi que les magistrats concernés de Charleroi ne paraissaient cependant pas s'intéresser à l'aide qu'il pouvait apporter.

 

13 décembre 1995  

Des perquisitions ont lieu dans les différents domiciles de M. Dutroux le 13 décembre 1995. Elles sont menées par deux équipes seulement, ce qui n'a pas permis une exécution simultanée. Les mandats de perquisition visaient seulement les vols. Toutefois, ces perquisitions avaient pour but, selon les enquêteurs, de s'assurer de l'existence ou non de traces d'aménagement des caches. Chaque équipe a été informée du but premier des perquisitions. Toutefois " le cadre légal dans lequel les enquêteurs devaient travailler, suite au mandat du juge d'instruction, ne permettait pas de faire usage de moyens spéciaux (chiens pisteurs, caméras infrarouges) ".

La perquisition au 128, rue de Philippeville (Marcinelle) n'a pu se faire complètement vu, dira M. Michaux, l'état de grand désordre de la maison et la masse d'objets hétéroclites s'y trouvant. Toutefois, à un certain moment, M. Michaux dit s'être trouvé dans la cave et y avoir entendu des murmures d'enfants. Dès son appel au silence, les voix se sont tues. Il les attribue dès lors, dit-il, à la présence d'enfants dans la rue. Ces informations ne seront pas consignées au rapport de perquisition, mais seront signalées en août 1996 au juge d'instruction Connerotte. La commission souligne que, dans la déclaration, M. Michaux, a signalé être bien au courant de la problématique du bâtiment étant donné son passé professionnel et de l'existence de citernes d'eau de pluie dans les maisons de la région.

En quittant la maison, il place des scellés ce qui empêchera sans doute de venir nourrir les enfants, pour autant qu'elles se trouvent encore dans la cache à ce moment.
Ces perquisitions soulèvent de nombreuses questions.
Si les mandats de perquisition ne permettaient pas des moyens spéciaux, la stratégie retenue était manifestement inadéquate.
Si les perquisitions avaient comme objectif réel de détecter des caches, elles ont manqué du professionnalisme le plus élémentaire (établir un relevé de l'immeuble, dresser un croquis, et des plans de chaque étage, déterminer les différents conduits visibles, mesurer les hauteurs des plafonds, repérer les appareillages électriques - prises, interrupteurs, points lumineux, canalisations visibles). D'après les spécialistes qui ont communiqué leur observations à la commission, la levée de l'immeuble aurait pu être effectuée en une demi-heure. Il est incompréhensible qu'un état des lieux n'ait pas été réalisé, c'est-à-dire une description technique minutieuse et systématique qui aurait notamment permis de déceler des travaux qui auraient été réalisés. En outre, puisque l'on recherchait des caches éventuellement construites dans les caves, il s'imposait de procéder à un examen minutieux de ces caves. Des caches ou des cachots sont en principe fermés. Pour y survivre il faut de l'éclairage et un minimum de ventilations, éventuellement même un chauffage. Par différents tests, il y avait évidemment moyen de contrôler l'installation électrique (débrancher tous les appareils, éteindre toutes les lampes et vérifier la marche du compteur; examiner les prolongateurs volants, sonder l'installation et suivre les câbles, etc.). Dans les caves. il aurait fallu aussi vérifier l'état des murs car il est bien rare que des murs soient plafonnés dans les caves. De même, et cette suggestion a été formulée par une personne qui a suivi attentivement les travaux de la commission, une analyse ADN (cheveux, poils, 1/4) dans la maison (dans les lavabos et les baignoires) aurait pu déterminer le passage de personnes dans la maison.

Un témoin entendu par la commission soutiendra même que les perquisitions ont été bâclées, sans le matériel adéquat (mallette, photos, 1/4).

e) Les objets saisis

Il convient d'accorder une importance particulière aux objets saisis lors de la perquisition et à l'examen de ceux-ci.
Le jour même de la perquisition, dans l'après-midi, l'adjudant Lesage et un collègue qui travaillent dans le dossier de l'enlèvement Julie et Mélissa à Liège, se rendent à Charleroi pour examiner les objets emportés. Leur présence confirme implicitement mais certainement le lien qui est établi, au niveau des enquêteurs, entre la piste du suspect Dutroux à Charleroi et le dossier de l'enlèvement de Julie et Mélissa à Liège. Ce fait n'a pas été signalé spontanément par la gendarmerie à la commission dans la mesure où il contredisait formellement la thèse de l'absence de lien. Ce n'est qu'après l'examen de nombreux documents que la commission a pu l'établir et que les enquêteurs ont fini par l'admettre. Les gendarmes soutiennent également que leur démarche aurait été signalée à la juge d'instruction Doutrèwe mais que celle-ci n'aurait pas demandé de procès-verbal (1).

(1) Rapport du Comité P, annexe 3, p. 11 et annexe 4, p. 147.

Les enquêteurs de Liège affirment que, parmi les objets emportés lors des perquisitions, ils n'ont trouvé aucun lien concret avec le dossier Julie et Mélissa.

Cette affirmation ne peut être vérifiée dans la mesure où la liste des objets saisis est manifestement incomplète. Ainsi, en décembre 1996, la commission apprend que M. Michaux a également trouvé dans la maison de Marcinelle du chloroforme, un spéculum et de la crème vaginale. Ces objets, qui auraient pu éveiller les soupçons des gendarmes, ont manifestement totalement échappé à leur attention. Ils ont néanmoins été pris et ramenés à la brigade mais ils ne se trouvent pas dans l'inventaire du juge d'instruction. Dans l'état de désordre indescriptible où se trouvait la maison, il est difficile d'admettre que ce soit par hasard que ces objets, de taille réduite, aient été localisés et emportés. M. Michaux déclare, lors de son audition devant la commission, qu'il les a remis ultérieurement à l'avocat de l'épouse de M. Dutroux.

Des cassettes sont également saisies qui seront envoyées à Bruxelles pour être auditionnées. Est-il vraiment impossible de visionner des cassettes à Charleroi ? On n'ose le croire. Qui a visionné les cassettes à Bruxelles ? Où est l'original et où sont les copies de ces cassettes ? Autant de questions auxquelles il n'a pas été apporté réponse. A ce propos, la seule information dont dispose la commission est celle selon laquelle Mme Troch, M. Michaux et le juge d'instruction Lorent ont eu un entretien à ce sujet le 14 décembre 1995.


On aurait pu sauver Julie et Mélissa
Une branche de la cellule de Neufchâteau a fait une découverte surprenante: une cassette vidéo sur laquelle on voit Marc Dutroux maçonner ce qui ressemble à une cache. Et l'on se dit, une fois encore, que l'on aurait pu sauver Julie et Mélissa...

C'est la BSR de Bastogne qui a eu le "flair" de visionner des cassettes saisies en décembre 1995, à Marcinelle. Les troupes de M. Verduyck, en effet, travaillent toujours sur les dossiers "vol d'un camion" et "séquestration" (non d'enfants, mais de quatre jeunes gens, chez Weinstein, à Jumet). En quelque sorte, la BSR succède au maréchal-des-logis, René Michaux, qui avait mené une perquisition chez Dutroux, au no128 de la chaussée de Marcinelle, le 13 décembre. Elle fut infructueuse alors que Julie et Mélissa croupissaient dans une cache. A ce moment, les deux petites vivaient encore, leur décès datant sans doute de mars 1996.
Parmi les multiples saisies de cette perquisition figuraient une centaine de cassettes-vidéo. Le chef Michaux n'avait alors ni le temps ni le matériel suffisant, à Charleroi, pour visionner lui-même et copier toutes les bandes. C'est ainsi qu'il confia cette mission au centre audio-visuel de la gendarmerie, à Bruxelles. Que se passa-t-il alors? On n'en sait trop rien pour le moment. Toujours est-il que Michaux ne reçut pas de nouvelles des analyses. Et que les copies étaient incomplètes.
Or, que vient-on de constater au bout d'une cassette, après un film et un "blanc"? Dutroux entretient des relations sexuelles avec une jeune dame dont on dit qu'elle était adulte. La fille, comme droguée, paraît amorphe. La victime serait originaire de Slovaquie, une région où Dutroux se rendait de temps à autre. Il en ramenait des jeunes femmes.
Sur une autre scène filmée, on voit Dutroux travailler à de la maçonnerie. Il construit un local qui ressemble étrangement à une cache.
A un moment, on distingue Michèle Martin, comme s'il elle donnait à Dutroux la caméra qu'elle tenait en main. C'est donc vraisemblablement elle qui filme.
Pouvait-on, en décembre '95, sur base de cet enregistrement, penser que Dutroux confectionnait des geôles dans lesquelles il cachait des enfants? Source : 

http://site.voila.fr/Dutroux_Nihoultemoin/page7.html

 

 


 

Après son audition à la commission, l'adjudant Lesage retrouve un document rédigé par son collègue qui l'avait accompagné dans les locaux de la BSR de Charleroi après les perquisitions chez M. Dutroux le 13 décembre 1995. Il s'agit d'un numéro de téléphone de la région liégeoise qui se trouvait dans un carnet appartenant à M. Dutroux. De retour à Grâce-Hollogne, les gendarmes ont procédé à la vérification mais, comme celle-ci s'est révélée négative, l'information n'a pas fait l'objet d'un procès-verbal ni d'une communication particulière à la juge d'instruction. La lettre poursuit par une phrase qui traduit le lien que les enquêteurs liégeois établissaient entre l'enlèvement de Julie et Mélissa et les investigations faites sur M. Dutroux à Charleroi : " Nous ajoutons qu'il faut replacer cette vérification dans le contexte de l'époque, c'est-à-dire que des perquisitions négatives venaient d'être effectuées dans les domiciles et résidences de Dutroux et que, notamment, les mineures d'âge Russo Mélissa et Lejeune Julie n'avaient pas été découvertes ".

A contrario, cette lettre que les gendarmes envoient de leur plein gré à la commission indique implicitement mais certainement le lien entre les deux enquêtes, lien qui fut si longtemps et si souvent dénié devant la commission : les enquêteurs cherchaient bien à Charleroi les enfants disparues.


La commission a même relevé un entretien téléphonique étonnant entre les commandants Legros et Schot de Charleroi et le BCR, le 13 décembre à 11 heures, donc pendant la perquisition: «Suite aux perquisitions, une cinquantaine de cassettes vidéo ont été saisies, à la fin de chaque cassette on peut voir des scènes porno filmées live. A contrôler (victime reconnaissable???).» (p.52) Ce jugement sur les vidéos est en contradiction avec les déclarations des gendarmes à la commission: «Quatre des cassettes ont été visionnées par la BSR de Charleroi, parce que les titres laissaient soupçonner un rapport avec des faits de murs. Le reste des cassettes (95) a été envoyé au centre audiovisuel de la gendarmerie à Bruxelles parce que la BSR ne voulait pas qu'elles soient visionnées par la BSR (cela aurait pris trop de temps).» (p.50) L'envoi de ces vidéos conforte à nouveau l'hypothèse que le BCR recherchait du matériel à charge de personnalités.


Lors d'une perquisition chez Dutroux, le 13 décembre 1995, le gendarme Michaux trouve 99 cassettes vidéo, dont celle qui est en cause aujourd'hui. Selon Le Soir, «en décembre 95, cette cassette saisie n'a pas été totalement visionnée». Et on en restera là.
Mais il suffit de relire le rapport de la commission Dutroux pour voir qu'il s'agit là d'un mensonge. Dans le Rapport final de la Commission, nous lisons au Chapitre IV, point 2.1.2. « Examen des cassettes vidéo saisies chez M. Dutroux ».
«Dès sa rentrée à la brigade après la perquisition du 13 décembre 1995, un collègue de M. Michaux a dressé l'inventaire des cassettes. (...) Quatre cassettes (...) ont été visionnées à la BSR de Charleroi étant donné que leurs titres avaient une connotation liée aux moeurs. Le reste des cassettes (95) a été envoyé au centre audiovisuel (CAVC) de la gendarmerie à Bruxelles.(...) Les cassettes ont été réceptionnées au CAVC le 15 décembre 1995. L'examen s'est terminé le 26 janvier 1996. Les cassettes ont été visionnées du début jusque la fin, comme il est d'usage au CAVC. (...)».

D'ailleurs, le 13 décembre 1995 à 11 h, c'est-à-dire pendant la perquisition à Marcinelle, les commandants Legros et Schot ont donné un coup de téléphone au BCR. Schot parle d'une cinquantaine de cassettes vidéo saisies, suite aux perquisitions. Il ajoute « sur chaque fin de cassettes sont enregistrées des scènes porno filmées en direct. A contrôler (victime reconnaissable ???) ». Cette information était contenue sur le disque dur du BCR que la gendarmerie a longtemps refusé de transmettre à la commission.
Le coup de téléphone confirme que le BCR savait qu'il fallait visionner les cassettes jusqu'au bout. Et on vient nous dire aujourd'hui que « la cassette n'a pas été totalement visionnée ».

Depuis le 21 octobre 1993, la gendarmerie savait que Dutroux faisait des transformations dans sa cave pour y cacher des enfants en attendant de les transférer à l'étranger. Elle savait que, le 10 août 1995, Dutroux avait proposé à son copain d'enlever une jeune fille dans la région de Malines. Lors de la perquisition le gendarme Michaux de Charleroi a même entendu des voix d'enfants dans la cave. Ce jour-là, Julie et Mélissa étaient encore en vie.
Il est déjà extrêmement grave que sachant tout cela, on ait traîné plus d'un mois avant de visionner ces cassettes. En plus, on vient nous dire aujourd'hui qu'on ne les a pas visionnées entièrement.

Il n'y a que deux explications possibles. Soit, la gendarmerie les a visionnées tout de suite et totalement. Et alors elle a caché des informations, elle a tardé à les communiquer. Pourquoi? Qui fallait-il protéger ? Soit elle a traîné un mois et ne les a regardées que d'un oeil distrait. C'est de la négligence criminelle envers des enfants du peuple. Dans les deux cas, elle est responsable de la mort des enfants. Et elle est toujours impunie. Malgré la Commission Dutroux.

 

Source Y

Le 19 décembre 1995,  une nouvelle perquisition a lieu au 128 avenue de Philippeville car l'état de la maison rendait impossible de faire une perquisition complète le 13 décembre 1995. Les véritables raisons de cette nouvelle perquisition restent imprécises : en effet, on peut se demander ce qui a véritablement changé dans l'état de la maison entre le 13 et le 19 décembre 1995 ? Lors de cette perquisition, M. Michaux n'a plus entendu aucun bruit.

Alors qu'elle était censée achever l'énorme travail à peine commencé le 13 et interrompu au bout de deux heures quinze, cette seconde perquisition ne débouche que sur la collecte de quelques pièces et dure moins longtemps encore que la première (une heure cinquante-cinq).
La suite des événements présente un caractère tragique si les fillettes étaient encore en vie. Les clefs de la maison ne seront en effet remises à l'épouse de M. Dutroux que le 6 janvier 1996, suite à diverses demandes de ce dernier et de ses avocats (appuyées par des certificats médicaux) qui sont adressées au juge d'instruction afin de laisser M. Martin séjourner dans la maison. Il en résulte que pendant un mois les enfants, si elles se trouvaient dans la maison, seront restées sans soin et sans nourriture.


La commission a constaté que ces perquisitions ont eu lieu sous le prétexte de vols, ce qui excluait l'utilisation de certaines techniques spéciales d'investigation telles que les chiens pisteurs et/ou les caméras à infrarouges. La responsabilité de ces perquisitions effectuées " sous prétexte " incombe intégralement au juge d'instruction Lorent et à Mme la substitute Troch. En outre, les perquisitions ont été mal organisées, n'ont pas été dirigées par le juge d'instruction Lorent et les procès-verbaux sont manifestement incomplets, ce qui doit être imputé au maréchal des logis-chef Michaux.


19/12/95 Une perquisition a été entreprise au domicile de DUTROUX. Lors de ce devoir d'enquête, les gendarmes auraient entendu des gémissements d'enfants, mais n'y auraient prêté aucune attention. (La Nouvelle Gazette du samedi 24 août 96 – des enfant criaient lors de la perquisition J.-M.C.)

Puisque les scellés ont été apposés depuis le 13 décembre 1995, Michelle MARTIN n'avait certainement plus accès à cette maison dont on avait coupé l'électricité. Une demande de levée des scellés a toutefois été introduite par l'avocat de MARTIN. Or cette procédure introduite juste avant les fêtes de fin d'année mit quelques semaines pour être autorisée.

Donc MARTIN ment aussi quand elle avoue avoir fait basculer la fameuse porte étagère en la manipulant pour donner à manger aux petites. Pourquoi n'a-t-on pas fait une reconstitution des faits dans cette cave ? On aurait pu se rendre compte si MARTIN était capable de soulever cette porte.

Vérifions maintenant un autre élément important. Suite à la première perquisition le courant a été coupé dans la maison de Marcinelle. Il n'y avait donc plus d'éclairage, ni de chauffage. Si DUTROUX se chauffait, il n'avait pas installé du chauffage central dans la cage. En plus le système d'aération ne fonctionnait évidemment plus. Alors, une question simple vient à l'esprit : "Comment les deux petites fillettes auraient-elles pu survivre sans chauffage, sans éclairage et sans aération ?

Anne DE GRAAF stipule que MICHAUX lors d'une des perquisition a entendu des voix d'enfants. Il a hurlé pour demander le silence aux autres gendarmes qui se trouvaient au rez-de-chaussée et à l'étage. A la suite de cet événement, on lui a suggéré que les bruits entendus étaient ceux d'enfants qui jouent dans la rue.

Le 13 décembre, il faisait ce jour 1,2° (température maximale pour la journée)- il ne pleuvait pas. Le 19 décembre la T° maximale était de 5°, mais les précipitations ce jour étaient de 13,1 mm au mètre carré. Ce n'était pas du temps pour que des enfants jouent dans la rue. De plus nous sommes en pleine période scolaire et de surcroît pendant les heures de d'école.

Si MICHAUX demande le silence, peut-on imaginer que les enfants qui jouent (en principe) dehors ont entendu crier MICHAUX et surtout compris ce qu'il a dit ? Donc, s'il y avait des enfants qui jouaient normalement dehors, ils auraient continué à crier. Et pourtant d'après MICHAUX, les voix se sont tues. Après mûre réflexion, sachant que DUTROUX construisait des caches pour enfants, il aurait dû réagir autrement.

Donc MICHAUX ment par obligation, car tout a été étudié pour que cela paraisse plausible.

Evidemment quand on suit les auditions en direct à la télévision, on se laisse emporter par tout ce qui se dit sans réfléchir plus loin que le bout de son nez.

Julie et Mélissa pouvaient-elles survivre trois mois dans cette cage en plein hiver ?

Alors que les scellés sont apposés depuis le 13/12/95 et ensuite remis après la perquisition du 19/12/95, la T° moyenne à l'extérieur avoisine les -5°. Est-il possible de résister aussi longtemps, dans un état de faiblesse que connaissent Julie et Mélissa à cette période de froid intense ? Je ne le crois pas. Je persiste à croire que les petites étaient mortes déjà à cette époque, ou alors elles se trouvaient ailleurs. Si elles étaient ailleurs, c'est que d'autres personnes s'en occupaient. Ces personnes n'étaient que des complices et cela confirme qu'il y avait bien un réseau et que DUTROUX n'était pas un pervers isolé. Mais qui sont ces complices ? Voilà la vraie question. (Source A: Monsieur Fortemps. Comités Blancs)

 

fin 1995 Un policier de La Louvière, Christian Dubois, reçoit, fin 1995, des plaintes nombreuses et fiables - venant d'enfants, mais également de parents et d'institutrices - l'informant que des individus circulant en Mercedes blanche suivent les enfants ou les photographient aux abords des écoles à Mons, La Louvière, Charleroi, Couvin, Thuin, Chimay, Beaumont. Dubois enquête et apprend que ces Mercedes appartiennent à la société de ferraillage ASCO installée à Onezies, près de la frontière française depuis 1994.
Or, Asco a été fondée par les tous proches de Nihoul, sa compagne, un grand ami, le patron du Dolo - boîte à partouzes - et celui-ci en a été le gestionnaire de fait. (La société va se lancer dans le trafic de voitures et pièces détachées. Nihoul est dans les trafics de voitures depuis 89).
L'informateur de Dubois affirme que Asco cache un réseau de trafic d'enfants qui sont séquestrés un temps en Belgique avant d'être exportés à l'étranger.
Lorsque Dubois communique cette information à René Michaux, responsable de la foireuse opération Othello lors de laquelle la gendarmerie était supposée surveiller Dutroux, celui-ci n'en fera rien, alors que l'information de Dubois rejoint exactement ce que savent les gendarmes grâce à une toute autre source: Dutroux aurait construit des caches pour y séquestrer des enfants destinés à être envoyés à l'étranger ! Et il ne songe pas plus à faire part à Dubois de l'étrange "coïncidence " !
L'équipe d' " Au nom de la Loi " (4) qui va consacrer par la suite toute son énergie à essayer de défendre la thèse de " Dutroux prédateur isolé " et traiter les X de folles, s'ingénie déjà sur base de déclarations d'une commissaire de La Louvière, à démontrer que l'affaire des Mercedes à la sortie des écoles n'est qu'une rumeur sans fondement alors que Julie et Melissa ont disparu !

Au début 1996,  au moment où l'enquête s'enlise, une note du commandant du district de Liège adressée au commandant de brigade de Grâce-Hollogne et de Flémalle ainsi qu'au chef de la BSR de Seraing a pour objet la dissolution de la " cellule d'enquête " Julie et Mélissa. " 1. Situation. Lors de la réunion d'évaluation du 26 janvier 1996 avec (le juge d'instruction), il est apparu que le maintien de la cellule telle quelle ne se justifiait plus, le personnel de la brigade de Grâce-Hollogne pouvant poursuivre seul l'enquête. 2. Mesures prises. Au vu de ce qui précède, les membres du personnel de la BSR de Seraing et de la brigade de Flémalle engagés dans cette cellule sont mis à la disposition de leur unité d'origine à la date du 1er février 1996. Un accord a été pris entre leurs chefs respectifs et les enquêteurs quant à l'éventuelle clôture de devoirs qu'ils avaient en charge. ". La juge d'instruction aurait marqué son accord précisément au moment où l'enquête, qui piétinait, aurait dû être relancée.

Sans doute est-ce une décision de ce type qui a pu laisser croire aux parents des victimes que l'on ne pensait plus, à Liège, que les fillettes étaient encore vivantes. Cette hypothèse paraît avoir gagné du terrain et avoir expliqué, en partie tout au moins, une certaine lenteur : si on cherche des enfants morts, on a malheureusement le temps.

5. Au niveau de l'enquête, enfin, il est surprenant de constater que beaucoup de pouvoirs sont concentrés entre les mains de l'adjudant-chef Lesage, sans guère de contrôle. Ce même enquêteur se trouve, en outre, impliqué dans de nombreux dossiers. En effet, le rapport du Centre pour l'égalité des chances (1996) indique, s'agissant de la traite des êtres humains, que l'adjudant Lesage aurait été concerné dans un dossier ouvert à Liège contre un établissement de la région qui serait la plaque tournante de la prostitution et qu'il aurait omis de dresser des procès-verbaux. Cette information serait à vérifier.

 

Le 25 janvier 1996,  le commandant Legros qui initie (officiellement) l'opération le 25 août 1995, rédige le rapport de clôture. Il signale au parquet la suspension de l'opération Othello pour trois mois, et ce pour trois motifs : mandat d'arrêt de la personne observée; manque d'information; manque d'indices matériels.

Evoquant l'opération Othello devant les enquêteurs du comité P, les enquêteurs de Liège minimiseront. M. Lesage soutiendra que c'est seulement par un fax du 9 janvier 1996 qu'il a eu connaissance pour la première fois du nom de l'opération Othello : " En fait, le nom d'Othello ne m'avait pas frappé à l'époque car il s'agit d'une pratique courante de donner un nom lorsque le Posa est engagé. J'ai eu connaissance de ce que l'opération n'avait rien donné si ce n'est le relevé de la plaque amenant le nom de P et ce par des contacts téléphoniques avec Charleroi, confirmés par fax le 9 janvier 1996. " M. Gilot fait une déclaration du même ordre : " J'ai eu connaissance du nom de code Othello en janvier 1996 qui résumait ce qui avait été fait à Charleroi sur Dutroux et qui disait que le dossier Othello était suspendu. " (1).

(1) Rapport du Comité P, annexe 6, p. 7.

Resituées dans leur contexte, ces déclarations induisent évidemment en erreur. Des liens étroits existaient, depuis juillet 1995, entre les enquêteurs de Charleroi et de Liège. Ces derniers étaient manifestement au courant du contenu de l'opération Othello (même s'ils en ignoraient le nom de code) et de son lien avec Julie et Mélissa. La délocalisation de l'enquête à Charleroi le fut en pleine connaissance de cause. Pourquoi dans cette enquête avoir tant tardé à le reconnaître ?

 

20 mars 1996 Décembre 1995 : le 6 décembre, M. Dutroux est arrêté par le juge d'instruction Lorent pour vol et séquestration arbitraire.
Il restera en prison jusqu'au 20 mars 1996.

- L'occasion d'entamer la procédure de révocation de la libération conditionnelle se présente une nouvelle fois.
- Il s'avère en outre que M. Dutroux ne respecte pas l'interdiction de fréquenter d'anciens détenus (entre autres, Weinstein).

e) Conclusion

- L'occasion s'est présentée à trois reprises de révoquer la libération conditionnelle de M. Dutroux.

- La politique consistant à ne révoquer la libération conditionnelle que si l'intéressé est condamné pour de nouveaux faits repose sur une interprétation discutable de la loi du 31 mai 1888 et qui génère en outre des situations inadmissibles dans la pratique. Plusieurs années s'écoulent en effet parfois avant que l'intéressé ne comparaisse en justice. En l'espèce, M. Dutroux n'avait pas encore comparu pour les faits de 1993.
- La guidance socio-psychologique et la surveillance policière du comportement de la personne mise en libération conditionnelle sont tout à fait dissociées. L'exemple de M. Dutroux illustre la segmentation au sein de l'administration de la justice pénale, en particulier en matière d'exécution des peines.
La libération conditionnelle se prête ainsi aisément à la manipulation et le bénéfice de la guidance sociale est réduit à néant.

La manière dont se déroule la guidance sociale, le manque de feed-back en provenance de la guidance psychologique et psychiatrique, fait que le processus de resocialisation se résume à une caricature de l'objectif qui était celui du législateur de 1888. Si on ne réussit pas à intégrer tous les aspects du processus de resocialisation, l'essence même de la libération conditionnelle disparaît.

 

le 28 mai 1996 une jeune fille de 12 ans à nouveau, disparait à Kain (près de Tournai) le matin à 7h30 lors de son trajet en vélo pour se rendre à l'école. Là encore aucun indice ne permet d'orienter les recherches malgré que cette fois, dès le soir même tout le dispositif judiciaire du royaume est en branle bas de combat : Sabine Dardenne, c'est le nom de l'enfant, s'est entièrement volatisée vélo et cartable compris !
20 juin 1996 L'enquête Sabine

Dans le cadre de cette enquête, la cellule disparitions du BCR a fourni un important travail d'appui, en parfaite conformité avec les tâches assignées au BCR.
En ce qui concerne les missions de coordination, il convient de renvoyer à nouveau aux informations du policier de La Louvière qui, à ce moment, travaillait depuis plusieurs mois déjà au SGAP.
Le 20 juin 1996, le fonctionnaire de police concerné transmet ses informations pertinentes à la cellule " Sabine " de la gendarmerie de Tournai.

 

23/06/96 conférence de presse des Russo-Lejeune sur les manquemements au niveau de l'enquête et leur mise à l'écart par Mme Doutrèwe.
26 juin 1996 Le 26 juin 1996, ces informations (du 20 juin 96) ont été évoquées à la première réunion de coordination dirigée par le juge d'instruction désigné depuis peu. Un membre de la cellule disparitions, qui participait également à cette réunion, a écarté ces informations, en les qualifiant de dépassées et d'inutilisables, puisque M. Michaux les avait déjà vérifiées. Outre que cette dernière considération était totalement inexacte, il paraît très étrange d'écarter aussi catégoriquement une piste possible dans une enquête qui, à ce moment, était dans l'impasse.
Le chef d'enquête de la cellule Sabine a reçu par la suite l'ensemble du dossier Dutroux du BCR. Dans la perspective de la réunion de coordination du 1er juillet 1996 qui a suivi, il en a retiré ce qui lui paraissait utile, à savoir les documents qui montraient que les enquêtes qui avaient été menées par le passé au sujet de M. Dutroux avaient été inutiles. Il a assumé devant la commission d'enquête la responsabilité de cette sélection, qui s'est avérée malheureuse par la suite.
Le BCR a cependant effectué, pour les besoins de l'enquête, un contrôle des documents afférents aux véhicules de M. Dutroux ainsi qu'une enquête sur sa famille. L'objectif était d'examiner s'il existait des liens entre M. Dutroux et la région de Tournai.
La cellule d'enquête Sabine n'a, à aucun moment, envisagé de prendre contact avec la BSR de Charleroi. Le superviseur de la cellule s'est cependant rendu à un moment donné à la gendarmerie de Charleroi dans le cadre de l'enquête sans être mandaté à cet effet par le juge d'instruction.
8 août 1996 Rappelons également qu'une famille flamande en vacances dans les Ardennes a formellement reconnu Nihoul, Dutroux et Michèle Martin observant les enfants devant la piscine de Bertrix le 8 août, soit la veille de l'enlèvement de Laetitia (Morgen 28/6 et 27/9/97).

L'alibi de Nihoul pour le 8 août est qu'il aurait été occupé à repeindre un appartement avec l'ex-avocat Michel Vander Elst (condamné pour faux témoignage dans l'enlèvement de l'ex-Premier ministre Vanden Boeynants). Lorsqu'une enquête a révélé que cet alibi ne tenait pas, Vander Elst a immédiatement quitté la Belgique pour se réfugier en Gambie (Morgen 3/6/98).

le vendredi

9 août à 20.45 heures

Enlèvement de Laetitia à 150 km de chez Dutroux.

une autre jeune fille de 14 ans, Laetitia Delhez, disparaît à Bertrix, après avoir quitté à pied le bassin de natation situé à quelques centaines de mètres de son domicile qu'elle allait rejoindre, venait-elle de dire à une amie qui était avec elle à la piscine.


Mme Martin signale que M. Nihoul a téléphoné à de très nombreuses reprises en demandant M. Dutroux pendant le week-end des 9 et 10 août 1996 (PV n° 2536 du 16 août 1996, pièce 250)

13 août 1996 Marc Dutroux est arrêté. Dans sa cave on retrouve Sabine (12 ans) et Laetitia (14 ans).

Le 13 août 1996 la police belge, après plusieurs vérifications, décide d' intervenir et arrêter Dutroux, sa femme Michelle et un de leurs complices, Michel Lelievre. Après deux jours Dutroux avoue au Procureur du Roi où se trouve Laetitia. Alors que les espérances de retrouver encore vives Melissa et Julie se rallument, Dutroux met la police au courant d' une autre cachette, à Sars-La Brussiere, une localité à 30 minutes de Marcinelle. 

Source: 

http://www.chilhavisto.rai.it/clv/francais/Scompar3.htm

Vidéo: http://www.chilhavisto.rai.it/CLV/img/M/Melissa_Jul/prigion.mov

 

 

15 août 1996 (jour férié en Belgique et sans parution de journaux) c'est le dénouement. La télévision annonce dans son journal du soir que à 18h40 Latitia à été retrouvée dans un cachot emmuré dans une maison de Marcinelle appartenant au suspect qui avait été arrêté la veille. Elle y était sequestée en compagnie de la petite Sabine disparue deux mois et demi plus tôt.
17 août 1996 on retrouve trois corps enterrés dans le jardin de la propriété du pédophiles à Sars la Buissière, ceux de Julie Lejeune, Melissa Russo et d´un complice de Marc Dutroux. Les deux fillettes avaient huit ans chacune.

le samedi soir 17 août 1996 que la Belgique toute entière apprend par la télévision que Marc Dutroux vient d'avouer être l'auteur d'autres rapts également et a même indiqué l'endroit où il a enterré les corps des deux petites Julie et Melissa. C'est l'horreur dans toute l'acceptation du terme. Elles sont mortes de faim, enfermées dans un cachot, au début de mars 1996, alors que Dutroux avait été arrêté par la police le 6 décembre 1995 et détenu pendant trois mois dans le cadre d'une affaire de vol et escroquerie. Lorsqu'il sera libéré, et rentrant chez lui début mars 96 il constatera qu'une des filles est déjà morte et que l'autre est mourrante, n'ayant toutes les deux pas été alimentées par un complice qu'il dit avoir chargé de veiller sur elles.

dimanche soir 18 août 96,  personne ne peut prévoir ce que va en dire la presse belge le lundi matin, mais pour les citoyens belges interrogés par la TV tout au long de la journée, on sent que le sentiment est unanime : la peine de mort devrait être rétablie pour de tels crimes ! L'ASBL "Marc et Corine" met en chantier ce qui sera probablement la plus grande pétition jamais organisée en Belgique : elle exige que la notion de "peine incompressible" soit votée par le Parlement dans les cas de condamnation pour viol d'enfants et de pédophilie.
le lundi 18 août 96 la presse belge unanime clame son horreur, le peuple de Belgique est traumatisé. " Comment une telle chose a-t-elle put se passer dans un pays comme le nôtre ? " se demande le citoyen désabusé par tant d'erreurs de la part de la justice de son pays ! Car on commence à analyser les rétroactes de l'affaire. Seul représentant du gouvernement en vacances , le Ministre de la Justice Stefaan De Clercq doit reconnaître, dans une conférence de presse tenue le lundi 19 août, que des dysfonctionnements (bel euphémisme !) ont eu lieu et promet que toute la clarté sera faite. Toujours le même jour, à Neuhchâteau, en Ardenne où sont maintenant instruits les dossiers des inculpés, le procureur du Roi , Michel Bourlet lance un appel au public : " Nous diffusons les photographies des personnes impliquées dans l'affaire des enfants disparus et pouvant éventuellement rentrer en ligne de compte pour d'autres faits. Suite aux récents événements et vu le caractère de l'affaire, il est demandé la coopération du public. "
22 août 1996, 

le jeudi 22 août 96

 jour de l'enterrement de Julie et Mélissa

lors des funérailles qui se tiennnent dans la cathédrale de Liège, trop petite pour acceuillir tous ceux qui ont voulu marquer de leur présence l'émotion qui étreint la Belgique entière. Car depuis le début de la semaine, on n'arrête pas de découvrir les manquements de la justice et les errements des divers services de police et de gendarmerie chargés de l'enquête suite à la disparition des deux fillettes.

le vendedi 23 août 96 au soir, la télévision fait le point lors d'une émission en direct dans ses studios et à laquelle participe avec courage le père de Melissa Russo. Le procureur du Roi, Michel Bourlet à Neufchâteau est également en direct duplex depuis son bureau. L'enqête ira-t-elle jusqu'au bout lui demande Marie-France Botte connue pour sa lutte incessante contre la pédophilie à travers le monde ? Oui si on me laisse faire ! fut sa réponse. Dès le lendemain, suite à ce coup de théatre, la tension est à son comble. Le peuple de Belgique dans son entièreté a ressenti l'affront : la justice belge est un vase clos dans lequel les diverses polices se font la guerre et où les parquets s'entredéchirent et ne se communiquent pas leurs dossiers ! Dans l'entre-temps on a appris que Dutroux a avoué être responsable également de l'enlèvement de An et Eefje dont on n'a plus de nouvelles depuis plus d'un an mais est incapable de préciser ce qu'elle sont devenues. On se remet donc à fouiller dans les diverses demeures où il aurait pu les enterrer, sans toute fois être certain qu'elles soient décédées.
mardi 27 août 96 commence à Stockholm le Congrès mondial contre l'exploitation sexuelle des enfants, axé surtout sur le tourisme sexuel vers l'Asie. L'affaire belge y est omniprésente d'autant plus que le Ministre belge des Affaires étrangères Erik Derycke y fera une conférence de presse dans laquelle il proposera la création d'un tribunal international pour réprimer les crimes contre l'enfance." Nous ne pouvons plus nous cacher derrière des statistiques ou des rapports sur des violations des droits de l'homme commises à l'autre bout du monde. Nous vivons en Belgique dans l'ombre de l'infamie et de l'horreur " a-t-il déclaré.
vendredi 30 août 96 c'est la rentrée pour le gouvernement belge qui s'est accordé quatre semaines de vacances alors que le pays vient de vivre trois semaines de tensions horribles. Les ministres ont consacré leur première réunion, dixit le communiqué, "aux événements tragiques entourant la disparution de plusieurs enfants" et annoncé une série de mesures pour redresser la situation. Mais à lire la presse dans son ensemble on ressent que le peuple belge n'a plus confiance dans ceux qui les gouvernent : la machine est grippée.
3 septembre 1996 deux nouveaux cadavres sont découverts à Jumet sous un hangar appartenant à Dutroux. Il s´agit des restes d´Ann Marchal, dix-neuf ans, et de Eefje Lambrechts, dix-sept ans. Leur disparition remonte à août 1995 près d´Ostende.

Ce ne sont que des ossements, croit-on savoir, il est impossible de dire à quelle date elles sont décédées mais grâce à une montre bracelet et à la dentition, les corps ont pu être formellement authentifiés. Les corps étaient enfouis à deux mètres de profondeur sous une dalle de béton. Le même élan de solidarité s'empare de la population belge. Les bouquets de fleurs affluent aux domiciles des parents ainsi que des messages de condoléances. Il a fallu des moyens exceptionnels et on a fait appel à l'aide étrangère ( de Grande Bretagne pour un radar de sol ultra sensible et d'Allemagne pour quelques chiens spécialement dressés pour rechercher des cadavres ).


Moins souriante, l'actualité de cette journée. Les fouilles dans une maison de Dutroux à Jumet a exhumé deux cadavres dont les identités n'ont pas encore été officiellement révélées, mais les vas-et- vient autour des maisons de An et Eefje à Hasselt ne laissent guère de doute. Visite du procureur du roi, du médecin de la famille et de l'assistant social de la PJ, semblent montrer qu'on a averti les parents de la triste vérité et que les espoirs sont perdus. On est bien en face d'un monstre, assassin quand les jouets deviennent encombrants. Rideau pour aujourd'hui. An Marchal aurait pu être ma fille.

20h38 locale. Confirmation par Michel Bourlet, procureur du roi à Neufchâteau.

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04/09/96 Tania (une amie de Regina Louf) téléphone au juge Connerote de Neufchâteau.

C'est le 4 septembre 1996, que l'Adjudant Debaets, de la 3ème SRC de la BSR de Bruxelles, fut désigné par le Juge Connerotte pour procéder aux auditions d'une femme originaire de Gand. Il s'agit de Regina Louf qui ne sera d'abord connue que sous le pseudonyme de X1 jusqu'au 22 janvier 1998, date à laquelle, le Juge Van der Meersch, qui avait, en finale, hériter du dossier dit « de la Champignonnière » lui conseilla de sortir de l'anonymat. (source : http://comites.all2all.org/article.php3?id_article=76 )...Source D

5 et 6 septembre 96 le Roi et la Reine reçoivent les parents des familles éprouvées. Bien qu'en général il est de rigueur de ne rien révéler des audience accordées au palais royal, Marie France Botte - qui est à la pointe du combat contre la pédophilie et qui avait été invitée également - a cependant dit que l'atmosphère était réellement familiale et que les souverains qui ont toujours été très proches de leurs trois enfants étaient très émus.
Le 6 septembre 1996 , le juge d'instruction Jean-Marc Connerotte ordonne l'exhumation de la dépouille de Bruno Tagliaferro. L'autopsie révèle des traces d'empoisonnement. Suicide ou assassinat? Les analyses continuent.

Source "E" http://www.radicalparty.org/belgium/le_soir_illustr%E9/bill_12.htm

samedi 7 septembre C'est l'enterrement des deux jeunes filles. Tout comme pour Julie et Melissa les cérémonies sont retransmises en direct par les deux chaines TV et toute la Belgique communie en pensées avrec les parents.

Durant toute le semaine, l'ensemble de la presse belge a consacré des pages entières aux drames qui secouent ces familles meurtries. De plus en plus de lecteurs font part à leurs quotidiens du désarroi dans lequel les incuries de la justice les ont plongés. Le peuple belge est désemparé d'autant plus que le jour de l'enterrement on apprend qu'une autre affaire judiciaire non liée à l'affaire Dutroux, mais qui avait été confiée au même procureur du Roi de Neufchâteau et qui lui avait été ensuite retirée suite à une ordonnance de la Cour de Cassation vient de rebondir également de façon spectaculaire. Il s'agit de l'assassinat du Ministre d'Etat André Cools le 18 juillet 1991 et qui depuis CINQ ans n'est toujours pas solutionné.

 

Mardi 11 septembre 96 Fait unique en Belgique, le roi Albert II a fait diffuser un communiqué pour le moins étonnant. Après avoir reçu, en fin de semaine passée, les diverses familles des victimes, le roi s'est en effet interrogé sur le malaise engendré dans la population par les deux affaires criminelles qui défrayent la Belgique. Il se dit solidaire des victimes et assure: «...qu'il poursuivra avec le ministre de la Justice, des spécialiste et des hauts fonctionnaires compétents, un dialogue concret sur les mesures prises et à prendre pour combattre la pédophilie et la traite des êtres humains chez nous, en Europe et dans le monde

Les sites pédophiles sur Internet en question. Une disquette d'exemple a été transmise aux autorités judiciaires. La problématique est classique, comment interdire la distribution de telles informations tout en préservant l'aspect forum libre d'internet. Pas compliqué: interdire de tels sites dans tous les pays, une bonne occasion pour les gouvernements de se réunir et se mettre tous d'accord. On n'a qu'à montrer du doigt les pays qui ne veulent pas signer et les mettre au ban de la société des nations. S'il est compliqué d'obtenir un si petit résultat, alors ... bonne chance pour le XXIème siècle, dans mille ans on y est encore !
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12/09/96 inculpation de Nihoul par le juge Connerotte comme auteur ou coauteur de l'enlèvement de Julie et Melissa et de celui de Laetitia Delhez sur base notamment d'entretiens téléphoniques fréquents avec Dutroux avant et après l'enlèvement de Laetitia Delhez (alibi de Nihoul: il devait régler avec Dutroux des problèmes concernant sa voiture).
Vendredi 13 septembre 96. Les parents de Julie et Melissa font une conférence de presse entourés de nombreux autres représentants de familles éprouvées par les rapts et meurtres d'enfants. Ils ont proclamé leur volonté de continuer à lutter pour que les choses changent dans ce pays et décidé de fonder une association sous le symbole "Julie et Melissa", symbole qui sera déposé afin qu'une fois pour toute des initiatives ne puissent plus être prises sans leur accord. Ils ont encore demandé avec force d'avoir accès aux dossiers complets concernant les recherches qu'ils estiment avoir été mal conduites par les enquêteurs.
Dimanche 15 septembre 96 Tout comme le dimanche précédent les deux chaines de télévision francophones RTL-TVI et RTBF ont débattu devant un public et en direct des affaires en cours. C'est surtout sur la RTBF que l'ambiance était la plus survoltée. avec les interpellations des pères de Julie et Melissa et la maman d'Elisabeth Brichet à 4 parlementaires francophones venus défendre chacun le point de vue de leur parti. Les deux parlementaires de la majorité du gouvernement fédéral (PS et PSC) n'ont pu que reconnaître le dysfonctionnement des trois piliers de la démocratie belge (exécutif, législatif et judiciaire). Le soucis des parents était visiblement axé sur la volonté que les responsables de toutes les erreurs commises parfois depuis de nombreuses années soient sanctionnés. Il semble qu'une des cibles soit la personne de l'ancien ministre de la justice Melchior Wathelet. Sans sa signature permettant la remise en liberté de Dutroux, quatre vies d'enfants auraient été épargnées. Il semble trop facile de se réfugier derrière des subalternes et dire que les ministres signent ce qu'on leur présente. Comment ceux qui vont faire appel au Tribunal de Strasbourg pourront-ils encore espérer un jugement sain quand ils savent que l'ex-ministre Wathelet y est maintenant juge ! ?

deux jeunes filles (13-14 ans) ont été enlevées à Bouillon hier APM, mais ont été retrouvées ce matin un peu après 0 heure à la frontière française. Elles ont été ravies et endormies. On ignore tout des mobiles et des ravisseurs. Un portrait robot circule déjà dans les médias.
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Lundi 16 septembre 96 Fait quasi unique en Belgique, le Président de la Chambre des représentants, après avoir convoqué les présidents de tous les groupes parlementaires et en accord avec ceux-ci, décide d'avancer de 15 jours le rentrée parlementaire. Elle est fixée au jeudi 19 septembre. A cette occasion, la Chambre entendra le Premier Ministre qui devra répondre du disfonctionnement de la justice et de tous les corps de police et de gendarmerie dans les diverses enquêtes relatives aux rapts, disparitions et meurtres d'enfants.
Jeudi 19 septembre 96 Après une minute de silence en mémoire des quatre enfants martyrs dont les funérailles récentes ont bouleversé la Belgique, le Premier Ministre est sorti de son long silence que toute la population belge lui reprochait. Il a admis que de nombreux problèmes avaient été sous-estimés et a exprimé sa volonté de voir les enquêtes aboutir pour définir où et surtout dans quelles circonstances les dysfonctionnements ont pu se produire. Quant au Ministre de la justice, il a fait état de deux premiers rapports qui lui ont été transmis. L'un en provenance du plus haut magistrat du pays, le Procureur Général de la Cour de Cassation, Jacques Velu, qui a trouvé qu'il n'y avait pas lieu de sanctionner l'un ou l'autre magistrat. L'autre du au Procureur général de Liège, Anne thily, dont dépendent les affaires Dutroux et Cools, il critique sévérement les procédures utilisées par la gendarmerie. Suite à ces premiers rapports le malaise est loin d'être dissipé. De nombreux journalistes spécialisées dans les affaires juridiques et qui décèlent ces dysfonctionnementd depuis des années estiment que c'est un peu trop simples d'avoir confié "l'enquête sur l'enquête "à ces mêmes magistrats qui ont été eux-mêmes responsables de la façon d'agir de leurs subordonnés. On parle de plus en plus d'une commision d'enquête parlementaire qui aurait les pleins pouvoirs pour déterminer les vrais responsabilités. Mis en cause directement, l'état-major et les syndicats de la gendarmerie s'insurgent contre les reproches qui leurs sont faits.

Neufchâteau poursuit ses investigations, ses interpellations et ses fouilles. Télémoustique dans son édition d'aujourd'hui publie un reportage d'investigation qui épingle les "facéties" partouziennes de Michel Nihoul au château de Faulx-les-Tombes dans les années 80. On pense que des personnalités financières de premier plan y achevaient leur week-end, sans doute avec souche TVA pour frais professionnels ! Je ne vous fais pas un dessin, mais si vous avez de l'imagination ...

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20/09/96 première audition (mandat des magistrats Jean-Marc Connerotte et Michel Bourlet) de Regina Louf (X1) (sur un total de 17 dans lesquelles elle déclare avoir été victime d'un réseau qui, dans les années '70 et '80 abusait, torturait et tuait des enfants): elle cite notamment Bernard Weinstein et déclare avoir connu Carine Dellaert alias Clo. Selon X1, elle aurait vécu secrètement un an après sa disparation dans un réseau et aurait été enceinte entre juin et décembre '83, elle aurait également accouché.

L'Antenne « Neufchâteau » de la BSR de Bruxelles fut créée le 2 décembre 1996 pour structurer et encadrer le travail d'enquête entrepris dès le 20 septembre 1996 suite aux témoignages, sous couvert d'anonymat , de ceux et celles que l'on a appelés « les témoins X » , après l'ouverture auprès des magistrats de Neufchâteau ( Le Procureur Bourlet, le Juge Connerotte, puis les juges Langlois et Gérard ensuite) des dossiers « connexes » aux dossiers des enlèvements et assassinats des enfants Julie et Melissa, An et Eefje, Sabine et Laetitia.

L'adjudant DE BAETS fut aidé dans sa tâche, qui consistait uniquement en l'audition du Témoin X1, par le gendarme Philippe HUPEZ, parfaitement bilingue, qui fut chargé de prendre note des déclarations successives de X1, pour en rédiger des procès verbaux, en francais, destinés en priorité aux magistrats de l'enquête.

Une autre équipe, dans laquelle travaillait le gendarme Aimé Bille, fut, sous la direction de Rudy OSKENS, chargée des vérifications systématiques des déclarations du témoin X1.
Il est nécessaire de donner ces détails, dans la mesure où une série impressionnante d'articles de presse ont présenté le travail de Patrick DEBAETS et de son collègue Aimé BILLE comme un travail d'amateur, en laissant croire qu' Aimé BILLE avait participé aux auditions et Patrick DEBAETS aux vérifications.

Pourquoi n'a-t'on entendu parler que de messieurs DE BAETS et BILLE ?

En fait ce sont les deux équipes d'auditions et de vérifications qui seront « mises au repos » dès le 12 juillet 1997. Seront donc concernés notamment Mr DE BAETS, OSKENS, LIESENBORGH et BILLE.
Mr HUPEZ lui, au moment de la création de l'Antenne ( déc 96) avait choisi, pour des raisons personnelles, de ne pas entrer dans la nouvelle structure et de reprendre ses anciens dossiers. Il fut remplacé par Danny DE PAUW qui, au moment de la mise en cause du travail de l'Adjudant DE BAETS, prit le parti de ceux qui furent dans la suite appelés les « relecteurs ». Source D


La gendarmerie est mise sur la sellette pour rétention d'informations pouvant emmener à la conclusion des enquêtes. Le monde politique découvre qu'il existe un corps un peu trop indépendant et qui manque de contrôle politique. La gendarmerie dépend du Ministère de l'Intérieur et la PJ (Police Judiciaire) du ministère de la Justice. La guerre des polices fait rage et cela explique sans doute en partie, mais en partie seulement, les aberration des enquêtes.

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Le 21 septembre 96  Van Keer, président du Syndicat National de la gendarmerie a menacé «de jeter sur la table certains dossiers impliquant des personnes importantes» (3)
si les critiques se poursuivaient contre la gendarmerie dans l'affaire Dutroux.

3. Het Volk, 23 septembre 1996.


Remous à la gendarmerie qui tenait son congrès annuel syndical ce samedi. Mots très durs pour la magistrature de la part d'un officier délégué syndical. (Paul Van Keer, adjudant). Il menace de sortir des dossiers mettant en cause la magistrature. D'autre part, Michel Bourlet, procureur du Roi à Neufchâteau prend la défense de la gendarmerie, se disant "outré" du rapport des deux procureurs généraux de Liège et Bruxelles, s'étonnant de la vitesse de l'enquête sur l'enquête et estimant que lui serait arrivé à des conclusions contraires. Ca va sûrement rebondir lundi. On n'est pas sorti de la Grande Lessive !

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Le dimanche 22 septembre 96  . Un débat télévisé en direct rassemblait à nouveau des journalistes, un président de parti de l'opposition et un représentant de la gendarmerie. L'atmosphère était très lourde et tout le monde sent que la clarté sera difficile à établir. Il semble en effet que l'on tente de protéger des personnes haut placées et qu'au sein de la gendarmerie elle même il y a également des dissensions. La semaine prochaine sera certainement fertile en révélations et déclarations, car le débat à la chambre n'a fait que confirmer le malaise existant : le peuple belge n'a plus confiance dans la justice et ceux qui les gouvernent.

C'est dans un silence politique assourdissant que la guéguerre des polices s'atise. A "faire le point" ce midi à la RTBF, l'adjudant Van Keer du syndicat de la gendarmerie accuse publiquement la Police Judiciaire de manipulation de dossiers. le président du VLD (parti libéral flamand) Herman de Croo, le deuxième invité, regrette le silence du Ministre de la Justice et exige qu'une commission parlementaire fasse toute la lumière. Bref, ou bien "Je ne sais rien mais je dirai tout", ou "je ne dis rien, mais je sais tout". Pas étonnant, après 45 jours d'affaires, que le parti socialiste wallon perde quelques plumes au profit de l'opposition. (dernier sondage de la Libre Belgique).
Le Front Commun Syndical de la Police Judiciaire se réunit demain. Nul doute que la contre-attaque sera puissante: à suivre ...

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Lundi 23 septembre 96 Comme prévu, le débat télévisé du jour précedent à rallumé la guerre des polices. Le parlementaire présent sur le plateau, Herman Decroo ancien ministre, a sommé le représentant du syndicat de la gendarmerie de se détracter ou d'aller à fond dans ses déclarations assurant que le parquet classait de nombreux dossiers sans suite. Quant au Procureur du Roi de Neufchâteau, Michel Bourlet, il a déclaré au journal "Vers l'Avenir" que le rapport du Procureur général de la Cour de Cassation M. Velu, dont le ministre de la justice a fait mention vendredi à la Chambre, contient des choses contraires au dossier qu'il a lui sous les yeux.

les polices s'envoient des boulets de canon par-dessus les ministères et la magistrature. On apprend que la mère de Dutroux (dès 95) a écrit au Parquet de Charleroi (ou de Namur ??) citant nommément que son fils avait ramené des jeunes filles à la maison. On apprend que la gendarmerie a confié (août 95) à ce même Parquet de Charleroi un dossier Dutroux où il est expressément fait mention de travaux et où l'urgence et la gravité de la situation est soulignée. Le parquet de Charleroi a classé sans suite, estimant qu'il n'y avait rien de concret ni de pertinent dans ce dossier ! Le procureur de Charleroi, Thierry Marchandise, reconnaît ces faits et défend qu'il n'y avait pas matière à trop se remuer, "c'était en d'autres temps" avoue-t-il ! Ce qui est certain, c'est que malgré la conviction des familles d'une piste pédophile, malgré des avertissements de spécialistes à ce sujet (Marie-France Botte) et de la Presse (télémoustique et autres), malgré de nouvelles législations sur le tourisme pédophile en Allemagne à ce même moment, la magistrature autant à Charleroi qu'à Liège N'A JAMAIS PRIS la mesure de ce phénomène. Anesthésie mentale ponctuelle (et partagée) ou volonté délibérée de protéger quelques-uns ?

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24/09/96 p Actualité L'information la plus originale est sans doute la durée du JT consacrée aux "affaires", 8 minutes soit 1/4 du JT, voilà bien longtemps que ce n'était plus arrivé.
Sous forme télex: Michel Bourlet, Procureur du Roi à Neufchâteau s'est fait taper sur les doigts pour les propos de ce WE. (trouvant que les accusations contre la gendarmerie n'étaient pas fondées).
Marcel Cools, le fils d'André, ministre assassiné, veut un peu redresser le cap de l'enquête en la réorientant sur la piste Agusta et autres affaires financières. Le mobile des prétentions carriéristes de Van der Biest le laisse pour le moins dubitatif !
Nouvelle arrestation dans l'affaire DUTROUX - NIHOUL. La compagne de Nihoul est arrêtée pour association de malfaiteurs.
Les politiques tentent de gagner du temps dans la guerre des polices. On admet que le rapport (l'enquête sur l'enquête Julie et Melissa) de Tilly et Velu (pardon, Monsieur et Madame le Procureur Général) n'est pas complet, et qu'en tout cas on n'a pas rendu tout public. Je pense même que les parlementaires n'ont pas encore reçu copie de ce rapport.
Mercredi 25 septembre 96 En commision de la justice de la Chambre, les députés ont exigé de lire in extenso les rapports que le ministre de la justice avait mentionnés dans son intervention la semaine précédente. Il s'avère que dans les deux rapports il y a des inexactitudes et surtout des omissions graves. Certains députés parlent même d'incompétence, de corporatisme et de protection quant à la rédaction de ces deux rapports.

Ouf ! Michel Bourlet n'est pas mis en cause par sa hiérarchie, aucune procédure disciplinaire. Le Ministre de la Justice demande dorénavant le silence sur l'enquête. Qu'elle se déroule dans le calme. Nouvelles perquisitions dans des lieux fréquentés par Dutroux et compagnie.
Télémoustique sortira demain une enquête d'investigation au sujet des parties fines (partouzes) du château de Faulx les Tombes, septembre 94. La police en son temps y avait relevé les plaques des "invités". On pense que un magistrat et des membres du Barreau y ont participé. Le but est de mettre à jour les "protections" dont se réclament Dutroux et Nihoul.
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27/09/96 p Plusieurs remises en liberté ce soir dans l'affaire "Dutroux - Nihoul". Notamment l'inspecteur principal de police de Charleroi accusé de faux procès verbal et qu'on soupçonnait de protection de Dutroux dans l'affaire connexe de vol de voitures.
Déclaration tout à fait surprenante et qui va relancer le débat sur le rôle de la gendarmerie et des institutions judicaires. Quelques jours après l'enlèvement de Julie et Melissa, un inculpé (actuellement) se serait rendu à la gendarmerie de Charleroi pour faire part de sa conviction que Dutroux était peut-être l'auteur et que les filles seraient dans ce cas cachées dans une maison lui appartenant à Marcinelle. Ce qui est la vérité et à ce moment elles étaient, bien entendu,vivantes. Il avait fait connaissance de Dutroux en prison ! L'avocat de Dutroux demande le désaisissement de l'enquête de Neufchâteau par une requête en légitime suspiscion envers le juge Conerotte et le procureur du Roi Michel Bourlet. Ils auraient participé à un repas public de l'Association Marc et Corinne pour fêter le retour de Sabinne et Laeticia libérées! La Cour de Cassation devra trancher. On entre dans la procédure et ce sera long. Mais à petits pas, de toute évidence l'enquête progresse, comme celle d'André Cools où le témoin anonyme semble décidément bien renseigné.
Vendredi 28 septembre 96 La chambre du conseil de Neuchâteau a libéré quatre personnes sur les huit arrêtées. Il s'agit de Marleen De Cokere, de Gérard Pinon, de Claude Thirault et de l'inspecteur Georges Zicot. Le parquet n'a pas fait appel. La chambre du conseil a estimé qu'il n'y avait pas d'indices suffisants pour les maintenir en détention. A peine libéré, et ceci relance le débat dans une acuité de plus en plus horrible et n'a pas été démenti après 48 heures par la gendarmerie, Claude Thirault a déclaré à la télevision étant interrogé par un journaliste, que pendant des années il avait été un informateur de la gendarmerie, et qu'à ce titre, le lendemain de l'enlèvement de Julie et Melisa, il avait été à la gendarmerie dire que Marc Dutroux pourrait bien être le ravisseur !

Les homicides (volontaires ? involontaires ? par négligence ?) de deux petites filles (Julie et Melissa) et de deux adolescentes (An et Eefje) dans les rangs de la gendarmerie ou de la PJ à Charleroi ? Sans doute :
Les témoignages deviennent de plus en plus précis et crédibles. Le lendemain du rapt de Julie et Melissa, un informateur régulier de la gendarmerie, inculpé mais relâché actuellement, a fait part à la gendarmerie de ses doutes concernant Dutroux et a donné les trois adresses possibles de leur séquestration. Deux autres informations concordantes auraient du au moins être transmises au Parquet de Liège à l'époque. On se trouve ce soir devant des dysfonctionnements qui frisent l'intention volontaire de saboter l'enquête ou la connerie criminelle, on n'a plus beaucoup le choix, et tout ça va devoir être tiré au clair ! Quelques personnes doivent passer une mauvaise nuit ce soir, et malheureusement les parents qui rétrospectivement doivent maudir les institutions judiciaires d'avoir reçu l'information pertinente et de n'en avoir rien fait !
Si l'enquête finit par conclure à un malheureux concours de criconstance , croyez-moi j'aurai des doutes. Il serait temps que la gendarmerie et la PJ rassemblent ses infos dans des documents intranet avec search engine. Il serait alors extrèmement facile de réconciller des infos à première vue disparates. Et les quatre filles ne seraient pas mortes. Et comme je n'ai pas envie qu'elles soient mortes pour rien, comptez sur moi pour répéter l'info disponible.

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29/09/96 deuxième audition de X1: description d'un bar à la Drongensesteenweg près du domicile Carine Dellaert.
3/10/96 p Télémoustique dans son édition d'aujourd'hui fait le tour de l'enquête Othello de la gendarmerie et cite un gendarme anonyme (mais présenté à deux parlementaires) qui dénonce la subtilisation de pièces afin de sauver l'image de marque de la gendarmerie. Documents à l'appui, il semble évident que depuis le début la piste Dutroux était connue, mais que le manque de centralisation de l'information a sans doute condamné les deux fillettes et les deux jeunes filles. Les parents, présents tous les jours à différentes manifestations, ne lâchent pas leur pression. C'est devenu un temps plein.
Le jeudi 4 octobre 96  C'est le jour où paraît le magazine de cinéma bien connu «CINE REVUE». Depuis quelques années déjà cet hebdomadaire étonne souvent par des reportages et des enquêtes qui sont totalement étrangers au cinéma et ceux-ci sont souvent très bien documentés. Le magazine a donc suivi de semaine en semaine les deux affaires qui tourmentent la Belgique, et a, comme tous les autres journaux et nous même, apporté sa contribution à l'information de manière très positive. Ce jeudi il vient par contre de révéler un information qui, si elle se révèle exacte pourraît jeter un doute encore plus important que tous ceux qui ont déjà vu le jour sur la probité et la droiture de la justice belge.
Notre confrère, sous la plume de Claude Moniquet et nombreuses photos à l'appui, fait état d'une personne appelée Georges Frisque qui déclare que Nihoul fait chanter la magistrature liégeoise. CINE REVUE reproduit des photocopies de lettres dans lesquelles reviennent des noms de personnes très liées avec l'ancien et le nouveau procureur général de Liège, Léon Giet retraité depuis quelques mois et son successeur Anne Thily auteur du rapport au Ministre de la Justice Stefaan De Clerck et très contesté par les parlementaires de la Commission de la justice de la chambre. «Si je suis un affabulateur ou un faussaire » dit M. Frisque, «il faut me mettre hors d'état de nuire au plus tôt en me jugeant. Si je dis la vérité, qu'on me rende justice». CINE REVUE publie également un facsimilé de la lettre signée par le ministre De Clerck accusant réception à M. Frisque de sa lettre du 11 septembre 96 l'informant que les documents qu'il lui a fournis ont été transmis au Procureur général de la Cour de Cassation M. Velu dont le rapport est également fortement contesté par les parlementaires de la Commission de la justice. Nous laissons bien sûr à notre confrère la responsabilité des documents qu'il a publiés, mais il est tout de même troublant que jusqu'au moment où nous mettons sur WEB ce lundi 7 octobre aucune plainte en diffamation ou démenti queconque n'a été jusqu'à présent publié par les personnes mises en cause.

Peut-être une accélération de l'enquête Dutroux: des moyen importants de la protection civile se mettent en place cette nuit sous les projecteurs à Jumet. On explore des anciennes galeries. Peut-être cherche-t-on, malheureusement, la confirmation de nouveaux aveux.

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08/10/96 déclaration de Nihoul: il a connu Van Espen "à l'époque où celui-ci travaillait occasionnellement pour la cabinet d'avocats de Bouty et de Deleuze".
10/10/96 p Des suputations juridiques quant au désaisissement du juge Connerotte. Il y aurait comme qui dirait une petite ouverture vu qu'invité par l'association "Marc et Corinne", le juge n'aurait pas à craindre la récusation parce que justement un récent jugement a déclaré une action de cette association non recevable vu qu'elle ne pouvait se porter partie civile ! Le mieux aurait été de prétexter une légère indisposition ce soir là.
Marie-France Botte, connue pour son travail de prévention de la pédophilie s'est faite agresser en rentrant chez elle hier soir. Tentative d'étranglement.
Le jeudi 11 octobre 96 Dans son édition de ce jour, CINE REVUE, toujours sous la signature de Claude Moniquet, revient sur l'affaire Frisque dont non seulement les propos imprimés la semaine précédente n'ont suscité aucun démenti mais qui persiste et révèle d'autres faits encore plus troublants. A sa demande, et sur intervention du ministre de la Justice, l'intéressé a finalement été reçu par l'avocat général près de la Cour de Cassation M. Piret à qui il a enfin pu expliquer et détailler son dossier. Condamné injustement à quelques mois de prison dans une affaire où il n'était pas responsable, G. Frisque se pourvoit en cassation. Le jour où l'affaire se plaide, le 1er février 1984 (il y a 12 ans) G. Frisque est transféré au Palais de Justice et " . . .est enfermé dans l'un des cachots où les détenus attendent d'être convoqués chez leur juge ou emmenés au tribunal qui doit connaître de leur cas. G. Frisque restera plus de trois heures au cachot sans que l'on puisse s'occuper de lui, et quand on finit par l'amener devant la 2ème Chambre de la Cour de Cassation, c'est pour lui apprendre que son affaire est passée en son absence et que, bien entendu, les accusations qu'il porte contre Anne Thily n'ont pas été évoquées. . . " L'affaire est classée. Libéré peu après, G. Frisque porte plainte non seulement contre son avocat qui n'a pas évoqué devant le tribunal ses accusations mais aussi contre le magistrat qui présidait la 2ème Chambre et qui ne l'a pas entendu. Magistrat qui est loin d'être un inconnu puisqu'il est actuellement le Président de la Cour de Cassation, il s'agit de M. Oscar Stanard qui doit rendre son arrêt quant au dessaisissement du juge Connerotte ! ! ! ! On baigne vraiment dans l'inimaginable !
12/10/96 p On annonce surtout l'actualité de demain: marche de soutien au juge Connerotte. Remise de pétition sur les marches du palais (420.000 en quelques jours).
Le parti socialiste tenait congrès. Philippe Busquin, président, a répété que tous espéraient un peu de "créativité" de la part de la Cour de Cassation. Il a aussi fustigué l'organisation trop pyramidale du PS.

Télémoutique continue ses enquêtes et témoignages. Cette semaine apporte de nouveaux éléments à l'enquête. D'autre part, depuis l'article de jeudi matin du "Morgen", la piste d'une organisation ancienne et structurée de réseau pédophile est mise en évidence et depuis hier soir, à la demande du juge Connerotte, un n° spécial de téléphone est ouvert à la gendarmerie pour tout témoignage ou plainte concernant des tentatives ou des actes pédophiliques. le central a déjà reçu 800 appels. Dont 75% exploitables.

 

13/10/96 p Rassemblement de soutien au juge Connerotte à Bruxelles, Bertrix et Anvers (Antwerpen). Quelques milliers de personnes en tout, pas vraiment la grande foule.
Louis Tobback (SP parti socialiste flamand) estime qu'il y a de la place pour une certaine créativité de la part de la Cour de Cassation et souligne avec gravité le fait que nous vivons un réel problème de société, qu'une rupture entre les belges et leurs institutions est proche et que des risques de déstabilisation graves existent.
Le parti Ecolo publie un communiqué où il demande à la Cour de Cassation de faire preuve de compréhension et de défendre tout autant l'impartialité des juges que le légitime souhait des belges de voir les enquêtes aboutir le plus rapidement possible.
Le lundi 14 octobre 96 La Cour de Cassation est présidée par M. Oscar Stanard. A 15h30 , il lit et prononce d'une voix faible, sans relever la tête un arrêt, tenant sur deux courtes pages, qui dessaisit le juge Connerotte mais laisse l'enquête à Neufchâteau sous la juridiction du procureur Burlet. Il s'agit d'un jugement de Salomon. En dessaisissant le juge Connerotte mais pas la juridiction de Neufchâteau, où l'affaire est instruite, la Cour a certainement voulu marquer qu'elle n'avait pas été sourde à l'opinion publique. Mais cela sera-t-il suffisant pour apaiser l'exaspération du peuple belge? La Cour ne vient-elle pas d'engendrer une spirale de réprobation collective vis à vis des trois piliers assurant la stabilité de l'Etat -- le Législatif , le Judiciaire et l'Exécutif --- et qu'il ne sera peut-être plus possible d'arrêter ? Dans des situations aussi explosives, il suffit souvent d'une étincelle pour allumer un brasier, espérons que l'arrêt de la Cour n'en fera pas office. On dit souvent aux enfants : «Faut pas jouer avec le feu !» Lorqu'on est juge à la Cour de Cassation il faut savoir jusqu'où on ne peut pas aller trop loin ! dit communément l'homme de la rue avec bon sens. Seul l'avenir nous dira si la limite n'a pas été franchie, mais dans le doute, nous pensons qu'il eut mieux fallu s'abstenir putôt que de prendre un tel risque !
16/10/96 p Des dossiers avancent, à petit pas, mais de façon semble-t-il irrévrsible. Gendarmerie (accablant le Parquet de Liège et parlant d'"amateurisme") et magistrature se revoient les responsabilités de l'enquête par-dessus le parlement qui va constituer une commission d'enquête parlementaire, avec les pouvoirs d'un juge d'instruction.
Des dossiers pédophiles (une douzaine) mettant à cause - mais peut-être à titre de témoins - des homme politiques et des magistrats sont en route de Neufchâteau à Liège.
Le vendredi 18 octobre 96 le Roi Albert II et la Reine Paula ont reçu au Palais de Bruxelles, dans la grande salle du trône, l'ensemble des familles des victimes (43 personnes en tout) ainsi que quelques experts qui oeuvrent pour combattre la pédophilie. En introduisant cette table ronde, la première du genre depuis l'existence de l'Etat belge, le Roi a proncé un discours très incisif dont nous extrayons ce passage : « Une des tâches essentielles de l'Etat est d'assurer la sécurité de tous les citoyens, et en particulier des plus vulnérables : nos enfants. Il faut reconnaître que dans ce cas ce fut un échec, de nombreuses erreurs ont été commises, et dans les contacts avec les familles des victimes il y a eu un manque d'humanité. » A la suite de ce discours, un débat qui a duré plus de deux heures a été ouvert au cours duquel tous les parents ont eu l'occasion de s'exprimer.
 20/10/1996
La marche blanche
La marche blanche qui a eu lieu à Bruxelles ce dimanche est la plus grande manifestation populaire jamais organisée en Belgique depuis son indépendance. Plus de 300.000 personnes ont défilé calmement et dignement du Nord au Sud du boulevard central traversant le pentagone bruxellois sur une distance de 4 km. Cette marche avait comme but, au bout de dix semaines du drame des enfants disparus et assassinés par une bande de pédophiles, de prouver aux instances dirigeantes du pays qu'il est grand temps que le contact soit rétabli entre la population et ses dirigeants. La marche qui avait débuté à 14h avec les allocutions des parents des enfants disparus et assassinés s'est prolongées jusqu'à 19.00h . Dans l'aprè-midi, les parents ont été reçus par le premier Ministre qui, devant l'ampleur et la dignité de la manifestation silencieuse, s'est engagé - avec quatre propositions concrètes - à tout faire pour rénover les institutions défaillantes depuis des années et à rétablir des contacts plus humains avec le citoyen.
D'autres sources nous parlerons de 615 000 personnes dans la rue. Ces deux chiffres nous semblent difficilement vérifiables. Une chose est certaine, ce 20/10/1996, il y avait une marée humaine dans Bruxelles.
24/10/1996
 18 octobre 1996 la table ronde avec le Roi et les parents
Le 25.10.1996 :
25/10/96*
- les familles Lejeune et Russo et leur conseil, Me Hissel; Auditions devant  la commission.
- la famille Marchal et son conseil, Me Similon.
PV 116.018,25:

> X1 déclare que Clo est morte il y a 13 ans et parle de son accouchement...

> elle reconnaît les photos de C. Dellaert et V. toutes deux mortes à Gand;

> elle cite Nihoul, une femme arrêtée dans l'affaire Dutroux, Antoine Vanden Bogaert (alias Tony, son souteneur) ains qu'un avocat, un bourgmestre, un entrepreneur de Flandre occidentale et son fils (tous ont entretenu des liens d'ordre professionnel).*

 

Le 26.10.1996 :
- M. Jean Lambrecks et son conseil, Me Vercraeye.Auditions devant  la commission.
dimanche 27 octobre à midi  a eu lieu à la RTBF (télévision francophone) un débat rassemblant quatre des 16 parlementaires qui composent la Commission d'enquête de la chambre chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnements dans les enquêtes menées par la gendarmerie, la police, les parquets et les magistrats. Les quatre parlementaire (de 4 partis différents) ont déclarés avoir été abasourdis par les déclarations des parents des quatre fillettes assassinées par Dutroux.et sont tous convaincus que dès le lendemain de l'enlèvement de Julie et Melissa, la gendarmerie avait en sa possession des renseignements désignant personnellement Dutroux comme l'auteur probable de l'enlèvement. Sans les nombreuses fautes commises dans la diffusion de ces informations et peut-être les protections dont Dutroux aurait bénéficié (la suite de l'enquête devra le prouver) les deux premières fillettes (Julie et Melissa) auraient pu être retrouvées vivantes et les deux autres (An et Eefje) jamais enlevées si Dutroux avait été mis à l'ombre immédiatement. Au lieu de cela on a à déplorer quatre assassinats perpétrés dans des circonstances horribles.
Les 26 et 30.10.1996 :
- la famille Benaïssa et son conseil, Me Arnauts.Auditions devant  la commission.
28 octobre 1996
28/10/96*
Par ordonnance du 28 octobre 1996, M. P. Van de Walle, premier président de la cour d'appel de Bruxelles a désigné M. le conseiller Etienne Marique afin de vérifier les informations selon lesquelles la gendarmerie aurait détruit une partie du dossier " Othello ".

les enquêteurs demandent l'autorisation d'exhumer le corps de V. (dont le père entretenait, selon les enquêteurs, des rapports avec Tony) officiellement décédée d'un cancer (Selon X1 le formulaire C3 a été rédigé par deux neurologues faisant partie du réseau): l'autorisation n'arrivera jamais.*

29/10/96 p Le 3 mai 96, il y a 6 mois, disparassait à Malines, le petit Liam. Ce n'est qu'aujourd'hui qu'il y a un appel public à témoin: il a "bénéficié" d'une enquête de routine privilégiant la noyade accidentelle dans le canal. A aucun moment l'hypothèse de l'enlèvement n'a été retenue. C'est décidément une habitude bien belge que de reléguer les disparitions d'enfants loin derrière les voitures volées. Pourtant Dehaene et Di Rupo sont en Virginie en train de visiter le Centre National des disparitions américain. Une responsable, Elisabeth Yore, déclarait que la Belgique avait accumulé toutes les erreurs possibles. Aux Etats-Unis, c'est dans les minutes qui suivent que l'enquête est lancée, sans négliger aucune hypothèse, et en partenariat avec les familles. Négligence criminelle ou mentalité belge ? A voir l'écho public que reçoit ces affaires et la sympathie du public pour les familles éprouvées, j'ai peine à croire à une "mentalité" ou sensibilité culturelle qui ferait peu de cas de disparitions, donc ...
Le 30.10.1996

 

 

1. M. Francis MOLENBERG, commissaire principal à la police judiciaire de Bruxelles. Auditions devant  la commission.
2/1. M. Jean-Claude LEGENDRE, adjudant-chef à la brigade de gendarmerie de Bruxelles

C'est encore l'enquête parlementaire sur l'enquête qui fait la une aujourd'hui, avec semble-t-il des révélations d' "une exceptionnelle gravité" selon Serges Moureaux, membre de la commission. C'est la famille Benaïssa qui témoignait aujourd'hui à huis clos. Nous n'en saurons pas plus, dans le but d'empêcher la destruction de preuves.
Car il semble bien que le noeud du problème se situe aussi à ce niveau, mises à part des négligences épaisses qu'on a du mal à comprendre. Deux parlementaires, Vincent de Croly (Ecolo) et Mme Milquet (PSC), affirment ainsi avoir reçu des témoignages multiples et concordants, concernant la destruction ou la manipulation de documents par la Gendarmerie, relatif à l'opération Othello - surveillance Dutroux. Déjà mis en avant par les enquêtes de Télé-Moustique d'il y a deux semaines.

D'autre familles de disparus "profitent" de la médiatisation pour rappeler qu'il y a aussi des disparus oubliés, comme Sylvie Carlin, 19 ans, disparue sans laisser de traces il y a deux ans. Et, semble-t-il bien d'autres dont on n'a jamais entendu parler !

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Début novembre '96 le magistrat Patrick Duinslaeger (ancien titulaire du dossier C. Van Hees au parquet de Bruxelles) est associé au dossier 109/96 portant sur la possibilité d'un réseau de maltraitance voire de meurtres d'enfants dans les années '70 et jusqu'en '94.
dimanche 3 novembre
a de nouveau lieu à midi un débat d'une heure à propos de l'affaire Dutroux. Il rassemblait trois journalistes de la presse écrite dont nous avons, au cours des semaines qui se sont écoulées, donné des extraits d'analyse dans leur quotidien et hebdomadaire respectif, il s'agit de :
  • - Alain Guillaume pour LE SOIR
  • - Roland Planchard pour Le Vif l'Express
  • - Michel Buffiaux pour Télé Moustisque
Ces trois confrères connaissent le dossier sur le bout des doigts et ont contribué tout au long de ces semaines à mener chacun de leur côté des investigations complémentaires. Le débat d'aujourd'hui s'attachait surtout à approfondir les détails sur les dysfonctionnements des parquets de Charleroi et de Liège ainsi que des échanges d'informations entre eux, la police et la gendarmerie. Comme nous l'avons déjà souvent signalé, et c'est réellement affligeant de devoir le reconfirmer, que bien avant l'enlèvement de Julie et Melissa, la gendarmerie était au courant que Dutroux préparait des geôles pour enfants et projetait d'en enlever, que certains "devoirs" ont été accomplis mais n'ont rien donné, car peu poussés, et que les informations ont mal circulé ou pas du tout comme dans le cas du dossier Othello que la gendarmerie établissait pour son propre compte. A partir de l'enlèvement des deux premières fillettes, rien n'a été entrepris de façon sérieuse pour suivre cette piste alors que plusieurs fois, suite à des informations complémentaires, les enquêteurs auraient eu la possibilité de retrouver les deux première fillettes enlevées vivantes et d'éviter l'enlèvement des deux autres et leur assassinat.
Alors que ces trois journalistes ont chacun entrepris une analyse complémentaire personnelle pour leurs lecteurs, le consensus était d'une rare homogénéité. Ils ont également convenu qu'ils étaient tous les trois persuadés qu'actuellement les enquêteurs étaient sur la bonne voie et qu'il fallait leurs faire confiance. Il reste cependant acquis que le point le plus marquant était que si les parents des quatre fillettes assassinées avaient été entendus et surtout associés aux enquêtes, ils auraient certainement pu infléchir le cours de tous ces tragiques événements. On comprend dès lors leur amertume et ce qu'ont voulu exprimer les 300.000 citoyens qui leurs ont apporté leur soutien lors de la "Marche blanche" du 20 octobre dernier à Bruxelles.

Certains en Belgique semblent nier l'existence de réseaux de prostitution et d'exploitation enfantines. C'est cette tendance qu'ont voulu stigmatiser trois journalistes enquêteurs ce midi à "faire le point" à la RTBF. Unanimes, ils dénoncent ces bruits et argumentent leur point de vue par des preuves et témoignages probants. Pour eux, qu'il existe des réseaux pédophiles, en Belgique et bien ailleurs dans le monde, et que ces réseaux rassemblent des gens puissants, ne fait aucun doute.

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5/11/96 p La Commission d'enquête parlementaire, qui ne ménage pas ses heures de travail, il faut avouer, s'est rendue à Marcinelle, dans la maison où ont été emmurées Julie et Melissa. Si le Président de la commission attend le témoignage des gendarmes perquisiteurs avant d'émettre un avis, d'autres parlementaires ne cachent pas leurs sentiments en estimant qu'il fallait une perquisition bien négligente pour ne pas s'apercevoir des caches aménagées par Dutroux. Propos sévères. Monsieur Lejeune, père de Julie a pu accompagner les parlementaires et se faire une opinion personnelle.

 6 novembre 1996

$ 7. NUMERO VERT

La commission d'enquête a décidé de mettre une ligne téléphonique gratuite 0800 à la disposition des personnes qui collaboraient ou avaient collaboré à l'enquête sur les disparitions de mineurs d'âge et qui souhaitaient communiquer certaines informations sur la manière dont l'enquête policière ou judiciaire a été menée.
Cette ligne était opérationnelle dès le 6 novembre 1996. La commission a décidé de ne pas tenir compte des communications anonymes.
Le ministre de la Justice a communiqué les noms des enquêteurs et chaque enquêteur a reçu une lettre personnelle précisant les objectifs de l'initiative.

Plusieurs enquêteurs ont fait usage de cette possibilité de communiquer directement avec la commission.
Les informations ainsi obtenues ont été communiquées au président.


Et la commission d'enquête apprend aujourd'hui qu'un informateur (connu et apprécié) révélait le 18 août 1995 à la gendarmerie que Dutroux avait fait "une belle affaire" en juin. Déclaration restée confidentielle vis à vis des parquets, qui mise au bout des autres aurait sans doute, quand même, provoqué un déclic, enfin, pour tout cerveau soucieux de chercher vraiment un début de piste !

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7/11/96 p Liège au centre d'un cyclone judiciaire. c'est le Ministre de la Justice, Stephaan DE CLERCK qui annonce à la chambre une procédure pénale et disciplinaire contre Marc de la Brassinne, procureur général. Pour fait de moeurs et soupçons sur le suicide bizarre de sa locataire en viager. Voilà 1 mois que l'affaire couve, mais comme elle couvait, j'en ai pas parlé, pas la peine de saturer la bande passante avec des ragots de Palais.
Le deuxième en point de mire, François-Joseph Schmitz, le numéro 2 du Parquet de Liège, avocat général, soupçonné de corruption. Contre paiement, il classait sans suite certaines affaires. Il semblerait que sous couvert d'aide à des familles nécessiteuses, il rançonnait des entreprises. De 10 à 20.000 fb dans les années 80, jusau'à 100.000 aujourd'hui. Plusieurs millions, voire plusieurs dizaines de millions semblent ainsi s'être "évaporés". Mais rappelons qu'il ne s'agit que de soupçons, suffisamment fondés pour qu'une procédure soit engagée à la Cour de Cassation, seule habilitée à juger un magistrat.
12/11/96 p Chasse aux sorcières ou réelles présomptions graves, un gendarme et un magistrat dans les projecteurs judiciaires pour pédophilie. Le magistrat intérrogé nie évidemment. En plus il apprend la nouvelle par les journalistes venus l'interviewer. A quoi ça sert, à part le spectacle médiatique, coupable ou innocent, il niera avec autant de bonne foi éberluée. Temps d'antenne gaspillé !
13/11/96 audition spéciale de X1 sur l'affaire de la champignionnière (PV 116/990):

> elle parle de C. Van Hees;

> elle cite Dutroux, Nihoul, Bouty, Michèle Martin, Tony, Weinstein;

> elle décrit le meurtre et les lieux...


Des nouvelles contradictoires de Elisabeth Brichet. La Libre Belgique ce matin, relayait une information d'un enquêteur espagnol, laissant croire qu'elle se trouvait bien aux Canaries, dans une secte, et qu'elle ne désirait pas entrer en contact avec les enquêteurs. D'autre échos font état d'une simple ressemblance entre personnes. Le magistrat namurois chargé d'éclairer la presse, un peu excédé, signale simplement que les devoirs judiciaires se poursuivent en Espagne et aux Canaries.
Interrogée à Zaventem ce soir à son retour, Marie-Noëlle Bouzet, la maman d'Elisabeth, regrette le viol du secret de cette commission rogatoire par "de Morgen", publicité qui selon elle a permis peut-être la disparition d'indices.
Je ne ferai donc plus l'écho de ces fuites qui nuisent à l'enquête (j'ignorais que ce fût une fuite !) Si la presse devait aller au bout de sa logique, elle créerait l'événement, comme par ex. payer un tueur à gage pour éliminer de temps en temps un politicien ... ou un enfant, pris au hasard. L'argent ! ...

 

Les parents de Julie Lejeune et Melissa Russo, An Marchal et Lubna Benaïssa, ont décidé d'aller en appel du jugement de la Cour de Cassation qui a démis le juge Connerotte. Ils ont donc mis le mois de délai à profit pour réfléchir. Leur stratégie est claire. Estimant que les victimes peuvent avoir au moins un droit d'accès aux dossiers égal à celui des accusés, ils épuisent donc d'abord les recours de la juridiction belge, puis sont décidés à aller en appel à la Cour Européenne des Droits de l'Homme, pour faire changer la législation belge qui selon eux n'est pas conforme aux engagement internationaux belges.

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14/11/96 p Les parents de Julie et Melissa déménagent leurs activités de combat au 48 rue de l'hôtel de ville à Grâce-Hollogne. But: promouvoir des Comité Blancs, suite à la marche blanche. La charte est en cours de finition. L'asbl "Julie et Melissa, N'oubliez pas" est sur le rails et a son local.
Le 15.11.1996

 

 

 

 

Auditions devant  la commission.

3/1. M. Benoît DEJEMEPPE, procureur du Roi à Bruxelles
4. Mme Pascale FRANCE, substitut du procureur du Roi à Bruxelles
5. Mr Alain GEERINCKX, substitut du procureur du Roi à Bruxelles
6. M. Didier VAN DER NOOT, substitut du procureur du Roi à Bruxelles
7. Mme Nadia DE VROEDE, premier substitut du procureur du Roi à Bruxelles

Le dimanche 17 novembre

 débat télévisé à la RTBF - Gino Russo demande la démission du ministre de l'Intérieur

 

Sur le plateau étaient réunis, outre le meneur de débat habituel Christophe Deborsu, la mère et le père de la petite Melissa Russo , leur avocat Victor Hissel et deux membres de la Commision d'enquête de la chambre les députés Serge Moureaux et Olivier Manguin.
D'emblée le débat a porté sur la demande de démission du ministre de l'Intérieur, Johan Vande Lanotte que M. Russo réclame. A l'appui de sa demande, Gino Russo produit une lettre que le ministre lui a envoyée le 22 septembre 1955 dans laquelle il écrit entre autres : «Je suis de très près l'évolution de ce dossier ». Gino Russo suppose donc qu'en tant que chef de la gendarmerie il est au courant du dossier Othello relatant la surveillance exercée sur Dutoux. Or à ce moment les fillettes sont toujours en vie et auraient pu être sauvées si la gendarmerie avait fait convenablement son travail. Pour Gino Russo, la responsabilité du ministre est clairement engagée.
Cette lettre surprend totalement les deux enquêteurs qui en ignoraient l'existence et Serge Moureaux estime qu'elle justifie l'audition du ministre par la Commission. Il a également estimé que si la demande de démission de M. Russo était prématurée elle était peut-être fondée.
Dans une autre partie du débat, l'avocat Hissel explique pourquoi les familles on attendu plusieurs semaines avant de se décider de faire opposition à la décision de la Cour de Cassation désaisisssant le Juge Connerotte. L'avocat estime, qu'avec le recul, il a maintenant de très bons arguments à faire valoir et que la Cour ne pourra pas ne pas en tenir compte. Gino Russo ajoute qu'il est invraisemblable qu'après 100 jours d'enquête depuis la découverte de Sabine et Laetitia, due à la célérité et à la persévérance de ce juge, il est le seul jusqu'à présent à avoir encouru une sanction.

 

Le 18.11.1996

18/11/96*

Auditions devant  la commission.

8. M. Didier VALENTINY, opérateur de laboratoire à la police judiciaire
9. M. Pierre COLSON, inspecteur principal à la police judiciaire de Bruxelles
10/1. M. Ronald SPELTENS, inspecteur principal à la police judiciaire de Bruxelles
11/1. M. Ewout SPAAN, inspecteur principal à la police judiciaire de Bruxelles


huitième audition de Regina Louf (PV 116/991).

> elle parle de C. Van Hees;

> elle donne des éléments matériels qui seront vérifiés quand les enquêteurs auront accès au dossier;

> elle dessine un plan de la maison...*

 

 

Le 19.11.1996

Auditions devant  la commission.

12. Mme Chantal PLEVOETS, assistante de première classe à la police communale d'Ixelles
13/1. Mme Lise-Anne VAL, assistante de première classe à la police communale d'Ixelles
3/2. M. Benoît DEJEMEPPE, procureur du Roi à Bruxelles
14. Mme Paule SOMERS, substitut du procureur du Roi à Bruxelles.

Confrontation entre M. Jean-Claude LEGENDRE
(2/2) et M. Ronald SPELTENS (10/2).

 

20/11/96 p Secret de polichinelle, tout le monde sait maintenant qu'Elio di Rupo et Jean-Pierre Graffé sont accusés d'actes pédophiles homosexuels. La moitié des infos sont donc réservées aux travaux des commissions parlementaires (trois !) chargées de décider pour chacun, s'il faut un renvoi à la Cour de Cassation. On dit que le dossier est léger ... Wait and see. De toute façon je vous reparlerai d'un problème central de la société actuelle, belge et autre d'ailleurs, qui est le rapport entre la loi et la morale. Certains prennent un peu trop vite le raccourci du genre. Tout ce que la loi n'interdit pas est moral, et en bouclier je brandis le respect de ma vie privée, même si je suis homme public. Un peu court certainement. J'y reviendrai certainement car nous vivons une époque de dérive extraordinaire de la notion de morale. Il y a là aussi amalgame, comme on voudrait sans procès amalgamer Liberté et license, Amour et plaisir, n'en déplaise à certains, et c'est une opinion, pas du Mac Carthysme. Bientôt les couples hétérosexuels fidèles et ayant des enfants, seront considérés comme ringards abrutis et enchaînés à une morale réductrice et oppressante. Je vois pointer des séminaires de désintoxication d'accaparement affectif excessif et d'apprentissage d'un sexe libre et libérateur. Porteur d'une expérience amoureuse multiforme, variée et enrichissante. Moi, j'appelle ça tirer un coup, mais à chacun sa terminologie scientiste.
Les journalistes portent aussi le ver dans le fruit. brandissant, eux, de leur côté, le bouclier de la liberté de la presse, garante des dérapages de la démocratie, ils se permettent impunément de violer la loi sciemment; comme celle du secret de l'instruction. Messieurs, la liberté se mérite, la vraie, celle pour laquelle sont morts des millions d'hommes dans les trois derniers siècles, pour ne pas aller plus loin. Respectez leur sacrifice. L'injure à l'histoire est infiniment plus grave que injure à magistrat, mais je reconnais, la loi ne l'interdit pas.
23/11/96 p On connaît le proverbe, il n'y a pas de fumée sans feu. Ici en Belgique, après l'Union fait la force, on applique une nouvelle devise préventive. Faites de la fumée, on trouvera bien quelques petits feux. De toute façon, ou bien c'est un complot ou bien c'est un chaos, mais il faudra faire vite et fort pour se tirer de ce piège malsain.
Selon Serges Moureau, membre de la Commission d'enquête parlementaire "Dutroux", des services de police enquêtent actuellement sur les membres de la commission, dans leur vie privée, espérant trouver quelques petites choses embarassantes à communiquer sans doute en catimini à la presse, avec peut-être la bénédiction de l'opposition, pour éclabousser la Commission et la neutraliser. Voilà pour le complot.
Pour Roger Lallemand, sénateur PS, interrogé à "Faire le point" à la RTBF ce midi, on assiste à des manoeuvres de déstabilisation de toutes les institutions et donc de l'Etat. Il y a des manipulations manifestes de la part d'enquêteurs ou de magistrats qui "organisent" des fuites vers la presse, peut-être par hommes politiques interposés qui jettent le discrédit sur le gouvernement. Il y a peut-être tentation de la part de certaines institutions (judiciaires) de se mettre hors la loi du pouvoir civil. Affaiblir l'Etat pour quoi? pour qui ? A qui profite le crime. Voilà pour le Chaos.

Pendant ce temps, sereinement semble-t-il, et malgré que ce soit dimanche, la Commission parlementaire continue ses auditions; deux familles dont on a peu parlé de ces temps-ci sont entendues et nous réentendons les mêmes refrains, surtout côté inhumanité de la justice et de son pouvoir d'enquête, la PJ. Et côté bricolage et manque de sérieux des enquêtes. On a entendu notamment les parents de Laurence Mathues disparue à Walibi (Wavre) en 92 et retrouvée qulques jours plus tard assassinée à Furnelmont.

Les "marches blanches" continuent. 1000 personnes à Bastogne et 4000 à Tournai défilaient pour ne pas qu'on oublie.

 

25 novembre 1996
Par ordonnance du 25 novembre 1996, M. P. Van de Walle, premier président de la cour d'appel de Bruxelles a désigné M. le conseiller Etienne Marique aux fins d'examiner :
- si la ligne téléphonique 0800 mise en service à Neufchâteau, offre toutes les garanties de l'anonymat;
- si les communications sont enregistrées et les interlocuteurs identifiés;
- qui gère cette ligne, qui en est responsable et de quelle manière elle est utilisée (de manière pro-active ou réactive).
27/11/96 p Emission spéciale ce soir à la RTBF. "Faits divers" et "Faire le point" s'associaient pour une rétrospective affaire "Dutroux". Les parents Russo et Lejeune étaient encore et toujours là pour témoigner, pour s'accrocher, pour clamer partout et toujours "n'oubliez pas".
Dans le même bain, jsutice, magistrature, fonctionnaire, gendarmerie et politiques ont été mis devant leur responsabiité. On a entendu, outre les effets émotionnels, faciles mais atrocement réels, des phrases comme "La Justice fait passer la priorité à son fonctionnement et pas à sa mission" ou comme le verdict (à chacun son tour) de Monsieur Marchal, le père d'An, le but de la justice est de rendre les victimes encore plus victimes. Monsieur et Madame Russo admettre en fin de compte, qu'ils avaient la certitude qu'ils auraient pu retrouver leur enfant vivant, si on les avait laisser faire (phrase bien connue depuis la déclaration de Bourlet), et s'ils n'avaient pas donné leur confiance aux professionnels des enquêtes.
Le 28.11.1996

 

 

Auditions devant  la commission.

15. M. Jean-Pierre MAROTTE, juge d'instruction à Namur
16. M. Stefaan DE CLERCK, ministre de la Justice
17. M. Melchior WATHELET, juge à la Cour européenne de Justice à Luxembourg, ancien ministre de la Justice

Le 02.12.1996

 

 

Auditions devant  la commission.

18. M. Thomas DEFOURNY, juge au tribunal du travail de Charleroi, ancien procureur du Roi de Charleroi
19. Mme Jacqueline JANSSENS, premier substitut du procureur du Roi à Charleroi
20/1. Mme Laurette FAVARO, substitut du procureur du Roi à Charleroi
21/1. M. André-Jules LORENT, juge d'instruction à Charleroi

Le 03.12.1996

 

Auditions devant  la commission.

22. M. Christophe PETTENS, premier maréchal des logis à la gendarmerie de Charleroi
23/1. M. Daniel DECRAENE, major au BCR

24/1. M. René MICHAUX, maréchal des logis-chef à la BSR de Charleroi
25/1. M. Guido VAN RILLAER, adjudant au BCR

26. M. Jacques VAN RILLAER, commandant au BCR

Le 09.12.1996

27. M. Didier BOUVY, premier maréchal des logis-chef à la gendarmerie de Charleroi
28/1. M. Alain BAL, capitaine à la gendarmerie de Charleroi
29/1. M. Jean-Pol LEGROS, commandant à la gendarmerie de Charleroi
30. M. Frédéric VANDENBERGH, gendarmerie de Wavre
31. M. Jean-Luc MARTIN, capitaine à la gendarmerie de Mons
32. M. Olivier LOZET, capitaine au groupe Posa à la gendarmerie de Charleroi

 

04/12/96 1) les enquêteurs du parquet de Bruxelles peuvent accéder au dossier 84/85 du juge d'instruction Van Espen sur C. Van Hees (la comparaison de l'ancien dossier et des déclarations de X1 lors de la cinquième audition par Duinslaeger, l'amenère à conclure de la nécessité de la rouverture du dossier C. Van Hees auprès du parquet de Bruxelles);

> ils y retrouvent des éléments matériels donnés par Regina Louf;

> ils vérifient et retrouvent aux greffes du parquet le câble électrique dont l'enveloppe était fondue et avec lequel, selon R. Louf, C. Van Hees aurait été attachée alors que l'ancien dossier et les articles parus dans la presse mentionnaient un fil de fer barbelé;

> ces enquêteurs découvriront ensuite que le PV 30.14.321/84 rédigé par la police d'Auderghem mentionne un clou planté dans le poignet gauche de la victime. Ce clou sera ensuite retrouvé aux greffes. De Kock, policier d'Auderghem, aurait indiqué ce point aux médecins légistes qui ne l'ont pas mentionné dans le rapport. Norbert Van Berghen et Yvan Leurquin, les deux pompiers interrogés sur ce point confirment la déclaration du policier;

> la femme de Dutroux, Michelle Martin, déclare l'avoir rencontré à la patinoire, qu'il roulait alors en moto et qu'il partait fréquemment seul pour rencontrer des jeunes filles.

2) le dossier de C. Van Hees parvient à l'antenne de Neufchâteau.

 

5/12/96 p

Les facteurs, auxiliaires des gendarmes ?

C'est la découverte de la journée. 3 villes pilotes ont déjà tenté l'expérience à l'insu de la hiérarchie de la poste qui s'insurge aujourd'hui.
Les facteurs devraient remplir des formulaires concernant "tout comportement jugé suspect". Voilà donc notre brave facteur transformé aussi en juge, c'est à lui de décider d'un comportement suspect... Au 26 de la rue Machin, les Abdel-Trucs ont reçu un courrier d'Algérie ... Un inconnu est sorti précipitemment du 23 chaussée de Youtsiplou ce matin alors que la mari est absent à l'étranger ... J'ai entendu un chômeur qui clouait à 9h25 du matin pendant les heures normales de travail. Décidément on a rien appris, la Stasi, police de l'Allemagne de l'Est fait encore des sympathisants. Et le Ministre de l'intérieur Vande Lanotte trouve ça normal, sans en avoir averti le parlement, de son propre chef. Stop ! Une affaire aussi délicate devrait quand même être discutée au Parlement, dans la presse et provoquer un débat citoyen, vous ne croyez pas Monsieur le Ministre, FAUT PAS POUSSER, d'autres y perdraient leur carrière politique !

Doossiers DI Rupo - Grafé, de nouveaux éléments dans les mains de la Cour de Cassation.

 

06/12/96 De Baets indique dans le PV 117.487 du dossier 96/109, que le 18 novembre X1 avait désigné une mauvaise photo parce qu'elle s'effondrait. (Van Espen et Duterme ne ne tiendront pas compte de ce PV lors de leurs accusations).
Le Premier ministre a réuni un conclave pour discuter des réformes judiciaires. C'était en effet promis aux familles des enfants disparus à la fin de la fameuse "marche blanche".
Marches qui continuent spontanément, puisqu'à Ciney, 6000 personnes s'étaient données rendez-vous, et 600 à Libramont. Bravo pour les citoyens qui maintiennent leur pression.

Du nouveau peut-être dans le disparition de Lubna Benaïssa, un témoin est interrogé en ce moment. Témoin qui avait servi d'alibi au premier suspecté. Ca fait longtemps que ce dossier n'avait plus eu de suite, bravo à Neufchâteau de persister dans la recherche de la vérité.
Monsieur Lejeune, père de Julie, revenait lui des USA où il a de nouveau visité le centre pour "Missing Children", en compagnie de membres du cabinet du premier ministre. Dialogue belgo-américain constructif. Et dialogue cotoyen - politiques rassurant, semble-t-il, à voir la satisfaction mesurée de Monsieur Jejeune.

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10/12/96 p

Tragi-comédie juridico-politico-belge: Di Rupo - JP Grafé

JP Grafé a donc remis sa démission comme ministre. Donc, plus de commission parlementaire puisque cette loi ne concerne que les ministres. Il redevient parlementaire et donc le parquet doit maintenant demander la levée de son immunité.
Pour Di Rupo, ça se complique. Si la Cour de Cassation reconnaît qu'il n'y a pas lieu de l'inculper pour le premier dossier, il reste deux autres dossiers, qui n'ont pas été considérés par la Commission spéciale parlementaire mais transmis directement à la Cour de Cassation, qui n'en a rien fait vu que la loi punit d'amende les magistrats qui enquêteraient sur un Ministre sans passer par la Commission spéciale. D'autres dossiers suivent, les vannes de la dénonciation anonymes sont ouvertes, et on se trouve devant un tel imbroglio, qu'on pense sérieusement à voter une loi en vitesse rien que pour se sortir de cette impasse juridique dans laquelle se sont enfermés les votants eux-même. Sinon il peut y avoir un dossier tous les 15 jours. Ou alors la Commission prononce un non lieu global, mais ça n'empêchera pas de nouveaux dossiers surprises d'arriver bientôt ... Impasse ... Ou noyade par overdose ...

 

Lubna Benaïssa: un mandat d'arrêt.

Un suspect qui s'était trouvé des témoignages de complaisance, semble-t-il, vient d'être mis en accusation par le juge d'instruction de Neufchâteau.

 

Le 11.12.1996

Auditions devant  la commission.

33. M. Christian DUBOIS, inspecteur au SGAP

34/1. M. Thierry MARCHANDISE, procureur du Roi à Charleroi
20/2. Mme Laurette FAVARO, substitut du procureur du Roi à Charleroi
35. Mme Marianne ROBERT, premier substitut du procureur du Roi à Charleroi
36/1. Mme Viviane TROCH, substitut du procureur du Roi à Charleroi


Dallas-sur-Sambre: Di Rupo - JP Grafé

Compromis politique dans l'affaire DI Rupo qui croule sous les on-dits, les témoignages anonymes, des plus sérieux. Compromis majorité contre opposition, socialistes contre chrétiens, ...
Les scénarios oscillent entre un renvoi pur et simple en Cours de Cassation et un non lieu, temporaire, en attendant les autres dossiers. Une pression en tout cas difficilement supportable au milieu de dossiers sociaux importants à gérer par le Ministre. La Commission spéciale de la Chambre y a passé la soirée jusqu'à minuit et une grosse APM sans décider.

Deux dossiers sont en cours mais deux autres semblent devoir suivre. L'affaire est rendue impraticable par des lois trop vite votées il y a 6 mois.
Les hauts magistrats jouissent d'ailleurs, et en remettent, pour une fois qu'ils peuvent profiter du désarroi du législatif et leur faire la leçon après quelque mois de mise en accusation ...

Pour JP Grafé, l'affaire est plus claire. Il y a des motifs sérieux d'inculpation (c'est à dire d'approfondissement du dossier, les Français diraient mise en examen)! Sa démission était probablement une parade de juriste (il est docteur en Droit). En démissionnant, il n'est plus ministre, donc la loi sur l'inculpation des ministres ne le concerne plus et il passera comme tout le monde en correctionnelle après levée de son immunité parlementaire.

Mais le feuilleton va probablement continuer ... Pas passionnant en plus, sauf pour la définition d'homme libre sur laquelle il faudra peut-être revenir.

 

Confirmation du dessaisissement du juge Cornerotte

C'était largement joué d'avance, c'est sans surprise que les familles entendent la confirmation du dessaisissement du juge Conerotte par la Cours de Cassation. On pense à la juridiction européenne, mais sans espoir !

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12/12/96

Di Rupo: blanchi par une solution politique !?

C'est ce que l'opposition dit. Certaines personalités très appréciées montrent elles leur satisfaction de voir l'honneur d'un homme rétabli. En tout cas, majorité contre opposition, la Commission Spéciale chargée de juger le cas Di Rupo a décidé d'un non lieu. Mais une loi sera votée, avec 160 ans de retard pour combler le vide juridique de la façon de mettre un ministre en accusation. Dorénavant il n'y aura plus besoin du passage obligé par la Chambre pour ouvrir et instruire une affaire à charge d'un Ministre. Alors Elio Di Rupo sera-t-il rattrappé par la nouvelle procédure ? On verra.
Les libéraux et les écolos parlent de sauvetage politique du gouvernement Dehaene au détriment d'un dossier qui aurait être traité en droit.
Cette nouvelle loi ne prévoit pas le sort des ministres régionaux. L'opposition propose de leur appliquer la même loi. C'est quand même la moindre des choses: quant à boucher un vide juridique aussi flagrant, pas la peine de le boucher à moitié.

 

Marche Blanche et Comité blancs

Décidemment la Marche blanche fait des petits, dans un contexte de mobilisation citoyenne. Priorité à la sécurité et au respect des enfants. Mais on sent bien que derrière, se cache une réaction bien plus fondamentale. La méfiance envers les institutions, le manque de crédibilité de la classe politique et la volonté de réfléchir ensemble, dans une structure, à la façon de vivre enfin un peu mieux.

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Le 16.12.1996

 

Auditions devant  la commission.

37/1. Mr Jean LAITEM, commissaire principal à la police judiciaire de Charleroi
25/2. M. Guido VAN RILLAER, adjudant au BCR

24/2. M. René MICHAUX, maréchal des logis-chef à la BSR de Charleroi
38. M. Daniel DELPIERRE, premier maréchal des logis à la BSR de Charleroi

 

Le 17.12.1996

 

Auditions devant  la commission.

39/1. Mme Martine DOUTREWE, juge d'instruction à Liège
40/1. M. Charles HOMBROISE, premier substitut du procureur du Roi à Liège

Confrontations entre :
- Mme Martine DOUTREWE (39/1) et M. Daniel DECRAENE (23/2)
- Mme Martine DOUTREWE (39/1), M. Georges PYL, vice-président du Comité P (41) et M. Valère DE CLOEDT, membre du Comité P (42).

 

Le 18.12.1996

 

Auditions devant  la commission.

43/1. M. Jean-Marie GILOT, adjudant, commandant de la brigade de gendarmerie de Grâce-Hollogne
44/1. M. Daniel LAMOQUE, commissaire principal à la police judiciaire de Liège

45/1. M. Jean LESAGE, adjudant à la BSR de Seraing

*
* *

Confrontations entre :
- Mme Martine DOUTREWE (39/2) et M. Jean LESAGE (45/1)
- Mme Martine DOUTREWE (39/2), M. Jean-Marie GILOT (43/1), M. Daniel LAMOQUE (44/1) et M. Jean LESAGE (45/1)
- Mme Martine DOUTREWE (39/2), M. Jean-Marie GILOT (43/1), M. Daniel LAMOQUE (44/1), M. Jean LESAGE (45/1), M. Ch. HOMBROISE
(40/2) et M. Bernard LESAGE (46), greffier au tribunal de première instance de Liège


Le mercredi 18 décembre 1996
Confrontation historique à la Commission d'enquête

 

Il s'agit réellement, à notre connaissance, d'une première mondiale. Même aux USA , lors d'audition de témoins devant une Commision d'enquête publique de la Chambre des Représentants , un juge d'instruction fédéral n'a eu à être confronté aves ses propres enquêteurs qui sont censés accomplir les devoirs d'investigation qu'il prescrit et pour lesquel ils doivent impérativement lui rendre compte.
C'est ce qui s'est passé ce mercredi soir 18 décembre 1996, sur la seconde chaîne de télévision belge retransmettant, en direct, les interrogatoires des témoins. On sait en effet que depuis le 21 octobre 1995, une Commission spéciale de la Chambre des députés belges, investie par la Constitution au titre de JUGE D'INSTRUCTION, enquête sur les dysfonctionnements qui se sont produits à tous les niveaux lors de l'enquête qui a suivi la disparition de Julie et Mélissa le 24 juillet 1995 et dont les corps ne furent retrouvés que 14 mois après , le 17 août 1996, après avoir été séquestrées pendant plusieurs mois.
On sait à présent qu'elle sont mortes de faim dans leur horrible geôle pendant que Marc Dutroux était arrêté, dans le cadre d'une affaire de vol de voitures, le 7 décembre 1995 et que la gendarmerie a eu l'occasion, les 13 et 19 décembre 1995, de perquisitionner la demeure où la geôle était aménagée et ne la découvre pas alors qu'ils entendent des voix d'enfants. Lorsque Marc Dutroux sera libéré de sa détention préventive en févier 1996 et qu'il réintégrera son domicile, il retrouvera les deux fillettes mortes de faim et les enterrera dans le jardin.
Il s'avère donc, qu'il eut été possible de retrouver les deux fillettes vivantes déjà trois semaines après leur enlèvement si les détails précis de la piste Dutroux, sur laquelle travaillait la gendarmerie dans le cadre de deux opération nommées Othello et Décime , avaient été communiqués à la juge d'instruction Martine Dutrèwe. Déja le jour avant, interrogée pendant six heures et confrontée à un officier supérieur de la gendarmerie, le major Decraene, la juge avait accusé la gendarmerie de rétention d'informations et d'avoir voulu jouer cavalier seul sans le secours de la magistrature. Reconvoquée ce jour, pour être mise en présence de l'enquêteur de la gendarmerie, la juge reconfirme formellement n'avoir pas été informée de ces détails précis, et la gendarmerie, en l'occurrence l'adjudant Jean Lesage qui travaillait avec elle dans le cadre de l'enquête de recherche prétend le contraire.
La confrontation qui a eu lieu mercredi après-midi 18 octobre 1996, en trois vagues successives et qui s'est prolongée la nuit jusqu'à 1h15 , a rassemblé en finale les six personnes qui sont au coeur du dysfonctionnement. Cette confrontation n'est pas permis, au grand dam du président de la Commission, Marc Verwighem, de définir qui mentait : la juge ou l'adjudant de gendarmerie ? Au plus fort de la confrontation, c'est à dire entre 23h et minuit, l'audimat renseignait 525.000 postes de télévision branchés sur la chaîne, ce qui fait dire que facilement un million de belges (en ne comptant que 2 spectateurs par poste) ont suivi en direct les travaux de la Commision, devant laquelle un juge d'instruction a été amené à devoir jurer devant la Belgique entière de dire la VERITE : et ça c'est une première mondiale !

Encore une folle journée pour les commissaires de la commission parlementaire

La Commission entendait aujourd'hui M. Gillot (gendarmerie Grâce Hologne), Daniel Lamoque, PJ au Parquet de Charleroi, chef d'enquête. Puis à partir de 20h M. Lesage, coordinateur de l'enquête côté gendarmerie de Grâce-Hollogne, mais intégré à l'équipe des enquêteurs du parquet. (double casquette).
Des discordances fondamentales apparaissent entre gendarmerie (Lesage) et parquet (juge d'instruction Doutrèwe) sur despoints capitaux qui sont:

 

    1. La Juge Doutrèwe a-t-elle été mise réellement au courant des informations complètes et cohérentes concernant Dutroux. Pour elle non, pour la gendarmerie de Grâce Hologne, oui, verbalement. Ce qui en soi est déjà un aveu de rétention d'informations, quelles que soient les expliquations formellement "expliquables" de Lesage.
    2. Qui a fait supprimer d'un projet de procès verbal, au cours d'une réunion de coordination, les mots "et notamment de Julie et Mélissa" lorsqu'on parlait en général du suspect Dutroux à propos d'enlèvement d'enfants. la juge d'Outrèwe pour ne pas reconnaître par écrit qu'elle était au courant ou la gendarmerie pour ne pas reconnaître implicitement avoir négligé antérieurement de transmettre plus d'information ?

     

Le président Verwilghen à donc procédé à une confrontation publique à 23h50, faisant appeler la juge Doutrèwe de Liège, et M; Gillot, supérieur de Lesage et M; Lamoque chef d'enquête de Liège, tous deux gardés isolés à la disposition de la commission depuis leur audition ce matin et cet APM.
Chacun restant sur ses positions, Gillot ne pouvant plus affirmer avoir été présent à l'une des réunions litigieuses et Lamoque allant dans le sens de la juge Doutrèwe.

On en est là ce soir et la commission vient d'ordonner de faire amener le huissier de Mme Doutrèwe qui pourrait (pas prouvé) être témoin, et le premier substitut du procureur de Liège qui assistait à la dite réunion.

Ce qui semble maintenant prouvé c'est que les informations sont très bien passées de Charleroi et du BCR vers Grâce Hollogne. M. Lesage était parfaitement au courant des soupçons qui pesaient sur Dutroux, y compris ses antécédents judiciaires, et l'opération de surveillance "Othello" initiée par Charleroi. Il était par conséquent au courant que jusqu'alors, les surveillances et plus tard les perquisitions Dutroux s'étaient révélées négatives. De là a en tirer la conclusion que le juge Doutrèwe a été volontairement laissée dans l'ignorance ou mise au courant très partiellement en lénifiant la réalité Dutroux ...

p

 

19/15/96 p

La folle journée de la commission parlementaire

Y-en-a qui sortent des adjectifs "historique..., ". faut pas pousser. Il est vrai que 525.000 téléspectateurs belges francophones ont veillé tard hier, et je croyais être un des rares. Celui qui zappait est resté rivé sur les travaux de la commission, avec Lesage comme vedette. Il n'aura guère de mal à se recyclé, même s'il dit la vérité. Car ne croyez pas que les choses soient aussi simples que noir ou blanc. On fait dans les demis-tons et la latitude d'interprétation.
De toute évidence la gendarmerie n'a pas lourdement pesé sur le suspect Dutroux face au Parquet de Liège, c'est évident, puisqu'aucun écrit n'est là pour le prouver. Alors ... que s'est-il dit oralement, jusqu'à quel point ?
La juge Doutrèwe était-elle vraiment au courant de l'importance du suspect Dutroux. Probablement non, même certainement. Aurait-elle fait mieux ? Elle aussi peut s'offrir maintenant le luxe de réécrire l'histoire à sa façon.

Mais d'autre part, pourquoi intervenir dans un projet de procès verbal, qui relate des faits de plus d'un an. Pourquoi si tard, pourquoi à l'unanimité des témoins, avoir fait modifier des termes ? (Là tout le monde est d'accord, pas un ne s'y oppose, seule l'interprétation de la motivation supposée diverge !) Pourquoi un procès verbal si tardif, comme si tout le monde se sentait un peu coupable et empressé de se dégager par un procès verbal truqué, 1 an après les faits ? Doutrèwe, en partie coupable d'omission, tentant de monter une dernière pièce quand Julie et Mélissa sont retrouvées, mortes ? Pourquoi ? A sa place j'éviterais un sourire trop triomphant au terme de la confrontation.

Un fax clair et précis aurait évité toute confusion. Donc la gendarmerie a bien fait en sorte de ne pas mêler le Parquet de Liège à Son Dossier Othello. C'est clair.
Initiaitve personnelle du gendarme Lesage de Grâce-Hologne, qui de toute évidence ne peut pas blairer les PJistes de Liège, et semble-t-il guère contré par son chef hiérarchique Gilot, qui a l'amnésie facile et providentielle ... Conseils discrets de la hiérarchie, voilà la vraie question, pour ce point.

Car il y a d'autres points. Pourquoi Charleroi, convaincu de la piste Dutroux a-t-elle été mise en échec ? Les petites Julie et Mélissa, mortes dans leur tête, restait le temps de patiemment piéger Dutroux et toute la structure pédophile derrière. Changez d'hypothèse et vous changez le problème posé. Pour comprendre, ne pas refaire l'histoire en marche arrière.

Bref, jusqu'au 6 janvier, date de la prochaine réunion de la Commission, ça va carburer. Car comme dirait Patrick Moriau PS, vice-président, c'est un énorme puzzle, mais hier et cette nuit, on commence à repérer une structure, un sens,

A voir la constance, l'intérêt, et l'implication personnelle des commissaires, on arrivera à la vérité, et à une conclusion. Ebranlé, selon ses propres termes, Marc Verwilghen aura prouvé qu'on a eu raison de le nommer président de la commission. Et il a toute les chances de refaire un jour surface. On n'oubliera pas.

Si on a pu croire que c'était du beau spectacle, par les révélations, les personnalités des enquêteurs et des témoins, reconnaissons aussi que c'était de la belle démocratie. C'est pas tous les jours Noël. Merci à la ténacité des parents.

 

22/12/96 p Décidemment les parents Russo et Lejeune ne ratent pas un dimanche. Ils étaient ce midi les invités de "Controverses" sur RTL. A retenir, la dent contre la juge Doutrèwe. Qui, tout sourire, tout triomphe, a peut être berné son monde, doute que je partage. Mais les enquêteurs de la commission, invités eux aussi, ne semblent pas perturbés par des impressions et ont conscience que le jeu n'est pas binaire, les méchants et menteurs d'un côté, les bons et naïfs de l'autre.
Mais ce que les parlementaires ont admis à l'unanimité (ils étaient quatre, PS, PRL, Ecolo) c'est que des enquêtes discrètes mais continues scrutent leur vie privée pour les décontenancer et réduire leur influence. Des faits graves, concèdent-ils...

Si aucune information ne nous parvient de Jumet, pas loin de là à Sart-la-Buissière, de triste réputation puisque c'est là qu'on a découvert Julie et Melissa, nouvelles marches blanches, réunissant 1500 personnes. Avec l'appui des marcheurs de Merbes-le-Château.

 

23/12/96 13 perquisitions visant à contrôler des données de base du témoignage de X1 et inculper les suspects du meurtre de C. Van Hees étaient prévues par l'antenne de Neufchâteau: le plan n'a jamais été exécuté.

LE 23 DÉCEMBRE '96' TREIZE PERQUISITIONS SONT PRÉVUES
Par Anemie Bulté et Douglas de Coninck

Le 23 décembre, l'antenne Neufchâteau de la gendarmerie avait prévu une série de treize perquisitions à travers tout le pays. Le plan n'a jamais été exécuté, et après coup, on le déplora. Contrairement aux bruits qui ont circulés à l'époque dans les milieux policiers et judiciaires, il n'a à aucun moment été question d'arrestations dans les "milieux haut-plaçés". Le but de l'opération consistait principalement à contrôler quelques données de base du témoignage de X1 et a mettre sur la sellette des suspects dans l'affaire du meurtre de Christine Van Hees.

X1 prétend que lorsqu'elle avait quatorze ans, elle a accouché d'un enfant et que celui-ci a été tué "pour le plaisir" dans le cadre d'un réseau. X1 a désigné des gens qui la connaissaient avant et qui peuvent témoigner de l'existence éphémère (cinq mois) de l'enfant: des voisins ou d'autres personnes qui ont dû voir l'enfant. X1 prévoyait toutefois "que ces gens ne voudraient certainement pas parler". Grâce à une action-éclair à l'échelle de tout le pays, on espérait faire la lumière sur l'affaire. On comptait que pour peu que l'histoire tienne, au moins une personne parlerait. A l'audition d'anciennes amies d'X1, il était déjà apparu que des choses graves s'étaient passées chez elle. Dans le quartier oú elle avait passé son enfance, peu de gens semblaient être prêts à collaborer avec l'enquête. Cela allait même si loin que les enquêteurs du 3e SRC entrèrent en conflit avec la police communale de l'endroit. [NdT: Knokke]

Lorsqu'en décembre 1996, le parquet de Neufchâteau, au milieu d'un immense tapage médiatique, entama les fouilles dans l'ancienne mine de charbon de Jumet et fit une descente dans la secte satanique Abrasax, il apparut à beaucoup d'observateurs que l'enquête était complètement à côté de la plaque. C'était donc ça la grande action spectaculaire sensée semer le désordre jusque dans les cercles du pouvoir?

La perte de prestige de Neufchâteau ne resta pas sans conséquence et contribua à la disqualifacation du dossier 96/109 (déclarations des témoins X). Dans les discussions sur l'affectation des hommes et des moyens, on fit des gorges chaudes sur Jumet et Abrasax plutôt que de réfléchir à la suite à donner aux informations de X1.

Grâce au travail d'investigation d'une équipe de jeunes gendarmes, on découvrit le 5 mars 1997 à Ixelles le corps de Loubna Bena‹ssa.résultat: la haute hiérarchie de la gendarmerie apparut en grande partie dédouanée dans le rapport de la commission Verwilghen en ce qui concerne les anciennes enquêtes sur Dutroux. Après qu'on eût dit pendant des mois aux interrogateurs de X1 qu'ils étaient "la bouée de sauvetage" pour une hiérarchie de la gendarmerie bien compromise, tout-à-coup, ce n'était plus le cas. Le plan d'action du 23 décembre prit de l'ampleur au mois de février; on parla d'une série de 47 descentes (et il n'était toujours pas question d'importuner des notables). Il y eut entretemps tant de nouvelles pistes qu'on pensait que la grande opérations apporterait une réponse définitive sur la valeur du témoin X1. Le commandant Jean-Luc Duterme, qui fin '96 fut nommé à la tête de l'antenne de Neufchâteau fit retravailler le plan des 47 descentes jusqu'à obtenir un scénario minimaliste avec deux perquisitions. Finalement, une seule fut entreprise: chez X1 elle-même. Elle ne livra pas la moindre indication sur la combine qui selon certain devait être à la base de ses déclarations. En attendant, néanmoins, presque toutes les enquêtes basées sur le dossier 96/109 ont été mises en veilleuse.

 

Décembre 96 fouilles dans l'ancienne mine de Jumet + descente chez Abrassax.
Fin 1996 > réouverture du dossier C. Dellaert auprès du parquet de Gand;

> Duterme, commandant de la gendarmerie est nommé à la tête de l'antenne Neufchâteau de la 3è SRC.

 

Lundi 30 décembre 1996
Les fouilles entreprises à Jumet depuis le 11 décembre 1996 sur le carreau de la mine Saint-Louis n'ont toujours rien donné. C'est suite à des déclarations des inculpés (Dutroux et sa compagne) que les enquêteurs pensent trouver dans les galeries de cette ancienne mine de charbon à fleur de terre, exploitée depuis plus de 200 ans et ayant de nombreuses ramifications donnant autrefois dans des maisons environnantes que les enquêteurs pensent pouvoir découvrir une cache ayant servi de geôle à des enfants enlevés. Tous les jours les médias (journeaux et télévision) entretiennent le suspense d'une découverte imminente.
Il faut dire que de grands moyens techniques ont été mis en oeuvre -pelleteuses et excavatrices- et qu'une cinquantaine de personnes : gendarmes, volontaires de la protections civile et spéléologues professionels travaillent chaque jour depuis lors sur le site, dans des conditions climatiques extrêment pénibles. On avait mis beaucoup d'espoir dans la découverte d'un mur récemment maçonné dans une très ancienne cave, mais son percement au marteau piqueur n'a donné, dimanche 29 décembre, que sur des éboulis. Malgré cette déconvenue, les fouiles continueront encore durant cette semaine qui débute.

30 Septembre 96 - INTERNATIONAL - Brèves

Soutien aux magistrats de l'affaire Dutroux.

Environ un millier de personnes ont manifesté dimanche à Anvers pour exprimer leur soutien aux magistrats chargés de l'affaire du pédophile Marc Dutroux et menacés de dessaisissement par la justice belge. Plusieurs parents d'enfants disparus en Belgique ont participé à la manifestation, devant le palais de justice d'Anvers. Ils ont demandé le maintien au parquet de Neufchâteau de l'instruction en cours sur les crimes de Marc Dutroux. La Cour de cassation belge doit se prononcer cette semaine sur une demande de dessaisissement du juge d'instruction de Neufchâteau, Jean-Marc Connerotte, déposée par l'avocat de Dutroux. Ce dernier reproche au juge Connerotte et au procureur Michel Bourlet d'avoir participé à un dîner en présence de deux adolescentes enlevées par Dutroux et libérées le 15 août, et dont les familles se sont portées parties civiles dans l'affaire. La Belgique, craint de voir l'affaire Dutroux étouffée par un dessaisissement des magistrats de Neufchâteau. (Source :

http://www.humanite.presse.fr/journal/1996/1996-09/1996-09-30/1996-09-30-060.html

Début 1997 > l'ex-épouse de Dutroux confirme qu'il se rendait souvent aux patinoires de Woluwe-St-Lambert et de Forêt et passait souvent ses week-end à Bruxelles;

> Fabienne K. reconfirme son témoignage.

 

06/01/97 source p

Commission Dutroux: jusqu'au 15 mars

La Commission voit son mandat prolongé jusqu'au 15 mars. Elle a établit aujourd'hui son calendrier et débattu à huis clos des pressions dont sont l'objet certains commissaires. Notamment Moreau, Moriau, Herzet, etc...
On rappelle que la gendarmerie ne peut établir de dossiers sur des personnes sans indices sérieux d'infraction.
On parle de campagne de lettres anonymes, d'enquêtes parallèles, de pressions, d'écoutes téléphoniques. La commission prend ces éléments au sérieux et déclare qu'elle fera son boulot sans tenir compte de ces pressions.
Demain, audition de deux maréchaux de logis, sur l'affaire d'Obaix et surtout de Michel Bourlet, procureur du Roi à Neufchâteau.

 

Le 07.01.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

47. M. Daniel ZAMPONI, premier maréchal des logis-chef à la BSR de Charleroi
48. M. Michel BOURLET, procureur du Roi à Neufchâteau
49. M. Daniel DE THUIN, adjudant-chef, commandant de la brigade de gendarmerie de Pont-à-Celles
34/2. M. Thierry MARCHANDISE, procureur du Roi à Charleroi


Commission Dutroux: déjà des heures supplémentaires

On ne chôme pas au Parlement du côté de la Commission sur les disparitions d'enfants. Ils ont le mors aux dents et veulent aller jusqu'au bout et vite, et on prend la décision d'entendre (réentendre) Thierry Marchandise, procureur du Roi à Charleroi à 10 heures du soir. Ils me plaisent de plus en plus ces parlementaires. Enfin un peu de vent frais ! et l'impression qu'on fait un boulot efficace. Merci Monsieur Verwilghen.
Ils ont entendu depuis ce matin deux maréchaux du logis (des gendarmes quoi !) sur les faits d'Obaix, cette jeune fille violée et égorgée (mais rescapée) qui en décembre 95 donnait aux enquêteurs une occasion en or pour perquisitionner les domiciles de Dutroux, avec pour ordre de mission "violence, séquestration et enlèvement d'enfants", ce qui aurait peut-être changé beaucoup de choses et, moyens appropriés aidant, découvrir encore vivantes Julie et Melissa. Car dans cette affaire d'Obaix, on ne semble pas avoir insisté, et le dossier a été classé bien vite semble-t-il, d'où curiosité saine de la commission, Dutroux était-il protégé ? CQFD, ce qu'il FAUT démontrer.
Le Procureur du Roi de Neufchâteau, Michel Bourlet faisait aussi partie des témoins cette APM. Mais à huis-clos. On ne va donc pas broder, on ne sait rien. Mais nul doute qu'il aura éclairé les commissaires sur des pratiques douteuses dans les relations triangulaires, parquet (justice), gendarmerie, politique.
On continue demain.

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Le 08.01.1997

Auditions devant  la commission.

50. M. Jacques SOMVILLE, substitut du procureur du Roi à Charleroi
51. Mme Dominique ETIENNE, juge d'instruction à Charleroi
37/2. M. Jean LAITEM, commissaire principal à la police judiciaire de Charleroi

52. M. Alain LEMASSON, colonel, commandant du district de gendarmerie de Charleroi
29/2. M. Jean-Pol LEGROS, commandant à la gendarmerie de Charleroi
53. M. Daniel MARLIERE, substitut du procureur du Roi à Charleroi
54/1. M. Didier SCHOT, commandant à la gendarmerie de Charleroi

Par ordonnance du 8 janvier 1997, Mme J. Closset-Coppin, premier président de la cour d'appel de Bruxelles a désigné M. le conseiller Etienne Marique aux fins :
- de vérifier si des systèmes d'écoutes téléphoniques ont été mis en place sous mandat, notamment dans la région de Charleroi;

- d'examiner la lettre anonyme reçue par un membre de la commission et l'information selon laquelle un des clients de celui-ci aurait été entendu sur des relations avec lui-même en tant qu'avocat;

- de vérifier si des services de police interrogent de jeunes toxicomanes afin de les amener à faire les déclarations à charge des hommes politiques.
5. Par ordonnance du 21 janvier 1997, Mme J. Closset-Coppin, premier président de la cour d'appel de Bruxelles, a désigné M. le conseiller Etienne Marique aux fins :
- de vérifier si les bandelettes relatives à la réception des fax et conservées au BDR (Bureau de documentation régional) de la gendarmerie de Charleroi, ont disparu pour les mois de juillet et d'août 1995;
- de procéder à la saisie :
* des documents relatifs à l'enquête " Julie et Mélissa " qui se trouvaient à la brigade de gendarmerie de Grâce-Hollogne ";
* des " carnets de notes " de trois gendarmes.


Commission Dutroux: Des téléphones pour la Justice

La commission recevait aujourd'hui les acteurs de la police judiciaire et de la gendarmerie de l'affaire d'Obaix (voir hier).
Le but: comprendre pourquoi le fou Dutroux n'est pas sorti du chapeau et pourquoi l'enquête a été aussi vite enterrée.
Des négligences graves sont apparues, mais dans le fond, tout le monde fait son boulot. C'est comme un grand puzzle où chacun possède les morceaux, mais personne n'est là pour les rassembler, ou plutôt, personne n'a vraiment envie de les rassembler. Fonctionarisme, petit train train quotidien, ... la commission s'interroge sur le fonctionnement et tous les commissaires ne sont pas convaincus d'un complot tendant à protéger Dutroux. Il a semble-t-il été protégé par un manque général de motivation et de pratiques bizarres, comme de rendre à son propriétaire des objets importants saisis à une perquisition, sans que la présence de ceux-ci soient notés dans un procès verbal. ???

La commission travaille encore tard et ne néglige aucun témoignage.

Mais le problème chronique de la mauvaise communication est partout présent, comme si chacun dans son bureau feignait d'ignorer le rôle des autres. Chacun pense qu'un autre se sera bien chargé de communiquer les renseignements, c'est ainsi que des dossiers aussi clairs à postériori que celui de Dutroux échappent à la vigilance ordinaire. Il faudra vraiment leur apprendre à se servir d'un téléphone !

 

Le reste de l'actualité

Des policiers et un inspecteur de la PJ (de Charleroi) auraient été membres de la secte satanique Abrasax. Quand on sait que Nihoul avait là des entrées et qu'on "préparait" des rituels "symboliques" de sacrifice de jeunes vierges, on a reste le souffle coupé. Un policier est toujours pour l'instant trésorier de l'"association". On rêve. On délire ...On cauchemarde.

A Jumet on fouille, on retourne, on explore. C'est un vrai chantier avec bulldozer, grue, spéléologues, ... mais toujours rien, rien, pas le plus petit des indices. On sent quand même petit à petit leur conviction faiblir. Et si on les avait menés en bateau ?

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10/01/97 source p

Les promesses de Jean-Luc Dehaene: le point

Les famille ont donc rencontré le premier De Haene et le Ministre de la Justice, dans une ambiance très détendue. Jean-Luc a exposé l'état des efforts entrepris pour améliorer la Justice et notamment une meilleure aide aux victimes et un meilleur équilibre entre les droits des victimes et ceux des inculpés. Les famille semblent satisfaites de l''état d'avancement, reconnaissant qu'il faut du temps. Seul Monsieur Marchal (An) semble se méfier des "politiciens".

 

Assises de la démocratie

Sous la houlette de Langendries, CVP, président de la chambre, les partis se sont réunis pour une nouvelle scéance de travail. Le VLB a boudé la réunion (suite à l'affaire Di Rupo). On ne sait pas grand chose des débats, sauf que tout le monde s'accorde pour confirmer la volonté d'aboutir. Retenez cette phrase, elle sort depuis 30 ans et à gardé toute sa fraîcheur. Il y a des expressions bien rondes à retenir si vous entrez en politique.

 

Le 13.01.1997

 

Auditions devant  la commission.

55/1. Mme Rosa Anna FRAGAPANE, greffière au tribunal de première instance de Charleroi
28/2. M. Alain BAL, capitaine à la gendarmerie de Charleroi
56. M. Valéry MARTIN, maréchal des logis à la BSR de Seraing
21/2. M. André-Jules LORENT, juge d'instruction à Charleroi
24/3. M. René MICHAUX, maréchal des logis-chef à la BSR de Charleroi
45/2. M. Jean LESAGE, adjudant à la BSR de Seraing

Confrontations entre :
- M. André-Jules LORENT (21/3), M. René MICHAUX (24/3) et Mme Rosa Anna FRAGAPANE (55/1)
- M. Jean LESAGE (45/3) et M. René MICHAUX (24/3)
- M. André-Jules LORENT (21/3), M. René MICHAUX (24/3), Mme Rosa Anna FRAGAPANE (55), M. Philippe DE WINDT (57/1), inspecteur à la police communale de Charleroi et Mme Viviane TROCH (36/2)


Commission Dutroux: 15 heures de travail !

Ils sont fous ces Romains ! La journée commence à 10 h et se termine le lendemain vers 1h30. Sur la sellette, ce lundi, le juge Lorent du Parquet de Charleroi, le chef Michaux de la gendarmerie de Charleroi, la greffière Fragapane, Madame Tracht, procureur du Roi de Charleroi.
Il ne fait plus aucun doute aujourd'hui que l'opération Othello a été montée dans le but de rechercher des indices sur les enlèvements de Julie et Mélissa d'abord, sur la séquestration d'autre adultes ou adolescents ensuite, et enfin pour cerner la personalité de Dutroux. On inverse donc les objectifs par rapport aux déclarations passées qui faisaient de Julie et Mélissa, un aspect "négligeable" des investigations.
Cette certitude dans l'esprit des commissaires, restait à faire dire au juge Lorent qu'il était au courant des buts précis des mandats de perquisition des maisons Dutroux qu'il a signé fin décembre 95 (rappelons qu'à ce moment les deux petites filles étaient bien là, en vie). Il reste sur ses affirmations, même en confrontation avec tous les autres témoins qui affirment le contraire. "La seule explication du fait que je n'ai aucune souvenance qu'on ait parlé de Julie et Mélissa, vient peut-être de ce que je me suis absenté de la réunion pour aller faire des photocopies ..." déclare-t-il...Et il ajoute, et ce n'est pas sans importance: "Si les enquêteurs m'avaient averti avec loyauté de ce que les vols Dutroux étaient le prétexte à investiguer dans la piste Julie et Mélissa, je n'aurais certainement pas signé ces mandats et aurais renvoyé tout le dossier au parquet de Liège, à madame Doutrèwe".

D'autre part, le chef René Michaux, avoue ne pas avoir fait, après la perquisition, un procès verbal à destination de Doutrèwe, reprenant les indices et soupçons à sa connaissance. Il affirme que ce n'était pas un ordre militaire, et n'a effectivement pas été inquiété par sa hiérarchie de ce manquement. Il affirme que Lesage de la brigade de Liège (Seraing) lui aurait "conseillé" de ne pas établir ce PV, car "Madame Doutrèwe n'est pas chaude pour la piste Dutroux qu'elle croit suivie par Charleroi". Lors de la confrontation, Lesage nie avoir tenu ces propos.

Troisième point central des interrogatoires, le fameux speculum (instrument d'examen gynécologique) découvert à l'occasion des perquisitions chez Dutroux. Alors que des objets (comme toute une liste de médicaments, avec nombre exact de gélules) sont répertoriés, le speculum, (objet quand même peu courant dans les inventaires familiaux, cherchez l'objet incongru ...) échappe à la liste remise au juge Lorent qui signe quelque temps plus tard la restitution des objets non significatifs pour l'enquête (vol dans son esprit), et cela explique la restitution du speculum à Madame Dutroux (Martin). La greffière Fragapane dit, avec des mots qui expriment assez bien sa conviction, que le spéculum a fait l'objet d'une information orale au juge Lorent qui n'a pas trouvé sa présence bizarre (toujours dans une affaire de vol) et ne s'est pas plus étonné de ne pas le voir dans l'inventaire. Qu'il n'a sans doute pas lu, 1000 (mille) dossiers étant traités cette année là, et se reposant tuojours sur la loyauté des enquêteurs qui ne semblent pas, de son point de vue, avoir beaucoup insisté sur cette présence incongrue.
Lesage, cette APM de la perquisition est invité à Charleroi pour jeter un coup d'oeil sur les objets saisis, constate la présence de fioles brunes qu'il soupçonne, sans même les avoir ouvertes, d'être du chloroforme, mais n'a pas vu le spéculum. Monsieur Lesage ne fera pas rapport oral de cette perquisiton à la juge Doutrèwe parce que les perquisitions sont faites sous l'objet vol et que la juge ne veut pas être polluée par des dossiers trop lointains avec l'enlèvement Julie et Mélissa
A ce stade, le spectateur qui suit à la TV les débats, à l'impression de nager en plein délire. Car chaque fois, qu'à un moment de l'enquête, l'étincelle aurait pu se produire, un deus ex machina s'ingénie à faire dévier le raisonnement vers des cul-de-sac stériles.

Or c'est justement l'objet l'objet des interrogatoires de ce mardi, concernant l'"équipe" liégeoise, Lesage, gendarme, Delanoque, PJ, Doutrèwe juge d'instruction. Cerner au plus près les informations que Charleroi a fait suivre et détecter si bloquage il y a eu. De la part de Charleroi ou de la part de Lesage, peut-être habilement manipulé par le BCR (Bureau Central de Renseignement de la gendarmerie). Quoique Lesage ne paraisse pas homme à être manipulé, contrairement peut-être au chef Michaux, qui sous des airs de brave homme, ne semble pas maîtriser l'enquête du côté Charleroi, avouant même ne plus trop savoir à qui faire rapport du côté hiérarchie.

Après trois confrontations qui impliquent d'emmener des personnes, sur le champ, de Charleroi, sans que la vérité claire et limpide n'apparaisse, mais sans non plus qu'on puisse discerner de mensonges flagrants, tout étant emballé dans d'inperceptibles nuances des expressions orales, le Président de la Commission Verwilghen, sans doute exténué par 15 heures d'audition et d'interrogatoire, lève la scéance vers 1h30 du matin. Ils ont déjà repris leurs travaux ce mardi matin à 10 heures. Heureusement que les commissaires ne sont pas syndiqués !

Si aucune machination n'est découverte, avec pour mobile, soit des protections Dutroux dans les cercles de la gendarmerie ou de la magistrature, soit un souci, pour un corps, de se glorifier de la découverte de l'énigme Julie et Mélissa, alors il faudra conclure à quelque chose de tout aussi grave finalement, c'est que la Justice, (la PJ, et dans une certaine mesure la gendarmerie, dans son orbite) souffre d'un mal endémique et gravissime et qu'elle faillit régulièrement à sa mission en "fonctionnant" tout simplement, sans grande compétence, sans feu sacré, sans temps nécessaire, sans réflexion mûre, sans soucis d'efficacité, sans génie, sans humanité pour les victimes, et sans doute sans grand souci de justice, à charge et à décharge, pour les inculpés. Quand on sait que la Démocratie est garantie par une justice efficace, sereine et équitable, il y a de quoi avoir des frissons.

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Le 14.01.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

45/4. M. Jean LESAGE, adjudant à la BSR de Seraing
44/2. M. Daniel LAMOQUE, commissaire principal à la police judiciaire de Liège
39/3. Mme Martine DOUTREWE, juge d'instruction à Liège
58. M. Jean-Luc WILEN, inspecteur à la police judiciaire de Liège


Commission Dutroux: les marathoniens persistent et signent !

Les auditions recommencent à 10h et se terminent à 20 h, quoique d'autres témoins étaient attendus, à moins que cela ne soit à huis-clos, la télé a repris ses émissions normales.
Rien de bien neuf aujourd'hui. On attendait éventuellement du nouveau côté juge d'instruction Doutrèwe, mais la session était bien préparée et rien n'est venu faire avancer la vérité.
Les incohérences, les absurdités, l'absence de communication organisée, à tous les niveaux, donnent une bien piètre idée de nos enquêteurs, on est loin des séries de bravoure télévisées à la Navaro.

Des chefs d'enquêtes tenus à l'écart d'informations pertinentes, Ce que fait Charleroi, dans le cadre précis de Julie et Mélissa n'arrive pas aux oreilles de Doutrèwe et encore moins de Lamoque, chef d'enquête pourtant.
De toute évidence Lesage minimise les suspiscions Dutroux au yeux de Doutrèwe, pourquoi: cavalier seul, ... instructions supérieures... Ils semblent être dans les bonnes grâces du BCR.

De son côté la juge Doutrèwe fait bien trop confiance en ses collaborateurs et a bien peur de prendre de temps en temps le téléphone pour donner des coups de sonde. Elle ne semble pas agir d'initiative mais attendre que des éléments nouveaux apparaissent, par génération spontanée sans doute.

Bref un travail bâclé par tous, sans motivation, sans intelligence, sans initiative, sans que personne ne se sente concerné par l'urgence et l'importance alors que les médias montent déjà l'affaire en épingle, et que deux petite filles, enterrées trop vite sans doute dans l'intime conviction des enquêteurs, souffrent et se meurent enmurées dans une citerne reclassée en cellule sordide. Comment est-ce possible ... Et que faire pour ne plus jamais oublier, pour que plus jamais un enquêteur ne perde de vue l'urgence, même après des mois de disparition.

 

Jean-Pierre Grafé

Levée partielle de l'immunité parlementaire. Il pourra être interrogé uniquement dans le cadre du seul témoignage voulant l'impliquer dans une affaire de mineur (au masculin) à Liège. Deux commissions doivent coup sur coup statuer pour lui, vu qu'il fait partie des deux assemblées et qu'il est deux fois parlementaire. Si ces deux commissions devaient arriver à prendre des décisions différentes, ce serait encore de l'inédit en Belgique !

 

Fouilles à Jumet

La grande entreprise de fouilles archéologiques industrielles se poursuit au pied du terril St Louis à Jumet. Encore une galerie, encore des trous, encore combien ?

 

Pour se détendre

Les tensions continuelles pendant des heures mettent autant les témoins que les commissaires à rude épreuve pour les nerfs à la commission Dutroux.
Heureusement, quelques secondes d'humour viennent remettre les compteurs hors du rouge. Ainsi, à la question du Président Verwilghen à Lesage: "Othello: le nom..., c'est attribué par hasard, ou il y a une méthode ...". Lesage: "non, c'est codé: on commence par la première lettre du mois. Comme on était au mois d'août, ... Othello". Moriau, qui reprend parfois de jolies balles: "Oui, c'est comme pour l'opération zoulou, ... parce que Zeptembre ...".

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Le 15.01.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

43/2. M. Jean-Marie GILOT, adjudant, commandant de la brigade de gendarmerie de Grâce-Hollogne.
59. M. Daniel THONET, premier maréchal des logis à la gendarmerie de Grâce-Hollogne
60. M. Jacques CHANTRY, lieutenant-colonel, commandant du district de gendarmerie de Liège
61. M. Léon GIET, procureur général émérite

16/01/97 source p

La presse renie son contrat de confidentialité

La Nouvelle Gazette et dans une moindre mesure la Dernière Heure rompent le silence accepté dans les fouilles de Jumet. On comprend néanmoins un peu mieux ce qui fait courir les fouilleurs de Jumet. Des témoignages et des présemptions sur un pédophile hutois, la fameuse tierce personne. Une persuisition raménera son flot habituel de cassettes video. Mais il paraît que ce sont des pièces de théâtre en Wallon. Beau sujet pour les spécialistes bruxellois, ça les changera du dernier "Anal Intruder II".
Pendant ce temps les fouilles se poursuivent à Jumet sur le site du Rivage. De galeries en cavités, d'éboulis en caves inondées, la protection civile creuse, s'embourbe.

Pour garder la pression, à Huy justement, nouvelle Marche Blanche réunissant 3000 personnes. Le feu reste intact.
Et le Prince de Mérode, de Rixensart, est condamné aujourd'hui à Nivelles pour pédophilie sur son petit personnel. Mais n'est-ce pas une tradition ?

 

19/01/97 source p

Mais des analyses explosives

Les époux Russo étaient quand même sur RTL ce midi, avec les incontournables Moriau et Jacqueline Herzet. Et le débat était loin d'être rabâché. Un psychiâtre analysait les témoignages des personnes auditionnées et met en évidence le fait que toutes ces négligences, tous ces retards, viennent du fait que les victimes (Julie, mélissa et les autres) étaient supposées mortes, et donc qu'on avait tout le temps de "fonctionner" à son rythme. Ce qui est symptômatique, car finalement, la Justice considère la victime comme en périphérie de son action, elle les tue mentalement parce qu'elles ne sont pas le but du jeu. Une victime dérange le "fonctionnement", ce qui compte c'est de découvrir le coupable, et toute l'organisation autour.
début d'analyse personnelle: Car ce qui est important, c'est de faire fonctionner la société; il faut que l'ordre règne. Quand il y a désordre, il faut y remédier avec efficacité pour que tout rentre dans l'ordre, pour que les fauteurs de désordre soient éliminés. Qu'il y ait des victimes, c'est assez secondaire, c'est déjà trop tard, c'est la deuxième priorité. La Justice n'est en réalité pas là pour secourir les victimes, ce n'est pas son rôle. Son rôle est de punir les coupables et de les mettre hors d'état de nuire pour que l'ordre règne. Ce n'est qu'un éclairage, mais il méritrait d'être approfondi, car alors on se retrouverait dans un mécanisme de droite, qui cautionne et protège l'appareil, même au-delà des lois, en les interprétant et en faisant jurisprudence, c'est à dire en confisquant les prérogatives du législateur. Et pour défendre la vision de la société partagée par une majorité de magistrats, via la filière de formation, via la filière des nominations, par le Troisième Pouvoir. Ainsi cette Justice n'est pas au service des citoyens, mais au service d'un système, de son système de valeur. Et ça ce serait une grave dérive anti-démocratique.

Un deuxième aspect évoqué est l'absence du BCR (Bureau de Coordination des Recherches) dans les intervenants. Chaque fois qu'il en est question, on rappelle que son rôle est de coordonner, or il est flagrant qu'il prend des initiatives. Il est bien connu qu'y travaillent là des analystes criminels et que Dutroux est certainement passé par leurs analyses. Où sont les rapports, où sont les analystes, ... néant, le vide absolu.

Il apparaît que la date déjà reportée au 15 mars ne sera pas tenue. Peut-être y aura-t-il des conclusions provisoires et un deuxième ou troisième tour après. En tous cas, la vérité est difficile à cerner, parce que les débats sont publics et les témoins ont tout le temps de préparer une riposte s'ils sont mis en cause. On doit regarder pas mal la télé dans les palais et les gendarmeries pour l'instant.

 

Le 20.01.1997

 

Auditions devant  la commission.

62. M. Yvon STUAERT, président de la commission administrative de la prison de Mons

63. M. Roland LEBLANC, adjudant-chef à la BSR de Charleroi
24/4. M. René MICHAUX, maréchal des logis-chef à la BSR de Charleroi
64. M. Claude LELIEVRE, Délégué général aux droits de l'enfant et à l'aide à la jeunesse

 

Le 22.01.1997

 

Auditions devant  la commission.

65. M. Dominique LEROY, adjudant, commandant de la brigade de gendarmerie de Tournai
66. M. Michel DENTANT, premier maréchal des logis-chef à la cellule " disparitions " de la gendarmerie de Charleroi.
67. M. Roland TOLLEBEECK, juge d'instruction à Tournai
25/3. M. Guido VAN RILLAER, adjudant au BCR

68. M. Alain DEBLED, premier maréchal des logis-chef au BCR
69. M. Guy PONCELET, procureur du Roi à Tournai
70. M. Damien DELTOUR, maréchal des logis à la gendarmerie de Tournai

 

23/01/97 source p

Nihoul "libéré"

Du moins sa détention provisoire dans le cadre de l'affaire Dutroux a pris fin, mais il reste incarcéré dans le cadre de sa condamnation dans SOS Sahel. Monsieur Lejeune, père de Julie, dit toute sa colère. On reparle de protection du côté de Liège. Car si plus rien ne se passe, malade, Nihoul risque bien de sortir dans moins d'un an. "Le pauvre Michel ne va pas bien", conclut Mr Lejeune, légèrement caustique. Et pourtant c'est pas les soupçons qui manquent, ni l'omniprésence de la galaxie Nihoul dans le dosseir Dutroux. Des tensions à prévoir entre Bourlet à Neufchâteau et la juridiction liégeoise.

 

Le 24.01.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

57/2. M. Philippe DE WINDT, inspecteur à la police communale de Charleroi
24/5. M. René MICHAUX, maréchal des logis-chef à la BSR de Charleroi
37/3. M. Jean LAITEM, commissaire principal à la police judiciaire de Charleroi
71. M. Jean-Luc SAINTVITEUX, adjudant à la gendarmerie de Gerpinnes


Commission Dutroux

De nouvelles révélations du policier De Windt de Charleroi bouleversent l'ordre du jour de la commission. Michaux lui aurait déclaré avoir reçu une lettre anonyme de la région de Grâce-Hollogne, le mettant sur la piste de Dutroux à propos de Julie et Mélissa. Michaux lui demande le silence le plus total. On croit qu'en appelant Michaux on va "tomber" sur La Révélation.
Michaux, fatigué, et démoralisé confirme les dire de De Windt, le président Verwilghen essaie de lui faire avouer que la gendarmerie de Charleroi enquêtait bien dans le cadre Julie et Mélissa, mais c'était déjà dit. Le plus important peut-être est que Michaux, qui ne semble plus résister à la moindre pression, est lui-même dépassé par les événements et qu'il ne comprend plus rien, au point de se demander si on a pas agi derrière son dos, qui ? Sa hiérarchie, ou même plus haut, il n'en sait rien, Il ne veut plus savoir, il est vidé.

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26/01/97 source p

La commission: Au tour d'an et Eefje demain lundi

Il semble que des sanctions disciplinaires vont être prises incessemment à Charleroi dans la gendarmerie. Mais Verwilghen interrogé estime que si l'enquête parlementaire ne sert qu'à faire sauter quelques fusibles, quelques lampistes, alors il considérerait son travail comme un échec. car pour lui, les erreurs comises ne peuvent ne l'avoir été qu'en concertation avec la hiérarchie ou sous la responsabilité de la hiérarchie.

Demain la commission entamera le volet An et Eefje de l'enquête. Rappelons que les deux jeunes filles enlevées à la côte belge n'ont pas bénéficié elles non plus d'une enquête au-dessus de tout soupçons. Il a fallu 10 jours pour que les enquêteurs ne commencent à prendre l'hypothèse de l'enlèvement au sérieux, alors que tous les indices d'une disparition inquiétante étaient réunis dans les 12 heures.

 

Le 27.01.1997

 

27/01/97*

Auditions devant  la commission.

72. M. Dominique VANDENHOUDT, commissaire-adjoint à la police communale de Hasselt
73. M. Frank VANDENABEELE, commissaire-adjoint à la police communale de Middelkerke
74. M. Thierry DECLERCQ, assistat social à la police communale de Middelkerke


> Le parquet de Bruxelles enquête sur l'implication présumée de Dutroux-Nihoul-Bouty dans le meurtre de C. Van Hees;

> transfert de parties du dossier Dutroux 96/109 (ouvert par Connerotte visant à regrouper toutes les déclarations de victimes de faits de pédophilie) du parquet de Neufchâteau vers d'autres arrondissements judiciaires.*

 

Le 28.01.1997

Auditions devant  la commission.

75. M. Luc VERSTRAETE, commissaire principal à la police judiciaire de Bruges
76. M. Robert SEYNHAEVE, commissaire en chef à la police judiciaire à Bruges
77/1. M. Luc VAN TIEGHEM, commissaire principal à la police judiciaire de Bruges


La commission: Au tour d'an et Eefje

La PJ de Bruges était au banc des témoins aujourd'hui, pour ne pas dire au banc des accusés, car la prestation de ses trois membres n'ont franchement pas convaincu les commissaires, encore moins Monsieur et Madame Marchal qui secouaient en silence la tête à chaque déclaration pour signifier qu'ils mentaient. Confirmation à la sortie des auditions d'ailleurs, "ce sont des mensonges".

Les commissaires, et cette fois-ci les flamands sont plus actifs, estiment lamentable la façon dont l'enquête s'est déroulée, on a juste fait les devoirs (d'école) répertoriés dans le manuel du bon enquêteur, sans aller plus loin, et sans faire preuve de la moindre imagination, de la moindre initiative. On les accuse de travailler passivement, en attendant qu'un indice se manifeste de par lui-même. Pas de stratégie d'enquête, pas de volonté de trouver.

Le BCR une nouvelle fois mis en cause par les enquêteurs. Ils ont eux aussi reçu l'avis non urgent concernant Marc Dutroux. Si le BCR avait été plus futé, la piste Dutroux aurait été explorée plus vite. Cet avis non urgent a eu pour conséquence de mettre les enquêteurs sur des pistes stériles (et pour cause après coup).

Il semble que l'informatique du CJAP soit défectueuse, car à la demande de suspects moeurs, les ordinateurs sortent 15.000 noms. Il faudra leur apprendre un minimum de syntaxe de la commande SELECT WHERE de leur système ORACLE !

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Le 29.01.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

78. M. Francis CLARYSSE, substitut du procureur du Roi à Bruges
79. M. Philippe DE WULF, commissaire en chef à la police communale de Bruges
23/3. M. Daniel DECRAENE, major au BCR


La commission continue ses interrogatoires. Le BCR était de nouveau à la barre, pour affirmer qu'il n'y a pas eu de rétention d'informations et que les avis non-urgents de recherche étaient ni plus ni moins importants que les autres, ça veut simplement dire qu'il n'y a pas demande d'arrestation sur le champ. D'où une de leur proposition de modifier l'appellation. On va chercher loin ... Il convient enfin qu'il n'a pas fait le joint entre Julie/Mélissa et An/Eefje, mais ça on comprend. Par contre Dutroux/Julie-Mélissa ils avaient fait, et Dutroux/An-Eefje, indépendemment, ils auraient pu faire. Plus facilement d'ailleurs car n'oubliez pas, lors des auditions concernant Julie et Mélissa on disait qu'ils avaient plus l'idée d'associer Dutroux à des adolescentes pour les expédier dans les pays de l'Est ... Les arguments développés pour le volet Julie et Mélissa se retournent contre eux pour le volet An et Eefje ... Personne n'a relevé semble-t-il.

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30/01/97source p

La juge Doutrèwe porte plainte contre un commissaire pour attitude partiale

Elle se plaint aussi, par ses avocats de la fuite de documents secrets. La revue Ciné-télé revue publie en effet des extraits importants de ses notes manuscrites saisies par Verwilghen lors d'une audition. La Commission s'est donc réunie sur le sujet à huis-clos aujourd'hui, toute la journée et à l'issue de la réunion, le président Verwilghen a réitéré sa confiance aux commissaires, aux conseillers externes et au secrétariat. La fuite ne provient pas de la commission.

Je pense qu'il faudra donc chercher du côté du parquet de Liège et des photocopieuses.

 

31/01/97

Les fuites sur le dossier Doutrèwe et la saisie de Tele-Cine-Revue

La publication dans Cine-Tele-Revue du dossier personnel Doutrèwe saisi à la fin décembre lors de son audition par la commission, renforce la thèse de machination contre la commission puisque le président Verwilghen est formel, la fuite ne provient pas de chez lui.
Heureusement, j'ai acheté la revue avant ! Et c'est assez édifiant. l'exercice de publier sur le Web le dossier saisi aurait été une bonne occasion pour faire de la pub, imaginez le JT demain, "le dossier de la juge Doutrèwe saisi est publié sur le Web sur wallonie.com". Bonjour les scores, et bien je ne le ferai pas, sauf quand tout se tassera et que la fièvre sera largement tombée. (Mais j'imagine que dès demain, d'autres le feront pour ces mêmes raisons). Ce dossier ne démontre de toute façon aucune faute professionnelle de la juge Doutrèwe, simplement qu'elle s'est rudement bien préparée à son audition pour montrer ses bon côtés et abattre au passage des vielles rancoeurs. Mais elle était sur la défensive et accusée par la gendarmerie (Lesage) de ne pas exploiter des informations pertinentes et par les parents de manquer d'humanité.

 

Début Février 1997 > élargissement du plan du 23/12/96: les enquêteurs de la BSR de Bruxelles travaillaient alors pour le juge d'instruction Langlois (dossier Dutroux) à Neufchâteau et Van Espen (dossier C. Van Hees) à Bruxelles; 47 actions prévues en vue de vérifier les déclarations de X1 par des perquisitions, auditions...

Duterme optera pour 2 perquisitions dont une chez Regina Louf (X1).

 

Le 03.02.1997

 

Auditions devant  la commission.

80. M. Peter BUYSE, juge d'instruction à Bruges

81. M. Jean-Marie BERKVENS, procureur du Roi à Bruges

04/02/97 source p

Nouvelles perquisitions spectaculaires à la gendarmerie.

Côté mandats de perquisition, les juges se défoulent chez nous. Après le fisc hier, les gendarmeries (BSR) de Seraing, Grâce Hollogne et Charleroi visitées par les PJistes. Ca n'a pas du plaire à certains, et on a sûrement pensé à des plats qui se mangeaient froid. Bref, c'était une initiative de la Commission parlementaire qui voulait s'assurer qu'il ne traînait pas des fax, ou des notes personnelles, tendant à prouver que la gendarmerie a fait acte de rétention d'informations.

Et les enquêteurs de Neufchâteau, dans l'affaire Dutroux, qui vient de voir son mandat d'arrêt confirmé pour 1 mois, perquisitionnent du côté des Bons Villers, des bars le long de la nationale Bruxelles - Charleroi. Question de récolter d'éventuelles informations sur le trafic de prostituées d'Europe de l'Est. A suivre.

5 février 1997
Par ordonnance du 5 février 1997, Mme J. Closset-Coppin, premier président de la cour d'appel de Bruxelles, a désigné M. le conseiller Etienne Marique, aux fins :
- d'entendre un gendarme, plus précisément pour recueillir toutes informations utiles en ce qui concerne son appartenance éventuelle à l'Eglise de Scientologie;
Le 07.02.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

82. M. Frank SCHINS, procureur général près la Cour d'Appel de Gand

10/02/97 ssource p

La juge Doutrèwe critiquée par sa hiérarchie.

C'est Télémoustique qui rend publique une lettre de Anne Thily au Ministre de la Justice. Une nouvelle péripétie entre presse et Justice s'engage, après l'affaire et la saisie de Ciné-Revue.
Anne Thily, procureur général du Roi à Liège y dénonce le manque d'initiative de la juge pendant l'enquête Julie et Mélissa, sa froideur et son manque d'humanité envers les parents.
Des vagues en perspective !
La première, en dernière minute est le bref communiqué du palais de Justice de Liège annonçant la mise en congé indéterminée pour cause de maladie de la juge Doutrèwe. Les récentes affaires ont, selon ce communiqué, gravement perturbé sa santé. Et elle semble souffrir d'une maladie grave. Signalons que pour simplifier tout, le mari de la juge, Mr Guy Wolf, avocat d'affaire, est accusé de faux, usage de faux, escroquerie et banqueroute frauduleuse depuis 92.
Voilà donc environ 1200 dossiers orphelins. Quand seront-ils valablement relayés par un autre juge ? Gageons que ni Télémoustique, ni Ciné-revue, ne nous tiendront au courant. Ces cas anti-médiatiques ne feront pas frémir l'audimat, et ils n'auront droit qu'à une instruction expéditive à charge. Car à décharge c'est du luxe. Tout le monde aura compris de quel côté se trouve l'urgence.

 

11/02/97 source p

La juge Doutrèwe critiquée par sa hiérarchie.Correctif

Le procureur général de Liège, Anne Thily a convoqué la presse pour faire la lecture intégrale de la lettre patiellement dévoilée par Télémoustique, afin de couper court aux interprétations expéditives. On remarquera donc, pour faire bon poids, que par ailleurs le procureur souligne le sérieux et le travail consciencieux de la juge Doutrèwe, même si elle a manqué d'initiative dans le dossier Julie et Mélissa. Quant au problème des dossiers confidentiels transmis à la juge pour sa défense, Anne Thily estime ne pas avoir dérogé à la confidentialité, vu que la presse avait déjà publié, quasi intégralement, ces dossiers.

 

16/02/97 La commission parlementaire Dutroux recommence ses travaux lundi. Sans Patrick Moriau, qu'on regrettera, tant sa présence était devenue incontournable. Il a préféré se mettre en congé après avoir reconnu avoir géré un compte PS au Luxemnbourg au moment de la transition Spitaels, Busquin.

Rentrée nerveuse. Les juges d'instruction ont formé un front de défense. Ils s'estiment injustement la cible de toutes les critiques et offensés par le sort qui leur est réservé au moment des auditions et des attentes de confrontation. Confisquation du GSM, pas de repas, autorisation et accompagnement pour aller aux toilettes. Ils n'ont jamais participé à une garde à vue, de toute évidence. Et Verwilghen se défend de leur avoir réservé un sort particulier. Pas plus qu'à la juge Doutrèwe, dont l'action se sent visiblement à travers la réaction de corps.

Les Marches Blanches se poursuivent. A Wasmes et Binche hier, à Anderlecht aujourd'hui. Coup d'oeil surréaliste, quand ces promeneurs se détachent sur fond de campagne en plan éloigné, avec les taches blanches étoilant le cortège. On dirait les Rogations, mais laïques, une espèce de procession sans la croix devant. Surréaliste tout à fait. Le début d'une Résistance citoyenne. Trop tôt pour épiloguer, mais il y aurait bien quelque chose de ça.

 

Le 17.02.1997

 

Auditions devant  la commission.

83. M. Eddy SUYS, commissaire principal à la police judiciaire, brigade nationale

84. M. Jean-Pierre VERDUYCKT, adjudant, chef de service à la BSR de Bastogne
54/2. M. Didier SCHOT, commandant à la gendarmerie de Charleroi
77/2. M. Luc VAN TIEGHEM, commissaire principal à la police judiciaire de Bruges

85. M. Alain REMUE, lieutenant au BCR
86. M. Albert PRIEM, premier maréchal des logis au BCR

 

Le 18.02.1997

 

Auditions devant  la commission.

87. M. André VANDOREN, magistrat national

88. M. Christian de VROOM, commissaire général aux délégations judiciaires
89. M. Pascal WAUTHELET, capitaine, responsable de l'analyse criminelle au BCR

21/02/97 La gendarmerie dément qu'un dossier ait été monté de toute pièce contre Serges Moureaux, député PS, commissaire de l'enquête Dutroux. Et elle signale que toute initiative dans ce sens sera sévèrement punie. Pourquoi dément-elle alors, puisqu'elle n'en sait rien ? Bref, la commission Dutroux prend elle au sérieux cette affaire, elle y consacrera un huis clos lundi.

 

Annecdotique: Dutroux (himself) demande à être entendu par la commission.

Le Monde en France en fait un des ses titres et Le Soir reprend l'info. Mais c'est un titre, on verra. Verwilghen se méfie des manoeuvres.

 

22/02/97 réunion de coordination nationale à propos de X1; Anne Thily, procureur général de Liège est nommée responsable des réunions.
Le 24.02.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

90. M. Henri BERCKMOES, lieutenant colonel au BCR
91. M. Willy DERIDDER, lieutenant général, commandant de la gendarmerie

25 février 1997
Par ordonnance du 25 février 1997, Mme J. Closset-Coppin, premier président de la cour d'appel de Bruxelles, a désigné M. le conseiller Etienne Marique aux fins :
- de déterminer dans quelles circonstances avaient été délivrées des autorisations de détention d'armes à Marc Dutroux (en date du 29 mars 1994) et à Michèle Martin (en date du 9 septembre 1994).

La thèse longtemps soutenue de l'absence de lien entre la piste Dutroux à Charleroi et l'enlèvement de Julie et Mélissa est infirmée par un courrier des responsables de l'enquête à Liège à la commission parlementaire d'enquête le 25 février 1997.

27/02/97 source p A Bruxelles, perquisitions ordonnées par Neufchâteau dans le cadre de l'affaire Dutroux. On cherche des cassettes pédophiles dans des petites entreprises de production vidéo.
Le 28.02.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

92. M. Jean-Noël COUMANNE, juge d'instruction à Liège
93. Mme Danielle REYNDERS, juge d'instruction à Liège
94. M. Jean-Marc CONNEROTTE, juge d'instruction à Neufchâteau

02/03/97 source p Commission. Le témoignage du juge Connerotte ébranle certains parlementaires, Eerdekens en particulier qui lève un voile et se dit impressionné par les révélations et affirme que Nihoul a été protégé par des personnalités politiques importantes, parlementaires compris.
Le 03.03.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

95. Mme Anne BOURGUIGNONT, procureur du Roi à Liège
96. M. Georges DEMANET, procureur général émérite
97. Mme Anne THILY, procureur général près la Cour d'Appel de Liège


Commission Dutroux: les protections.

Rappel à l'ordre de Eerdekens, qui en a trop dit, même en ne citant pas de noms, à propos des protections Nihoul du côté des parlementaires. La presse flamande en profite pour faire circuler des noms. La prudence extrème s'impose quand on connaît le caractère un peu mythomane de Nihoul. Il lui suffit de trinquer lors d'une manifestation "folklorique" avec un parlementaire pour s'en faire un "ami et protecteur" politique. Séparer le vrai du faux, la légende de la réalité est le vrai travail de la commission.

Qui entendait les procureurs du Roi de Liège se plaignant unanimement du manque de circulation de l'information non seulement entre gendarmerie et parquet mais entre parquets entre eux. Charleroi, initiant la surveillance Othello, sans aucun doute aujourd'hui marquée de Julie et Mélissa, n'a jamais fait de publicité tapageuse en direction de Liège, en charge du dossier pourtant !

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mercredi 5 mars 1997 Son dénouement tragique est intervenu le mercredi 5 mars 1997, le soir des auditions devant la commission des ministres de la Justice et de l'Intérieur. Cette triste coïncidence impose une exigence, celle de la vérité et de la responsabilité.

Loubna Benaïssa: nouvelle piste.

Neufchâteau decend sur l'Avenue de la Couronne à Ixelles. Un nouveau témoignage semble faire progresser l'enquête. Un garagiste mis en cause, déjà soupçonné au moment de la disparition pour ses antécédents. Pédophile avec violence déjà condamné. La fouille de l'immeuble voisin se fera cette nuit. Les enquêteurs ne veulent rien laisser derrière eux.
Dernière minute: Les ossements du corps d'un(e) enfant découverts sur les lieux des fouilles à Ixelles. Cachés dans un coffre parmi des malles dans la cave du garage. L'identification sera faite cette nuit. La personne soupçonnée est toujours interrogée. Mise à jour demain matin si nécessaire. S'il s'avère qu'il s'agit bien de Lubna, le Parquet de Bruxelles devra répondre de son énorme négligence, car ces résultats auraient pu être obtenus dans les 10 jours de l'enquête. Une famille attend cette nuit, à la fois, que la vérité soit faite, comme elle l'a souhaité, et la fin de tous ses espoirs, même s'il n'en restait plus beaucoup.

Commission Dutroux: c'est fini.

C'était le 33 ème et dernier jour des audiences publiques. Les deux ministre concernés, par la Justice et la gendarmerie, Stéphhan De Clerck et Vande Lanotte (Intérieur), ont répondu aux dernières questions des commissaires. Vande Lanotte déclarant qu'il n'avait pas à dire ce qu'il pense, mais ce qu'il sait, or il ne sait rien !
Il a quand même admis que des fautes avient été commises et qu'elles seront sanctionnées à Charleroi, mais est plus prudent pour le Parquet de Liège où il reste trop peu d'écrits pour pouvoir se faire une opinion.
La Commission va donc maintenant réunir la documentation, se mettre au vert les 10,11,13 mars prochain, effe fera une proposition à la Chambre le 13 mars pour obtenir un délai de rédaction des conclusions finales prévues pour le 14 avril pour approbation et présentées à la Chambre le 15 avril. D'ici là, obligation pour les commissaires de ne faire aucune déclaration. Le black-out total. Cette manchette va donc disparaître des médias, n'en soyez pas étonnés.

 

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06/03/97

Loubna Benaïssa: Chagrin et colère.

"La fin de l'attente, mais aussi la fin de l'espoir."
"Encore une famille en deuil. Un deuil qui aurait pu être évité ..."
"On est passé à côté, on est passé des centaines de fois ..."
"Des homme motivés sont arrivés, est-ce qu'on va laisser tous les enfants mourrir ?""

Ainsi parlait aujourd'hui Nabela Benaïssa, la soeur de la victime et porte-parole de sa famille, bien entourée par les autres parents. "Nous faisons une grande famille..."
Ainsi une piste négligemment rangée et classée en 92 était la bonne. Sur les mêmes faits et témoignages Neufchâteau a trouvé. Il suffisait d'être un peu plus curieux et de chercher une immatriculation incomplètement notée par un témoin. Patrick Derochette, condamné en 84 pour fait de pédophilie avec violence sur de jeunes garçons de 8 à 12 ans, avait été déclaré débile et interné. Pendant 1 mois et demi. Après il était libre, même s'il devait se prêter à un contrôle médical. Mais libre de rencontrer ses anciennes victimes. Et libre de récidiver, ce qu'il a fait.

Au Parlement comme au Sénat, les président ont présenté publiquement leurs codoléances à la famille. Le Roi a pris contact par téléphone et a invité la famille au palais. Des parlementaires et des membres de la commission Dutroux, Verwilghen en tête, se sont rendus sur place. On y a vu aussi Patrick Moriau, en congé, mais qui a pris une part si active dans ces enquêtes.
Les funérailles de Lubna auront lieu samedi à 10 heures à la grande Mosquée au Cinquantenaire, puis le corps partira au Maroc, en terre d'Islam, comme le prévoit la tradition.

Ce soir, quelque part dans Ixelles, des volées de bouquets blancs viennent rendre un dernier hommage anonyme mais sincère à cette petite fille que le hasard et la légèreté de la Justice ont si mal entouré.

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07/03/97 source p

Loubna Benaïssa: Chagrin et colère. II.

La Belgique ne s'est pas démobilisée depuis l'été et les drames de Julie et mélissa, An et Eefje. Une foule hétéroclite, de jeunes et de vieux, de wallons et de flamands, de chrétiens et de mulsulmans, a rendu un hommage simple et sincère à la petite Lubna Benaïssa en apportant une fleur blanche.
Le Roi a reçu au palais la famille, rappelant sa dignité, son courage et sa persévérance. Il en a profité pour redire combien le sort des enfants le préoccupait, Lui et la Reine.
Dignité mais aussi sens de la citoyenneté, quand hier soir, une manifestation tournait à la violence, le papa de Lubna en arabe et sa fille en français ont interpellé les manifestants, leur demandant "qu'on puisse lui dire adieu en toute sérénité", et qu'on observe une minute de silence à sa mémoire, ce qui a immédiatement coupé court aux débordements.
Au Parlement Jean-Luc Dehaene félicitait publiquement les enquêteurs de Neufchâteau à qui il promettait de nouveau tous les moyens nécessaires pour aboutir dans les autres enquêtes et pour faire la lumière dans toutes les zones d'ombre. Il en reste: protection policières, réseau de commercialisation de matériel pédophile. Notre Premier actait le lamentable échec du Parquet de Bruxelles qui est passé par négligence à côté de la solution. Manque de conviction, manque de motivation. L'explication est insuffisante et des têtes vont probablement tomber.
Ces derniers événements chocants redonnent à la commission d'enquête en sursis une formidable bouffée de légitimité. Les citoyens ne pourraient comprendre qu'on aille pas jusqu'au bout.

 

8/03/97 source p

Loubna Benaïssa: "Parce que tu es devenue l'enfant de tout un pays."

A 9h30 ce matin, 20.000 personnes se pressaient dans le parc du Cinquantenaire pour dire au revoir à Lubna et soutenir sa famille, par sa seule présence. Si la communauté magrehbine était majoritairement représentée, de nombreux wallons et flamands avaient fait le chemin.
Ainsi, après Julie et Mélissa, An et Eefje, c'était au tour de Loubna. Et tous étaient là, tous les acteurs des ces derniers mois dramatiques, les époux Russo (Mélissa), Lejeune (Julie), Marchal (An), Mme Bouzet (Elisabeth), et les autres, unis comme une grande famille.
Après une courte prière aux morts, à la Grande Mosquée, la cérémonie civile a permis aux parents des autres enfants victimes de meurtre ou disparus d'exprimer leur profonde sympathie à la famille. Dans le calme et l'émotion. Mais ils n'ont pas raté, chacun à leur tour, de s'en prendre à la Justice incompétente, aux enquêteurs négligents et coupables. Madame Russo a été sans doute la plus explicite, évoquant publiquement ses doutes face à un Etat "qu'on dit de droit", et incapable d'intégrer dans ses lois des valeurs vraiment humaines. Nabela Benaïssa, soeur de Loubna, a gardé sa ligne de tristesse et de colère. Tristesse pour sa petite soeur disparue si près de la maison rencontrant les monstres au coin de la rue, vulgairement jetée dans une caisse dans une cave. Colère pour ceux qui n'ont rien fait alors que tous les éléments étaient dans leurs mains. "J'espère qu'ils ne dorment pas en paix et que toute leur vie, leur conscience les poursuivra".

Un corbillard blanc attendait le petit cercueil drapé d'un voile orné de versets du Coran. Il a pris le chemin de Zaventem pour être embarqué peu après 16 heures pour Tanger. La papa et Nabela l'accompagnent jusque là, demain matin ce sera l'inhumation, dans un drap blanc, en terre d'Islam, comme le veut la tradition musulmane.
"Je peux enfin te dire au revoir ..." (Nabela)

 

07/03/97 deuxième réunion de coordination: rôle central pour Van Espen (dossier C. Van Hees) dont dépendront les dossiers de Gand et d'Anvers.
12/03/97 ssource p Marc De la Brassine, haut magistrat accusé de faux et escroquerie, vient d'être écroué à la prison de Forest. Encore un. On lui reproche notamment d'avoir détourné pour 6.000.000 en pièces d'or confiés par une vieille dame. Mais il pourrait aussi répondre de faits plus graves, son patrimoine immobilier semble un peu trop important après une enquête sur son patrimoine.
14 mars 1997 Par ordonnance du 14 mars 1997, Mme J. Closset-Coppin, premier président de la cour d'appel de Bruxelles, a désigné M. le conseiller Etienne Marique aux fins :
- de saisir à la police judiciaire de Bruxelles, le dossier personnel de Patrick D. ainsi que la fiche récapitulative de ce dossier.

Les reste de l'info en bref.

Peut-être du neuf dans l'affaire Elisabeth Brichet On a retrouvé une mystérieuse Mercedes verte dans le sud de la France, signalée par trois témoins lors du fait d'enlèvement. Elle appartient à Jean-Marc Houdemont, ancien voisin de la famille Brichet, mort "accidentellement" il y a quelques semaines en voiture alors qu'il se rendait à la gendarmerie de Namur pour y être entendu à sa demande. Des inconnus se sont introduits dans son chalet du côté de Ciney, brisant les scellés, et sans rien emporter. Curieuse affaire. Mais espoir de vérité.

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Le 17.03.1997

 

 

Auditions devant  la commission.

2/3. M. Jean Claude LEGENDRE, adjudant-chef à la gendarmerie de Bruxelles
98. M. Jean VINCENT, inspecteur à la police communale d'Ixelles
99. M. Jean-Baptiste VLEMINCKX, inspecteur à la police communale d'Ixelles
100. M. Paul-Henri SMEYERS, agent brigadier principal à la police communale d'Ixelles
13/2. Mme Lise-Anne VAL, assistante de première classe à la police communale d'Ixelles
11/2. M. Ewout SPAAN, inspecteur principal à la police judiciaire de Bruxelles

18/03/97 source p

Elisabeth Brichet: vers une 6ème découverte macabre ? .

Monique Cherton, 38ans, la compagne depuis dix-sept ans de Jean-Marc Houdmont (sans doute suicidé le 17 février dernier sur la route qui le conduisait devant les gendarmes) a été inculpée et arrêtée pour complicité d'enlèvement et de séquestration d'enfant. Jean-Marc Houdmont était un ancien voisin d'Elisabeth, chaussée de Waterloo à St-Servais (Namur). Pédophile connu à l'époque et interrogé, la piste a été trop tôt abandonnée. Selon Marie-Noëlle Bouzet, la maman d'Elisabeth, qui a été de toutes les manifestations depuis août 96, le début d'un soulagement bien triste. Celui de retrouver sa fille, morte, mais de la retrouver quand même.

 

Le 19.03.1997

Auditions devant  la commission.

101. Docteur Jean-Paul BEINE, neuro-psychiatre
102. Docteur Yves CROCHELET, neuro-psychiatre
103. Docteur Michel ELIAS, neuro-psychiatre, psychanalyste
104. Mme JOCKMANS, premier substitut du procureur général près la Cour d'Appel de Bruxelles
105. Mme Valérie SERVAIS, service de réinsertion sociale de Bruxelles
106. M. Paul GIJSELS, directeur du service de réinsertion sociale de Bruxelles
107. M. Raymond BOSSUYT, premier substitut du procureur du Roi de Bruxelles
108. M. André VAN OUDENHOVE, procureur général près la Cour d'Appel de Bruxelles

 

23/0397 source p

Marches blanches

Non, ce n'est pas fini, encore une dizaine de milliers de citoyens se sont montrés dans les rues de Wavre, Seraing, Nivelles, Farcienne, Anvers, et ailleurs. Pour maintenir la pression avec les parents et aller jusqu'au bout de la vérité, pour que les responsables soient désignés et sanctionnés, mais aussi pour que les institutions soient au service du citoyen et que la politique en générale se fasse avec et non à côté des aspirations de chacun.

 

27/03/97 source p

En bref ...

Les fouilles du chalet Houdmont, mort mais soupçonné de l'enlèvement d'Elisabeth Brichet ont commencé. Le bois et les grottes ont déjà été fouillés sans résultat semble-t-il. Le contenu du chalet est passé au peigne fin.
La commission Dutroux. Début dans la sérénité des travaux de préparation des conclusions. On avance dans la partie dysfonctionnement, comme dans la liste des personnes qui seront sanctionnées. Mais la plus grande discrétion règne.
Alcatel

 

 le mardi 15 avril 1997 Allocution lue par les rapporteurs du rapports
Mme Nathalie De T'Serclaes et M. Renaat Landuyt
à la tribune de la Chambre
18/04/97 source p

L'acharnement contre Marie-France Botte.

Accusée de façon insistante (par qui ?) de détourner l'argent qu'elle récolte pour les enfants exploités sexuellement de par le monde, Marie-France Botte présentait aujourd'hui à la presse les conclusions d'un audit de réviseur d'entreprise qui a sans aucune équivoque, levé tous les soupçons. Pour lui, la comptabilité ne recèle aucune anomalie et il a vérifié l'usage des fonds dans différents pays.

 

22/04/97 source p

Parquet de Bruxelles: fanfaronnades

Puisque le rapport Dutroux lui a reproché de n'avoir pas mis à l'instruction le dossier de Lubna Benaïssa, et que son patron (Dejemeppe) a été épinglé, le Parquet de Bruxelles vient de mettre massivement les 400 dossiers de disparition (en attente), d'enfants comme d'adultes, à l'instruction. A trois enquêteurs par dossier, cela fait 1200 postes à pourvoir. Ah! tu m'embêtes ... Triste réaction de la molesse à l'excès de zèle. L'humeur aurait pu être plus utilement dirigée plus tôt vers des actions médiatiques positives.

 

25/04/97 réunion de coordination sur la question de l'audition ou non du père de X1 et de Tony auditionnés 9 mois plus tard.
29/04/97source "p"

Les parents de Julie et Mélissa passent la main.

Victimes du bruit médiatique et des exigences du genre, des frissons, de la fabrication d'émotions, des allusions perfides, le tout pour vendre l'image et le papier, ont fini par avoir raison des époux Lejeune et Russo. Ils quittent la scène, sans référendum, sans chantage. Ils ne feront plus de déclarations et ne participeront plus à des débats. La pièce de théâtre dont ils n'écrivent désormais plus les dialogues est finie. Place au citoyen et au travail dans l'ombre. Ils reprendront bientôt leurs occupations professionnelles et vivront sans doute une vie de famille moins bousculée. Comme dirait madame Lejeune, un enfant ça suffit, il est temps de s'occuper des autres.

 

06/05/97

Dans l'affaire Dutroux, la révélation d'un dernier témoignage accablant.

Révélé demain par télémoustique, une voisine de Dutroux aurait aperçu le 12 août 95 la petite Mélissa Russo, tremblante, les yeux hagards et les lèvres bleues en face de chez Dutroux. Cette dame a immédiatement téléphoné à l'ASBL Marc et Corinne et à la gendarmerie de Grâce Hollogne. Entendue par les enquêteurs de Neufchâteau, on ne trouve aucune trace ni à l'ASBL, ni à la gendarmerie de ce témoignage. Encore un mystère à renforcer les convivtions de protection.

http://www.wallonie.com/memai97.htm

07/05/97

Dutroux, nouveau témoignage, pour enfoncer le clou.

C'est aujourd'hui le témoin Z. largement évoqué à la commission, qui se fait anonynement interviewer. Il confirme que deux mois après l'enlèvement de Julie et Melissa il a averti la gendarmerie, comme informateur, qu'il avait été contacté pour enlever des enfants (150.000 Fn pièce) dans la région de Malines. Et que Dutroux était le commanditaire. Il confirme avoir indiqué les heures où la surveillance était intéressante. Heures pendant lesquelles, comme par hasard, la surveillance POSA était en sommeil. Il confirme avoir divulgué une liste de plaques de voitures, dont celles de Lelièvre et Welstein, et Il confirme son impression que des protections sont évidentes. A la commission de conclure, qui recommence son travail sur le volet protection.
Il est réconfortant de constater, qu'au moment où les parents décident de se faire plus discrets et de cesser la médiatisation de l'affaire, de nouveaux hommes justes (télémousique, RTBF) se lèvent et prennent le relai.

 

Wathelet, oui à la reconduction de son mandat de juge européen.

C'est donc la discipline de la majorité qui aura prévalu. La sanction "disproportionnée" selon Dehaene ne sera pas appliquée et les membres de la commissions se sont bien abstenus comme prévu, sauf un, PRL.

http://www.wallonie.com/memai97.htm

21/05/97

Belgique, en bref...

Jean-Michel Folon assistait au Parc de Bruxelles à l'inauguration de sa sculpture "le messager", en mémoire des enfants martyrs et disparus. La Princesse Astrid s'est chargée de dévoiler la statue et le Roi et la Reine, sans s'être annoncés ont rejoint l'assemblée avec leur simplicité habituelle.

http://www.wallonie.com/memai97.htm

 

22/05/97 cinquième réunion de coordination: la réunion prévue en juin par les magistrats nationaux n'aura jamais lieu.
24/05/97

Le Centre Européen des enfants disparus enfin sur les rails.

Une réunion jugée très positive s'est clôturée ce samedi à Genval (Château du Lac). Elle réunissait les principaux intervenants dans la création de ce centre et principalement les parents. Seuls manquaient les Russo qui se sont mis à l'écart du projet trop proche des autorités à leur goût. La charte de fondation est donc quasiment signée par toutes les parties et le centre pourrait être opérationnel en septembre.

http://www.wallonie.com/memai97.htm

27/05/97 Fin des fouilles de jumet après sept mois (http://www.wallonie.com/memai97.htm)
Juin 1997 Van Espen critique les enquêteurs qui ont auditionné R. Louf.
04/06/97 rapport critique du commandant Duterme sur l'équipe De Baets.
18/06/97 Fuites autorisées

D'ailleurs, la participation indirecte du juge Langlois à l'un des sujets de cette émission et à des articles de presse qui la sponsorisaient est d'ores et déjà établie. On se référera à cet égard aux révélations faites par Le Matin, le 15 octobre 1998(1). Le quotidien évoquait alors une autre note confidentielle de la gendarmerie qui établissait que le juge Langlois avait donné son «autorisation préalable» aux gendarmes Dernicourt et Pourbaix afin qu'ils rencontrent deux journalistes en date du 18 juin 1997.

Hasard ? Il s'agissait de MM. Brewaeys et Rogge qui, quelques semaines plus tard, retrouvèrent le juge d'instruction et le major Guissard dans les caves du Palais de Justice de Neufchâteau. But de la rencontre autorisée - elle fit d'ailleurs l'objet d'un rapport au commandant Duterme et au juge d'instruction -: «rectifier» les dires d'un témoin ! A savoir, «Patricia» à laquelle il était reproché par ces enquêteurs d'avoir «raconté son histoire à la presse»(2).

Il faut croire que les gendarmes Dernicourt et Pourbaix ont bien «rectifié», car la séquence qui s'ensuivit dans Au nom de la loi de même que les articles dans le Soir Illustré étaient une condamnation sans appel pour le témoin «Patricia». Et il s'avérera aussi que ces premières attaques virulentes constituaient le tremplin idéal pour s'attaquer aux autres «X» et in fine pour décrédibiliser toute thèse de réseau pédophile dans le cadre de l'affaire Dutroux.

A vrai dire, il n'est guère surprenant que M. Pourbaix, l'un des émissaires choisis par le juge Langlois pour rencontrer la presse sur cet aspect du dossier a bien «rectifié, dans la mesure où il a dû quitter l'antenne de Neufchâteau, début septembre 1997, après s'être exercé au tir en affichant une photo du témoin «Patricia» sur la cible.

source "p"

20/06/97 réunion entre Van Espen, Duterme et d'autres enquêteurs sur De Baets qui n'est pas invité. Ils déclarent qu'il aurait falsifié un PV concernant la confrontation de X1 avec des photos le 18 novembre 1996 au sujet de C. Van Hees.
02/07/97 présentation au juge Van Espen de la première "relecture" par les membres de la BSR (Noller, Verhaege, Dernicourt) basée sur 3 des 17 auditions de X1 et sans utilisation des enregistrements vidéo des auditions. Des erreurs de traduction du néerlandais vers le français apparaissent. Ce rapport mentionne, à partir de la liste des présences à l'école, que X1 ne pouvait être à la champignionnièree le jour du meurtre de C. Van Hees. C'est sur cette base que sera décidée la mise à l'écart de l'équipe de De Baets.
juillet 1997 L'adjudant Debaets, qui dirigeait la cellule d'enquête sur le témoignage de X1 (Regina Louf) a été écarté, ainsi qu'une partie des enquêteurs en juillet 1997.

Ce n'est que le 11 juillet et après avoir été informé du contenu de cette première relecture, que le Juge Langlois demande lui-même la relecture des autres dossiers. Ce premier rapport de relecture a réussi à démontrer aux magistrats que les auditions menées par l'Adjudant DE BAETS étaient « suggestives » et « manipulatrices ». Source D

21/08/97 scoop de l'hebdomadaire Pan sur la mise à l'écart de l'équipe De Baets alors qu'il n'existe pas encore de décision officielle.
24/08/97 > l'équipe De Baets de la BSR de Bruxelles est officiellement écartée;

> Van Espen demande une troisième "lecture" du dossier confidentiel 96/109 et une mise en suspens des autres enquêtes judiciaires rouvertes suite aux déclarations de R. Louf (parquets d'Anvers, Bruxelles, Gand, Neufchâteau) s'en suit.

 

28 août 1997

Le Procureur Bourlet, quant à lui, dans une lettre aux juges Langlois et Gérard, datée du 28 août 1997, s'indigne de cette procédure d'écartement qu'il assimile à un chantage : « Nous avons appris que certains enquêteurs ( lesquels ? Combien ?) auraient souhaité ne plus rencontrer la dite équipe lors de leur travaux. Cet ultimatum, sorte de chantage, en soit inacceptable, est un fait qui, s'il est avéré, s'impose à nous dans l'intérêt de l'enquête. Encore faut-il qu'il soit bien défini et, sauf erreur de ma part, il vous appartient, et à vous seul de le définir . ». La décision d'écartement est donc bien le fait d'une note du Lieutenant- Colonel BRABANT en date du 25 août, prenant les magistrats de vitesse. Source D


 

août 1997 Verwilghen note un "remarquable parallélisme" entre la durée de lecture de la BSR bruxelloise et le délai imparti à sa commission d'enquête.
01 sep 1997

Le gouvernement belge vient de nommer Daniel Cardon de Lichtbuer comme président du nouveau Centre européen des enfants disparus. Cette désignation aurait été suggérée par le roi Albert.

[Daniel Cardon de Lichtbuer fut administrateur de la Banque Bruxelles Lambert lorsque celle-ci, à la fin des années soixante-dix, finançait l'Aide aux jeunes adolescents (AJA), une association caritative de soutien aux enfants bruxellois des rues. Or, l'AJA était très liée au CEPIC, une organisation d'extrême droite, et l'un de ses principaux animateurs, Martial Lekeu, était connu pour son engagement néo-nazi. Martial Lekeu, actuellement réfugié aux États-Unis, a prétendu que son travail à l'AJA consistait à donner une formation paramilitaire aux adolescents. Ces jeunes gens auraient pu être utilisés pour former les "tueurs fous du Brabant "qui ensanglantèrent la Belgique.

Rappelons, par ailleurs, que l'ancien Premier ministre, Paul Vanden Boeyants, cofondateur du CEPIC, a été accusé par un magistrat devant la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Dutroux d'être le protecteur de Michel Nihoul, le complice de Marc Dutroux.

La nomination de Cardon de Lichtbuer est donc interprétée, dans les milieux politiques, comme une intervention de la Cour pour court-circuiter les enquêtes parlementaires actuelles sur les réseaux pédophiles qui agissent en Belgique depuis une vingtaine d'années et leurs liens supposés avec les "tueurs fous du Brabant".] (Source : Réseau Voltaire :

http://www.reseauvoltaire.net/article1753.html

 

 

 2 septembre 1997

QUI A DECIDE D'ECARTER LES GENDARMES BILLE ET DE BAETS ?
La lettre du Juge Langlois du 11 juillet ne demandait pas l'écartement des gendarmes ! Il écrit dans une lettre adressée au Commandant DUTERME le 2 septembre 1997 :

« Je vous confirme mon opposition de principe à une décision définitive quant à l'éloignement de l'antenne de certains enquêteurs, notamment l'ADJ DEBAETS et son équipe. Une telle mesure ne peut être prise tant que les personnes concernées n'auront pas eu la possibilité de s'expliquer sur les griefs qui pourraient leur être éventuellement reprochés. »

De plus un communiqué émanant du juge Langlois en date du 27 août 1997 précisait : « Les affirmations selon lesquelles le Magistrat instructeur de Neufchâteau aurait émis des doutes quant à l'objectivité de certains enquêteurs de l'antenne de la BSR de Bruxelles sont dénuées de tout fondement. » Source ;D

 

 

12/09/97 Source "P"

 

Invité à expliquer les circonstances par lesquelles il avait appris, en 1997,1'ouverture d'une enquête pénale contre l'adjudant De Baets suite au PV du commandant Duterme, M. Bourlet expliquait ceci: «Ni Monsieur Duterme, ni Monsieur Brabant (ndlr: son supérieur à l'ex-BSR de Bruxelles) ne m'en ont avisé. Le major Guissard, devant mon étonnement de l'époque, affirme me l'avoir annoncé oralement (procédé tout à fait inusité dans la pratique de la Cellule et particulièrement pour des informations de cette importance). Je n'en ai gardé aucun souvenir et je n'ai jamais reçu, jusqu'à ce jour, de document officiel m'informant de l'ouverture de ce dossier».

Et Michel Bourlet poursuit: «En fait, le 12 septembre 1997, vers 16h.30- 17h.OQ messieurs Brewaeys et Deliège (Soir Illustré) sont entrés dans mon bureau pour me saluer ; ils étaient conviés à une réunion avec le juge d'instruction Langlois, le major Cuissard, et peut-être d'autres personnes, au Palais de Justice de Neufchâteau, au sous-sol, en même temps que leur collègue Gérard Rogge de la RTBF (Au nom de la loi). C'était sans doute une réunion de mise au point vis-à-vis de la presse avant l'émission Au nom de la loi qui mit le feu aux poudres. En tant que magistrat de presse, je n'étais ni informé, ni convié (une fois de plus) à cette réunion».

p:http://coranet.radicalparty.org/pressreview/print_right.php?func=detail&par=3668

17/09/97 L'union fait la force

En outre, cette réunion se passait quelques jours avant une émission mémorable d'Au nom de la loi. Intitulé Les protections, le vrai, le faux, ce numéro du 17 septembre 1997 du magazine d'investigation carolo devait totalement revisiter l'affaire Dutroux pour en arriver à la banaliser à l'extrême et à démontrer, au prix de toutes les contorsions intellectuelles, que Dutroux ne pouvait être qu'un pervers isolé. Les journalistes d'Au nom de la loi renvoyaient aussi à la lecture du Soir Illustré et du Vif-L'Express qui complétaient et/ou appuyaient cet exposé.

Ou comment décupler une force de frappe médiatique pour imposer une thèse univoque.

Néanmoins, le trait était tellement gros que plusieurs titres de la presse quotidienne avaient stigmatisé cette caricature de journalisme d'investigation dès le lendemain de la diffusion. Le Soir, par exemple, sous la plume ironique de Jean- Claude Van Troyen écrivait: «C'est comme si Ray Ventura et ses collégiens revenaient de leur paradis des chanteurs refaire une tournée en Belgique. Que s'est-il passé l'année dernière dans notre beau et paisible pays ? Un cataclysme, mais à part ça, tout va très bien, Madame la Marquise... Pour les Messieurs Propres du jour, la saleté est vaincue. Dutroux protégé ? Jamais. Mais non! Gendarmes mégalomanes ? Jamais! Magistrats désinvoltes ? Stupidité ! Réseau pédophiles ? Invention ! (..) On en viendrait à croire que Michel Nihoul est plus innocent que les Sahéliens qu'il a grugés»...

Le Comité de soutien aux parents de Julie et Melissa avait également réagi dans un communiqué dénonçant les «certitudes d Au nom de la loi»: «l'ensemble des séquences et des commentaires devancent les plaidoiries des avocats de la défense. La séquence Zicot nous présente une personne persécutée et victime d'un complot. C'est la version de Zicot lui-même. La séquence Nihoul nous présente une victime injustement accusée par une famille flamande d'avoir été vu à Bertrix (..) et dont le seul lien avec Dutroux serait qu'il lui avait confié quelques jours auparavant une voiture à réparer. C'est la version de l'avocate Baranyanka. Par contre, la séquence Patricia' (ndlr: c'est le même témoin que Knack avait baptisé `Nathalie') présente, son témoignage comme un tissu de mensonges, sans lui laisser aucune chance».

Après la diffusion de cette émission - qui ne sera que la première d'une longue série visant à normaliser le discours sur l'enquête de Neufchâteau - De Morgen écrivait: «Le soupçon est grand que le réalisateur de fait du reportage sur Nihoul est Virginie Baranyanka (ndlr: son avocate)». Désormais, d'autres soupçons pèsent aussi. Cette fois sur le juge Langlois. A quoi rimait cette rencontre dans les caves du Palais de justice de Neufchâteau, si peu de temps avant le déclenchement de l'offensive médiatique ?L'ex-président de la Commission Dutroux et actuel ministre de la justice, Marc Verwilghen en sait peut-être plus. Dans une interview accordées au magazine Humo, le 20 janvier 1998, il déclarait en effet qu'il disposait de la «preuve noir sur blanc» que l'émission Au nom de la loi du 17 septembre 1997 s'inscrivait dans le cadre d'une «campagne orchestrée».



source "p"
20 oct 1997

Une énorme tuile pour la Justice et la gendarmerie

L'affaire Dutroux rebondit et de belle façon grâce à Télémoustique et son journaliste d'investigation, Michel Bouffioux. Révélations honnêtement communiquées à la commission avant parution et qui ont fait grand bruit.
Scéance publique de la commission parlementaire ce dernier mardi où les principaux acteurs judiciaires du Parquet et de la gendarmerie de Charleroi sont mis sur la sellette. Ce que le président et les commissaires veulent éclaircir: des faits graves cachés jusqu'à présent à la commission par une amnésie généralisée.

15 jours avant l'enlèvement de Julie et Melissa, tentative de vol d'une BX rouge à Jambes. Surpris par la propriétaire ce 10 juin 95 à une heure du matin, le voleur s'enfuit à bord d'une CX grise immatriculée CVL772 au nom de Michèle Martin, l'épouse de Dutroux.
Dans la nuit du 23 au 24 juin, la veille de l'enlèvement, vol à quelques centaines de mètres de là d'une BX grise foncé. Celle qui a probablement servi à l'enlèvement.
De ces faits, pas de traces dans les fichiers, selon le BCR
Le parquet de Namur demande l'audition de Michèle Martin le 10 juillet. Entendue le 1 août elle signale que c'est Dutroux qui utilise exclusivement le véhicule. Le 28 août 95 demande d'audition de Dutroux. Il ne sera entendu que le 6 février 96, en prison. Il ne se souviendra de rien, "les faits sont si loin, et il n'avait aucune raison d'être à Namur le 10 juin 95". Le journal Le Soir affirme que l'ordre a été donné à la BSR de Charleroi de laisser traîner les apostilles du juge namurois. Le parquet de Charleroi et la gendarmerie, à la recherche pendant tout ce temps d'un motif de perquisition et en pleine opération Othello, n'utilisera pas l'information.

On apprendra aussi, par la même occasion, qu'un "logging" sur Dutroux, demandé au BCR par Charleroi à l'automne 95, n'a jamais été réalisé. (logging = suite chronologique de toutes les informations que le BCR, Bureau Cenral de Recherche, possède sur Dutroux). Personne n'a semble-t-il envoyé de rappel ...

Que ce soit de la négligence profonde, de l'incompétence notoire ou de la protection, les faits sont graves. Tellement graves que certains commentateurs n'hésitent pas à soupçonner la gendarmerie d'avoir sacrifié, dans une stratégie démentielle, deux fillettes pour prendre Dutroux en flagrant délit et rehausser ainsi son prestige face à d'autres polices (PJ).

La commission est donc revenue en arrière dans l'enquête sur l'enquête et les devoirs ne semblent pas terminés puisque le journaliste de télémoustique annonce encore d'autres révélations.
Ce dernier mardi, le public jusque tard dans la nuit, en direct à la télé, ont encore pu suivre un spectacle consternant.

Vendredi, le juge d'instruction Langlois, responsable de l'enquête à Neufchâteau, disait publiquement sa colère de voir des éléments de l'enquête toujours en cours, divulguer sur la place publique. Il est toujours à la recherche de cette BX grise qui pourrait confondre Dutroux qui nie toujours avoir participé à l'enlèvement de Julie et Melissa. Il accuse la commission d'interférer avec l'instruction en cours et les derniers événements ont sans doute précipité la "disparition" de la BX, si du moins elle existait encore.

 

Octobre 1997 déclaration d'un enquêteur de la 3è SRC devant la commission Verwilghen selon laquelle les noms des auteurs désignés par X1 étaient indirectement indiqués dans le dossier depuis 1984.
fin novembre 1997 la totalité du dossier C. Van Hees laissé dans le coffre d'un analyste de la gendarmerie est volé.
30/12/97 Télé Moustique et De Morgen révèlent que le juge Van Espen chargé du dossier de la champignionnière a été l'avocat de Bouty.
08/01/98 > Jos Colpin (porte-parole du parquet de Bruxelles) déclare que Van Espen (qui avait nié avoir été un jour avocat de Bouty puis avait changé d'avis quand on lui mit sous les yeux l'ordonnance de juin 1984) a été l'avocat de Bouty le 13/12/83;

> Van Espen est dessaisi du dossier sur la champignionnière et remplacé par Vandermeersch;

> M. Verwilghen déclare au Morgen que l'anomalie n'est pas à chercher du côté de l'enquête mais dans la relecture et que les initiatives visant à stopper l'enquête venaient de la gendarmerie et pas de la magistrature.

 

9 janvier 1998

De Morgen 9 janvier 1998
VAN ESPEN DESSAISI DU DOSSIER DE LA CHAMPIGNONNIÈRE
par Douglas De Coninck

Le juge d'instruction Jean-Claude Van Espen n'est plus en charge de l'enquête sur la mort de Christine Van Hees. Son impartialité a été mise en cause du fait qu'à l'époque du meurtre, il était l'avocat d'un des suspects actuels, Annie Bouty. C'est aussi Van Espen qui avait pris l'initiative de faire écarter l'équipe d'enquêteurs qui travaillaient sur les déclarations du témoin X1.

La semaine passée, l'hebdomadaire Télé-Moustique publiait la copie d'une ordonnance de la chambre du conseil auprès du tribunal de première instance de Bruxelles datant de juin 1984. Il ressort de manière irréfutable de ce document que Van Espen a été le conseil d'Annie Bouty à l'occasion d'une contestation dans une querelle de ménage entre elle et son ami Michel Nihoul. Tous les deux sont considérés depuis le 27 janvier 1997 - avec Marc Dutroux - comme les suspects principaux dans l'enquête sur le meurtre, il y a quatorze ans, de la jeune bruxelloise Christine Van Hees (seize ans).

Lorsque mardi de la semaine passée, De Morgen demandait à Van Espen s'il reconnaissait avoir été un jour l'avocat d'Annie Bouty, il répondait, de façon catégorique: "C'est un mensonge éhonté, je n'ai jamais, jamais défendu Annie Bouty. "Et lorsque nous lui avons donné les références exactes de l'ordonnance en question, il changea brusquement de ton: "Peut-être l'ai-je défendu une fois pour remplacer un autre avocat; ça, c'est bien possible. "

Jos Colpin, le porte-parole du parquet de Bruxelles faisait savoir hier que Van Espen avait été l'avocat d'Annie Bouty le 13 décembre 1983. Nous avons ainsi deux dates différentes oú Van Espen a été l'avocat d'Annie Bouty.

Même si l'on met de côté le fait d'avoir été le conseil d'Annie Bouty, la personne de Van Espen était devenue sujet à controverses dans l'enquête sur le meurtre de la champignonnière d'Auderghem. C'est sous son impulsion que l'équipe d'enquêteurs de l'adjudant de gendarmerie Patrick De Baets a été écartée, le 25 août de l'année passée de l'antenne Neufchâteau au sein de la BSR de Bruxelles (3e SRC). Van Espen accusait les trois enquêteurs de travailler de manière "subjective ", lors des auditions du témoin X1 qui accréditent la piste de Dutroux, Nihoul et Bouty. Aucune preuve na été donnée à ce jour qui conforte les soupçons sur l'attitude des enquêteurs.

On ne disposait hier d'aucune information claire sur la façon dont a été prise la décision de dessaisir Van Espen. C'est Etienne Vandewalle, le président du tribunal de première instance de Bruxelles, qui aurait tranché. D'après ce que l'on dit, ce serait Van Espen lui-même qui aurait mis la question à l'ordre du jour du tribunal, mais déjà hier soir, une toute autre version circulait. Dans son ordonnance, le juge Vandewalle constatait qu'il n'y a "aucune remarque à faire "sur le travail du juge d'instruction Van Espen et que sa relation professionnelle avec Annie Bouty n'était pas en soi une cause suffisante de dessaisissement, mais, que la publicité faite par la presse à cette affaire menaçait d'hypothéquer la sérénité de l'enquête. L'entièreté du dossier est maintenant entre les mains du juge d'instruction Damien Vander- meersch.

Par ailleurs, d'autres éléments affaiblissent la position de Van Espen dans le dossier de la Champignonnière. L'homme était à l'époque le beau-frère de Philippe Deleuze, le politicien du PSC dont Michel Nihoul orchestrait les campagnes électorales. Dans le dossier judiciaire à charge de Nihoul à Neufchâteau, on trouve encore une déclaration hautement significative de Nihoul lui-même. Lors d'une audition le 8 octobre 1996, Nihoul lâche qu'il a connu Van Espen "à l'époque oú celui-ci travaillait occasionnellement pour le cabinet d'avocats d'Annie Bouty et de Philippe Deleuze. "

 

22/01/98 X1 apparaît à visage découvert au programme télévisé Panorama.
27/01/1998 fausse déclaration de la mère de Regina Louf à la BSR de Gand: "J'avais l'impression qu'il l'appréciait mais je n'ai jamais pensé à quelque chose de ce genre".
15/02/98 marche contre la loi du silence à Bruxelles.
01/03/98 le témoignage de Regina Louf est officiellement écarté et décrété "non-fiable" notamment au sujet du clou qui aurait été enfoncé dans le poignet de C. Van Hees et qui, selon la version officielle, provenait des caisses retrouvées autour du cadavre de la victime.
23 avril 1998

23/04/98*

 le plus que présumé pédophile, et ennemi public belge n° 1, s´évade du palais de justice de Neufchâteau pendant quelques heures. L´émotion est telle que deux ministres, ceux de l´intérieur et de la justice, sont contraints de démissionner.
évasion de Dutroux;

> clôture des dossiers, y compris celui de X1 alors que Tony a avoué qu'il avait abusé sexuellement de Regina dès 12 ans quand il en avait 39, qu'il avait la clef de la maison confiée par la mère de Regina Louf, qu'il avait prêté Regina à une fête à Gand, qu'il obligeait les amies de Regina à faire des jeux sexuels. Selon le juge De Rouck, Regina "était amoureuse et était formée comme une adulte".*

 

28.04.98 le collège des procureurs généraux décide de mener une nouvelle enquête sur l'enquête et sur le rôle des enquêteurs et des magistrats dans l'enquête (C)

Ce mardi 28 avril à 14h le Général De Ridder a annoncé sa démission... Rendez-vous pour l'action suivante... ---------- Texte intégral de la pétition du Comité de soutien à la démission du Général de Ridder ---------- Si le Général De Ridder a voulu rester en poste après la découverte des petites victimes de Marc Dutroux, c'était sans doute pour réorganiser la gendarmerie afin qu'elle ne soit plus un Etat dans l'Etat, ainsi que de la rendre plus humaine et plus compétente. Après deux ans, le Général De Ridder ne peut que constater son échec. Comme nous ne doutons pas de sa volonté d'assumer ses résponsabilités, nous le soutenons lui et tous les responsables hiérarchiques à tous les niveaux de commandement dans l'acte courageux qu'ils accompliront en démissionnant. ---------- Transmis par le journal ALTERNATIVE LIBERTAIRE http://users.skynet.be/AL/

26 avril 1998 Depuis le dimanche 26 avril 1998, le Comité de soutien à la démission du Général en chef de la Gendarmerie bele "De Ridder" a installé une permanence rue Fritz Àussaint, à Ixelles, en face du quartier général de la gendarmerie. Des volontaires occuperont nuit et jour le chapiteau de la permanence pour collecter des signatures en soutien au General De Ridder, chef de la gendarmerie, dans son acte de démission. Décontenancées par l'approche 'positive' de la démarche, la gendarmerie n'a pas réagi dans un premier temps. Du côté de la commune d'Ixelles, responsable de l'ordre sur la voie publique, le comité s'est trouvé un allié dans le bourgmestre qui profite de l'occasion pour faire un bras d'honneur symbolique à la gendarmerie en 'offrant' au comité une lettre d'autorisation à manifester pendant une 'durée illimitée' rue Fritz Àussaint. L'initiative, repercutée par les médias, à déja attiré un millier de personnes en deux jours dans cette rue fréquentée, en temps normal, presque uniquemment par des sbires gallonnés en tenue bleue. Les initiateurs de cette action symbolique ont promis de tenir jusque à la démission de De Ridder ou jusque à ce qu'on les déloge de force.
Mai 1999 Arrivée de Willy Deridder à Interpol
06/05/98 dernière audition par la BSR de Gand de la mère de Regina Louf qui reconnaît que sa fille a eu des relations sexuelles avec un certain T. dans sa jeunesse et qu'elle avait donné une clef de la maison. à () T. qui fréquentait régulièrement les lieux
Le 8 juin 1998,  le Commandant KOEKS (devenu en l'an 2000, Commissaire de Police à Beersel) est saisi d'une enquête préalable sur la personne de messieurs DE BAETS et BILLE. Il reçoit le dossier de l'instruction du juge PIGNOLET le 10 septembre 1998. Entre le 3 octobre et le 4 novembre, il remet 21 rapports mettant en cause une vingtaine de gendarmes travaillant à l'intérieur de l'Antenne « Neufchâteau » de la BSR de Bruxelles. Parmi ceux-ci, les deux chefs hiérarchiques : le commandant DUTERME et le Lieutenant-Colonel BRABANT. Il demande dans ses conclusions de créer une cellule d'enquête indépendante du District de Gendarmerie de Bruxelles. L'Etat Major de la gendarmerie annonce « qu'on va s'en occuper ». Source D
22/08/98 De Morgen reprend le témoignage d'un détenu à la prison de Louvain ayant déclaré qu'un trafiquant d'enfants lui avait montré un polaro‹d de Melissa dans un café proche de la maison de Dutroux à Marcinelle.
26/10/98 le tribunal correctionnel de Gand décide en référé d'interdire la diffusion de la version néerlandaise du livre de Regina Louf, "Zwijgen is voor daders" (se taire profite aux coupables).
30/10/98 le tribunal de première instance de Gand abroge l'ordonnance interdisant la diffusion du livre de Regina Louf.
Le 30 mars 1999

, le Major Teirlinck et le commandant Liners sont désignés pour n'enquêter que sur deux personnes : l'ADJ DEBAETS et le MDL BILLE. Sur l'enquête de la Champignonnière On peut relever des attitudes systématiques venant aussi bien des milieux de l'enquête ( relecteurs relayés par les prises de positions médiatiques de Mme la substitut Paule SOMERS).

Ainsi on peut noter une sous-estimation systématique des éléments susceptibles de « crédibiliser » les déclarations de Regina Louf.

Pour ne prendre qu'un exemple. Mme Somers déclare, lors d'une interview dans une émission télévisée, que le « Marc » dont il est question dans les témoignages recueillis par l'équipe de vérification ( sous la direction de Oskens), ne peut être Marc DUTROUX. Car ce « Marc » est situé comme originaire de Mons et non de Charleroi. Or, si l'on fait le décompte on relève au moins 18 témoins ayant reconnu Marc Dutroux sur photos (d'époque, 1983-84) comme l'ayant vu à la patinoire du Poseidon ( W-St-L) ou de Forest. Un de ces témoignages parle d'un « Marc » venant de Charleroi ou de Jumet, contrairement à ce qu'affirme Mme Somers. D'autre part celle-ci prétend, dans une interview ultérieure, qu'il n'y a pas de lien entre ce Marc DUTROUX et Christine VAN HEES ( la victime de la Champignonnière ) car celle-ci allait à la patinoire du Poseidon, et que si Michèle Martin a reconnu qu'en 1983-84 ( quand elle attendait famille) Dutroux fréquentait bien une patinoire à Bruxelles, c'était celle de FOREST. Or, de nouveau si on fait le décompte, on relève cinq témoignage attestant que Marc Dutroux fréquentait également la patinoire du Poseidon.

Que dire aussi de la sous estimation de points de concordance comme ceux relevés par le fils de l'ancien propriétaire de la Champignonnière ( détruite en 86-87) à partir des descriptions de l'habitation jouxtant les caves dans lesquelles le crime a eu lieu. Ces descriptions ont été données par Regina Louf le 123 décembre 1996, à une époque où les enquêteurs n'avaient pas encore eu accès au premier dossier ( 1984-85) du crime de la Champignonnière. Mme SOMERS déclare dans une interview au MORGEN que ces concordances l'étonnent, mais que le juge Pignolet finira bien par en trouver l'explication. C'était au moment où l'instruction battait son plein. L'instruction est terminée. Le Juge Pigniloet n'a pas d'explications. Source D

 

14 juillet 1999 Hubert Massa, avocat général liégeois chargé de l´affaire Dutroux, se tue d´une balle dans la tête. On invoque les mauvaises relations qu´il entretenait avec sa hiérarchie directe et une masse de travail trop importante. Il n´empêche, d´autres étaient dans son cas, et seul celui en charge de l´affaire Dutroux s´est donné la mort…
 29 nov 99 le Major Johan TEIRLINCK et le Capitaine-Commandant Alain LINERS, au cours de l'enquête préalable qu'ils devaient diligenter sur messieurs DE BAETS et BILLE (NB. une enquête disciplinaire ne peut être décidée qu' après une enquête préalable). Ils ont pu écrire à l'avocat de ces derniers, le 29 nov 99, le 20 janv 2000, et le 12 avril dernier, qu'ils n'avaient retenu aucun fait répréhensible sur le plan disciplinaire à charge ni de Mr DE BAETS, ni de Mr BILLE.

 Conclusions : ni sur le plan pénal, ni sur le plan disciplinaire, càd, ni en regard de la loi, ni en regard des valeurs déontologique de la gendarmerie, on ne peut reprocher de fautes dans le chef de messieurs DE BAETS et BILLE. QUESTION : Qu'ont voulu prouver les re-lectures ? Et pourquoi finalement BILLE et DE BAETS ont-ils été écartés ?
source D

16/12/1999 Libération de Michel Nihoul
fin mai 2000 Le service d'enquête du comité P est dirigé par Henri Berckmoes, colonel de gendarmerie précédemment à la tête du BCR.
Septembre 2000
JT RTBF Mercredi soir (7/2/2001)


Un ex gendarme de la brigade d'Uccle affirme que la gendarmerie belge était depuis 1997 en possession d'éléments qui auraient permis d'identifier Marcel Habrand comme le commanditaire de certaines attaques de fourgons chez nous. Un dossier a été transmis au procureur général près la Cour d'Appel de Bruxelles, et à plusieurs juges d'instructions bruxellois. Plainte a aussi été déposée contre certains officiers de gendarmerie
.

Le 10 février 97, le nom de Marcel Habrand apparaît dans un rapport rédigé par un gendarme de la brigade d'Uccle et paraphé par son commandant. Dans ce rapport, on peut lire qu'une attaque de fourgon se préparerait, pour le 12 février, à Rocourt, en région liégeoise. Quelques lignes plus bas, il précise encore la tenue prochaine d'une réunion de préparation dans une taverne bruxelloise, en présence de Marcel Habrand et de son bras droit, Constand Hormans. Un mois plus tard, en mars 97, ce n'est pas un fourgon, mais un distributeur de billets qui est attaqué à Rocourt. Une arme retrouvée sur place correspond à celle décrite dans le rapport : un fusils mitrailleur UZI.

Marc Toussaint , ex gendarme - Brigade d'Uccle. "On m'a empêché justement ,de continuer à exploiter ces informations. Donc 1) on a pas transmis les informations 2) Lorsque je transmettais les informations au parquet on allait retirer ces informations au parquet et 3) On m'empêchait à continuer à investiguer dans certaines directions. " Le Maréchal des Logis chef Toussaint fera alors l'objet d'une plainte pour violation du secret professionnel et recel de documents. Il a quitté la gendarmerie.

Jean-Paul Tieleman , avocat de Marc Toussaint "On a voulu faire passer Monsieur Toussaint pour malade mental. On remarque que le rapport d'expertise psychiatrique, révélait que Monsieur Toussaint était sain d'esprit. Je ne crois que cela visait simplement Monsieur Toussaint mais Mr Toussaint a eu le malheur de trop bien travailler, ce qui a gêné certains dans sa hiérarchie. " Après l'arrestation de Marcel Habrand lundi en France, l'ex-gendarme tire ses conclusions.

Marc Toussaint "J'affirme que Marcel Habrand et d'autres personnes dont je tairais les noms encore aujourd'hui mais qui sont publics et qui sont transmis à des magistrats aujourd'hui. il y a effectivement protection au sein de la gendarmerie. " Marc Toussaint a déposé plainte contre ses anciens supérieurs pour destruction d'actes officiels. Le dossier a été transmis aujourd'hui à la cour d'appel de Bruxelles.

 

24 octobre 2001
Un chef de police belge devient le numéro deux d’Interpol

Le Secrétaire Général Ronald K. Noble a annoncé la nomination de Willy Deridder, ancien commandant de la Gendarmerie belge, au poste de directeur exécutif des services de police d’Interpol.

A son arrivée à Interpol en mai 1999, M. Deridder a tout d’abord été chargé de la planification stratégique de l’Organisation. Depuis six mois, il exerce, par intérim, les fonctions de numéro deux d’Interpol.

« C’est un grand plaisir, à la fois personnel et professionnel, de procéder à la nomination à titre permanent de M. Deridder au poste de directeur exécutif », a déclaré le Secrétaire Général.

« M. Deridder est un policier modèle doublé d’un grand professionnel. Il apporte six années d’expérience passées dans son pays d’origine, la Belgique, à la tête d’un service de police national comptant un effectif de 18 000 personnes. Depuis son arrivée au Secrétariat général, il a montré de très grandes compétences dans l’accomplissement de sa mission dans l’environnement international unique qui est celui d’Interpol », a ajouté M. Noble.

 

Willy Deridder, de nationalité belge, est né à Diegem (Belgique) en 1941.

Ses études universitaires lui ont permis d’obtenir un diplôme de docteur en droit de l’Université libre de Bruxelles (VUB). Au cours de sa carrière dans la Gendarmerie belge, il a successivement occupé les postes d’Officier de liaison au Cabinet du ministre de l’Intérieur, de Chef d’état-major puis de Commandant de la Gendarmerie belge.

En Belgique, Willy Deridder a également enseigné le droit commercial et administratif, ainsi que le droit pénal et la procédure pénale.

repris du site d'Interpol

 

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